dimanche 26 janvier 2014

Quand l'information continue se fait parasite

ISLE-VERTE, LAC-MÉGANTIC et RÉVOLTE DES SUBVENTIONNÉS DU QUÉBEC EN 2012: UNE RÉFLEXION SUR L'INFORMATION CONTINUE

Il est deux choses que nous n'avons pas assez entendues, sur le drame de cet incendie du centre d'hébergement pour personnes âgées du village de l'Isle-Verte (situé en front de l'île du même nom). De même, pour le drame du déraillement d'un train à Lac-Mégantic, nous avons vu la sauce de la nouvelle étirée au max. Mais nous n'entendions pas ces deux choses essentielles.



1.  Le silence



Au départ, que dire aux proches et familles des victimes, les premières heures et les premiers jours suivant une perte? Parfois rien. Peut-être même souvent, rien. La main sur l'épaule en dit plus que les mots vides. J'ai perdu ma mère à l'occasion d'un drame lorsque j'étais adolescent, et c'est la présence des gens qui nous aimaient, qui nous réconfortait vraiment; pas les paroles. Le drame n'est pas un vide à combler; c'est un plein à digérer.


2.  «Nous ne savons pas»


Mais au-delà, il y une autre chose que l'on n'a pas assez entendue pour l'Isle-Verte.
  • Cette chose ne fait pas vendre de la copie, ni de publicités sur les réseaux. 
  • Elle ne s'entend surtout pas chez les médias d'information continue; ces nouveaux jukebox de l'information en boucle, où rumeurs et nouvelles, tournent comme des tubes (succès). 
  • Cette chose est la réalité qui déplaît à la plupart des médias qui vivent de la misère du monde: 
C'est accepter de dire: «Je ne sais pas» ou «Nous ne savons pas». Donc, nous cessons de parler jusqu'à ce que nous sachions. 

Isle-Verte, Qc, incendie nuit du 23 janvier 2014. Crédits images: Francois Drouin, Journaliste | infodimanche.com, La Résidence du havre, hébergeant des personnes âgées, a été rasée par un incendie, faisant au moins une trentaine de victimes, dont plusieurs sont encore sous les décombres gelées en ce 26 janvier 2014.

Nouvelles en continu et éthique incertaine


À l'Isle-verte, comme lors du déraillement du Lac-Mégantic à l'été 2013, nous sommes obligés de nous demander si tout le bourdonnement des rumeurs continues et de la nouvelle en tube, ne vit  pas en réalité de la misère du monde. Les paparazzi parasitent les gens riches et célèbres. Les réseaux d'information continue sont proches de faire de même avec les malchanceux de ce monde. Et là-dessus, les réseaux sociaux se font fournisseurs complices.


Printemps 2012: la quantité n'est pas de l'information et se fait promotion



D'un point de vue plus sociopolitique, au printemps 2012, si la tentative de révolte des subventionnés s'estompait, les médias l'alimentaient en publicisant gratuitement le prochain lieu et heure de rassemblement en vue des manifestations à Montréal. Caméras et journalistes attendaient sur place, des heures avant les rassemblements, faisant littéralement la promotion de la prochaine manif.
Les diffuseurs (privés et publics) se plaçaient presqu'en position proche ou carrément en conflit d'intérêts. Cela fait penser à un journaliste sur les lieux d'un incendie, qui entretiendrait le feu en y jetant du combustible, ou un autre, commanditant un tueur en série pour créer la nouvelle.

Les réseaux de nouvelles en continu, se révèlent peu à peu, comme de bizarres de lieux de rencontres. Leur composé d'information altérée de rumeurs sans fondement qui tourne en boucle, peut être parfois utile, mais peut aussi parasiter les malchanceux dans la tourmente. Lors des drames, plutôt que de passer dans un bourdonnement incessant, les mêmes rumeurs, spéculations, déformations ou interprétations des déclarations ou des non-dits, il faudrait attendre pour dire ce que l'on sait. Le porteur d'une nouvelle fausse a l'air stupide à la fin. On ne pourrait toujours pas remplir 24 heures de nouvelles, mais ce faisant, on cesserait aussi de «remplir» les auditeurs.
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