jeudi 18 décembre 2014

90 jours de prison pour «la sauveuse des canards» de l'Autoroute 30

Emma CZORNOBAJ, «la sauveuse des canards» qui avait causé la mort de 2 personnes en voulant dévier la circulation sur l'Autoroute 30 au Québec, le 27 juin 2010, a finalement écopé de 90 jours de prison


Si la peine à purger de façon discontinue les fins de semaines est plus symbolique que réelle, elle envoie néanmoins le message, que même sans intention de causer la mort, la négligence évidente doit être sanctionnée.

De plus, la peine tient compte de l'inaptitude de la conductrice à juger de la gravité de son geste, car
Je soupçonne que si Emma était moche,
elle n'aurait pas autant de défenseurs. Crédits
photo : La PRESSE
elle se voit interdire la conduite d'une automobile pendant 10 ans. Il est à noter à ce sujet, que Madame CZORNOBAJ n'a pas exprimé de remords depuis les faits et le procès, mais a plutôt réaffirmé s'être arrêtée de façon sécuritaire sur l'autoroute et même, que cela «aurait pu arriver à n'importe qui» (notamment dans une sortie médiatique (ici.radio-canada.ca, 16 juillet 2014). Selon les témoins, elle n'avait pas seulement ralenti pour éviter les canards, mais avait complètement immobilisé son véhicule et en était descendue pour inviter les conducteurs à ralentir et à dévier de leur trajectoire pour sauver des canetons. La confusion et la distractions causées par ses mouvements pour interpeller les usagers de l'autoroute auraient été la cause de la mort par négligence d'un motocycliste et sa passagère.

Selon le compte-rendu du Journal de Montréal,
«L’absence de remords a contribué aux 90 jours de prison imposés à la jeune femme ayant causé deux morts en voulant sauver des canards» (Journal de Montréal, 18 décembre 2014).
Par contre, le fait que les 90 jours soient purgés de manière discontinue, en réduit considérablement l'impact réel, à mon avis.

La défense ira en appel pour faire annuler le verdict de culpabilité prononcé plus tôt en 2014

La défense ira cependant en appel 
  • contre le verdict de culpabilité prononcé en juin 2014
  • et quant à l'interdiction de conduire un véhicule et à la peine d'emprisonnement prononcés cette semaine.

Conduire une automobile est aussi sérieux que la manipulation d'une arme à feu : le privilège implique une maturité minimale et une aptitude à évaluer les risques


Pourtant, tout le Québec devait se sentir plus en sécurité du fait que des personnes au manque flagrant de jugement sur le danger et la responsabilité associés à la conduite d'un véhicule automobile voient leur permis être suspendu. Obtenir le droit de conduire un véhicule automobile est aussi lourd de conséquences que le droit de port d'arme. Il faut collectivement en prendre conscience.

Encore un autre de ces cas qu'on croirait générationnels où il ne faudrait plus réprimer les gestes condamnables ou négligences témoignant du danger d'une personne, et pour lesquels la référence commune s'effrite. Si l'on accepte ceci pourtant, n'importe qui pourrait logiquement s'immobiliser sur une autoroute pour n'importe quelle raison, de conscience écologique ou autre, au jugement de chacun, sans tenir compte du code de la sécurité routière. Alors la vie d'une moufette, d'un raton laveur ou d'un petit animal quelconque pourrait avoir autant d'importance aux yeux d'autres personnes et justifier une pareille tentative de sauvetage imprudent. Car c'est bien de cela qu'il s'agit. La conductrice n'a pas uniquement ralenti pour repartir, mais s'est arrêtée, a descendu de son véhicule et a provoqué de la confusion et de la distraction en gesticulant et marchant pour communiquer avec les autres usagers de l'autoroute. D'autres conducteurs en manque de sommeil ayant causé mort de personnes pourraient utiliser le même genre de défense («ça peut arriver à n'importe qui»). D'autres encore, pourraient négliger d'utiliser les haltes routières pour des besoins particuliers ou relaxer (manque de planification avant de prendre la route) ou pour faire de la cueillette de baies sauvages ou pêcher dans un ruisseau ou confectionner un herbier pour le cours de bio et ainsi de suite.

La peine prononcée va dans le sens de ce que je suggérais dans un article précédent mais allant plus loin encore. La cour semble vouloir envoyer une message clair sur la sécurité routière:

  • La non-intention criminelle ne constitue pas moins un geste grave de conséquences 
  • et la négligence causant la mort doit être sanctionnée. 
  • Il faut aussi empêcher les personnes qui ont démontré un manque de jugement de conduire un véhicule automobile durant une certaine période de temps pour amener le changement des comportements et perceptions et protéger le public.

Quelle sentence pour la conductrice «sauveuse de canards»? (19 juillet 2014)

dimanche 7 décembre 2014

Mohamed Gamil Gharbi (Marc Lépine) et Polytechnique : quelles influences?

Il a été souligné cette semaine, qu'il y a 25 ans, le 6 décembre 1989, Marc Lépine, né Mohamed Gamil Gharbi, d'une mère québécoise et d'un père algérien, tuait sélectivement à l'arme à feu 14 jeunes femmes étudiantes en génie à l'école polytechnique de Montréal. Selon les témoins direct du drame, le jeune homme âgé de 25 ans, faisait le tri des femmes et abattaient ses victimes uniquement parmi ces dernières lors de la fusillade.


La raison du drame de la Polytechnique en 1989


La solution retenue par Marc LÉPINE pour répondre à sa frustration présumée témoigne de la haine des femmes évidemment, mais sous quelles influences? Trouble psychiatrique ou trouble de personnalité OU réaction haineuse OU crime sous influence radicale? On a suggéré dans le contexte, qu'en chaque homme du Québec, sommeille la violence et la misogynie, Mais la haine motivatrice a peut-être eu des causes plus structurées. Dormons toutefois tranquilles; il ne faudrait pas s'attendre à nos médias québécois pour creuser l'affaire. En tout mâle québécois hétérosexuel sommeillerait un salaud potentiel; cela est beaucoup plus simple.

Et si LÉPINE n'était qu'un précurseur d'une jeunesse radicalisée?


Mais d'un autre côté, la question peut se poser: et si Lépine n'était qu'un des précurseurs (1) de jeunes radicalisés contemporains comme Michael ZEHAF-BIBEAU et Martin ROULEAU, ou encore, comme les frères TSARNAEV suspects des attentats de Boston (2)? Nous ne le saurons pas par la voie officielle. Néanmoins si certains radicalisées le sont par un groupe, une forme de recrutement, certaines valeurs extrémistes se transmettent aussi via un membre de la cellule familiale (ou le clan). Nos gens de médias  du Québec croient qu'il faut un acte écrit officiel pour pratiquer une version de la charia en sol canadien ou en France. Or, il n'en est rien. Il est tout à fait possible d'appliquer un radicalisme non officiel (sans l'appui du pays d'accueil via ses codes et lois). 

Marc Lépine, né Mohamed Gamil Gharbi, auteur de la fusillade misogyne de l'école Polytechnique de Montréal le 6 décembre 1989. Oui il en avait contre les femmes, mais ne se retrouve-t-on pas possiblement devant une haine structurée par une idéologie? Et si LÉPINE n'était qu'un précurseur d'une jeunesse radicalisée?










Par exemple, il a déjà été établi que la polygamie est pratiquée en occident, bien que ce soit illégal, ou que des familles ont appliqué ces dernières années, le châtiment contre un crime d'honneur au Canada comme dans l'affaire Shafia et d'autres ou en Grande-Bretagne, par exemple. Pour d'autres, la chose peut être passée comme un «accident» ou une agression quelconque, car les clans se tiennent et ne témoigneront pas contre un proche.
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1.  Et plus récemment, Omar Khadr chez les ressortissants canadiens, qui avait presque 16 ans lors de son arrestation (en Afghanistan en juillet 2002). Il est le fils d'Ahmed Saïd Khadr, un Égyptien qui fût fortement impliqué avec Al Qaïda. La photo a été prise 1 an avant son arrestation. Il ne s'est pas trouvé de journaliste québécois pour trouver une photo plus actuelle du jeune lors des jours suivant son arrestation.
Omar Khadr, photo datant d'un an avant son arrestation. Était-il volontairement impliqué ou «enfant soldat» malgré lui au sens où l'entendent habituellement les droits de l'homme? Sa situation ressemblerait logiquement (on peut le supposer) davantage au fils d'un mafieu qui oeuvre avec son père, plutôt qu'à un enfant impliqué sans son consentement personnel. D'ailleurs, même à 15 ans, il avait l'âge dit «de raison» et n'a pas pris l'avion menotté pour aller combattre à l'étranger. A-t-il quitté malgré lui le Canada pour joindre la cause du paternel? On peut en douter.

2.  Djokhar Tsarnaev, qui en était à 3 mois avant de fêter son vingtième anniversaire lors du drame d'avril 2013.
Dzhokhar TSARNAEV (variante TSARNAÏEV), 19 ans, photo de foule prise le 15 avril 2013, jour des attentas du marathon international de la ville de Boston aux États-Unis. Il est le plus jeune des deux frères, principaux suspects des poseurs de bombe,  son aîné, prénommé Tamerlan, ayant été abattu lors de la chasse à l'homme qui a suivi l'enquête. Photo prise le jour des attentats. Vous remarquerez que les photos retenus par les médias québécois le montrent plus jeune (2 photos habituellement reprises au Québec le montrant avec une apparence d'âge entre 15 et 17 ans; idéal pour la victimisation des suspects). Le magazine RollingStone a été plus professionnel à ce niveau (3)


3.  Page couverture du magazine RollingStone. Vous remarquerez que le choix de la photo respecte à peu près l'âge du suspect au moment des attentats de Boston, contrairement au choix graphique des médias québécois, sous la une du RollingStone.

Voici les deux photos largement utilisées (de façon récurrente lorsqu'on parle et écrit sur Dzhokhar TSARNAEV) par nos médias québécois pratiquant la victimisation:

Djokhar Tsarnaev, apparence d'âge : 15 à 16 ans

Djokhar Tsarnaev apparence d'âge: 16 à 18 ans


jeudi 20 novembre 2014

Employés anglophones au chantier québécois de la Davie: un problème de syndiqué?

Loi 101 Forever. D'un côté, l'on peut s'inquiéter du manque de respect des affaires et du travail pour la langue française au Québec; une réalité dont Montréal constitue un maillon plus faible que la région de la Capitale. D'un autre côté, les employés et l'Office de la langue française ne se plaignent pas du fait que des travailleurs agricoles d'origine mexicaine ne parlent  pas le français au travail. Cette même réalité n'a froissé l'éthique francophone de personne dans le dossier linguistique... Donc le vrai problème est probablement ailleurs.


En y pensant un peu, la vraie raison est que l'on se fout que des non-francophones occupent les emplois de moindre qualité ou difficiles et moins bien rémunérés ou payés au rendement, boudés par la majorité ici. Mais lorsqu'il s'agit d'emplois de meilleure qualité, bien rémunérés et syndiqués, la langue du travail devient soudainement importante...

Et n'allez pas croire que je suis contre les travailleurs étrangers. C'est un simple constat pour dire que la raison véritable est ailleurs: on touche ici au monde syndical, entre autres choses.

jeudi 13 novembre 2014

Québec est «l'accent d'Amérique»; une bonne image promotionnelle

La ville de Québec a trouvé son image promotionnelle et ses couleurs. 

Un bon coup!
C'est le 13 novembre 2014 que la ville de Québec a dévoilé son image promotionnelle (ou de marque). J'aime bien.



Je trouve cela inspirant, à la fois poétique et en mouvement.
  • Comme l'accent que nous avons été les premiers à mettre sur le mot Amérique, 
  • Le Québec est petit mais important en Amérique, comme un accent l'est sur un mot.
  • L'accent parle de nos origines majoritairement francophones, mais aussi de notre «américanité» (culture américaine); deux parties de nous qui se complètent.
  • Nous parlons aussi un français avec un accent d'Amérique.
  • Les couleurs du graphisme sont à la fois dynamiques et fraîches.
  • Mais il ne s'agit pas que du passé français, car la ville est au sein d'une culture tournée vers demain qui a sa juste place tout en haut de l'Amérique, perchée sur la droite du continent, comme un accent qui colore son milieu.


Une explication du concept dans Le Soleil / La Presse en ligne:

«L'accent d'Amérique», nouvelle image de marque de Québec

http://www.lapresse.ca/le-soleil/actualites/la-capitale/201411/13/01-4818555-laccent-damerique-nouvelle-image-de-marque-de-quebec.php 
(page consultée le 13 novembre 2014)

samedi 1 novembre 2014

PKP, médias de masse et éthique politique: combler le vide (actuel)

Un député québécois magnat des médias et propriétaire, non pas de «un» journal local ou régional, mais bien de divers médias


Nous vivons un cas d'éthique et politique d'exception au Québec, depuis que le commissaire à l'éthique a statué que le député péquiste  (Parti Québécois), Pierre Karl PÉLADEAU (PKP), ou un ministre ou un aspirant premier-ministre du Québec pourrait être actionnaire majoritaire de médias d'information de masse sans autre mesure, ni inquiétude. Il suffit de ne pas tenter d'influencer en faveur de son entreprise et autres «simples» mesures du genre. Résultat : gros malaise en perspective face au propriétaire, non pas de «un» journal local ou régional, mais bien de divers médias. Québecor, ce n'est pas rien! Le commissaire à l'éthique donne pourtant sa bénédiction. On ajoute (avis de juristes) que le droit actuel au Canada n'interdirait pas la situation de contrôle de médias de masse par un élu. D'un autre côté, il semble tomber sous le sens qu'un élu magnat de la presse cause problème. Une grande part de la population sait que que quelque chose ne va pas. Le malaise est palpable pour plusieurs politiciens et journalistes. Cela pourrait inspirer plus d'un scénario de politique-fiction.

Le député de Saint-Jérôme, Pierre
Karl PÉLADEAU. Crédits :
Assemblée nationale du Québec.
Extrait d'une vidéo de présentation.
Ceci m'a fait commenté sur les réseaux sociaux, que la justice précède les lois et les codes d'éthique. J'ai dû préciser que le terme «précéder» désigne l'ordre chronologique des choses et non pas la prédominance (primauté de). S'il n'existe pas de contre-indication selon l'éthique gouvernementale actuelle, c'est probablement parce qu'une situation comparable à celle de PKP ne s'est jamais produite ici.

Québecor ce n'est pas rien! (voir la section bleu en bas de la page de destination - Site de Québecor)


L'exemple des lois


Comme vous le savez déjà, la notion même de la justice (le bien, le mal, l'équité, le bon, le vrai) vient avant la loi dans le temps. D'abord, un gouvernement ou une société se rendent compte que quelque chose ne va pas; par exemple, il faut protéger l'environnement contre l'exploitation... sauvage. Nous avons ici la notion de prise de conscience d'une injustice ou d'une situation qui demande intervention. Et, naît éventuellement l'idée de modifier ou créer une loi, par exemple pour protéger une espèce vulnérable et réglementer l'activité humaine. Cette idée doit cheminer et traverser diverses étapes avant d'être votée par les élus et adoptée. Puis un beau jour, la loi ou un nouvel article de celle-ci est enchâssé dans le cadre (nouvelle loi, décret d'une aire protégée, règlement sur la chase et la pêche) et a force d'application. Mais le constat a précédé la nouvel loi ou le nouvel article, dans le temps (chronologie).

C'est en ce sens, que dans le temps, dans la chronologie des choses, la justice (ce qui est perçu comme bon et juste) précède l'écrit. Mais durant un temps, il subsiste une sorte de vide; une situation, laquelle tout en suscitant une réaction, n'est pas clairement couverte par une forme légale, en raison de sa spécificité.

Mais on ne pourrait affirmer que l'injustice ne cause pas problème parce qu'il n'y a pas de loi. Sinon il n'y aurait pas d'injustice dans une dictature, puisque les lois protègent le tyran.

L'exemple de l'éthique appliquée au travail, en politique, pour une corporation professionnelle, etc.

Prenons l'exemple de pharmaciens ou médecins qui seraient rémunérés par des fabricants de médicaments, pour promouvoir des produits auprès de clients du réseau de la santé, comme cela est arrivé et a été démontré au Québec. Le client du réseau public de la santé (ou couvert par le réseau public) s'attend évidemment à une objectivité de son pharmacien-conseiller ou de son médecin. Il s'attend qu'en raison de son professionnalisme, le professionnel consulté va lui recommander ce qui semble le plus approprié à son besoin, et non pas ce pourquoi le professionnel tire le plus d'avantages personnels (cadeaux, voyages, etc.). 

Mais l'ordre professionnel de ceux qui ont de telles pratiques ne pourrait affirmer que parce que cela n'est pas couvert par le code d'éthique ou code de déontologie de son ordre professionnel, il n'y a aucun problème. Parfois, l'évidence de la chose amène le fait que le code d'éthique doit être créé ou précisé (expliqué), voire modifié au besoin pour enlever toute ambiguïté.

(...)

La même logique atteint la situation de PKP et la position du commissaire à l'éthique

Il en est exactement ainsi du cas de PKP, du commissaire et de l'éthique. Le fait que le contrôle de médias de masse par un élu ne fasse pas l'objet de contre-indications clairement stipulées n'exclut aucunement la responsabilité de pousser la réflexion pour tous les élus et non pas uniquement pour PKP et Québecor. Le vide actuel semble provenir du fait que nous ne protégeons pas l'État de genre de situation, mais régissons plutôt
  • des cas de relations contractuelles entre des entreprises et l'État québécois ou notre gouvernement 
  • ou des relations entre les élus et des entreprises 
  • des cas d'influence et de corruption potentielle
  • des délits d'initiés
  • etc. 
Mais il n'existerait pas au Québec, selon le commissaire à l'éthique gouvernementale, de cadre pour le contrôle potentiel de l'information via un conglomérat médiatique, avec des moyens de transmission par un élu (ex. magazines, journaux de masse, réseaux de télévision comme LCN et TVA, et la distribution via internet et le câble de Vidéotron, etc.). Pourtant ici, nous avons un cas particulier. Un élu par le peuple exerce le contrôle majoritaire sur Québecor (grappe de médias et de contenu web et TV) et inspire ainsi une forte influence et un potentiel de contrôle de l'information par un élu du Québec, du simple fait de sa notoriété (influence) et de la menace qui peut être ressentie par les journalistes et recherchistes, d'aller contre le magnat de la presse.
  • Les professionnels et employés du milieu déjà employés par Québecor peuvent en tout temps ressentir une épée de Damoclès au-dessus de leur tête. Qu'arrivera-t-il, par exemple, si un éventuel PKP premier ministre était battu après un premier mandat à la fonction politique la plus élevée. 
  • Sans oublier les discussions de couloir (sans écrit) entre le grand patron et ses mandataires.
  • Même les professionnels non employés de Québecor peuvent être influencés en pensant à leur avenir en carrière. Tout le monde sait que dans une vie, on peut avoir à changer d'employeur à quelques reprises, aussi dans le domaine des médias. Qui sait si un journaliste ou un producteur n'aura pas besoin demain d'un emploi auprès de celui qu'il aura critiqué lors de son passage en politique, retourné depuis à la gestion au jour le jour de ses entreprises.
Le problème demeure réel, d'autant que, selon le commissaire à l'éthique il n'y a aucun problème entre la fonction d'élu et le contrôle majoritaire de médias de masse, alors que PKP pourrait même devenir premier-ministre; soit la plus haute autorité politique de la province.

Une grande part de la population sait que que quelque chose ne va pas. Le malaise est palpable pour plusieurs politiciens et journalistes. Cela est digne des scénarios de politique-fictionMais il ne faut pas se laisser distraire par un code d'éthique imparfait ou par le vide... S'il y a un vide, il faut le combler. Mais pour cela il faut
  • premièrement pouvoir en débattre
  • dépersonnaliser le débat, car ce n'est pas du cas PÉLADEAU ou d'un député péquiste, dont il s'agit, mais bien de tout cas semblable, réel ou hypothétique.

Un débat éthique et politique incontournable

Il y a en jeu, toute la question de l'indépendance de la presse, de l'information et des médias, voire même de contenu semi-récréatif semi-idéologique (ex. un téléroman  ou une émission  avec des invités avec prises de positions socio-politiques), par rapport à un politicien élu. Au même titre qu'un client du système de santé s'attend à ce que son pharmacien et son médecin traitant soient indépendants de toute influence des entreprises pharmaceutiques dans son traitement, un citoyen doit pouvoir s'attendre à ce que le les médias et réseaux d'information et de contenu et distribution, ne soient pas sous contrôle des élus. Nul besoin d'avoir quelque chose contre le député de Saint-Jérôme, qui peut théoriquement amener le PQ dans une bonne direction, de par son CV personnel.



LIRE AUSSI

Commentaire non publié par le Journal de Montréal en lien avec l'opinion du Dr Marc Beauchamp (17 juin 2014)

Le journal appartient au Groupe QuébecOr ainsi que le blogue où j'ai soumis un commentaire. Ce texte démontre que l'information peut être censurée en fonction d'une politique éditoriale; ici l'impossibilité de pouvoir prouver un argument parce que je faisais référence à un média anglophone du Québec. Dans le débat de société sur la fin de vie, je voulais citer les déclarations d'une ex-ministre PQ porteuse du projet de loi (euthanasie, aide à mourir, suicide assisté, ...). Je suis presque sûr d'avoir mis la référence (date, titre de l'émission sur CBC Radio, texte en anglais «a first important step» et sa traduction mais PAS de lien html, car ils sont souvent refusés sur les blogues). Je ne pouvais en appeler à une déclaration dans un média anglophone de la ministre alors porteuse du dossier qui avait clairement déclaré que le projet de loi à adopter n'était qu'une première étape nécessaire à la suite («a first important step») vers une loi qui serait modifiée dans les années subséquentes à son adoption (comme cela tend à arriver ailleurs). C'est donc le même effet qu'une censure idéologique, avec pour fondement une politique éditoriale linguistique.

Imaginez un débat sur l'indépendance du Québec où il deviendrait impossible à un citoyen d'exposer un fait via un média QuébecOr, parce qu'il ne peut citer une déclaration dans une autre langue et sa traduction, ou en appeler à un fait démontré (mis au jour) par un média anglophone. Cela pourrait bien arriver au Québec dans les prochaines années, car il y a des précédents sans compter un blocage systématique pour apprendre l'anglais et étudier dans cette langue. Alors que la classe aisée peut le contourner (mobilité plus grande, séjours d'immersion, formateur privé), les classes moyenne et de moindre revenu sont captives de l'information des médias du Québec parce qu'on les prive de l'accès au bilinguisme via le cheminement éducatif; d'où un anglais insuffisant pour comprendre et analyser l'information en anglais.

mardi 28 octobre 2014

Test de français au collégial: anachronisme culturel et de cheminement scolaire

L'affaire du français écrit au collégial constitue un anachronisme culturel et de cheminement scolaire.

En fait, que le ministre de l'Éducation, du loisir et du sport, Yves Bolduc considère l'élimination de l'épreuve de la langue française pour l'admission au Cégep (études post-secondaires ou pré-universitaires) n'apparaît pas si illogique dans le Québec actuel. Voici pourquoi.
  • Un diplômé du secondaire a passé 11 ans de sa vie sur les bancs d'école. Il a réussi son français. 
  • Le français de base devrait être acquis à la fin du secondaire. Si l'étudiant diplôme du secondaire, il devrait être admissible au Cégep technique et au Cégep préparatoire à l'université.
  • De par ma fonction, j'ai régulièrement à superviser des stagiaires. J'ai eu à faire du coaching de 2 personnes issues de l'immigration. Ces personnes travaillent actuellement (niveau technique), ou étaient sur le point de travailler au Québec (niveau professionnel spécialisé). L'une d'elles occupe un emploi technique et sa connaissance du français écrit et parlé ainsi que la compréhension étaient minimales. L'autre terminait une maîtrise dans une université québécoise sans être suffisamment francisée. Aucune des deux n'a eu a subir la même épreuve du français que les étudiants qui ont grandi au Québec. Ils pouvaient faire réviser leurs textes par des amis et utiliser les correcteurs de français intégrés aux logiciels, ou ajoutés à ceux-ci (ex. Antidote). Parce que ces personnes sont entrées par une autre porte, elles n'ont pas eu à démontrer leur connaissance de la langue, par un test équivalent en français (écrit, compréhension et analyse de texte et français parlé). Les équivalences de diplômes ne tiennent pas compte de la langue du candidat, mais de la spécialité ou de la formation dans un autre pays. Il est donc totalement injuste que pour le volet de la maîtrise du français, on discrimine nos propres citoyens de par la naissance. Je ne dis pas que ces personnes ne devraient pas être reçues. Au contraire, c'est le double standard qui est totalement injuste et peut-être même de ce fait, inconstitutionnel. D'ailleurs, cela explique probablement que l'on ait favorisé une certaine immigration francophone, au détriment d'autres cultures tout aussi, sinon parfois plus aptes à obtenir la citoyenneté. Il apparaît de plus en plus qu'avoir la langue, ne garantit en rien que les néo-canadiens et les candidats aiment la culture d'accueil.

vendredi 24 octobre 2014

Terrorisme : les modérés silencieux. Et le cas d'Asia Bibi

Une étudiante musulmane américaine se présente devant un panel de discussion sur le terrorisme et ce qu'il faut pour le contrer. 

Comme d'habitude, dans ce genre d'intervention, elle rappelle que la majorité des musulmans ne sont pas des radicaux. Ce à quoi elle reçoit une réponse qui fait référence. Dans toutes les cultures qui ont connu des périodes de violences idéologiques, ethniques, racistes ou autres violences du même genre ciblant volontairement des civils, la majorité de modérés silencieux n'ont jamais fait la différence. Il en a été ainsi pour le nazisme, pour les exécutions massives dans l'implantation du communisme, et ainsi de suite. Les musulmans modérés silencieux ne feront pas la différence, s'ils ne font pas connaître leur opposition, s'ils ne sortent pas en masse du placard.

RÉPONSE À UNE MUSULMANE MODÉRÉE

Brigitte GABRIEL est présidente-fondatrice et directrice générale de l'organisme ACTI for America. Elle co-animait une table de consultation et répondait à une question de Saba Ahmed, étudiante en droit. Source cnsnews.com (date non spécifiée).

Pensée : « La seule chose nécessaire au triomphe du mal est l'inaction des gens de bien » (The only thing necessary for the triumph of evil is for good men to do nothingEdmund Burke). 

Asia Bibi, accusée de blasphème au Pakistan,
condamnée à la peine de mort. Cause en ultime
appel en octobre 2014, après 2 condamnations
et 4 ans de prison dans une cellule exiguë.
Dans les situations de terrorisme et crimes de guerre, nous voudrions entendre la dénonciation véritable et le refus évident de la violence gratuite idéologique, comme lorsque un avion de civils a été abattu dans le conflit Russie contre Ukraine (Vol MH17). Sinon, il suffira dans un tel pays, d'une minorité de radicaux pour faire basculer les autres membres d'une communauté dans la violence (ou imposer le silence).
  • Par exemple, qui dans l'islam, élève sa voix contre les exécutions et les emprisonnements,
    Asia Bibi: un exemple de charia appliquée.
    comme celui de Asia Bibi (parmi des milliers d'autres)? Je l'avais oublié, cette femme pakistanaise, mère de 5 enfants, qui croupit depuis 4 ans dans une cellule de 1,5 m x 1,5 mètres. Son crime? Non-musulmane, elle a plongé son verre dans la même eau que des travailleuses musulmanes. En se défendant, en réponse aux accusations, elle a été accusée de blasphème. La sentence est extrême. Et si c'est la loi du pays, ce n'est donc pas une si petite minorité, vous ne croyez pas? Elle a des problèmes avec sa circulation sanguine en raison de l'exiguïté de sa cellule où elle est confinée. Elle craint de manger la nourriture que sa famille lui apporte, car elle sait que celle-ci pourrait être empoisonnée avant de lui être remise. Des hommes politiques (dont le gouverneur du Penjab Salman Taseer et le ministre des minorités Shahbaz Bhattqui) ont voulu prendre sa défense ou réformer la loi ont été assassinés. De surcroît, sa condamnation à mort a été confirmée en octobre 2014. Celle-ci a d'ailleurs ravivé le souvenir de son arrestation. Des cas aussi grave, ou plus encore, il y en a des milliers. Mais nous pouvons nous indigner contre celui-ci, qui sont vécus dans des pays où de telles lois applicables à tous serait, dit-on, le produit d'une infime «minorité».
  • Autre exemple: Quel tribunal islamique juge les crimes de guerre de l'islam? 
  • Et ainsi de suite.

Quand le multiculturalisme n'est plus compris comme la diversité dans UNE nation


Jeune adulte, je comprenais le multiculturalisme du Canada comme quelque chose de positif et dans un sens de merveilleux; un genre de wonderland à la Winnie The Poo, où le tigre et le cochonnet sont devenus amis. Une terre où le miel coule à flot non seulement pour le natif Winnie (comme dans Winnipeg), mais pour les néo-canadiens, grâce aux programmes sociaux, comme peu de pays en ont. Je percevais que cela voulait dire l'ouverture à l'autre, pour permettre à d'autres personnes en provenance d'autres cultures, de profiter eux aussi des avantages de la liberté de choix, de pensée et de religion, de prospérer, dans notre pays, en conservant ce qui est beau de leur culture, mais en formant UNE nation, UN pays dans lequel il a fallu des siècles pour parvenir à un équilibre fragile, petit à petit, pas à pas. Plusieurs y ont prospéré après leur arrivée. Mais il leur a fallu travailler fort. Aujourd'hui, en observant ce qui se passe depuis quelques années et en décomposant le mot (= multi + culturalisme; plusieurs cultures), je me rends compte qu'il est plutôt compris comme l'invitation à chacun, de conserver son mode de vie sans compromis: ses rivalités, ses conflits ethniques, son unilinguisme, voir même son animosité contre le pays d'accueil; bref, ce qu'il y a quelques décennies, était fui par ceux qui étaient heureux de faire partie du Canada et qui devenaient vraiment canadiens. On dit même, chez certains d'entre eux: «C'est vous, les Canadiens, qui êtes multiculturalistes, pas nous!». Nous répondons:  «pourquoi s'en faire; ce n'est qu'une minorité non représentative».

Résultat: dans 100 ans, ce ne sera plus un pays.

LIRE :

Pakistan: peine de mort confirmée pour Asia Bibi, Le Figaro, 16 octobre 2014.

http://www.lefigaro.fr/flash-actu/2014/10/16/97001-20141016FILWWW00172-pakistanpeine-de-mort-confirmee-pour-asia-bibi.php

Benoît RAYSKI. Vous vous souvenez d'Asia Bibi ? La condamnation à mort de cette Pakistanaise chrétienne pour avoir mal parlé de Mahomet a été confirmée. Atlantico. 22 octobre 2014.

Lire sur http://www.atlantico.fr/decryptage/souvenez-asia-bibi-condamnation-mort-cette-pakistanaise-chretienne-pour-avoir-mal-parle-mahomet-ete-confirmee-benoit-rayski-1818760.html#pu0BgGXD4Oa6Ju0Q.99