jeudi 17 décembre 2015

La journaliste Asra Nomani dénonce le mouvement «Walk a mile in her hijab» ( #DontBuyIt )

Une nouvelle vague se profile en cette fin 2015: porter le voile en signe de solidarité avec les femmes musulmanes. La journaliste américaine Asra Q. Nomani y voit une très mauvaise chose; une démarche portée par des intérêts politiques en pure restriction des droits que les adolescentes pensent défendre.

Le mouvement est connu en anglais sous le nom de Walk a mile in "her hijab"

Des filles d'une école non-musulmane de Chicago (Vernon Hills High School) portent le hijab pour promouvoir l'acceptabilité des croyances de l'islam. Pour la journaliste musulmane américaine Asra Nomani, les adolescentes bien-pensantes et bien-intentionnées, sont en fait manipulées par un courant islamiste politisé qui vise en fait l'acceptabilité sociale du contrôle des femmes musulmanes.

Pour la journaliste musulmane américaine Asra Nomani (asranomani.com), les adolescentes bien-pensantes et bien-intentionnées, seraient en fait selon elle, manipulées par un courant islamiste politisé qui vise en fait l'acceptabilité sociale du contrôle des femmes musulmanes. Pour Madame Nomani (et plusieurs autres musulmans et musulmanes), le mouvement servirait donc plutôt des intérêts liés à la promotion d'un islam politique particulier. 

Elle le dénonce d'ailleurs dans une publication du 14 décembre 2015 (1), sur le compte Facebook Asra Nomani (extrait ci-dessous) suivi d'une traduction libre par Yapasdepresse. Elle invite à réagir avec le marqueur web #DontBuyIt ("hashtag"= mot-dièse ou mot-clic).

Source : compte Facebook 

Traduction libre de la publication Facebook de la journaliste Asra Nomani

«Voici une campagne très politique qui consiste à faire porter le foulard à des adolescentes en Amérique, en guise d'activité «inter-religieuse». Ceci est vraiment regrettable. Il se trouve des groupes d'intérêts particuliers dans nos communautés musulmanes, lesquels tentent de promouvoir le foulard pour les femmes, comme un sixième pilier de l'islam. Ils ont fait du "hijab" un synonyme de foulard, alors qu'il signifie «modestie». Et de là, manipuler l'enjeu, pour les musulmans, tourné en une campagne politique (politisée) servant à vendre cette idéologie à de jeunes adolescentes américaines, constitue une exploitation.  

«J'ai marché un mille dans "son hijab" après les attaques du 11 septembre sur un [autocar] Greyhound, de Morgantown à New York, et savez-vous ce qui s'est passé? Rien. Personne n'a porté attention. Et depuis, je n'ai pas besoin de «marcher un mille dans son hijab», parce que comme plusieurs femmes musulmanes, je ne crois pas que les cheveux des femmes sont trop sexuellement explicites et que couvrir nos cheveux est requis par l'islam. En fait, le foulard est le symbole d'une interprétation de l'islam que plusieurs musulmans et moi rejetons, cette croyance que les femmes sont une distraction sexuelle pour les hommes qui sont faibles, et qui doivent être protégés de nous, en tant que distractions sexuelles. Nous n'achetons pas cela. Il n'y a rien comme la liberté du vent dans notre chevelure. Mes cheveux ne sont pas trop sexuellement explicites. #DontBuyIt

Le multiculturalisme naïf devient de plus en plus le «mutile-culturalisme»; c'est-à-dire, que l'approche de l'ouverture poussée à son extrême affaiblit les cultures accueillantes lorsque celles-ci manquent de discernement. Nous ne sommes plus en 1967 et il faut se réveiller. Sinon, s'en suivra une perte des libertés cherchées initialement en Amérique. La journaliste parle du contexte des États-Unis, mais la chose a des répercussions au Canada.

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1.   Asra NOMANI. «Here is a very political campaign...». sur le compte Facebook Asra Nomani, 14 déc. 2015, 11 heures 11.

Texte en anglais ci-dessous



«Here is a very political campaign that is putting headscarfs on young teens in America as an "interfaith" activity. This is really unfortunate. There are special-interest groups in our Muslim communities who try to promote the headscarf for women as a sixth pillar of Islam. They have made "hijab" synonymous with "headscarf" when it means modesty. To then manipulate concern for Muslims into a political campaign to sell this ideology among well-meaning teen girls in America is exploitative. 
«I walked a mile in "her hijab," after the 9/11 attacks, on a Greyhound from Morgantown to NYC, and guess what happened? Nothing. No one cared. And since then i have no need to "walk a mile in her hijab," because, like many Muslim women, I do not believe that women are too sexy for their hair and that covering our hair is Islamically-required. In fact, the headscarf is a symbol of an interpretation of Islam that many Muslims and I reject that believes fundamentally this idea: that women are a sexual distraction to men, who are weak and must be protected from us as sexual distractions. We don't buy it. There is nothing like the freedom of the wind in our hair. I am not too sexy for my hair» ‪#‎DontBuyIt

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