jeudi 14 novembre 2013

Nouveau procès pour le Dr Guy TURCOTTE (JECKILL & HYDE version du Québec)

14 nov. 2013 - Cette cause n'est pas l'affaire d'une mère, mais l'affaire de toute la société post-moderne. La mère des deux jeunes enfants assassinés, elle-même urgentologue, Isabelle Gaston, a accordé une entrevue radiophonique à Dutrizac, le 13 novembre 2013. Malheureusement, l'entrevue mettait un fort accent sur les sentiments d'une mère et pas assez sur un besoin supérieur de la société. 

Guy TURCOTTE, l'ex-chirurgien cardiologue, a tué à l'arme blanche (...) ses deux bambins en 2009. Il avait par la suite été jugé NON criminellement responsable, lors d'un premier procès. La couronne lui impose un second procès. Il y aurait eu erreur judiciaire lors des directives du juge aux jurés, sur l'impact du produit consommé versus la responsabilité criminelle. 

(mise à jour 14 novembre 2013, 19:12)

La mère des jeunes victimes, Isabelle GASTON, a déclaré qu'il n'y aura jamais de gagnant dans cette affaire, car rien ne pourra réparer le mal qui a été fait. Mais en réalité, le nouveau procès n'est pas pour satisfaire une mère elle aussi victime, mais pour toute la société. Il faut voir plus grand que le noyau familial du drame en question. Car le premier procès qui a déclaré le médecin assassin, non criminellement responsable, a ajouté ainsi un cas de plus à la jurisprudence (qui sert maintenant de référence pour d'autres où les problèmes mentaux se mêlent à la consommation) en matière de consommation d'un produit dangereux (liquide lave-glace bleu) lié à un acte criminel (1). Pour plusieurs (je tends vers cette hypothèse), Guy Turcotte aurait en réalité voulu punir sa femme pour l'avoir trompé avec un ami de la famille.

L'histoire rappelle un ancien film des premières décennies du cinéma, «Dr. JECKILL & Mr. HYDE», Hyde avait deux personnalités, le M. HYDE gentil et le méchant JECKILL lorsqu'il consommait sa solution chimique  (Jeckill et Hidehide = Jeu de mot pour caché et Jeckill, pour kill, tuer). Nous avons ici Dr Turcotte et M. Alter Ego (traduction: «autre Moi»).
Un docteur devient méchant  après avoir bu un liquide. Cela
rappelle un certain médecin chirurgien, dans une histoire de double
meurtre d'enfants au Québec.
Crédits image: affiche du film Dr. Jekyll and Mr. Hyde, film
original de 1931, suivi de plusieurs remakes et même de séries TV.
Image trouvée sur IMDb. Étrangement, la même année 1931 a vu
naître les films Dracula et Frankenstein, qui ont aussi marqué l'imaginaire
dans le genre cinématographique.
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1.  Tous les jugements font partie de la jurisprudence pour guider les causes suivantes dans le temps. Depuis quelque temps au Canada, la consommation de drogues ne peut plus être utilisée pour déresponsabiliser les criminels. Cependant, le liquide lave-glace n'a pas été consommé en tant que drogue, selon la défense, mais pour se donner la mort. La réouverture de la cause est surtout reliée aux directives inappropriées données aux jurés.

2 commentaires:

Le Gentil Astineux a dit...

Turcotte un cas de jurisprudence ?

Il y a depuis 1992 + de 8000 cas de personnes libérés pour les mêmes raisons de santé mentale.

Je vous met au défit de venir lire sur mon blogue l'article : «un nouveau procès contre Guy Turcotte, pourquoi ? »

Gilles B. a dit...

Au gentil astineux

En fait, ce que je voulais dire c'est que chaque cas ajoute à la jurisprudence déjà existante.

Dans le cas de TURCOTTE,
--> la notoriété peut avoir joué (un chirurgien ne pourrait pas tuer ses enfants avec préméditation)

--> Les drogues OU l'alcool ne peuvent plus justifier être présentée en défense pour la non-responsabilité criminelle. Mais avec ce cas, l'effet temporaire du liquide lave-glace a été utilisé en défense comme un facteur aggravant le problème mental, puisque le but (selon la défense) était de se donner la mort.

--> On a utilisé aussi en défense le fait que le problème mental de Turcotte au moment du meurtre n'était pas une dépression «ordinaire».

Tous ces facteurs font que la jurisprudence a été affectée, allant même en faveur de réintroduire la considération d'un produit quelconque comme facteur atténuant (réduisant la responsabilité) d'autant plus, en combinaison avec un problème mental particulier (argument fondé ou non), point utilisé par la défense...