jeudi 28 janvier 2010

Obama : la magie en panne?

Obama a depuis le début été évalué sur les attentes et non sur ses réalisations politiques. À preuve, on lui a attribué le prix Nobel de la paix, sur ses déclarations d'intention. C'est comme donner la médaille d'or, avant les jeux. Or il y a souvent une marge entre un idéal philosophique et son application.

En se positionnant sur deux fronts stratégiques, soit
1) celui du leader mondial pressenti, multiethnique et pacificateur (métis, américain et africain, ni ouvertement chrétien, ni anti-islamiste, d'origine humble mais très instruit) ET d'autre part,
2) le sauveur des États-Unis délivrés des années Bush,

le président Obama a choisi de jouer sur deux visions du monde.
Ce faisant, il a critiqué son propre pays sur la scène internationale à plusieurs reprises. C'est toujours embêtant de critiquer "la famille" durant les rencontres publiques. On le regrette toujours le lendemain.

Pour comprendre, il faudrait lire l'article du professeur James W. Ceaser, The Roots of Obama Worship (1). Il n'est pas nécessaire d'approuver toute la thèse de Ceaser pour constater la ressemblance entre la philosophie sociale de Comte avec son salut humaniste scientifique ET le discours d'investiture d'Obama du 20 janvier 2009.

Le problème du président Obama n'est probablement pas un problème de qualité de la personne. Mais plutôt, qu'il est très facile à un homme intelligent et compétent, de se faire acclamer par un équipage lorsqu'on succède à un capitaine devenu impopulaire (Bush); réélu après son premier mandant, tout de même. Mais il est dificile de piloter un des plus gros navires du monde chargé des visions contradictoires propres à la démocratie.

Mais la chute de sa popularité sous les 50 pourcent dans les sondages de même que les plus récentes déclarations du chef de l'Iran, et les nouveaux attentats orchestrés du Yémen viennent de le ramener sur terre. Les principaux interpellés ont rejeté la main tendue américaine. Beaucoup de danses avec Obama, mais pas beaucoup de pluie. Pire encore: une remontée du capitalisme électoral avec le recul sur les limites imposées au financement électoral par les entreprises.

Le premier discours sur l'état de l'Union d'Obama (27 janvier 2010) déçoit, probablement parce que le président s'y est recentré sur le pays et ses problèmes internes, ce qui n'a rien d'anormal. Mais il en aurait été tout autrement d'un discours philosophique, sur la scène politique internationale.

Cependant, nul ne peut nier la chute récente de la popularité du président, sous les 50 pourcent des perceptions aux États-Unis.

Lecture suggérée :
Obama a-t-il perdu sa magie?; un tour d'horizon de la presse et de la bloguosphère américaine, par L'Expansion.com, partenaire économique de L'EXPRESS.fr

Discours d'investiture d'Obama (20 janvier 2009) ; vidéo et retranscription française sur L'EXPRESS.fr

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1. CEASER, James W. The Roots of Obama Worship. WeeklyStandard.com 25 janvier 2010 http://www.weeklystandard.com/articles/roots-obama-worship.
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