dimanche 4 décembre 2016

Quatre grandes causes de la défaite d'Hillary Clinton en 2016

Les Démocrates ont-ils compris les 4 principales raisons de la défaite d' Hillary Clinton lors de la course à la présidence de 2016? 


Emblèmes non officielles du Parti Républicain et du Parti Démocrate 

Le classement libre de YaPasDePRESSE :

Première raison de la défaite des Démocrates en 2016 : Donald J. Trump




Donald Trump et son message qui a abordé les questions prioritaires du point de vue de la majorité des électeurs. Les élites républicaines et médiatiques étaient majoritairement contre lui et il a devancé tous ses adversaires. Il a convaincu la majorité que ses solutions n'étaient pas que des promesses électorales et qu'il avait vraiment l'intention de les réaliser. Une fois nominé pour les Républicains, il a continué de progresser même quand la majorité des médias étaient contre lui.

Deuxième raison de la défaite des Démocrates en 2016 : Kellyanne Conway




Kellyanne Conway (arme de construction massive?) avec son flaire politique et sa présence inspirante. Conseillère senior, gestionnaire de la campagne de Trump, elle lui a recommandé de passer son tour en 2012 pour laisser passer Romney, lequel a été battu cette année-là. En 2016, elle a perçu que le vent politique avait tourné et que le candidat Trump avait une niche pour se démarquer. Elle ne l'a pas laissé tomber même quand les alliés du milliardaire excentrique (la plupart des milliardaires sont excentriques) ont commencé à penser qu'il serait battu. Elle est toujours allé au front pour apaiser la meute, quand son candidat était sous attaque de toutes parts.


Troisième raison de la défaite des Démocrates en 2016 : Barack Obama





Barack Obama, après deux mandats, n'a pas réussi à convaincre les Américains que les Démocrates représentaient la voie pour les 4 prochaines années. Son mandat a semblé favoriser les adversaires des États-Unis (ex. leur économie) plutôt que la nation. La situation des noirs a régressé sous SON mandat (du moins sa perception). Les Républicains ont même réussi à accroître de quelques points le vote des noirs par rapport à l'élection précédente. Quoique des observateurs affirment que ce gain de quelques points de pourcentage n'est pas «significatif», la chose crie tout de même ceci : les Républicains n'ont pas reculé dans le vote des Afro-Américains.  L'attitude d'Obama a semblé stimuler les tensions raciales; non pas les apaiser en huit bonnes années de pouvoir. Il ne s'est pas avéré être le Génie attendu.


Quatrième raison de la défaite des Démocrates en 2016 : Hillary Clinton





Hillary Clinton a tenté de convaincre qu'elle représentait un rafraîchissement du pouvoir après trente années dans l'establishment politique de haut niveau. Elle était en 2016, la candidate préférée des médias qui ont sacrifié Sanders en sa faveur lors de l'investiture démocrate. Il est plus que probable que plusieurs partisans de Sanders n'ont pas converti leur vote en un vote pro-Clinton, y préférant l'abstention. Devant une course devenant trop serrée, elle a joué la carte du vote des femmes, alors que dans les faits, une grande partie de celles-ci ont quand-même voté Trump. Parmi ceux qui ont voté pour Madame Clinton, plusieurs ont en réalité inscrit leur vote contre Trump, mais en renonçant à voter pour ce qui aurait été un vrai premier choix.


En bonus : Dieu ?👆


L'élection de Trump semble en tout cas relever du miracle... En général les leaders chrétiens déconseillaient de voter Trump, mais les bergeries n'ont pas suivi...

vendredi 2 décembre 2016

Le mode électoral canadien est-il vraiment malade ?

L'avenir démocratique du Canada n'est ni aussi simple, ni aussi complexe, que Justin Trudeau voulait nous le faire croire, durant la course électorale 2015. 


Très Hon. Justin Trudeau, élu Premier Ministre du Canada en novembre 2015. Crédits photo: Parti Libéral du Canada, course électorale de 2015


De plus en plus en Amérique du Nord, quand un résultat électoral démocratique ne donne pas le résultat attendu par un groupe, le groupe concerné tend à critiquer le mode électoral. Durant la période électorale de 2015, l'actuel Premier Ministre, Justin Trudeau, avait promis de réformer le mode électoral Canadien. C'est la position du PLC, un grand parti confiné au rôle de l'opposition durant plusieurs années, vaincu par les Conservateurs de Stephen Harper. Mais ce mode les a finalement ramenés au pouvoir. Maintenant, le comité chargé de recommander un nouveau mode de scrutin est divisé et cela n'est pas surprenant, car il n'y a pas de système électoral idéal. Un modèle qui a bien fonctionné dans une autre culture pourrait ne pas s'appliquer aussi bien ici et maintenant. Et Il n'y a pas de consensus dans la population, sur la nécessité de changer le système. 

L'avenir démocratique du Canada n'est ni aussi simple, parce que, 

1)  par exemple, en France, un système à plusieurs tours a quand-même donné un des présidents les plus impopulaires dès le milieu de son premier mandat et à la fin de celui-ci. Et cela n'est pas surprenant puisqu'un deuxième ou troisième choix de candidat n'est pas nécessairement représentatif pour l'électeur. D'autant plus quand on a déjà de la difficulté à se décider pour un premier choix.

2)  Au Parti Libéral du Canada (PLC), les deux derniers chefs précédant Justin Trudeau, choisis démocratiquement dans le système à plusieurs tours appliqué au parti, sont Ignatieff et Dion. Ce choix de parti a donné deux chefs peu populaires auprès du peuple, pour la fonction la plus élevé en politique fédérale.

3)  Une proportionnelle dans le système canadien? Un système à la proportionnelle indépendant de devoir remporter une circonscription dans un multiculturalisme tendu (beaucoup plus tendu qu'il y a dix ou vingt ans), donnerait à mon sens, inévitablement un nombre croissant, mais indéterminé de députés élus radicaux (extrême droite, extrême gauche, élus pro-charia, anti-fédéraux - anti-Canada -, candidats d'une seule cause ou une seule idéologie, etc.). Au lieu de consolider une élection avec un gouvernement majoritaire, un tel morcellement (multiplication des options) dans le contexte actuel, pourrait vite conduire à une assemblée (chambre) d'élus encore plus divisée avec des gouvernements encore plus instables. 

Les opposants au mode électoral canadien actuel à un tour, avec un député élu par circonscription, trouvent déjà qu'un système multipartite, faisant élire des candidats issus de 4 partis et portant par exemple au pouvoir un parti avec 40% des voies est «illégitime». Imaginez, si dans le contexte canadien plus éclaté actuel, on se retrouvait à 7 partis portant des députés au pouvoir, avec un probable nombre plus élevé d'indépendants. On pourrait se retrouver éventuellement avec un résultat à la proportionnelle, dont le parti le plus fort serait à 25% des voies... Un parti, pour diriger, devrait négocier et faire des alliances, même avec des radicaux pour passer des lois. Je ne pense pas que c'est dans l'intérêt des Canadiens. 

Le présent et l'avenir démocratiques du Canada ne sont pas non plus aussi complexes, ni négatifs dans la formule actuelle, parce que

le système actuel par circonscription (un territoire géographique) oblige à tenir compte des besoins des régions aux pourtours ou plus éloignées des capitales et métropoles (souvent régions de ressources naturelles, d'agriculture, etc.) dont dépendent celles-là, malgré leur plus grande concentration de population. 

La formule en vigueur au Canada en 2016 favorise donc, au moins en partie, 

  • une certaine décentralisation du pouvoir (un peu plus proche du principe de subsidiarité).
  • Elle favorise aussi la validation du candidat par sa circonscription. Un candidat dans une proportionnelle absolue qui irait chercher 20,000 votes dans tout le Canada parce qu'il rejoint un groupe particulier et mise sur une idéologie (ex. le racisme), vaut-il le même poids qu'un candidat qui va chercher 20,000 votes dans sa circonscription et que les gens voient vivre dans leur communauté régionale?
  • la circonscription favorise aussi la représentation avec un profil géographique et socioculturel différent.

On me répondra qu'on peut aussi appliquer plus d'un tour pour faire ressortir les candidats recevant le plus grand nombre d'appuis, mais ce point a été exposé en 1) et 2). Seriez-vous heureux d'un chef élu par 70% des voies après trois tours, mais qui représente votre deuxième ou troisième choix sur quatre? La notion de «majorité forte» ou «significative» devient toute relative si le deuxième ou troisième choix ne nous convient pas. On est loin d'être sûr que ce type de majorité provoquée par la contrainte soit réellement signifiante, comme nous le montre l'impopularité du président de la France, François Hollande, après sa majorité dans un système à plusieurs tours. On a vu que des choix de chefs de partis (ex. au PLC avec Ignatieff et Dion) selon ce modèle n'ont pas reçu l'aval des électeurs. Il m'a semblé que c'était non en raison de leurs qualités personnelles, mais en raison de la perception du jour, de ce que doit être un chef d'État.

Le meilleur mode électoral pour le Canada?  


Le meilleur mode électoral pour le Canada, est-il devant nous ou encore, est-il le système actuel? Et si la qualité des candidats et la représentation des diverses zones géographiques (par circonscription) était ce qui importe le plus, et non un mode électoral sans défaut? Et si les contestataires commençaient par voter? 

mercredi 30 novembre 2016

Le mythe du système de santé de Cuba

L'île de Cuba sous le régime des Castro a-t-elle un système de soins de santé exceptionnel ?

Fidel Castro, révolutionnaire 

Selon un article Jay NORDLINGER publié le 11 juillet 2007 dans le NationalReview.com , le documentariste Michel Moore a contribué à faussement glorifier la perception du système des soins de santé cubain. La gauche a toujours voulu idéaliser la révolution cubaine (pays qui n'a toujours pas eu ses élections démocratiques après 1959). Mais qu'en est-il dans la réalité? Je vous propose un bref résumé et une source externe à l'article en question.

Des systèmes séparés et inégaux


L'île de Cuba aurait en fait trois systèmes de santé selon le témoignage du Dr Jaime Suchlicki. 

Le premier système de soins de santé cubain


«C'est un fait qu'il y a un excellent système de [soins de] santé à Cuba - mais juste pas pour les Cubains ordinaires.  Le Dr Jaime Suchlicki de la University of Miami’s Institute for Cuban and Cuban-American Studies explique qu'il n'y pas seulement un système, ni même deux: il y en a même trois. Le premier est pour les étrangers qui viennent à Cuba spécifiquement pour des soins médicaux. Il est connu comme le «tourisme médical». Les touristes paient en devises stables ce qui apporte de l'oxygène au régime. Et les installations où ils sont traités sont de premier niveau mondial : propres, bien pourvues en ressources, selon les règles de l'Art» (1).

Le second système 


Le second système est pour les élites cubaines: le Parti, l'élite militaire, les artistes et écrivains officiels du régime, etc. Ce système pour le groupe équivalent à la nomenklatura de l'ancienne URSS, est aussi de grande qualité.

Le troisième système de santé cubain


Le troisième système, le système public du peuple, est mal supporté, s'effrite et est plutôt insalubre. Les médecins sont qualifiés et de bonne volonté, mais vivent un manque flagrant de ressources et souvent, dans de mauvaises conditions salariales. Il est préférable pour les patients de récupérer à la maison. Le patient qui doit être hospitalisé doit apporter ses draps, ses serviettes, sa nourriture et son éclairage (ampoule, lampe) et même son papier hygiénique. Trouver un cachet d'aspirin peut devenir une corvée. Même après leur date de péremption, des médicaments peuvent être utilisés.

À côté de cette triste situation, des médecins ont ouvert des cliniques parallèles pour soigner les pauvres dans de meilleures conditions, pour les extraire aux piètres normes du régime public.  Ceci les expose cependant à des accusations : être traités comme des contre-révolutionnaires ou agents ennemis. 

La mortalité infantile dans les statistiques


Les statistiques sur le taux de mortalité des enfants sont douteuses comme dans tous les régimes totalitaires, où il est difficile pour les organismes comme l'ONU d'obtenir des chiffres réels. 

Selon un activiste cubain sous surveillance, le Dr Oscar Biscet, l' «avortement postnatal» (sélection infanticide) se pratique à Cuba (2). Cette information nous a été rapportée par Ted Cruz, fils de ressortissant cubain dans un appel politique à se méfier du régime des Castro publié le 26 novembre 2016.

______________

1.     Jay NORDLINGER, The Myth of Cuban Health CareNationalReview.com, 11 juin 2007
«To be sure, there is excellent health care on Cuba — just not for ordinary Cubans. Dr. Jaime Suchlicki of the University of Miami’s Institute for Cuban and Cuban-American Studies explains that there is not just one system, or even two: There are three. The first is for foreigners who come to Cuba specifically for medical care. This is known as “medical tourism.” The tourists pay in hard currency, which provides oxygen to the regime. And the facilities in which they are treated are First World: clean, well supplied, state-of-the-art.»
2.    Ce qui contribue inévitablement à réduire artificiellement le taux de la mortalité naturelle infantile.

lundi 28 novembre 2016

La vérité à propos de Fidel et Raul Castro (The Truth About Fidel and Raul, by Sen Ted Cruz)

Je vous propose une traduction en français d'un appel politique lancé par le Sénateur Ted Cruz, publié sur le site NationalReview.com, le  26 novembre 2016. (Caractères gras ajoutés).


Tradtuit de «The Truth About Fidel and Raul», by Sen Ted Cruz

«Il y a plus d'évidences qu'il n'en faut pour juger de l’héritage des Castro pour ce qu'il est : l’exploitation systématique et une oppression du peuple cubain. 


Sénateur Ted Cruz, crédits photo ABC News Politics

«Deux décennies de rumeurs « Castro-est-mort » sont enfin terminées. Et la course est à déterminer quel leader mondial peut louer davantage l’héritage de Fidel, en détournant les yeux de ses aspects moins nobles. Deux dirigeants élus par choix de démocraties qui devraient en avoir une meilleure connaissance, le Premier ministre canadien Justin Trudeau et le Président américain Barack Obama, ouvrent la voie. M. Trudeau a salué Castro comme « Révolutionnaire et orateur légendaire » qui « a réalisé d’importants progrès dans les domaines de l’éducation et des soins de santé sur son île natale. » M. Obama a offert ses « condoléances » au peuple cubain et suggéré benoîtement que « l’histoire saura retenir et juger de l’impact énorme de cette figure singulière ». Maintenant, a-t-il ajouté, nous pouvons « regarder vers l’avenir. »
«En toute déférence à M. Obama, les [près de] 60 ans que Fidel Castro a passé à exploiter et opprimer systématiquement le peuple de Cuba fournissent plus qu'assez de faits historiques pour porter un jugement sur Fidel et, maintenant plus encore, sur son frère Raul. 
«L’expérience de ma propre famille est un exemple concret. Mon père, Rafael, a été des premiers partisans de la révolution contre Fulgencio Batista et a fait un séjour en prison, à prendre des coups de pieds dans les dents pour ses efforts. Il s’est enfui de l’île, pour revenir à ce qu’il espérait que serait un Cuba libéré. Au lieu de cela, il a trouvé qu'une nouvelle forme de répression,  plus brutale encore, s’en était emparé. En 1960, il a quitté à nouveau pour ne jamais y retourner. Sa sœur, Tia Sonia, a courageusement rejoint la résistance de Castro et a été emprisonnée et torturée à son tour.  
«La trahison et la violence vécue par mon père et ma tante étaient tout aussi typiques de millions de cubains qui ont souffert sous le régime de Castro depuis [près de] six décennies. L'essence de l’histoire de la Guerre froide ne peut peut pas être balayée sous le tapis tout simplement parce que Fidel est mort. Considérons, par exemple, les dissidents Guillermo Fariñas et Elizardo Sanchez, qui m’ont prévenu à l’été 2013 qui les Castro, [poussés] dans les cordes en raison de la réduction du support vénézuélien, complotaient pour consolider leur mainmise sur le pouvoir en simulant la libéralisation afin d’obtenir la levée de l’embargo économique américain. Leur modèle a été la consolidation du pouvoir de Vladimir Poutine en Russie (que Sanchez a appelée « Putinismo »), et leur plan était d’amener les Etats-Unis à payer pour celle-ci. Cela a fonctionné. Un an après que j’ai rencontré Fariñas et Sanchez, M. Obama a annoncé son célèbre « dégel » avec les Castro, et les dollars américains ont commencé à affluer. Comme nous le savons maintenant, il n’y avait aucune libéralisation politique correspondante. En septembre dernier [3 ans plus tard], M. Fariñas a mis fin à sa 25e grève de la faim contre l’oppression des Castro. 
«Puis, il y a le cas de l’éminent dissident Oswaldo Paya, qui, en 2012, a péri dans un accident de voiture fortement soupçonné avoir été orchestré par le régime castriste. Sa fille, Rosa Maria, a exercé des pressions constantes pour obtenir des réponses et est ainsi elle-même devenue une cible. Lorsque, trois ans seulement après la mort de son père, les États-Unis ont honoré les Castro d'une nouvelle ambassade à Washington, D.C., Rosa Maria a essayé d’assister à la Conférence de presse du département d’État associé, en tant que journaliste accréditée. Mais elle a été repérée par la délégation cubaine, qui a exigé qu’elle soit empêchée si elle avait l'intention de poser des questions. Les Américains ont acquiescé [à la demande] dans un acte plus typique du banditisme de la Havane que de [l'habitude de] Washington.  
«Enfin, j’eus l’honneur l’été dernier [2015] de rencontrer le Dr. Oscar Biscet, un sonneur d'alarme [truth-teller] depuis le début, sur la pratique répugnante d’avortements post-nataux [comprendre infanticides] pratiqués à Cuba, lequel a été emprisonné et torturé pour son opposition courageuse aux Castro à plusieurs reprises. Je lui ai demandé, comme j’avais demandé aux Senores Fariñas et Sanchez, si sa capacité de voyager indiquait une amélioration de la liberté sur l’île. Il a répondu tout comme eux l'avaient fait trois ans plus tôt : « Non. » En fait, dit-il, la répression s’est aggravée depuis le « dégel » avec l’Amérique. Il s’est demandé si nous ne savions pas que tous ces dollars américains acheminés se jettent dans les poches des Castro et pour le financement de la prochaine génération de leur État policier ? 
«C’est le véritable héritage de Fidel Castro, que s’il était capable d’institutionnaliser sa dictature, alors elle lui survivrait. Il y a un réel danger que nous tombions maintenant dans le piège de penser que la mort de Fidel représente un changement important à Cuba. Ce n’est pas [le cas]. Le moment pour exercer une pression maximale aurait été il y a huit ans [2008] lorsque son état de santé l’obligeait à passer le contrôle à son frère Raul. Mais, plutôt que de tirer parti de la transition en notre faveur, l’administration Obama a décidé d’entamer des négociations avec Raul en croyant à tort qu’il s’avérerait plus raisonnable que son frère (un modèle malheureux qu'ils ont répété avec Kim Jong-un, Hassan Rouhani et Nicolas Maduro). Des efforts pour être poli diplomatiquement sur la mort de Fidel suggèrent que l’administration espère toujours amener Raul à un rapprochement.  
«L'ensemble de l'évidence historique pointe vers la conclusion contraire. Raul n’est pas un Castro « différent ». Il est le successeur désigné de son frère qui a passé les huit dernières années à mettre en œuvre son plan dynastique. Cependant, contrairement à Cuba, les États-Unis ont une réelle démocratie et nos élections récentes suggèrent une résistance significative parmi le peuple américain, à la politique d’apaisement de l’administration Obama, envers les dictateurs hostiles. Nous pouvons — et devons — envoyer des signaux clairs que cette politique touche à sa fin. Entre autres choses, nous devons mettre fin à la dangereuse « coopération de sécurité » entamée avec le régime castriste, laquelle s’étend à des exercices militaires, aux efforts de lutte contre les stupéfiants, aux communications et à la navigation — ce qui  place nos informations sensibles entre les mains d’un gouvernement hostile qui n’hésiterait pas à les partager avec d'autres ennemis, de Téhéran à Pyongyang. Et nous devons insister pour qu’aucun représentant du gouvernement des États-Unis n'assiste aux funérailles de Castro, à moins et jusqu'à ce que Raul libère ses prisonniers politiques, à commencer particulièrement par ceux qui sont détenus depuis la mort de Fidel. J’espère que tous mes collègues se joindront à moi pour demander ces modifications.  
«Un dictateur est mort. Mais son héritage sombre, répressif, ne le suivra pas automatiquement dans la tombe. Le changement peut venir à Cuba, mais seulement si l’Amérique apprend de l’histoire et empêche le successeur de Fidel de recourir aux mêmes vieilles tactiques». 

Ted Cruz représente le Texas au Sénat des États-Unis.



LIRE AUSSI: 

Mort de Fidel Castro : Eloges envers un tyran par des «progressistes»

(dimanche 27 nov. 2016 )

dimanche 27 novembre 2016

Mort de Fidel Castro : Eloges envers un tyran par des «progressistes»

Le romantisme révolutionnaire se poursuit. Les éloges posthumes aux tyrans socialistes et communistes par des chefs d'États occidentaux sont symptomatiques de la dégradation de nos démocraties nord-américaines. À Cuba, les démocrates sont en prison ou interdits de parole en 2016. Nos élites de gauche se voient «progressistes» tout en étant souvent des «régressistes» qui s'ignorent. 


Crédits photo : Ralf Roletschek — This image, CC BY 3.0 br, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=51395484

Les éloges du dictateur Fidel Castro par le Premier Ministre (PM) du Canada Justin Trudeau et le président sortant des États-Unis, Barack Obama, en ont rendu plusieurs perplexes sur les réseaux sociaux. En lisant la déclaration officielle du PM du Canada, le sénateur Marco Rubio a soupçonné une parodie (un faux communiqué).



Traduction libre : «Est-ce une déclaration réelle ou une parodie ? Car s’il s’agit d’une déclaration réelle du PM du Canada c’est honteux & embarrassant» (Marco Rubio, sénateur de la Floride, tweet du 26 novembre 2016 à 14h11) 




Dans son communiqué officiel rédigé depuis le sommet de la francophonie de Madagascar où il pavoisait sur les droits humains, Justin Trudeau a émis officiellement que Fidel Castro était

  • un «leader plus grand que nature»
  • «au service du peuple cubain»
  • reconnu pour «son amour et son dévouement immenses envers le peuple cubain»
  • «ayant le plus longtemps exercé cette fonction» (CE N'EST PAS UN HONNEUR, IL N'Y A TOUJOURS PAS D'ÉLECTIONS EN 2016, PAS D'OPPOSITION, LES LIVRES SONT CENSURÉS, ETC.)

Capture d'écran du communiqué officiel PM du Canada sur le décès de l'ex-président communiste et dictateur, Fidel Castro, samedi 26 nov. 2016




Version texte

Déclaration du premier ministre du Canada sur le décès de l’ancien président cubain, Fidel Castro

 Antananarivo (Madagascar) 26 novembre 2016
Le premier ministre Justin Trudeau a fait aujourd’hui la déclaration suivante suite à l’annonce du décès de l’ancien président cubain, Fidel Castro :
« C’est avec une profonde tristesse que j’ai appris aujourd’hui la mort du président cubain ayant le plus longtemps exercé cette fonction.


« Fidel Castro, leader plus grand que nature, a consacré près d’un demi-siècle au service du peuple cubain. Révolutionnaire et orateur légendaire, M. Castro a réalisé d’importants progrès dans les domaines de l’éducation et des soins de santé sur son île natale.

« Bien qu’il était une figure controversée, ses supporters et ses détracteurs reconnaissaient son amour et son dévouement immenses envers le peuple cubain, qui éprouvait une affection profonde et durable pour “el Comandante”.

« Je sais que mon père était très fier de le considérer comme un ami, et j’ai eu l’occasion de rencontrer Fidel lorsque mon père est décédé. Ce fut aussi un véritable honneur de rencontrer ses trois fils et son frère, le président Raúl Castro, au cours de ma récente visite à Cuba.

« Au nom de tous les Canadiens, Sophie et moi offrons nos plus sincères condoléances à la famille et aux amis de M. Castro ainsi qu’aux nombreuses personnes qui l’appuyaient. Aujourd’hui, nous pleurons avec le peuple de Cuba la perte d’un leader remarquable. » 

Le Premier Ministre Trudeau s'est repris plus tard. Il a répondu à une question, reconnaissant après réflexion, que l'ami des Trudeau était en fait un dictateur (La Presse, 27 nov. 2016). MAIS il a parlé des blessures passées, comme étant terminées ces dernières années (c'est aussi la position d'Obama pour qui l'Histoire rétablira Castro).

«Il y a des gens qui ont bien des souvenirs, qui ont vécu des réalités extrêmement difficiles par rapport à l'histoire de Cuba. Et je ne suis pas du tout en train de minimiser ça», a-t-il souligné. (PM Justin Trudeau cité dans La Presse, 27 nov. 2016)

Or cette lecture est fausse selon la propre sœur de Fidel Castro et la fille du tyran populaire, et pour le Sénateur Ted Cruz. Car de son côté, le Sénateur de la Floride, descendant d'exilé cubain a expliqué quelques petites choses pour ceux qui ont raté une page de l'Histoire récente; celle de l'après-révolution cubaine avec l'installation du régime castriste de 1959 à ce jour (2016). L'oppression a toujours cours en 2016 (article en anglais, traduction à venir sur ce blogue) :



Car il y a l'avant et l'après-révolution; les promesses et les sourires suivis de la tyrannie. Bref, Castro a remplacé une dictature par une autre et il y a une énorme différence entre  la liberté pour le peuple et l'entre-ouverture récente d'une porte économique POUR RÉINJECTER DE L'ARGENT DANS L'ÉCONOMIE CUBAINE; entrebâillement de la porte grandement facilité par un effondrement économique de l'économie castriste. En matière de droits humains, les démocrates et l'opposition politique sont encore mis dans des prisons.

(À SUIVRE sur ce site : traduction en français du texte de Ted Cruz)

LIRE AUSSI sur la nouvelle démocratie de gauche :

L'élection US 2016 nous a appris une chose ou deux sur la nouvelle démocratie

(25 nov. 2016)


vendredi 25 novembre 2016

L'élection US 2016 nous a appris une chose ou deux sur la nouvelle démocratie

Les élections pour la Présidentielle des États-Unis en 2016 nous ont appris une chose ou deux... Pour une certaine élite ou non, la démocratie est bonne seulement si elle fait élire un candidat favori de la majorité des médias. Sinon c'est le déferlement et la diffamation. 



Au Québec, on a dénoncé à grand bruit le projet de mur de Trump entre les États-Unis et le Mexique (en réalité une frontière renforcée physiquement ou technologiquement) de Trump. Mais nos médias élèvent un mur de l'information.

(dernière modification: Le 27 novembre 2016)

Le mur de Trump et le mur des médias : Retour sur la position de la presse écrite américaine durant la Présidentielle américaine 2016


Les statistiques ci-dessous montrent les positions (sinon l'absence de recommandation) des 348 plus grands journaux américains. Y sont comparés la position politique exposée en fonction du candidat appuyé ou non ou de leur neutralité. Si l'on cumule les journaux qui recommandaient de voter pour Hillary Clinton ou de ne pas voter pour Donald Trump, nous avons 77%. Ce pourcentage s'élèvent à 83% si on ajoute la recommandation de voter pour un autre candidat. Cela représente clairement 8 journaux sur 10.  Seulement 15% des 348 plus grands journaux n'ont pas pris position et 2% ont recommandé Trump, alors que la moitié des électeurs ont voté pour lui. Les journaux sont CLAIREMENT décalés par rapport au peuple.

Soutien offciel des 348 plus grands journaux américains en 2016. Crédits : Olivier Berruyer, Les-Crises.fr (14 nov. 2016) 



Le message envoyé par le décalage avec la volonté des électeurs  


On observe un réel décalage entre la position des électeurs et l'appui des journaux envers Trump. En bref,

  • 83% des journaux ont pris ouvertement position pour Hillary ou pour un autre candidat ou contre Trump. 
  • Alors que près de la moitié des électeurs ont voté Trump, la presse écrite appuyait Trump à 2%.
  • Et l'homme a gagné quand même, y inclus contre des candidats de qualité, beaucoup plus favoris du parti Républicain, mais qui n'ont pas su parler aux Américains ou «adresser» (traiter) les questions qui sont jugées importantes par le peuple. 


Le message envoyé par ce décalage d'une certaine élite médiatique, avec un appui à 2% contre en gros la moitié des électeurs, est que le peuple qui ne vote pas avec les médias serait con et ne mériterait pas le droit de vote. Je reformule: la démocratie populaire n'a pas de réelle importance pour une grande part de l'élite médiatique. De là à fabriquer l'information ou à la transformer, il n'y a plus un pas; on est en plein dedans.


Un constat politique sur la course américaine de 2016


J'ai suivi la course et écouté des extraits des discours de Trump via les médias américains. Quand je prenais les reformulations de ses déclarations au Québec, c'était comme une autre course à la présidence. De ce côté-ci du mur médiatique, on ne véhiculait pas la même course électorale. Pire, les reformulations en français étaient ensuite reprises par des mots amplifiés.

Par exemple,

  • Chaque accusation OU rumeur sur Trump devenait une «vérité» médiatique.
  • Si Trump  déclarait qu'il faut faire cesser l'immigration illégale en provenance du Mexique, il devenait un sale raciste. Pourtant, il existe un mécanisme pour immigrer ou travailler aux États-Unis, tout comme au Canada, qui ne prévoit pas de passer sous les clôtures, de traverser les brèches ou d'escalader les murs de palplanches. On répondait que probablement des illégaux ont travaillé pour Trump. Peut-être, mais là n'est pas la question. 
  • Quand après l'élection le président du Mexique a voulu faire la leçon au nouveau président élu en offrant sa protection aux illégaux aux États-Unis, le clan journalistique a majoritairement repris en chœur son refrain, évitant de souligner une évidence: l'immigration massive se fait dans une seule direction. Les Mexicains fuient massivement leur pays corrompu pour aller chez les méchants «Yankees». Les journalistes auraient dû souligner ce «FAIL». Que penser de tels journalistes? Des mercenaires inutiles? En réalité, le président mexicain appréhendait de voir revenir subitement 2 ou 3 millions d'illégaux qui le mettraient dans l'embarras devant le monde entier. C'est l'histoire d'un échec mexicain dont on accuse les États-Unis. Vouloir stopper l'immigration illégale dans un pays n'est pas du racisme.
  • Si le candidat Trump affirmait qu'il ne faut pas accélérer le processus d'immigration en provenance de l'Irak et de la Syrie, mais prendre le temps de s'assurer que les migrants ne sont pas infiltrés par plusieurs combattants de l'entité pro-État islamique (Daech) il était un raciste. Pourtant, la Sécurité intérieure (la vraie Homeland, pas celle de la série TV) affirmait la même chose, selon les informateurs sur le terrain (avis reçus). Le problème : la destruction des informations (édifices détruits), ou leur non accessibilité en temps de guerre, ou le flux de migrants utilisé pour faire passer des combattants à l'Ouest pour étendre la guerre. La recommandation : il ne fallait pas empêcher l'immigration d'Irak et de Syrie, mais ne pas l'accélérer.  Il y a même eu un réel avertissement rendu public, de la Sécurité intérieure envers l'administration Obama et fin de non-recevoir de la part de l'Administration Obama, qui poussait pour une accélération de l'immigration. Puis subitement, les attentats de Paris ont réveillé le peuple américain, mais personne ne parlait pour le protéger de menaces de plus en plus proches. On n'en n'a peu parlé au Québec, sauf surtout pour taxer Trump de raciste d'extrême-droite.   

Signature du président du Conseil de 
sécurité nationale
Extraits de la lettre envoyée au président Obama par le président du Comité de Sécurité nationale, datée du 16 novembre 2015, suite aux attentats de Paris. Les tensions sont palpables en lien avec l'attitude de l'Administration Obama, suite à des informations privilégiées qui lui ont pourtant été transmises et le peu de cas fait des lettres, avis et recommandations précédentes; notamment, plusieurs vulnérabilités identifiées plus tôt en 2015 en matière de sécurité, avant les attentats de Paris.

Il est clair qu'en rendant publique cette lettre (PDF ici), le Comité de Sécurité avertit que l'administration Obama serait redevable aux citoyens et au Congrès américains en cas d'attaque au pays, si elle ne prend pas des mesures plus appropriées à l'évolution du dossier de l'État islamique. Les agents n'allaient pas jouer le rôle de la cloche et l'idiot.


Extrait de la lettre envoyée au président Obama par le président du comité de sécurité nationale, datée du 17 novembre 2015, suite aux attentats de Paris. L'on y perçoit des tensions en lien avec l'attitude de l'administration Obama, suite à des informations privilégiées qui lui ont pourtant été transmises et le peu de cas fait des lettres, avis et recommandations précédentes; notamment, sur plusieurs vulnérabilités identifiées en matière de sécurité (1).

Explications détaillées et traduction libre ici


La liste pourrait continuer pour un livre entier. Après l'élection du candidat Trump, tout est bon en ce cas pour déformer les propos du candidat ou sinon, pour y aller d'anecdotes.

La panique au Québec


Par exemple, une chroniqueuse du Québec qui a même déjà dirigé un magazine respecté est en panique contre le résultat de la Présidentielle américaine de 2016. Elle mentionne qu'un groupe de suprématistes blancs ont fait un salut à la mode Hitler (Heil!) avec bras levé et tout envers Trump qui se passait aux États-Unis, en 2016! Or, je venais de prendre dans les heures ou jours précédents un court reportage suivi d'un débat au sujet de manifestants qui déambulaient dans la rue. Leur slogan réclamait le meurtre de policiers, aux États-Unis, en 2016. rien de moins.

Ce qu'il faut comprendre en réalité et pondérer, c'est que nous avons des extrémistes idéologiques de toute part, de gauche et de droite. C'est le prix des libertés nord-américaines. Mais les médias du Québec sont enclins à prendre position et à remodeler l'information, comme aux États-Unis. Des individus dont plusieurs n'ont même pas voté aux élections de 2016, prennent la rue (mouvement Not my President). Certains d'entre eux sont rémunérés 30 dollars l'heure pour manifester et intensifier le mouvement pour intimider et enlever l'envie aux électeurs de voter à droite. C'est de la pure intimidation, comme un mari jaloux qui menace son épouse de représailles si elle parle à des hommes.

Durant la course à l'investiture des deux grands partis, mais plus encore durant la Présidentielle, la moindre accusation contre Trump était considérée comme une vérité, amplifiée de ce côté-ci du mur des médias. Mais quand inversement, un scandale présumé touchait les Clinton (ex. financement à même la Fondation Clinton), ou quand une caméra cachée révélait que les Démocrates avait soudoyé des personnes pour semer le désordre aux rassemblements de Trump, c'était le plus souvent le silence média ici.

Le phénomène «The Voting Dead» au vote par anticipation a soulevé peu d'intérêt au Québec


La plupart des médias n'ont pas repris cette nouvelle. CBS a révélé qu'un grand nombre de personnes décédées votaient, non seulement dans divers comtés lors d'enjeux miondres, mais également dans la course de 2016, par anticipation. Phénomène qu'avec humour, certains ont décrit comme «The Voting Dead», un clin d’œil à la populaire série «The Walking Dead».

Aux États-Unis, c'est CBS qui a validé ce phénomène récurrent aux diverses élections, notamment diffusé aux infos de Los Angeles du 23 mai 2016, validé aussi au Colorado, infos du 22 sept. 2016, validé aussi à Chicago, infos du 27 oct. 2016).



Très peu parlé dans les autres médias, à part Fox New, encore moins au Québec. Mais quand une pro-Trump a avoué sans gêne avoir tenté de voter 2 fois, cela a fait une demie-page dans un de nos grands journaux du Québec.

L'élection de Donald Trump contre toute possibilité quelques mois plus tôt : jugement contre les médias?


Pendant ce temps, on estime généralement à 70% le niveau d'impopularité des grands médias (gauche et droite). Certains analystes ont émis l'hypothèse que l'élection de Trump a été du même coup un jugement populaire contre ceux-ci.

Bref, voici ce que nous a amené le nouveau millénaire


Pendant que tout le monde attendait le «Bug» de l'an 2000, celui-ci est arrivé, mais pas où on l'attendait (informatique et bases de données banquaires ou autres). Le bogue de l'an 2000 a été idéologique et politique. Depuis à peu près le tournant du nouveau millénaire, si la démocratie fait élire un autre candidat que la majorité des médias appuie, cette personne ne vaut rien ou c'est une erreur, une dysfonction de la démocratie ou un virus idéologique; une anomalie. Quand la gauche économique perd elle pleure, intimide et menace dans la rue. Quand la droite économique perd, elle assume durant 1, 2 ou 3 mandats et travaille via la voie démocratique et les communications.

Ce que la dernière élection US 2016 nous apprend c'est que la démocratie est sur son déclin. Les journalistes et les médias ont plein la bouche du mot «démocratie» mais il est devenu un néologisme (sens nouveau). En fait ils n'y croient pas, ni ne la souhaitent pas vraiment. Aux États-Unis, une vague de contestataires qui ont perdu les élections sont contre le système des grands électeurs (le candidat qui gagne un État gagne le vote des grands électeurs de cet État). Mais ils voudraient que seule une certaine élite vote; une sorte d'oligarchie, des spécialistes de la gauche intellectuelle (une dégradation par rapport au système des grands électeurs!). Ils se proclament eux-mêmes progressistes, mais que sont-ils en fait? Trouvons un mot pour les désigner: ce sont des «régressistes». Ce qu'ils souhaitent, c'est l'équivalent d'une oligarchie (direction d'un État par quelques hauts-dirigeants non élus), laquelle au lieu de constituer une oligarchie économique (industrielle, etc.), serait une direction par des intellectuels triés selon une idéologie.

Au Québec, on a dénoncé à grand bruit le projet de mur de Trump entre les États-Unis et le Mexique (en réalité une frontière renforcée physiquement ou technologiquement) de Trump. Mais nos médias élèvent un mur de l'information. Honte à ceux qui participent à cet obscurantisme et qui se croient la crème du monde entier.

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samedi 19 novembre 2016

Capitalisme responsable et sobriété des États vont de pair

Faut-il obligatoirement que les entreprises paient beaucoup d'impôts? Faudrait-il se scandaliser d'un territoire où les entreprises paieraient peu ou pas d'impôts sur les revenus? 

(Dernière modification 25 novembre 2016)

Le concept habituel d'imposer ou taxer fortement les revenus d'entreprises pourrait-il n'être qu'une vue de l'esprit? La formule est souvent présentée comme suit : «Faisons payer les entreprises qui font des profits en augmentant les impôts et taxes pour se donner de meilleurs programmes sociaux». Sauf que l'on omet les coûts cachés et sociaux de ce concept. Pourrait-on revoir la dynamique gouvernements-entreprises

Une usine, Ville de Québec


Le problème pour les administrations gouvernementales dans la formule actuelle


Dans la formule traditionnelle actuelle (imposition et taxation des entreprises et avantages tels que subventions par les États), lorsqu'une grande entreprise cesse de générer des profits pour ses actionnaires, ou pire, qu'elle connaît des pertes à répétition, il s'en suit généralement (en Occident) qu'un État responsable doive assumer une grande partie des conséquences socioéconomiques des nombreuses pertes d'emplois. Il y a aussi les dommages économiques collatéraux, comme

  • les pertes de revenus éprouvées par les fournisseurs et par les clients des salariés, dont la vie en dehors du travail contribue à l'équilibre de l'économie
  • et les pertes de revenus en impôts et taxes, non seulement de l'entreprise elle-même, mais aussi des personnes remerciées.

En des temps meilleurs, il faut en plus, pour les gouvernements convoitant les emplois générés par les entreprises, dérouler tout un tapis rouge d'avantages pour séduire ces entreprises créatrices de plusieurs emplois. Et ces avantages exposent à subir des pénalités économiques; par exemple, des réactions protectionnistes contre les entreprises exportatrices, considérées alors comme subventionnées. 

Bref, à l'opposé de la tentation du plus haut taux d'imposition possible, l'État subit des coûts et dépenses plus ou moins cachés dans l'équation économique


Il faut souvent courtiser les entreprises via divers privilèges pour recevoir les emplois et retombées économiques positives (prospérité) dans une ville, un État, un pays ou une région du monde. Les emplois et les capitaux et liquidités en argent tendront à quitter les pays où les entreprises sont fortement imposées. Ces dernières années en Amérique du Nord, des fonds publics importants ont été investis dans des entreprises privées (ex. industrie de l'automobile, secteur aéronautique, ...). Même les plus responsables des entreprises, seront encouragées à offrir des conditions et avantages moins généreux aux travailleurs des territoires avec un haut taux d'imposition. Rendement aux actionnaires oblige.

Dans les pires cas, avec pertes d'emploi, la situation tourne au grand désavantage des gouvernements (qui auront déjà dépensé les taxes et impôts perçus) et au désavantage des travailleurs. Lorsque les États sont plus engagés dans le filet (de protection) social, ils doivent absorber une grande partie du choc :

  • lutte au chômage,
  • aide à la formation et à la réinsertion en emploi,
  • perte des impôts et taxes des travailleurs...
  • En amont de ces cas fâcheux, la tentation des entreprises pour éviter le pire, au grand désavantage des travailleurs, sera de leur retirer des avantages et acquis; souvent avec l'accord des élus (ex. pertes appliquées aux fonds de pension des travailleurs en pure violation des «contrats», baisses de salaires, ...). 

Les entreprises en difficulté ou courtisées par des régions moins gourmandes en fiscalité pourront aussi se livrer à une certaine forme de chantage / négociation, comme nous l'avons vu lors de la fermeture d'usines au Québec. Bon an, mal an, les entreprises fortement imposées tenteront, c'est normal, des acrobaties fiscales légales pour tenter de payer les plus bas taux d'imposition et de taxation possibles (ex. argent et siège social à l'étranger).


Le problème pour les entreprises dans la formule actuelle


Dans l'équation «maximisons les impôts et taxes des entreprises», on oublie souvent que si elles font des profits, ce sont elles doivent prendre des risques sans garantie de réussite, former du personnel, développer, s'ajuster aux changements, se réorganiser, faire des essais et erreurs et assumer les pertes lorsqu'elles surviennent. En retour, les entreprises avec actionnaires libèrent les gouvernements et fonds publics en vue de leur vrai rôle, par l'injection de fonds privés. Mais parce qu'elles dépendent de tels fonds privés, elles ont une obligation de  rentabilité (retour sur l'investissement). 

Les entreprises dépendent grandement de l'environnement socioéconomique où elles opèrent. Une entreprise peut faire des milliers, centaines de milliers, millions ou milliards de profits une année ou pendant une décennie et assumer des pertes par la suite. En temps de régression économique, la valeur d'une entreprise peut chuter radicalement. Il faut en tenir compte dans les attentes et obligations.  

Imagine des entreprises responsabilisées et des États moins gourmands ($) 


Ne devrait-on pas, donc, y aller plutôt vers la libéralisation de la fiscalité des entreprises en échange d'une responsabilisation de celles-ci? Ne serait-ce pas déjà beaucoup si en prenant des risques elles génèrent plusieurs emplois qui généreront les impôts et taxes ET si leur libération en impôts était largement compensée par une autre forme de responsabilisation; vers un capitalisme responsable.

Vers un capitalisme plus responsable : Une situation trop fréquente


Nous avons tous vu ceci : on taxe et impose les profits des entreprises ou on rêve de le faire davantage, mais dans cette relation amour-haine envers les entreprises, on leur offre des avantages comme des subventions, un assouplissement des normes environnementales, évasion fiscale, injection de fonds publics et d'épargne de travailleurs (ex. investissements de la Caisse de dépôt du Québec) et autres conséquences du genre.  En fait, c'est une forme d'hypocrisie. Le résultat est souvent au détriment des économies hôtes, car souvent, ces entreprises quitteront un jour en laissant des travailleurs fidèles sans ressources et même, dans certains cas, partiront avec lune partie des fonds de pension des travailleurs, laissant une économie affectée ou avec peu de résilience  économique (capacité à se relever). D'autres laisseront l'environnement mal en point.

Responsabilisation des entreprises, par exemple, envers l'environnement


Nous pouvons penser à ces catastrophes environnementales, à ces épaves abandonnées sur des plages, à ces terrains laissés contaminés par des entreprises dans les villes, à des territoires laissés éventrés, des forêts dévastées, des cours d'eau pollués, des sols contaminés, après que des entreprises mal en point ou non responsabilisées aient fermé leurs portes ou déménagé. D'où que, à mon sens, voici une meilleure approche qui devrait faire que les entreprises soient intéressées à contribuer, à rester et à conserver des avoirs dans les pays où elles font des profits et opérations :

  • Favoriser un faible taux d'imposition et de taxation et la conservation des capitaux aux pays
  • En revanche, ne pas subventionner les entreprises déjà établies
  • Remplacer en partie, les taxes ou impôts, par des dépôts provisionnels (réserves pour le futur; ex. fonds) en fonction du type d'opérations et des avantages sociaux (assumer une partie du filet de protection social). 
  • Par exemple, les exploitations minières et pétrolières et autres avec important impact environnemental réel mesurable (non théorique) feraient un dépôt qui servirait de provision, en cas de mauvais comportement et négligence, à restaurer des sites ou défrayer des coûts d'intervention en cas de catastrophes. 
  • Pour les employés, elles seraient responsables de pourvoir de meilleures conditions et avantages, libérant les États en proportion. Des employés mieux rémunérés avec une meilleure couverture sociale auront moins besoin d'interventions et crédits de l'État. Par exemple, avec une assurance médicaments, ils libéreront l'État à ce niveau. Même chose avec un fonds de pension de l'entreprise.  

De telles conditions fidéliseraient les travailleurs envers leur employeur et les entreprises elles-mêmes envers leur communauté et favoriseraient la stabilité économique. L'entreprise jouerait son rôle social dont elle est souvent privée en raison des risques et pertes qu'elle doit assumer et de son obligation au rendement privé, en plus des taxes et impôts qu'on voudrait voir augmentés. Mais les États, comme le Canada et les provinces sont-ils prêts à ne plus êtes perçus comme les seuls pourvoyeurs, tandis que les entreprises sont actuellement ainsi poussées vers le rôle du méchant capitaliste ? Les élus ont un examen de conscience à faire.

Responsabilisation des entreprises, par exemple, envers les travailleurs et économies


  • Du point de vue social, par exemple, le fonds de retraite ne serait pas géré par l'entreprise. Celle-ci ne pourrait pas partir avec la caisse de ses contributions, comme on le voit trop souvent et qui explique ne partie, la remonté du rêve marxisme (théorie idéaliste qui ne fonctionne pas) chez une nouvelle génération.
  • En compensation d'une approche fiscale «friendly» (peu ou pas d'impôts), les entreprises devraient offrir de meilleures conditions (salaires et avantages directement aux employés), libérant les gouvernements d'une partie du rôle maternant. 

Les avantages pour les entreprises au comportement responsable


  • Si une entreprise a eu un bon comportement, les dépôts provisionnels progressifs lui seraient rendus en tout ou en partie lors d'une vente ou fermeture (cessation ou déménagement des opérations). 
  • Libérées du fardeau d'imposition en échange d'offrir de meilleures performances environnementales, conditions salariales et avantages sociaux, elles iraient chercher de meilleurs travailleurs.
  • C'est la santé financière des travailleurs qui contribuerait aux programmes des États, lesquels par exemple, se concentreraient sur les vrais pauvres et personnes en besoins divers (santé, réinsertion en emploi, support à la formation et à la réorientation de carrière en cours de vie, ...).

Les avantages pour les États moins gourmands $


Responsabilisation, par exemple, à l'avantage des États engagés dans les programmes sociaux


Imaginons maintenant, qu'en échange de la non-imposition (ou d'une très faible imposition), les entreprises se dotent d'une meilleure conscience (normes et objectifs) et autorégulation, comme exprimé plus haut dans les sections sur la responsabilisation des entreprises envers l'environnement (la planète) et envers l'économie et les communautés (exemples non limitatifs).

En ce cas, 

  • les conséquences négatives financièrement de la perte soudaine d'un emploi, d'un accident, d'une maladie, seraient moins à la charge de l'État.
  • L'État ne pourrait pas de son côté, rediriger cet argent à des fins politiques ou des usages non reliés (ex. «acheter» plus ou moins directement des votes avec des projets très visibles à partir de fonds redirigés).
  • Durant ses opérations, l'entreprise ne recevrait pas de subventions (n'est pas une charge pour l'État); avec exception, par exemple, pour les petites entreprises, « startups », au démarrage (ex. prêts à faibles taux d' intérêts, crédits pour services professionnels comme accès à un expert comptable, à des avis ou du conseil  juridiques de démarrage, de stabilisation, etc.)
  • En cas de difficultés ou pire, de fermeture ou de déménagement d'une entreprise l'État, n'aurait pas le fardeau de sauver l'entreprise ou à la subventionner par injection de fonds publics, car elle aurait déjà reçu ses avantages en mode continu (peu ou pas d'impôts et taxes en échange des risques qu'elle prend et de la contribution en création d'emploi et des avantages économiques qu'elle apporte à la société). 

Ce sont évidemment des idées brutes et non limitatives, mais il semble que l'on puisse revoir la dynamique gouvernements-entreprises pour adoucir la fiscalité et en retour, responsabiliser les entreprises, tout en rendant l'économie plus résiliente en cas de choc. Elles ne seraient plus perçues, souvent à tort, comme des «profiteuses» tandis que les gouvernements se réservent le beau rôle et font pleuvoir promesses et investissements publics à l'approche des élections. Parions que s'il y a avait de la résistance, elle proviendrait des élus ou ...

Pensée : La gauche aime beaucoup l'argent, contrairement au discours officiel. 😲