Cinéma. La Bataille De Gaulle - partie 2 : J'écris ton nom
Le titre «J'écris ton nom» est tiré du poème Liberté de Paul Éluard. Pour cette seconde partie du film que j'ai vu en octobre 2026, je veux une fois de plus, faire plus qu'une simple critique cinématographique.
La Bataille de Gaulle - Liberté, pour le titre québécois, se présente dans le générique comme une fiction. Mais cette fiction est certainement basée sur des faits historiques. Comme pour le premier diptyque, la mise en scène s'appuie sur le récit biographique de Julian T. Jackson (1). Pour en savoir plus sur les personnages réels et fictifs (qui représentent des personnes réelles ou composites contemporaines des événements), voir ma critique de la première partie de la Bataille De Gaulle, sur le présent site. Il y a Lyvia, cette jeune femme dont l'ami de cœur est mort fusillé et ce plombier polonais, en quelque sorte un assistant administratif et appui indéfectible de De Gaulle. Leur évolution fait voir que la résistance a pris de la maturité.
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| Lyvia, la jeune femme courageuse qui représente des figures féminines de la véritable histoire. Copyright : © Guy Ferrandis |
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| De Gaulle rencontre le Président Roosevelt à la Maison Blanche. Copyright : © 2026 Pathé Films - TF1 Films Production - Belvédère - Auvergne-Rhône-Alpes Cinéma |
La Bataille de Gaulle – partie 2 : J’écris ton nom
Aussi connu sous le titre De Gaulle : Liberté (Québec : La bataille de Gaulle : Liberté)
- Réalisation
- Antonin Baudry
- Scénario
- Antonin Baudry, Bérénice Vila, d’après De Gaulle : une certaine idée de la France (A Certain Idea of France) de Julian T. Jackson
- Interprétation
- Simon Abkarian (de Gaulle), Niels Schneider (Leclerc), Anamaria Vartolomei (Livia), Félix Kysyl (Jean Moulin / Rex), Thierry Lhermitte (Giraud), Simon Russell Beale (Churchill), Campbell Scott (Roosevelt)
- Production
- Pathé Films, en coproduction avec TF1 Films Production, Belvédère, Auvergne-Rhône-Alpes Cinéma, Ness Films, et d’autres
- Distribution
- France : Pathé Films. Québec : Immina Films
- Durée
- environ 2 h 40 (157–160 min)
- Sortie
- France : 26 juin 2026
- Particularité
- Second volet du diptyque. Couvre surtout 1943–1944 (guerre du désert, unification de la Résistance par Moulin, tensions avec Giraud et Roosevelt, jusqu’à la Libération de Paris). Titre tiré du poème Liberté de Paul Éluard. Suite de La Bataille de Gaulle : L’Âge de fer (De Gaulle : Résistance), sortie le 3 juin 2026
- Budget du diptyque
- environ 74–75 millions d’euros (estimations publiques)
Photos de critique : stills officiels Pathé uniquement. Crédit type : © Pathé Films – TF1 Films Production – Belvédère – Auvergne-Rhône-Alpes Cinéma (photographes selon l’image : Malgosia Abramowska ou Guy Ferrandis).
SYNOPSIS
Juin 1940. La France s'effondre et signe l’armistice. Au milieu du chaos, un homme refuse de céder. Seul contre tous, ce général inconnu s'échappe vers Londres pour sauver ce qu'il reste d'un rêve : la liberté.
Sans armée, sans appui, sans espoir. Mais avec une folle conviction : la France, sa France, n'a pas déposé les armes. Il tente un ultime pari : convaincre le monde que la bataille de France n'est ni terminée, ni perdue.
La réalité est têtue, et lui donne tort. Mais peu à peu se lèvent autour de lui en Angleterre, en France et en Afrique des résistants de l'ombre, des lycéens révoltés, des soldats déterminés. Leur foi, leur audace, leur rage de liberté défient l'Histoire qui semblait pourtant écrite d’avance.
Sans armée, sans appui, sans espoir. Mais avec une folle conviction : la France, sa France, n'a pas déposé les armes. Il tente un ultime pari : convaincre le monde que la bataille de France n'est ni terminée, ni perdue.
La réalité est têtue, et lui donne tort. Mais peu à peu se lèvent autour de lui en Angleterre, en France et en Afrique des résistants de l'ombre, des lycéens révoltés, des soldats déterminés. Leur foi, leur audace, leur rage de liberté défient l'Histoire qui semblait pourtant écrite d’avance.
Les temps et les humains
«J'écris ton nom» LIBERTÉ. Mais qu'est-ce que la liberté ? Est-ce de pouvoir être vain; de vivre des futilités égocentriques, sans contrainte? L'on attribue la citation suivante à G. Michael Hopf, basée sur des sources qui l'ont précédée (traduction libre):
« Les temps difficiles créent des hommes forts.
Les hommes forts créent des temps faciles (ou prospères).Les temps faciles (ou prospères) créent des hommes faibles.Et les hommes faibles créent des temps difficiles. » (2).
De Gaulle fait partie des deux premières affirmations du cycle. Cette seconde partie de La Bataille De Gaulle, où la politique joue un plus grand rôle, est plus difficile à comprendre pour un public non français. Par exemple, les intérêts divergents entre le général et les États-Unis a certainement nécessité un effort important de vulgarisation pour le scénariste.
J'aurais aimé davantage voir ce qu'a fait la résistance civile française, mais le film dure déjà 2h40. La résistance est en quelque sorte personnifiée par quelques personnes fictives ou figuratives de l'entourage de Jean Moulin, ou par l'entremise de jeunes adultes qui écoutent la radio. Des déclarations et conversations nous informent aussi sur ce qui se passe en France. L'appui de la résistance envers De Gaulle est indéfectible. Il s'est avancé quand tous baissaient les bras. Il est donc celui que l'on doit suivre et soutenir.
Jean Moulin, sous l'allias Valet de carreau dans ses communiqués, s'est donné, en plus de la mission de réseauter la résistance, une nouvelle mission essentielle : convaincre De Gaulle que l'appui politique est devenu incontournable, pour la survie de la république après la guerre, mais aussi pour se battre. Car dans la situation de la France en 1943, les Français pourraient s'entredéchirer.
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| Jean Moulin. Copyright : © 2026 Pathé Films - TF1 Films Production - Belvédère - Auvergne-Rhône-Alpes Cinéma |
De Gaulle mandate le Général Leclerc dont les victoires éclatantes avec très peu de ressources (400 combattants), ont attiré l'attention de l'Angleterre. Par un ordre écrit, le Général De Gaulle enjoint le colonel Leclerc, qu'il a promu général pour France Libre, en vue de prendre le commandement d'une division blindée à créer... De Gaulle en voit la nécessité, en vue de la quête consistant à regagner Paris. Car que serait la France, sans sa capitale ou quelle serait le traitement réservé à celle-ci?
Un autre enjeu est révélé. Selon le renseignement que reçoit le général, Le Président Roosevelt voudrait que presque le tiers de la France devienne la Nouvelle Wallonie. Le favori des résistants pourra-t-il sensibiliser le Général Heiseinower, champion des Américains, aux enjeux de la survie de la république? Il sait aussi que les pertes et le chaos pourraient être énormes, si la quête pour regagner Paris devait tourner à la guerre urbaine contre l'occupant, face à une France divisée depuis la reddition de la première heure contre l'Axe.
Winston Churchill est encore un personnage clé, vif à saisir les enjeux et les avantages pour l'Angleterre. Encore plus divisé (entre les intérêts du régime de Vichy, des États-Unis, de France Libre et de l'Angleterre, il a besoin de l'image de De Gaulle, mais au final c'est le Président Roosevelt qui peut allonger les ressources qui font tant défaut à la cause.
Le Président Roosevelt et le Général Giraud
Le président des États-Unis, veut imposer son poulain, le général français (Giraud) et sortir de piste l'imbridable Général De Gaulle. Ce dernier discerne quant à lui dans cette manœuvre, une tentative d'installation d'une double fonction, militaire et politique dont le principal intéressé, manipulé, ne serait en fait qu'une marionnette remplaçable à tout moment. Giraud serait le choix de la coalition Vichy - U.S. - Angleterre pour sortir De Gaulle. Contrairement aux stratèges qui le méprisent, De Gaulle voit une mise en place qui se décline en 3 principales conséquences :
- Le Général Giraud sera un porte-parole contrôlé par les Américains, sans véritable autorité (ce que ce dernier ne voit pas);
- l'installation d'un commandement Américain et de bases militaires en sol français;
- une violation de la Constitution.
De Gaulle est-il totalement désintéressé?
Probablement pas. Personne ne l'est. Les racines de l'ambition et de l'image personnelle ne sont pas loin de la surface pour les dirigeants. Mais il a du flaire, le général. Il sait lire la politique et les alliances.
Enjeux et République
Mais comment De Gaulle peut-il influencer l'incontournable puissance montante américaine qui le méprise, via la présidence de Roosevelt, fin stratège politique, négociateur et commanditaire du soutien de guerre ? Pour les Américains, le général est bien léger dans l'Histoire. Mais un constat s'installe: la résistance est devenue un élément clé.
Du côté de Jean Moulin, la mission complexe qu'il s'est attribuée consiste à mettre en réseau les résistants, gagner de plus en plus le cœur des Français (unifier) et plomber les actions de l'Axe en France.
Je dirais que la deuxième partie de la diptyque du film est encore plus celle des stratégies et des symboles. En fait, il faudra naviguer entre divers intérêts divergents si l'on veut qu'il reste une république après la guerre. Tant Jean Moulin que De Gaulle et d'autres intervenants, devront poser appuyer des actions qui s'apparentent à des actes de foi. Après tout, la croix de Loraine n'est peut-être pas si hors contexte...
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1. De Gaulle : une certaine idée de la France (A Certain Idea of France, 2018) de Julian T. Jackson. SEUIL. 2019 pour la traduction en français
2. « Hard times create strong men. Strong men create good times. Good times create weak men. And, weak men create hard times. » (G. Michael Hopf, dans son roman post-apocalyptique Those Who Remain (2016, tome 7 de la série The New World).



