jeudi 27 juin 2013

Syrie : le conflit vu par un chrétien irakien

26 juin 2013. Interview avec Yonadam Kanna, député en Irak

Les chrétiens de Syrie subiront-ils le même sort que les chrétiens d'Irak? Analyse de la situation par Yonadam Kanna, chrétien et homme politique irakien. 

« Si la Syrie s'effondre, cela mettrait en danger tous les chrétiens du Moyen-Orient ! [...] Je dirais qu'il y a plus de 29 groupes de djihadistes qui se battent en Syrie. Je ne crois pas qu'ils écouteraient M. Sabra (président chrétien du Conseil National Syrien, un parti d'opposition) ou tout autre leader qui voudrait faire la promotion de la démocratie et de la liberté [...] nous savons qu'il y a des combattants venus du Danemark, du Canada, de Tchétchénie, du Yémen, de partout. Il y a 57 pays musulmans dans le monde mais ces combattants ne viennent pas seulement des pays musulmans. » (Yonadam Kanna, député en Irak)
Yonadam Kanna, député en Irak et
secrétaire général du Mouvement 
démocrate assyrien
Pour Yonadam Kanna, député en Irak et secrétaire général du Mouvement démocrate assyrien, une main mise des djihadistes sur le conflit plongerait le Moyen-Orient dans le chaos.

Quel conseil donneriez-vous aux responsables chrétiens en Syrie?

« Nous respectons la volonté du peuple syrien. C'est à eux de voir et de décider ce qu'il convient de faire. Mais je suis surpris de voir que ce ne sont pas eux qui prennent les décisions. Les décisions sont prises par d'autres, de l'autre côté de la frontière. Je dirais qu'il y a plus de 29 groupes de djihadistes qui se battent en Syrie. Je ne crois pas qu'ils écouteraient M. Sabra (président chrétien du Conseil National Syrien, un parti d'opposition) ou tout autre leader qui voudrait faire la promotion de la démocratie et de la liberté.

Comment savez-vous qu'il y a autant de combattants de différentes nationalités qui se battent en Syrie?

« Ce sont des informations rendues publiques. Ces chiffres ne sont plus un secret aujourd'hui. C'est peut-être dû à la présence de l'ONU et des agences de presse dans le pays. C'est ainsi que nous savons qu'il y a des combattants venus du Danemark, du Canada, de Tchétchénie, du Yémen, de partout. Il y a 57 pays musulmans dans le monde mais ces combattants ne viennent pas seulement des pays musulmans. Ils viennent aussi du Canada, de l'Europe et de l'Amérique. Parmi ceux qui ont été arrêtés il y en a qui avaient des passeports belges, il y a donc aussi des Européens. »

Comment voyez-vous l'avenir pour les chrétiens du Moyen-Orient?

 « Si le pays est dirigé par des extrémistes ou des fanatiques, qui gouvernent en se basant uniquement sur la religion, la situation des chrétiens sera très difficile. C'est ce qui risque d'arriver en Syrie. Si cela arrive, nous devons nous attendre à un exode en masse des chrétiens du pays. C'est déjà ce qui est en train de se passer avec les coptes en Egypte ».

Interview : »»»»» LIRE l'interview complète »»» 
http://www.portesouvertes.fr:81/informer/lettres-de-nouvelles/filrouge/2013/juin/syrie-le-conflit-vu-par-un-chretien-irakien

mercredi 19 juin 2013

«Option famille» pour Jean-Martin Aussant, chef d'Option nationale (Québec)

Jean-Martin Aussant, chef non élu du jeune parti Option nationale (ON) a annoncé mercredi le 19 juin 2013 (1), qu'il quitte la vie politique pour des raisons personnelles et pour ne plus négliger sa famille. Il faut dire que bâtir un nouveau parti de gauche, ce n'est pas facile, car plusieurs partis portent à gauche au Québec en ce moment. Le parti ON est aussi fortement axé sur la souveraineté. Il a été créé en vue de la dernière élection du Québec de 2012.

Jean-Martin Aussant
Le chef non élu du parti ON, sans député, s'était fait voter un salaire par le parti récemment. La nouvelle de la démission du chef de ce jeune parti arrive de manière plutôt inattendue dans le milieu politique québécois, mais moins, il semble, au sein du conseil national du parti. 

Y aurait-il un lien avec cette autre nouvelle, où le parti ON, lors de son tout récent conseil national, a perdu un de ses deux représentants des régions. Sébastien Lévesque, un professeur de philosophie du Cégep de Jonquière, quittait plus tôt en juin pour «malaise idéologique» et en raison de «tiraillements internes» (2). L'autre représentant des régions toujours en poste est Patrick Bourgeois; connu pour ses positions radicales.

Ce nouveau parti indépendantiste serait-il atteint du même mal que le PQ: dissension chronique et présence de certains militants coriaces; un parti polarisé qui attaque ses chefs? L'on peut se demander: assistons-nous à une radicalisation du parti, ou encore à une purge? Le membre et représentant sortant, Sébastien Lévesque, avait fait état dans un message expédié au journal Le Soleil (La Presse) il y a quelques semaines, d'un problème éthique pour décrire une «logique de clan malsaine». Identifiant un second problème, il invitait ses collègues à se pencher sur des questions de «démocratie», à l'interne (3).
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1.  Jean-Marc SALVET. Jean-Martin Aussant quitte la politique: le PQ voit une occasion à saisir. La Presse.ca  | Le Soleil, mercredi le 19 juin 2013

2.  Michel CORBEIL. Option nationale perd un de ses deux représentants des régions.
LaPresse.ca | Le Soleil, 3 juin 2013

3. Même référence.

jeudi 13 juin 2013

Euthanasie ou suicide assisté: projet de loi, projet de société au Québec

13 JUIN 2013. Comme prévu, et malgré une majorité de mémoires opposés à l'euthanasie et à son inévitable corollaire, le suicide assisté, le gouvernement du Parti Québécois (PQ) est allé de l'avant avec le dépôt de son projet de loi ouvrant la porte à ces pratiques. Un nuage de plus sur notre carte d'assurance santé publiqueL'exercice équivaut à banaliser du même coup le suicide (par le suicide assisté), et à pousser plus ou moins subtilement les plus âgés, mais aussi les jeunes malades, vers la sortie.

Il se dit n'importe quoi dans les médias. On confond, parfois malhabilement, soins d'une part, avec la décision de donner la mort par injection, mais d'autres fois intentionnellement (idéologie et propagande). Car c'est bien de cela qu'il est question. Les médecins opposés à l'euthanasie ne sont à majorité, pas davantage pour l'acharnement thérapeutique. Ce qui est très dangereux, avec le présent exercice du projet de loi, ce n'est pas de soulager le malade en le laissant partir, mais d'ouvrir une porte légale pour pouvoir provoquer sa mort, même si la mort naturelle devait survenir des mois, voire des années plus tard. 

Suicide assisté

La question du suicide assisté se fait incontournable. C'est la définition même d'une personne qui demande de l'aide pour mettre fin à ses jours.

Le sens de «fin de vie» sera, vous le verrez avec le temps, très élastique, trop, pour qui a suivi le débat et a déjà vue ce genre de «consultation» publique. C'est ce qui se voit ailleurs.

Le truc

Comment réussir à faire passer des projets semblables
  • On recense les cas les plus atroces, mais en ouvrant la porte à une chaîne de morts, de sorte que l'exception soit remplacée par des non-exceptions après 10 ans.
  • Ne pas fixer de délai dans les lois (comme pas de délai légal pour les avortements) laisse place à une progression de la pratique.
  • Enrober de vœux pieux et de "balises" n'empêchent pas qu'elles soit modifiées jusqu'à tomber (devenir indéfendables, chaque cas limite ouvre la porte à comparaison et crée un précédent)
Dans les faits, si l'on observe ce qui se passe ailleurs, les balises ont disparu ou tombent une à une, dans les quelques pays où l'euthanasie est déjà pratiquée (relâchement progressif puisqu'un nouveau cas particulier ouvre la porte à un autre et ainsi de suite). Ces cas ne sont soulignés que par les médecins opposés à l'euthanasie ou au suicide assisté. On assiste en 2013 dans ces pays, à des demandes de mort pour des raisons diverses, et de plus en plus prises en évaluation: 
  • pour la perte de la vue et de l'ouïe (et autres handicaps liés au vieillissement)
  • pour une dépression (souffrance émotive ou morale)
  • pour les maladies dégénératives, parfois des décennies avant la fin (vouloir en finir, anxiété), par exemple pour des maladies comme la sclérose en plaques
  • pour la maladie mentale qui isole une personne. Au Québec, avant le dépôt du rapport de consultation sur la question tordue de «mourir dans la dignité» au printemps 2012, les membres de la commission ont même débattu sur la notion de «mort sociale»,  pouvant entrer dans le concept de fin de vie (ex. maladie d'Alzheimer de longues années avant la mort dans certains cas). Ce ne sont pas tous les commissaires qui ont signé le rapport de 2012.
De plus, dans les pays pratiquant l'euthanasie, les personnes qui n'ont pas de liens sociaux (famille, proches) sont plus sujettes à être euthanasiées de manière plus rapide.

Et avec une pyramide des âges qui révèle une surreprésentation croissante des personnes âgées, les aînés qui demandent des soins réguliers se sentiront subtilement poussés à partir pour ne pas constituer un fardeau pour les autres. Ces aînés ou parfois ces malades plus jeunes, auront contribué au régime de santé (assurance de santé publique) TOUTE LEUR VIE adulte (régime implanté actuel implanté au Québec dans les années '60), mais sentiront qu'ils deviennent un poids social. La différence entre l'homme et l'animal s'amenuise. Sans oublier le cas des enfants malades (Belgique), pour qui se pose déjà le même questionnement: soins palliatifs ou mort assistée (ex. mort par injection létale et fin de vie ou abandon de soins à 10 ans)? Et la recherche?

L'élite apprend vite, mais la majorité oublie plus vite

Pour fins d'exemple, je vous demande de faire preuve d'un peu d'ouverture et de considérer ce qui s'est passé dans un autre cas historique, indépendamment de votre position sur le sujet.

Certains apprennent vite: ceux qui introduisent consciemment un nouvel agenda social. Mais inversement, la majorité oublie vite. Pour apprendre sur la façon de faire passer ce genre de politique, revenons au même procédé, suivi dans le débat sur l'avortement au Canada, scellé à la fin de la décennie 1980.

La population consultée était majoritairement opposée à l'avortement provoqué, à moins de raisons suffisamment sérieuses. On avait bien sûr servi les arguments des avortements par broches à tricoter avec complications et infections, du viol avec grossesse, de la maladie de la mère. Bref, comprendre: il n'y avait pas de monde civilisé avant Henry Morgentaler. Comme si la grossesse était un accident de la nature. C'est un peu comme si l'on avait parlé de l'atrocité des suicides ratés pour justifier le suicide assisté, ou encre parlé des problèmes dentaires pour dire qu'avant les dentistes, il n'y avaient point d'humains et de vie sur la planète. C'est un regard très occidental sur ce qui fait ou doit faire le bonheur. Tout ne s'est pas fait en quelques mois.
  • Il y a eu premièrement la défaite du gouvernement du Canada devant le médecin avorteur qui a réussi à faire invalider un article du Code criminel canadien. 
  • L'année suivante, le gouvernement de Brian Mulroney est allé de l'avant avec un projet de loi pour encadrer l'avortement, entre autre pour tenter d'introduire un délai limite pour la date de l'avortement après un certain nombre de semaines suivant le début de la grossesse.
  • C'est le sénat canadien (que tous veulent abolir), qui en troisième lecture, avait subitement clos le débat, par un vote serré, en renversant le projet de loi fédéral. Ce projet de loi était déjà approuvé en première et deuxième lecture et supporté par la majorité de la population, mais pas par Radio-Canada, ou par ICI. Ce second projet de loi visait, après un premier revers, à au moins encadrer l'avortement, avec un délai limite au-delà duquel l'acte n'aurait pas été pratiqué, sauf pour raison majeure. 
Donc, la majorité a perdu.

CEPENDANT : Une génération après la fin des années '80, les cas extrêmes à faire pleurer Luka Rocco Magnotta (né Eric Clinton Newman), le dépeceur de Montréal, ces cas extrêmes donc, représentent une très faible minorité dans les faits. Et les avortements d'accommodation lesquels constituent la grande majorité des cas, sont maintenant considérés comme un droit fondamental. 

On est loin  en nombre, des cas atroces, alors que le débat d'opinion fût pourtant gagné en ce sens (les affreuses exceptions). L'avortement subventionné pour les non-mères et les non-pères (1) de quelque revenu que ce soit (sans égard au revenu du couple), est devenu un moyen de contrôle des naissances, pour compenser un manque de planification ou un "accident". Dans les faits, la grossesse non désirée est le seul accident grave qui donne la vie!

Tout cela est parti au départ (pour l'avortement) des cas extrêmes pour une pratique qui s'élargit à tous (avortement sur demande ou même sans la demande; les médecins l'offrent lors des échographies) et en une seule génération.


L'étrange équation des droits

Donc, par une étrange équation, ce qui est autorisé ou toléré, même dans le cas de vide juridique, devient vite considéré comme un droit fondamental.

Vous dire l'avenir

C'est un peu la même chose avec la mort assistée qui sera débattue suite à ce dépôt d'un projet de loi et acceptée, comme toutes les autres consultations pré-arrangées par les spécialistes non élus de puis 25 à 30 ans environ. On pose une question biaisée («...mourir dans la dignité»?), sans définir les termes, jusqu'à obtention de la réponse désirée. Et on se trouve ou nomme des parrains pour porter le dossier. Ces parrains et marraines se prennent pour des Mère Teresa qui font avancer les droits de l'homme, mais pour donner la mort. 

Tout cela, parti au départ des cas extrêmes pour une pratique qui s'élargira. Les «ponctionnaires» de l'État vont s'en charger. Il faudra bien trouver l'argent (abréger la vie et les soins) pour des causes importantes comme fournir les drogues gratuite injectées sous supervision et donner des salaires à ceux qui refusent de travailler, même s'ils en ont la capacité.

Des mots et des maux, ou quand il est considéré «indigne» de s'affaiblir en vieillissant.

C'est un âge sombre, que celui où pour convaincre, l'on doit tromper par les mots. Dans la consultation, il ne fallait pas parler de mort provoquée, mais de «mourir dans la dignité» ou de soins pour donner la mort: «aide médicale à mourir», donc des soins provoquant directement la mort. L'illusion des bienfaits de l'euthansie et du suicide assisté, ne doit pourtant pas être confondue avec soins de fin de vie, non plus qu'avec soins palliatifs. Bref, quand on veut vraiment être humain en tant que médecins qui agissent en collégialité dans un centre de soins, on n'a pas besoin d'une loi qui ouvre la porte trop grand. Car l'humanité et la compassion précèdent les lois, et non l'inverse. C'est au contraire ce que fera cet exercice, comme cela s'est fait dans quelques pays, ouvrir la porte trop grand. Par la suite, les balises vont tomber une à une (sur la base des cas qui servent de modèle aux décisions suivantes) comme ailleurs, parce que chaque nouveau cas crée un précédent pour les suivants (2). Cela équivaut à banaliser du même coup le suicide, et à pousser subtilement (ou pas du tout!) les plus âgés ou les jeunes les plus malades, vers la sortie. Plusieurs ont compris le message.

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1.  C'est un fait que l'on ne saurait parler de mère et de père quand il y a avortement provoqué volontairement (IVG).

2.  Le genre d'argument pour rendre la mort plus accessible: «Dans cette autre institution, on a aidé telle personne à partir, et moi je souffre autant, pourquoi pas moi? Je n'ai plus de vie!» Chaque cas interprété de façon plus libérale ouvre la porte aux nouvelles demandes d'élargissement de l'accès à la mort sur demande;

  • pour handicaps comme la surdité et la perte de la vue
  • pour la souffrance de la dépression et des maladies mentales
  • Demande de suicide avec l'argument des suicides manqués -l'équivalent des broches à tricot et des infections, pour justifier l'avortement maintenant accessible à tous-
  • etc. 
Avec le temps, les balises sont devenues  indéfendables et les personnes inaptes à prendre une décision (ex. coma) qui sont sans liens sociaux (famille, proches, amis) quittent plus vite que les autres. Ce n'est pas de la fiction, c'est un fait.

jeudi 6 juin 2013

Interdiction du turban, Fédération québécoise de soccer (football)

Exiger le port du turban sikh et autres symboles dans les sports a-t-il du sens? Pensons-y un peu. Dans cette religion, il y a aussi le port du kirpan (un poignard "sacré").

Donc, à l'adolescence, y aura-t-il aussi le port du kirpan au soccer, au hockey, en natation, comme on le demande à l'école (obtenu par un jugement de cour en 2006)? L'enfant porterait-il le turban lorsqu'il fait du plongeon ou de la compétition de natation en couloir? Cela n'a pas de sens réel. La Fédération québécoise de soccer s'en remet à la Fédération internationale de football association (FIFA). C'est un faux débat. FIFA ou pas, il faut réfléchir avec sa tête, avec ou sans turban.

vendredi 17 mai 2013

Le secret de 17 ans de Thomas Mulcair sur la corruption à Laval

Selon Radio-Canada, Thomas Mulcair, député fédéral et chef du NPD (Canada),  savait déjà, il y a 17 ans, qu'il y avait de la corruption à la tête de la ville de Laval. Il aurait caché avoir été la cible de tentative de corruption à Laval, au début de la pente glissante. Il aurait nié, lorsque questionné à ce sujet par des journalistes en 2010. Ce n'est que dans le cadre des enquêtes sur la corruption présumée à la ville de Laval débutées en 2011, qu'il aurait avoué avoir reçu l'offre d'«aide» sous forme d'enveloppe(s) du maire de Laval, Gilles Vaillancourt. Puis, il a continué de garder ce secret devant le public. Le député Mulcair et chef du NPD pourrait être convoqué comme témoin par la Commission Charbonneau. 

mercredi 15 mai 2013

Santé: DANGER, caféine ajoutée aux aliments

QUAND CAFÉINE RIME AVEC JELLY BEAN
La Food and Drug Administration (FDA) américaine s'inquiéte en 2013, de la nouvelle tendance de l'ajout de caféine aux aliments et confiseries (1). La pratique touche de plus en plus des produits facilement accessibles aux enfants et adolescents et peut présenter un effet cumulatif si plus d'un produit est consommé. Le Canada doit se montrer proactif et voir venir le coup, sans faire 3 ans d'étude.

Les parents devront désormais être vigilents, lire les étiquettes et informer les enfants et adolescents. Deux bandelettes d'une nouvelle gomme à mâcher Wrigley équivalent à un café. Une bouteille d'eau pourrait actuellement contenir de la caféine! On peut même en trouver dans certains bonbons ou dans des chips (croustilles).

Cela est très tordu comme pratique et inquiète la FDA. Il s'agit non seulement d'un problème relatif à la santé et l'alimentation, mais également d'un problème éthique sérieux. C'est aussi une question de liberté de choix. L'industrie alimentaire ne vise plus seulement certaines boissons et stimulants associés au sport, mais aussi de toute évidence la création d'une dépendance aux aliments concernés; des aliments facilement accessible aux jeunes ou aux adultes sans que ces derniers le sachent. Cela rappelle la manipulation chimique de la cigarette en vue de créer et maintenir intentionnellement la dépendance. La caféine se trouve de plus en plus dans des produits accessibles aux enfants comme
«du sirop pour pancakes, des flocons d'avoine, des gaufres, des chips ou des graines de tournesol» (2).

La FDA s'inquiète de la caféine comme 
additif alimentaire en dehors des
boissons. Le texte sur le verre dit:
«La caféine n'est plus seulement 
une affaire de café.
Elle peut se trouver désormais dans
vos Jelly Beans [friandises]
la gomme  [à mâcher; shewing-gum]
l'eau
le sirop (alimentaire)»

On peut la trouver déjà dans l'eau (permise dans les boissons sans alcool) ou certains bonbons, selon la FDA.

Une demi-tasse de café par bandelette de chewing-gum; 4 tasses de café par paquet de 8 !

Le chewing-gum (gomme à mâcher) est le dernier exemple en date, selon Michael R. Taylor, directeur adjoint de la FDA. Un nouveau produit de gomme à mâcher Wrigley caféiné peut équivaloir à 4 tasses de café. C'est une demi-tasse pour chaque unité (bandelette) d'un paquet de 8.

Selon cette autorité de réglementation et contrôle alimentaire qu'est la FDA aux États-Unis, l'ajout de caféine comme additif alimentaire n'a pas été réglementé depuis les années 1950, lorsqu'elle fut autorisée dans les boissons. Mais à ce moment-là, la prolifération de l'usage détourné de la caféine à divers aliments n'a pas été anticipée. Une exception récente a été l'interdit  en 2010, d'ajouter de la caféine aux boissons alcoolisées. L'industrie profite donc d'un vide juridique

La proximité économique et géographique du Canada et des États-Unis implique un incontournable: le Canada doit se montrer proactif et voir venir le coup.

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1.  FDA to Investigate Added Caffeine. fda.gov, 3 mai 2013

2.  Les États-Unis s'inquiètent de l'ajout de caféine dans les aliments. LeMonde.fr avec AFP, 3 mai 2013.
http://www.lemonde.fr/ameriques/article/2013/05/03/les-etats-unis-s-inquietent-de-l-ajout-de-cafeine-dans-les-aliments_3170890_3222.html

vendredi 10 mai 2013

Sélection des immigrants basée sur la langue, oui mais à quel prix?

La chroniqueuse du Journal de Montréal, Lise Ravary, raconte cette anecdote d'un trajet à pied, en plein coeur de Londres, lors de son dernier séjour:
«Lors de mon dernier passage dans la capitale anglaise, je marchais vers 20h en direction de mon hôtel, le Hilton Metropole sur Edgware Road, en plein coeur de Londres. Je me suis fait harceler comme cela ne m’était jamais arrivé nulle part ailleurs: sur trois pâtés de maison, on m’a traitée de pute et de mécréante, on m’a menacée si je ne quittais pas le quartier: ‘Ici, c’est Dar-al-Islam, (terre d’Islam). Vous n’avez pas d’affaires ici.’ Manifestement, monsieur Saunders, on s’énerve pour rien.» (1)
Ce Doug Saunders qu'elle interpelle a été correspondant en Grande-Bretagne pour le Globe and Mail. Il est auteur de l'ouvrage: The Myth of the Muslim Tide. Il y a pourtant une différence entre l'analyse de Sanders et la réalité du terrain; entre le concept idéal ou idyllique (ex. la situation en milieu universitaire), et le résultat sur certains terrains.

C'est ce type de changement social que voyait l'auteur Salman Rusdhie, avant de faire l'objet d'une fatwa (dans son cas, la cible d'un appel au meurtre par des autorités islamiques reconnues) pour un roman controversé.

Le texte de Lise RAVARY propose une diversification des origines et conditions des immigrants. Il faut selon elle diversifier et prévoir du temps pour une intégration réussie des nouveaux arrivants à la culture d'accueil; ce qui se fait davantage sur 2 ou 3 générations plutôt que sur 2 ou 3 ans. C'est à ce niveau qu'une intégration-éclair basée surtout sur la langue parlée au foyer fait fausse route.

La culture déborde de la langue et ne change pas durant un trajet de quelques heures

Si un travailleur Québécois qui a appris le mandarin part demain pour vivre en Chine, il ne devient pas de culture chinoise à sa descente de l'avion. Sa culture ne change pas durant le trajet. Lui vivra une transformation sur des années et ses enfants auront davantage la culture chinoise et leurs enfants, seront un peu plus chinois de culture. Mais ils auront logiquement conservé des traits de la culture québécoise sans mépriser la culture d'accueil. Or, nous semblons naïvement présumer qu'un immigrant qui arrive d'une culture très différente de la culture nord-américaine et plus spécifiquement canadienne et Québécoise, aura notre culture à la descente de l'avion s'il parle français (ex. arrivant au Québec ou en France) ou s'il parle anglais (ex. arrivant au Royaume Uni, aux États-Unis, au Canada hors-Québec, en Australie, etc.). C'est simpliste de penser cela.

Une adaptation à une culture d'accueil ne s'opère pas en quelques heures, dans le voyage entre deux continents. Il faut donc au départ, choisir des gens qui soient décidés à s'ouvrir à la culture d'accueil. Ceci ne veut pas dire en occident, pour l'immigrant, se renier soi-même. Car il trouve ici les libertés essentielles, y incluse celle de pratiquer sa religion dans la paix. L'immigrante n'est pas obligée de porter la mini-jupe, les talons aiguilles et le décolleté pour faire partie de la culture canadienne ou québécoise (pas plus que les canadiennes et québécoises). Mais si une immigrante porte la burqa, le hijab ou le niqab sur la rue ou dans les endroits publics, cela sera perçu par plusieurs, comme une fermeture à la culture d'accueil; comme un désir de coupure et d'isolement, voir même un mépris (plus ou moins: «je suis supérieure à vous», «je ne veux pas me mêler à vous»). Entre les vêtements qu'elle juge trop "sexy" et l'uniforme islamique féminin qui relève de la tradition et non du livre, il y a possibilité pour elle de trouver un équilibre et de s'habiller sobrement en toute liberté et en respect de l'esprit de sa religion.  Même chose pour le Juif. Mais si des individus ou familles n'aiment pas cette culture d'accueil, ou y sont fermés, avant même d'arriver, c'est perdu d'avance. Il n'y aura plus une nation avec divers immigrants, mais des nations dans la nation, des enclaves territoriales (districts, arrondissements, villages, villes) dans le pays et bientôt : division, conflits, lois parallèles d'abord appliquées en secret, ... La sélection des immigrants doit au départ tenir compte de cela et d'une nécessaire diversité dans le respect de la culture d'accueil qui a mis des siècles à se trouver un équilibre.

L'écrivain Salman Rushdie remet en contexte le roman controversé qui lui a valu que sa tête soit mise à prix  (fatwa) par des leaders politico-religieux islamistes (vidéo, durée 2 minutes)


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1.  Lise RAVARY, Immigrants francophones oui, mais à quel prix ?
 Journal de Montréal, 9 mai 2013.
http://blogues.journaldemontreal.com/liseravary/actualites/immigrants-francophones-oui-mais-a-quel-prix/#.UYwSk8cntjM.twitter,