samedi 19 juillet 2014

Quelle sentence pour la conductrice «sauveuse de canards»?

Emma CZORNOBAJ est cette conductrice qui a immobilisé complètement son véhicule sur une autoroute du Québec, pour laisser traverser une famille de canards, invitant les autres conducteurs à faire de même. Son geste a causé une confusion dans la circulation à haute vitesse et deux motocyclistes ont péri après avoir percuté la voiture immobilisée sur la voie de circulation de gauche. En cour, la jeune femme qu'il est plus simple de décrire comme la conductrice «sauveuse des canards», a reconnu le manque de jugement et l'imprudence dont elle avait fait preuve le 27 juin 2010. Elle a été récemment reconnue coupable de négligence ayant causé la mort par un jury. Il appartient maintenant au juge de déterminer la peine à imposer. Sa cause a trouvé certains défenseurs pour intervenir pour éviter des conséquences judiciaires criminelles comme la prison. Quelle serait une peine juste en pareille situation? Voici une suggestion.

Un simple réflexe de conducteur qui peut arriver à tous? Pas tout à fait. Le femme marchait sur l'autoroute et faisait des signes aux conducteurs.

Certains Québécois voudraient qu'elle n'ait aucune conséquence autre que le procès, car elle n'a pas eu l'intention de causer la mort. Plusieurs intervenants entendus ou lus ces dernières semaines dans les médias s'identifient à elle, en disant que ç'aurait pu leur arriver. Pas tout à fait, en réalité. Le problème c'est que la conductrice n'a pas fait que freiner par réflexe, comme cela pourrait nous arriver. Selon les témoins, elle a immobilisé son véhicule sur une voie de circulation autoroutière et invitait les autres conducteurs à faire de même. Elle était descendue de son véhicule et marchait et gesticulait, sur l'autoroute 30, pour sauver des cannetons, pendant que son véhicule était dans l'une des deux voies de circulation à haute vitesse; même pas sur un accotement. C'est différent de la version idéalisée des faits, décrivant l'acte comme un simple réflexe de freinage.

La justice ne doit pas avoir égard à l'apparence

Je soupçonne que si Emma était moche,
elle n'aurait pas autant de défenseurs. Crédits
photo : La PRESSE
Je soupçonne que si Emma était moche, elle n'aurait pas autant de défenseurs... C'est pour de telles raisons que la justice ne doit pas avoir égard à la personne et qu'aux États-Unis, la Justice est représentée avec les yeux masqués par un bandeau. Le démembreur de Montréal (l'accusé en attente de son procès) était un jeune homme de belle apparence. Même chose si la dame maintenant reconnue coupable après procès, était riche et reconnue. Il ne peut y avoir deux justices. Enfin, cet aspect de la justice est un idéal à viser. Mais surtout, un de volets de la justice, est son aspect dissuasif. S'il n'y a pas de conséquences significatives et dissuasives dans ce genre de décès involontaire certes, mais tout autant inutile et évitable, alors on renforcera la tendance à la négligence. D'ailleurs, même en attente de sa sentence, après avoir été reconnue coupable devant jury, elle ne semble pas avoir compris. Dans sa sortie médiatisée, elle associe toujours la mort de deux personnes à un accident imprévisible, comme cela peut arriver à tous! Comme si elle avait simplement freiné par réflexe, pour repartir.
« Je sais que ce que j'ai fait c'était une erreur, c'était stupide, mais les accidents arrivent à tout le monde, on ne peut pas le prévoir. » (ici.radio-canada.ca)
Ce n'est PAS un accident, car ce n'est PAS «imprévisible», du moment qu'on stationne son véhicule sur une voie d'autoroute où la circulation est fluide. Elle a immobilisé son véhicule sur une voie de circulation à haute vitesse, en est débarquée. Les témoins l'ont vu marcher sur l'autoroute 30 et gesticuler pour signaler aux autres conducteurs de véhicules, la présence des canards. À ce niveau, il est donc devenu prévisible qu'une grave collision pouvait arriver à tout instant. Il semble donc, après ses plus récentes déclarations après verdict de culpabilité par un jury, qu'Emma n'ait pas l'aptitude de conduire un véhicule et à saisir les enjeux de la sécurité routière.

Une peine dissuasive mais non disproportionnée

Cependant, si d'un côté il ne s'agit que d'une stupide imprudence et d'un réel manque de jugement sans intention de causer la mort, d'un autre côté, l'absence de conséquences judiciaires serait qu'il n'y aurait pas de message clair envoyé. Donc davantage de risques qu'une telle aventure nous arrive effectivement. Une personne que nous connaissons nous a avoué utiliser les voies d'urgence permettant de changer de direction sur une autoroute (franchir le terre-plein ou la bande gazonnée), ce qui est réservé aux véhicules d'urgence et d'entretien avec signalisation lumineuse.

  • D'un côté il faut que le public comprenne qu'on ne fait pas ce que l'on veut avec un véhicule sur la voie publique, 
  • de l'autre, il ne servirait à rien de détruire la vie de la dame pour une négligence, suite à un manque de jugement. Que faire? 


Voici ma suggestion:
  • Suspension du permis de conduire et du droit de conduite durant 1 an.
  • Obligation de suivre un cours de conduite automobile complet par la suite (théorie et pratique) et de repasser les tests de la SAAQ
  • Amende versée à un organisme qui intervient en prévention routière (suggéré: 5,000$)
  • Bref séjour symbolique en détention pour envoyer un message clair (ex. 30 jours ou 60 jours?).
Avec ce genre de conséquences, la vie de la jeune femme ne sera pas détruite, mais en même temps, les autres utilisateurs de la route sauront qu'il y a des conséquences à être négligent sur les routes, même sans intention de mal agir. Obtenir le droit de conduire un véhicule automobile est aussi sérieux que le droit de port d'arme. Il faut collectivement en prendre conscience.

lundi 14 juillet 2014

«No fault» en santé au Québec et un Titanic médical manquant d'embarcations...

Le Conseil de protection des malades, au Québec, et certains médecins réclament un système «no fault» (sans égard à la responsabilité et à la faute du professionnel traitant). L'idée peut être séduisante. Mais après réflexion, un no fault en santé garantirait-il aux clients du système de santé québécois, une meilleure compensation des victimes d'erreurs médicales comme les mauvais diagnostics, les fautes, le manque de suivi médical?

Les pours et les contres d'un «no fault» en santé au Québec

D'abord, il faut préciser que déjà, une partie des erreurs ou fautes médicales est couverte par l'employeur (établissements de santé), donc par l'argent public. La couverture se fait via la contribution des établissements de santé à l’Association québécoise d’établissements de santé et de services sociaux (AQESSS), mais les primes versées ne couvrent pas dès les premiers dollars (1). Les établissements de santé sont considérés comme des employeurs devant la loi, donc les salariés sont couverts. Par contre, ne sont cependant pas considérés comme des salariés par ce système, les professionnels que sont les médecins et anesthésistes entre autres.

La théorie du modèle
  • Les médecins paieraient des frais pour éviter des poursuites personnelles
  • Les erreurs ou fautes médicales seraient compensées à la pièce; le demandeur compensé.
Dites comme cela, les choses ressemblent à un idéal. Il ne manque que les dépliants avec photos de citoyens souriants (jeunes, parents, jeunes retraités, aînés, ...).

La probable réalité d'un éventuel «No fault» en matière de santé
  • Les médecins incluront logiquement dans leurs frais administratifs (ou avantages sociaux), la facture de la couverture qu'ils paieront dans ce système. En bout de ligne, c'est encore le citoyen qui paiera selon cette logique, car c'est lui qui finance le système de santé.
  • Les erreurs ou fautes seraient-elles automatiquement couvertes? Réfléchissons. En santé et sécurité au travail, vous êtes couverts en théorie. La réalité de notre système de tendance socialiste demeure que plusieurs personnes se battent avec la CSST pour obtenir une juste compensation, et ce, dans un délai acceptable. Pensez-vous vraiment que cela sera différent pour un patient qui a perdu un œil suite à un mauvais suivi médical et que l'État lui paiera le prix de son œil sans contester?
En toute logique, une victime d'erreur ou de faute médicale du traitant, devra prouver qu'il y a bien eu faute, erreur, négligence, manquement, etc. Oui mais comment on fait ça? Qui paiera ces contre-expertises? L'introduction d'un no fault en santé, fera probablement qu'au lieu de se battre contre le spécialiste rémunéré à l'acte, le citoyen à qui le système actuel est pourtant imposé, devra probablement se battre contre l'État Québécois ou son représentant; ceux-ci aux ressources illimitées.

Illogismes et fausse gratuité

Dans le No fault demandé par le Conseil de protection des malades et certains médecins du Québec, nous sommes face à un constat, une sorte de trappe. Car d'un côté, qui a la capacité de poursuivre la machine ($)? Une minorité de personnes lésées osent poursuivre pour faute ou négligence. C'est le point de vue présenté par le Conseil de protection des malade dans le Journal de Québec du 14 juillet 2014 (livraison tabloïde). De l'autre côté, ne sommes-nous pas tous captifs d'un modèle social sans responsable qui tend à faciliter le nivelage vers le bas, dans un système déjà souffrant?
  • Les spécialistes protégés par un tel système sans responsable, ou plus exactement avec responsabilité
    Le no fault en santé pourrait équivaloir
    pour certains, à... s'en laver les mains.
    reposant sur le réseau de santé, ne vont-ils pas être enclins à relâcher leurs standards? Cela sonne exactement comme le contraire d'un système qualité. Les plus négligents pourraient s'en laver les mains. Cette voie ne favoriserait-elle pas la rétention des professionnels incompétents et négligents, dans notre système de santé? 
  • Nous n'avons pas d'alternative au système de santé imposé au Québec. 1) On nous rend captif du «modèle». 2) Ensuite on nous impose des contributions additionnelles, en plus de nos impôts et taxes (ex. la contribution additionnelle par personne). La santé «gratuite» au Québec, c'est ainsi, près de la moitié de nos impôts et taxes diverses.
  • Ensuite, on vous dit que vous avez accès au système, alors que des millions de Québécois n'ont pas accès à un médecin «de famille» ou un médecin référent régulier. Notre expérience : arrivés dans la région de la capitale en 2007, nous avons eu deux médecins de famille pour de courtes périodes entrecoupées de non-couverture et avons perdu le second récemment. En consultation pour une blessure, une infirmière tentait de me convaincre que j'avais un médecin, car un nom était inscrit à mon dossier. Réalité: orphelin du système, mais sans crédit d'impôts et taxes pour autant, je n'ai personne à qui envoyer un simple bilan de santé (ex. tests sanguins, etc.) ou un résultat de tests médicaux. Bref, je paie via la moitié de mes impôts et taxes, sans recevoir la couverture promise par la social démocratie, sauf si j'arrive aux urgences. Et encore, je n'ai personne (ou pas de dossier) à qui ou vers qui déposer mes résultats de tests pour un dossier bien tenu.
  • Nous avons, en tant que Québécois, payé plusieurs fois pour un système de dossiers informatisés que nous n'avons pas dans les faits (non livré, 4 ans après l'échéance prévue). Durant ce temps, des réseaux de pharmaciens franchisés se sont donnés un système informatisé (ex. Jean Coutu). Finalement, lorsqu'on prend connaissance du genre de renseignements que contiendra le Dossier Santé Québec, somme toute limité, on se demande pourquoi le secteur public ne réussit pas, comme les pharmaciens, à mettre le tout en réseau rapidement. Car ce qu'il NE contient PAS est beaucoup plus volumineux que le peu qu'il contient. Par exemple, les ordonnances écrites à la main (la majorité) seront exclues de la première livraison. Et le système devrait avoir coûté déjà un milliard et demi de dollars, soit trois fois plus que ce qui était prévu au départ.
En avons-nous vraiment pour notre argent? 

On nous parle librement de gratuité en santé, alors que bon an, mal an, c'est près de la moitié de nos taxes et impôts qui vont en santé publique; soit près de la moitié du budget total du Québec. Notre système de santé ressemble malgré cela de plus à un système d'urgence pour clients «patients» au sens réel du terme. Si vous n'êtes pas en situation d'urgence (ex. un accidenté de la route), alors vous êtes comme sur un Titanic médical qui n'a pas assez de chaloupes pour le nombre de passagers. Si vous attendez une chirurgie, prenez un numéro et faites la file, ou renouez avec la foi et priez. Quelque chose ne tourne pas rond au royaume du «no fault» et du «modèle» social-démocrate québécois. Ce qui a commencé comme un projet sensé (un filet social) semble devenu un filet tout court, dans lequel nous nous enchevêtrons, en tant que «poissons» contribuables du régime. En matière de santé, nous sommes majoritairement en bas de la chaîne alimentaire et les professionnels soignants son paradoxalement en haut.
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1.  Héloïse ARCHAMBAULT. SANTÉ | ERREURS ET NÉGLIGENCE. Poursuites dans les hôpitaux: plus de 62 millions $ en indemnités aux patients. Journal de Montréal / Journal de Québec, lundi 13 juillet 2014 pour les tabloïdes  (12 juillets en ligne).

dimanche 13 juillet 2014

La génétique liée à l'apprentissage des mathématiques et de l'écriture

La génétique joue un rôle démontré dans les apprentissages de l'écriture et des mathématiques. Une évidence en soit, tout comme dans l'aspect des capacités physiques et sportives. Mais en science, il faut tout démontrer; même qu'un coup de pied au derrière, ça fait mal. Même si cela était douloureux avant que le baccalauréat universitaire existe... CONSÉQUENCE LOGIQUE de l'étude: chez un certain nombre d'enfants, la dysorthographie et la dyscalculie ne sont pas dues à la paresse ou au manque de travail et d'efforts. Mais chez quel pourcentage estimé en Grande-Bretagne?

Un peu d'humour: des erreurs ou réflexions ont été
volontairement introduites dans la note ci-dessus.
Une nouvelle intéressante dans le domaine des sciences a été publiée récemment. La comparaison d'études et le croisement de données génétiques et de capacité d'apprentissage nous confirment que les aptitudes de calculs et d'écriture partagent des gènes communs (un socle ou une base commune). Par le détour, cela implique aussi que tous ne naissent pas égaux en tout. Et qu'il faut éviter de coller l'étiquette de paresseux aux enfants qui conjuguent leur vie avec des difficultés d'apprentissage. De la même manière, dans le sport, même avec beaucoup de travail, les enfants n'atteindront pas tous le calibre professionnel en foot (soccer) et la coupe du monde. En arts, des adultes dessineront encore des personnages en bâtonnets... Le champion de natation Michael Phelps présente une configuration corporelle (morphologie) qui l'avantage sur plusieurs autres athlètes confirmés, ce qui lui a valu plusieurs médailles d'or, en plus de l'entraînement. Tous les athlètes olympiques s'entraînent fort.

10% des enfants de la Grande-Bretagne avec un trouble d'apprentissage des maths et de l'écriture

Un nombre aussi important que 10% des 2800 enfants britanniques de l'étude publiée dans dans la revue Nature Communications (1 sur 10 !) seraient aux prises avec des problèmes d'apprentissage de l'écriture et des mathématiques. 
«Les troubles d'apprentissage comme la dyslexie, pour la lecture, ou la dyscalculie, pour les mathématiques, concernent plus de 10% de la population dans les pays anglophones [...]
Les chercheurs relèvent toutefois que la génétique n'explique pas tout et insistent sur le rôle important que peut jouer l'environnement d'un enfant dans le développement de ses compétences en lecture et en mathématiques.» (Nouvel Observateur, Paris, 8 juil 2014, AFP).

Mon opinion

Lorsque j'étais plus jeune, par exemple adolescent, je tendais à croire que les jeunes ne performant pas bien dans certaines matières à l'école, faisaient moins d'efforts ou que le volet social (environnement, famille) jouait le rôle majeur. La vie m'a amené à penser différemment.

Ceci dit, le fait qu'il y ait un facteur génétique dans les apprentissages, comme il y en a un dans les aptitudes physiques et sportives, ne signifie pas qu'une situation soit toujours normale. Il serait donc intéressant de savoir si la situation est stable  au fil des décennies ou si elle évolue dans un sens ou dans l'autres (croissance ou déclin). Et de quelle façon elle se présente sur la même base étudiée, dans différents pays et environnements familiaux, etc. 

De plus, certains facteurs aident aux apprentissages de ces enfants:
  • plan d'intervention scolaire (ex. lire les questions des tests à l'enfant)
  • géréer le temps d'écran au quotidien pour faciliter l'attention à l'école (TV, jeux d'ordi, etc.)
  • de bonnes nuits de sommeil (ne pas se coucher trop tard)
  • varier les modes d'enseignement (une approche différente peut mener à la bonne réponse)
  • activités intéressantes et diverses à l'école (ex. sport, arts, etc.)
  • valorisation, connaissance de la différence et de l'unicité de chaque personne (chacun est différent, a des forces qui lui sont personnelles)
  • etc. 
Mais de tout temps (modernité et post-modernité actuelle incluses), des enfants ont été taxés de cancres. De telles données confirment qu'il faut intervenir différemment avec les enfants qui travaillent fort, mais qui peinent à obtenir de bonnes performances.

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dimanche 6 juillet 2014

Saga de l'Hôtel le Concorde de Québec, phase 4

La ville de Québec, après avoir été mise en demeure par les nouveaux propriétaires de l'Hôtel Le Concorde, est effectivement poursuivie par le groupe de nouveaux propriétaires représenté dans les médias par l'homme d'affaires Jean-Guy SYLVAIN
(dernière mise à jour : 7 juillet 2014)
En arrière-plan, étages supérieursde l'Hôtel Le Concorde avec son restaurant tournant. À l'avant-plan, une partie de l'Hôtel Château Laurier, épargné par le changement de zonage. Photo YaPasdePRESSE, Gilles B (octobre 2009).

Selon Jean-Guy SYLVAIN, copropriétaire du nouveau groupe et opérateur de l'hôtel, la ville ne pouvait pas ainsi, à son gré, modifier en cours de transaction (acquisition par le groupe Savoie) l'utilisation permise de biens immobiliers, pour empêcher l'utilisation habitation déjà permise jusqu'au printemps 2014 par le zonage. C'est selon le groupe, une forme d'expropriation déguisée. Ajoutons que le changement de zonage est encore un processus en cours «in progress» au moment de la transaction du groupe dont fait partie M. SYLVAIN. 

Voici ce que nous apprenaient Le Soleil / La Presse, au cours de la dernière semaine:
Dans une requête déposée à la Cour supérieure le 27 juin dont Le Soleil a obtenu copie, les avocats de Jean-Guy Sylvain affirment que le règlement adopté une première fois le 8 avril puis reconduit le 16 juin comprend des mesures «illégales», «abusives» et «discriminatoires». Elles «restreignent de manière indue les usages autorisés» aux hôteliers en temps normal, poursuivent-ils (1).
Les nouveaux propriétaires se considéraient déjà les mains attachées après avoir pris la pleine mesure de la modification du zonage qui semblait une mesure temporaire pour bloquer deux effets: 
1) empêcher un centre d'hébergement pour aînés et 
2) empêcher une transaction qui pourrait impliquer de l'argent du crime organisé. 
L'approche dénoncée semble en effet inappropriée et discriminatoire, si l'on tient compte de l'usage habitation à conserver, qui demeure autorisé pour les hôtels à proximité, comme le Hilton et le Château Laurier. Cela devient d'autant plus important, face au besoin de diversifier l'offre, pour compenser la baisse du taux d'occupation des dernières années, comme à plusieurs autres endroits dans la province de Québec. La reconduction du zonage temporaire confirmerait, selon le groupe, l'intention de la Ville d'en faire un règlement permanent, d'où les poursuites enclenchées. 

Rappelons les faits
  1. Il y avait eu les problèmes avec le premier propriétaire du rachat en 2014, le groupe Savoie, qui a songé à poursuivre le maire et sa ville...
  2. suivi de la saga avec un deuxième groupe d'acheteurs potentiels qui a laissé tomber face à la controverse et à l'éventuelle confirmation du changement de zonage. Ceux-ci ont aussi jonglé sérieusement de poursuivre pour perte d'occasion d'affaires et pour atteinte à la réputation d'un groupe d'acheteurs, le maire leur attribuant des liens avec un financement de la mafia. Le maire avait publiquement déclaré devant les médias que l'amendement proposé au zonage visait aussi, en s'appuyant sur une source dite «fiable», à bloquer cette transaction.
  3. Ensuite, les actuels propriétaires dont fait partie, M. Sylvain, ont menacé de poursuivre la Ville de Québec et son maire, espérant un recul sur le changement de zonage qui a l'apparence selon eux, d'un «spot zoning» discriminatoire, servant un intérêt politique et non le bénéfice de l'urbanisme en faveur de la ville de Québec. C'est sur ce point que la chose accroche car les autres hôtels du secteur n'ont PAS été touchés par une semblable modification du zonage. Et si les affaires du Concorde ne sont pas nulles, elles nécessitent un coup de barre et un changement de modèle, face à un taux d'occupation insuffisant. Dans les faits, ils attendaient un recul de la ville sur la reconduction du zonage dont la consultation d'usage n'était pas encore réalisée, car la situation avait changé depuis le premier acquéreur, le groupe Savoie (il ne s'agissait plus de projet d'hébergement en location pour aînés) et depuis le second groupe (il n'y a pas ou il n'y a plus de lien mafieux dans la transaction avec le groupe Savoie et il n'y en a probablement jamais eu).
  4. Après attente infructueuse, le maire refusant de reculer publiquement sur le changement de zonage en cours, voilà que est fait : le dernier groupe d'acheteurs qui a acquis Le Concorde du groupe Savoie, après avoir espéré en vain une révision du dossier du zonage d'urgence de 2014, est allé de l'avant avec sa poursuite.
Face à ce constat et à trois groupes d'acquéreurs, se peut-il que ce soit l'actu-maire qui ait le mauvais pas et qui a erré en changeant une transaction privée en dossier politique pour se promouvoir? Écouter les commerçants et opérateurs de la Grande Allée Est, sans changer les zonage de deux autres grands hôtels du secteur où l'usage habitation est encore permis (voir photo ci-dessous), semble le confirmer, en tout cas.

Grande Allée Est, ville de Québec: position relative de l'Hôtel Château Laurier, non touché par la modification du zonage et de l'Hôtel Le Concorde (extrait Google modifié)
Bref

Rappelons que le maire de Québec, Régis LABEAUME, a demandé un changement de zonage
1) pour pouvoir garantir 100% des chambres en hôtellerie conventionnelle, sous la pression des commerçants du secteur.
2)  Mais aussi, selon ses propres aveux devant les médias, l'élu voulait empêcher une transaction qu'il jugeait en lien avec la mafia. J'avais écrit que le problème nécessitait une autre solution légale ou législative. Car si dans un désir de blanchiment d'argent, un groupe criminalisé tentait par exemple, dans une transaction d'intérêts privés, d'acheter Les Galeries de la Capitale, un des plus importants centres commerciaux au Canada, en quoi le maire aurait-il bien pu zoner? Aussi, que les villes ont besoin de lois et de plus d'outils juridiques, pour empêcher le l'acquisition d'immeubles par le milieu criminel. Car à mon avis, la ville fait fausse route en agissant à cette fin sur le zonage. Par exemple, on pourrait revoir ou modifier l'aspect des compagnies à numéro, ou permettre aux villes, un délai de vérification de non-empêchement pour raisons criminelles, de solvabilité dans les grosses transactions privées, etc.  Mais il faudrait un gouvernement propre, propre, propre pour aller de l'avant. Comment en effet restreindre les transactions de mafieux ou criminalisés quand tout le monde judiciaire et policier sait qu'ils le sont, mais qu'ils ne sont pas mis en examen. C'est donc qu'ils bénéficient d'une certaine protection ou paix sociale de la part de l'État. Voilà la question.
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1.  Relance du Concorde: Sylvain traîne la Ville devant les tribunaux. La Presse | Le Soleil. Mercredi le 2 juillet 2014.
http://www.lapresse.ca/le-soleil/actualites/justice-et-faits-divers/201407/01/01-4780325-relance-du-concorde-sylvain-traine-la-ville-devant-les-tribunaux.php (page consultée le 6 juillet 2014)

vendredi 4 juillet 2014

Prévention: i Alco et i Alco Pro: des éthylotests pour Apple et Android

CONSOMMATION ET PRÉVENTION. Grâce à des innovations, les conducteurs canadiens peuvent maintenant se procurer un des appareils de mesure compatibles avec leurs appareils de télécommunication, comme les cellulaires (appareils mobiles) de type smartphone pour estimer leur taux d'alcoolémie (concentration d'alcool dans le sang) et ainsi obtenir un «avis» sur leur aptitude à conduire un véhicule. Les instruments de mesure "démocratisent" la prévention, sont compacts avec applications accessibles en français.
i Alco
  • Un petit détecteur d'alcool pour iPhone, iPod Touch 4 et tous les iPad est maintenant autorisé par Apple. Il est disponible pour un prix de détail suggéré de 49.95$ cad (été 2014). Il fonctionne sans piles (batteries) en se connectant directement à une sélection d'appareils Apple compatibles.
  • Le i Alco Pro + est compatible pour les cellulaires avec système Android 2.50 ou plus récent et communique avec ceux-ci via Bluetooth (sans connexion physique). Il nécessite une température d'opération entre 10 et 40 degré C. Costco le vendait 107.99$ cad sur son site consulté, le 5 juillet 2014.
Au Québec, le i Alco (iAlco) est distribué par exemple, par alcoprevention.com

De même que le i Alco Pro qui est aussi disponible chez Costco.ca (rechercher Alco prévention sur leur site web). Alco Prévention (une PME lavalloise du Québec), développeur du i Alco Pro +, est membre d' Éduc'alcool. J'ai eu l'occasion de visiter un kiosque d'Alco Prévention au Salon de l'Automobile de Québec de 2012. J'avais à ce moment apprécié leur grande préoccupation pour la prévention et sécurité sur les routes.

i Alco Pro est un appareil éthylotest
(pour évaluer le taux d'alcool sanguin)
sur smartphone Android via un lien
Bluetooth (sans connexion physique)
Bref, ces deux solutions combinent une application et un appareil de mesures qui ne devraient PAS faire oublier certaines précautions additionnelles:
  • Règle no 1 : toujours être plus intelligent que son appareil "intelligent".
  • Selon la SAAQ au Québec, quand on boit, on ne devrait pas conduire. La conduite avec facultés partiellement affaiblies devient de moins en moins socialement acceptées au Québec.
  • La consommation croisée fausse l'estimation de l'aptitude à la conduite; par exemple alcool et médicaments OU alcool et drogues légales ou non légales. Ceci n'est pas mesurable par ces instruments.
  • Certains facteurs, comme la fatigue jointe à la consommation, influent aussi sur l'aptitude à prendre le volant, même à l'intérieur des limites légales de la consommation d'alcool.
  • Le taux d'alcoolémie (une mesure de concentration d'alcool dans le sang) peut continuer d'augmenter jusqu'à une heure suivant la dernière consommation.
  • L'on doit désormais composer avec les facultés affaiblies par les drogues légales ou non légales
LIRE AUSSI:
Alco Prévention Canada lance le premier détecteur d'alcool intelligent francophone (28 novembre 2013)
communiqué de presse sur le lancement du i Alco Pro

LIRE sur ce BLOGUE
L'article aborde plusieurs aspects de la consommation, la sécurité, la vérification de la validité d'un permis de conduire au Québec...

Cannabis et conduite automobile au Québec : danger bien réel (28 août 2013)
http://yapasdpresse.blogspot.ca/2013/08/cannabis-et-conduite-automobile-au.html
Drogues et leurs effets et les réels dangers sur la conduite automobile

mercredi 25 juin 2014

Évasion d'Orsainville : Conseil no 3 de Megamind sur les trois ex-fugitifs du 7 juin 2014

Est-ce que quelqu'un peut nous expliquer logiquement et raisonnablement comment trois présumés criminels peuvent se défendre ensemble, plutôt que séparément, contre la justice au Québec? 

C'est ce que Megamind notre contact trouve aussi étonnant, dans un tweet du matin du mercredi 25 juin 2014:

Effectivement, quelqu'un peut-il nous expliquer sans rire de nous, pourquoi des présumés auteurs de crimes graves, même s'ils ont été complices, peuvent avoir l'autorisation d'un juge du Québec au moment de leur évasion le 7 juin 2014, pour préparer leur défense ensemble? La couronne (procureur de l'accusation) ne doit-elle pas justement faire ressortir la contradiction entre les versions? C'est quoi cette approche? 

S.V.P. ne me répondez pas que les trois détenus d'Orsainville peuvent préparer leur défense ensemble parce qu'ils étaient présumés associés dans le ou les crimes dont sont accusés ces 3 ex-fugitifs du 7 juin 2014 repris le weekend dernier. Ou que c'est parce qu'ils ont les mêmes avocats. Ce serait une mauvaise réponse. PENSONS-Y un peu. Voici 3 présumés criminels qui avant le jour de leur évasion, avaient autorisation les jours de semaine pour préparer ENSEMBLE leur témoignage. Ceci implique de pouvoir aligner leur version... Y a-t-il un pilote dans ...l'hélico? Quelque chose ne marche pas dans ce système digne des films de l'ancienne série française Les Charlot (...).
Les Charlots. Groupe musical formé en 1966 qui s'est fait connaître par ses films dans les années '70. Ancienne série de films du genre comédie (humour absurde).

mardi 24 juin 2014

Euthanasie expliquée par la Fondation Jérôme Lejeune

Voici un magnifique manuel expliquant les enjeux de l'euthanasie préparé par la Fondation Jérôme Lejeune. Agréable de lecture, question abordée avec humour (caricatures), etc.

Pour télécharger le manuel PDF (GRATUIT) :
Fondation Jérôme Lejeune. Euthanasie (PDF). GènÉthique.
http://www.fondationlejeune.org/images/communiques-de-presse/ManuelEuthanasie.pdf

CARICATURE extraite du manuel Euthanasie
Caricature - Homme blanc et euthanasie par BrunoR (Source: Euthanasie, Fondation Jérôme Lejeune, GènÉthique).