samedi 8 septembre 2012

L'analyste politique Jean Lapierre obtient gain de cause

8  septembre 2012. DIFFAMATION RECONNUE POUR UN ÉCRIT D'UN DIRECTEUR DES ÉMISSIONS D'AFFAIRES PUBLIQUES DE RADIO-CANADA (SRC / CBC) en septembre 2011

C'est le but de ce billet. Faire la job de réparation que la SRC (Radio-Cadenas Radio-Canada) ne fera pas. 
L'analyste politique Jean Lapierre a obtenu gain de cause partiel, sauf sur le montant obtenu en dédommagement symbolique, un an après une diffusion sur les réseaux sociaux, d'un commentaire de l'ex-directeur des émissions d'affaires publiques à Radio-Canada (SRC), Pierre Sormany. Mais qui assumera les frais? Serait-il déraisonnable d'impliquer la responsabilité des cadres supérieurs des sociétés d'état, à hauteur de 5, 10 ou 15% de la facture, dans les cas où ils sont effectivement condamnés pour diffamation? Il demeure bien des cas où ce sont les contribuables qui assument la facture (dernière modification 27 septembre 2012)

Ce dernier avait publié des déclarations, dit-il par mégarde, sur une page publique de Facebook, alléguant que Jean Lapierre avait des relations d'affaires avec le controversé personnage du secteur de la construction, Antonio Accurso (Tony Accurso), son "ami". Ce dernier est lié au financement de partis politiques et à des activités de Lobbying par moment contestées, y inclus des soupçons d'usage d'influence auprès d'un certain milieu syndical, en vue de favoritisme au niveau des contrats publics en construction. Tout le monde au Québec a par exemple entendu parler du bateau d'Accurso (un yacht luxueux) qui fait maintenant partie de l'imaginaire du québécois moyennement informé. Dans ce contexte particulier, l'écrit de M. Sormany portait une toute autre charge éthique contre la crédibilité de Lapierre.


Jean Lapierre, analyste  politique bien connu
sur les plate-formes TVA, LCN, et au FM 98,5
de Montréa.
Crédits photo : Agence QMI (canoe.ca)
Et je doute encore personnellement de la défense adoptée, du doigt qui aurait appuyé trop vite sur la fonction envoyer le commentaire dans la section publique de Facebook. Ce doigt pourrait avoir eu beaucoup de plaisir, sans prévoir toutefois le tollé qui serait levé, sur la base de la cote populaire dont jouissait le commentateur politique attaqué. Si Lapierre avait été un mal aimé du public, il serait cuit deux fois (biscuit); fin de sa carrière publique en septembre 2011, et ç'aurait été confirmé en septembre 2012. 

La Presse et Canoe.ca nous résument l'histoire selon laquelle l'analyste n'a pas obtenu la pleine compensation demandée, sur la base que M. Sormany n'avait pas agi de façon intentionnelle, croyant écrire en privé à une collègue, via Facebook (hum!).

Premièrement, un directeur des émissions d'affaires publiques (pas aux archives d'avant 1990!) d'une société d'État milliardaire qui ne sait pas faire la différence entre un commentaire public et un commentaire privé sur Facebook n'était vraiment pas à sa place à ce poste. C'est réglé sous cet aspect, M. Sormany n'occupant plus cette fonction, ayant dit-on,  pris sa retraite. Question : avec ou sans compensation particulière?

Deuxièmement, une question s'impose sur les conséquences non seulement de ce cas précis, mais de toute affaire semblable, impliquant l'éthique professionnelle des cadres supérieures de nos sociétés d'État. Comme ici pour l'ex-directeur des émissions d'affaires publiques à Radio-Canada (SRC). La question est la suivante:

Qui paiera les 22,000 dollars de frais de la condamnation contre un représentant de la SRC?

Pierre Sormany, ex-directeur des émissions
d'affaires publiques à Radio-Canada.
Crédits photo : Agence QMI (canoe.ca)
Selon des informations diffusées notamment sur Canoe.ca, suite à une décision de la Cour supérieure, c'est Pierre Sormany lui-même qui devra assumer les frais, réduits toutefois à 22,000 dollars. Il s'en tire à bon compte, si l'on considère le point suivant: 






L'effet réel sur la perception publique envers Jean Lapierre

Si le jugement a statué que l'analyste politique n'avait subi aucune atteinte à sa réputation et à son honneur, la conclusion est loin d'être aussi simple à mon sens. Personnellement, depuis cette affaire très médiatisée au Québec, j'ai souvent écouté l'homme public avec beaucoup plus de réserves et de scepticisme. Était-il vraiment encore crédible et raisonnablement libre de tout lien douteux, comme analyste et vulgarisateur politique? Cette question me revenait à chacune de ses interventions publiques. Et il apparaît que je ne sois pas le seul, car sa fonction n'est pas d'être un homme d'affaires vendant des portes et fenêtres OU des armoires de cuisine.

Paul Arcand, du milieu des médias en tout cas, a vu les choses de la même façon en 2011:

«Mon intention était de congédier Jean Lapierre si c'était vrai.» -Paul Arcand, 26 juin 2012, au Palais de justice de Montréal  (2)

Lapierre pratique en tant qu'analyste politique. Donc, ses relations professionnelles et contractuelles ont un impact majeur sur son intégrité et de là, sur sa capacité même, à livrer une analyse raisonnablement non liée par des contrats amenant une apparence de conflit d'intérêts (ex. liens entre l'argent, le politique et le syndical). S'il n'avait pas poursuivi l'ex-directeur au civil, j'aurais été porté à croire qu'il était coupable des allégations minant sa crédibilité de commentateur politique sur diverses plate-formes et dans les médias. 

Monsieur Lapierre s'est dit satisfait, selon La Presse, que sa réputation ne soit plus entachée:

Même si le tribunal ne lui accorde qu'une fraction de ce qu'il réclamait, l'animateur est satisfait. «Je suis soulagé que ce soit réglé, a-t-il déclaré. C'est une leçon qui montre qu'on ne peut pas écrire n'importe quoi sur les réseaux sociaux. Pour moi, c'était important parce que ce qui avait été dit était faux.» (3)

Encore faudrait-il que le jugement ait le même rayonnement public que les allégations. C'est rarement le cas. C'est le but de ce billet. Faire la job que la SRC (Radio-CadenasCanada) ne fera pas.


Responsabiliser les cadres supérieurs de nos sociétés d'État

Une chose demeure pour les causes semblables en diffamation (réputation et honneur) impliquant des cadres supérieurs de nos sociétés d'État. Il faudrait repenser à un moyen de partiellement impliquer financièrement les cadres supérieurs de l'État, pour que l'employeur public (nous les contribuables) n'assume pas seul la responsabilité de son employé (scénario habituel) dans ces poursuites sur des affaires de réputation et d'honneur. Serait-il déraisonnable de les impliquer au niveau de 5 ou 10 ou 15% de la facture, dans les cas où ils sont effectivement condamnés pour diffamation? Il demeure bien des cas où ce sont les contribuables qui assument la facture.

_______________
1.  Gabrielle DUCHAINE. Victoire partielle de Jean Lapierre. La Presse.ca, 7 septembre 2012
http://www.lapresse.ca/actualites/quebec-canada/justice-et-faits-divers/201209/07/01-4571976-victoire-partielle-de-jean-lapierre.php
lien consulté le samedi 8 septembre.

2.  Les News. «Mon intention était de congédier Jean Lapierre si c'était vrai.» -Paul Arcand. Les News, 27 juin 2012.  Lien consulté le 8 septembre 2012.
http://lesnews.ca/politique/17978-%C2%ABmon-intention-etait-de-congedier-lapierre-si-cetait-vrai-%C2%BB-paul-arcand/

3.  Gabrielle DUCHAINE. Même référence, Victoire partielle de Jean Lapierre. La Presse.ca, 7 septembre 2012

mercredi 5 septembre 2012

Élections Québec 2012: joies, drames et démocratie

ET UN RETOUR SUR LA QUESTION D'UN ÉVENTUEL SCRUTIN PROPORTIONNEL

Les résultats électoraux sont maintenant connus. Le Parti Québécois (PQ) est élu par une très courte marge, avec 1 point de pourcentage de plus que le Parti Libéral du Québec (PLQ), lui assurant seulement 4 sièges de plus et a obtenu un gouvernement minoritaire. Même l'appui de Québec Solidaire (QS) et même un scrutin proportionnel ne lui accorderait pas de majorité pour les projets communs entre ces deux partis de gauche. Mme Pauline Marois devient ainsi la première femme élue Première ministre dans l'histoire du Québec. La soirée électorale a malheureusement été assombrie par un drame: un homme a tiré à l'arme à feu dans un vestibule adjacent à la salle où la PM faisait son discours d'acceptation et a tué un homme dans la quarantaine, en a blessé grièvement un autre et a mis le feu au moyen d'un coktail molotov. Le suspect dont on ignore s'il a agit seul ou s'il avait des complices, a rapidement été maîtrisé et mis aux arrêts. Des armes ont été saisies, dont ce qui semble être une arme semi-automatique.  Les faits semblent actuellement pointer vers un attentat politique, ou possiblement un crime commis par un déséquilibré.

Il semblerait que l'homme s'exprimait avec un accent. Après les faits, la police ne savait pas s'il avait agit seul ou si le suspect avait été aidé par des complices. Rappelons qu'au même moment, il y avait une manifestation à proximité à l'extérieur pour rappeler à la Première ministre, ses promesses faites aux étudiants durant la campagne électorale; notamment, annuler la hausse décrétée des frais de scolarité, sous le gouvernement Libéral du Québec et abroger la loi encadrant les manifestations.  

En raison du drame et de l'évacuation d'urgence de la chef d'État, la nouvelle PM sera donc privée en partie de l'esprit de fête propre à une victoire électorale. Rappelons-aussi que Léo Bureau-Blouin, élu sous la bannière du PQ, devient le plus jeune député élu à l'Assemblée nationale du Québec. Ce fût donc un bon calcul politique de le recruter.

Le PLQ a surpris, lui qui se destinait selon les sondages, à une troisième place. Il a chauffé le PQ. Mais le PM sortant, Jean Charest a reçu un message du peuple, n'étant pas élu dans son propre comté.

La Coalition Avenir Québec (CAQ), quant à elle, n'a pas obtenu le rôle de l'opposition officielle qu'indiquaient les sondages et a obtenu le rôle de deuxième opposition. Mais tout compte fait, le parti a bien performé, avec 19 sièges sur les 125, considérant que la CAQ qui a été jointe par l'ancienne Alliance démocratique du Québec (ADQ) dissoute au début de l'année 2012, vient à peine d'être fondée en (2011) et qu'un tel parti aurait aussi bien pu ne pas survivre à son premier test électoral.

Retour sur la proportionnelle

Mais la vie doit suivre son cours et il est intéressant de comparer les résultats approximatifs entre notre mode de scrutin actuel, scrutin pluralitaire uninominal, dans le contexte du Québec à 125 circonscriptions (sièges associés chacun à un territoire) et un scrutin proportionnel (non territorial) à 125 sièges.

Parti    Proportion       Nombre députés       Nombre sièges      Correction
             votes                 (Prem. ministre         approximatif         gain (+)                                                                                                                
             obtenus             incluse)                      si vote                     ou perte (-)
             (arrondi)                                               proportionnel        de sièges 
_______________________________________________________
PQ       32%                       54                                   40                         14 (-)


PLQ     31%                       50                                   39                         11 (-)

CAQ    27%                       19                                   27                           8 (+)


QS         6%                         2                                     8                            6 (+)


En supposant que les autres sièges (env. 4%) des votes dans un éventuel scrutin proportionnel soient partagés entre des petits partis de gauche et de droite, la proportionnelle tendrait à avantager la droite dans la présente élection.

Dans une représentation proportionnelle, 
le PQ aurait  env.  40 sièges plutôt que 54 (perte de 14)
le PLQ aurait env. 39 sièges  plutôt que 50 (perte de 11)
Donc, une quasi-égalité.

La CAQ aurait env. 27 sièges plutôt que 19 (gain de 8)
QS         aurait env.   8 sièges plutôt que 2 (gain de 6)

  • La stabilité du gouvernement du PQ serait encore moins grande. 
  • Le gain pour QS (passant de 2 à env. 8 sièges) serait annulé et même au-delà, par le gain de la CAQ (plus à droite), car on aurait env. 6 sièges de plus à gauche contre env. 8 sièges de plus, plus à droite.

On peut penser que les env. 4% de l'électorat sans sièges obtenus selon la formule actuelle ici, soit dans le système électoral actuel (pluralitaire uninominal)  seraient répartis entre des petits partis de gauche (ex. Option nationale) ou de droite (ex. Parti conservateur du Québec).

  • Parions que cette fois-ci, la gauche québécoise ne demandera pas une représentation proportionnelle (en tout cas, pas le PQ).
  • Si un parti avait intérêt à le réclamer, ce serait la CAQ, comme aussi l'ancienne ADQ (parti de droite économique) qui aurait souvent été avantagée (ex. 1994, 1998, 2003, 2008). 
  • Les systèmes électoraux différents n'ont pas que des avantages, même s'ils existent dans certains pays d'Europe...
LIRE AUSSI :  

DÉMOCRATIE: faudrait-il une représentation proportionnelle au Québec? (3 septembre 2012)

lundi 3 septembre 2012

Élections Québec 2012 - débat Lauzon vs Breton, 31 août

Réjean Breton Ph.D. et Léo-Paul Lauzon MBA et doctorat en gestion, dans un débat radio-diffusé à Radio X, FM98,1 (vendredi 31 août 2012). Le débat qui devait se centrer sur la course politique et les élections au Québec (scrutin le 4 septembre 2012), mais tourne sur l'enseignement et la compétence des enseignants dans le contexte du syndicalisme québécois dans notre social démocratie. Intéressant et poli.

AUDIO en stream ou télécharger en podcast (écoute hors connexion)

«Combat Lauzon-Breton» Radio X, FM98,1. Le 5:00 à 7:00, vendredi 31 août 2012,
durée approximative : 24 minutes
http://quebec.radiox.com/emissions/le_5_a_7/2012/08/31/

DÉMOCRATIE: faudrait-il une représentation proportionnelle au Québec?

UN BREF SURVOL DES IMPACTS POSSIBLES

La question de la proportionnelle se posera encore probablement au soir et au lendemain des élections du 4 septembre 2012. Certains partis politiques ou organismes militants diront que leurs idées sont sous-représentées et que la démocratie est brimée. 



Démocratie couronnant Athènes
(stèle, Musée de l'Agora)

Les trois modes électoraux abordés dans une étude de l'Université Laval (2012)

  • scrutin pluralitaire uninominal. C'est notre système actuel à 1 député pour 1 circonscription remportée. Le parti emportant le plus de siège est élu et il y a une représentativité locale ou régionale.
  • représentation proportionnelle applicable au Québec à 125 députés (le Québec = une seule circonscription). La proportion des votes se traduit par une proportion comparable des 125 sièges et disparition de la notion de comté ou circonscription; on vote pour un parti. Le système tient compte de tous les votes exprimés.
  • vote alternatif applicable au Québec (on vote sur un premier choix, un deuxième choix et un troisième choix dans sa circonscription). Le but visé est la majorité absolue. Le système élimine au départ les candidats jugés inacceptables pour une majorité d'électeurs. La notion des circonscriptions territoriales est préservée (donc une représentativité locale ou régionale). 

Je me contente ici de présenter très brièvement deux des trois systèmes électoraux étudiés à l'Université Laval, en langage simple:
  • pluralitaire uninominal et 
  • représentation proportionnelle. 
(...)

1.  Scrutin pluralitaire uninominal (le mode de scrutin électoral actuel au Québec)


L'objectif d'un système pluralitaire uninominal comme celui du Québec est la représentation plus locale ou plus régionale (étendue géographique des circonscriptions électorales variable en fonction de la densité de la population). L'élection se gagne circonscription par circonscription (comté par comté). Le parti qui emporte le plus grand nombre de circonscriptions est élu.

Avantages du système pluralitaire uninominal actuel
  • C'est un système qui a l'avantage d'être simple.
  • Les députés sont élus par circonscription et sont plus proches de la réalité des électeurs (réalités socioéconomiques, géographiques, etc.). Tend à faire élire des candidats en lien plus direct avec leurs électeurs. 
  • Porte plus souvent au pouvoir, des gouvernements majoritaires, donc plus stables.

Reproches au scrutin pluralitaire uninominal actuel

  • On y oppose que les grands partis qui ont l'argent sont plus susceptibles d'obtenir ou de conserver le pouvoir. Mais le problème alors n'est-il pas plutôt l'accès des petits partis à une plate-forme pour exposer leur programme?
  • Les partis élus peuvent mépriser les électeurs une fois portés au pouvoir d'un gouvernement majoritaire, et l'on peut tenter de tempérer par un vote stratégique (voter pour le parti qui nuira le plus a celui qu'on ne veut pas voir au pouvoir).
  • On accuse aussi le système de donner un nombre insuffisant de représentants aux petits partis même lorsqu'ils ont bien performé. Par exemple, l'ADQ de Mario Dumont a obtenu près de 12 pourcent (%) des voies dans l'ensemble du Québec en 1998, pour seulement 1 siège (1 député); donc 1 siège plutôt qu'environ 15 sur 125 (hypothétiques) dans un système proportionnel?

2. Représentation proportionnelle appliquée au contexte québécois (hypothèse)


Dans une représentation proportionnelle, on ne vote plus pour un candidat qui sera notre représentant local ou régionale du parti, mais on vote pour le chef et le parti à porter au pouvoir. Celui-ci a préalablement soumis sa liste de candidats. Le jour du scrutin on ne vote pas pour les candidats proposés individuellement, mais globalement pour le parti en fonction du chef et de sa liste. En proportion du nombre de votes obtenus, le chef porté au pouvoir (premier ministre dans le contexte du Québec) décide des députés en poste à partir de la liste de tous les candidats du parti (max. 125 au Québec) qui avait été présentée aux électeurs avant le vote. Par exemple, le nouveau premier ministre, s'il a 60 sièges, choisit ses 60 députés d'après la liste initiale de 125 qui avaient été présentée aux électeurs pour la course électorale.

Dans ce contexte, la défunte ADQ de Mario Dumont aurait pu obtenir, sur 125 circonscriptions:
env.   8 sièges plutôt que 1 en 1994   (6,46 % des votes)
env. 15 sièges plutôt que 1 en 1998   (11,8 % des votes)
env. 23 sièges plutôt que 4 en 2003   (18,2 % des votes)
env. 38 à 39  sièges plutôt que 41 en 2007   (30,8 % des  votes)
env. 20 à 21 sièges plutôt que 7 en 2008   (16,4 % des votes)

Avantages d'une éventuelle représentation proportionnelle au Québec
  • Plus de partis et plus d'opinions représentées
  • Nombre de sièges proportionnel au total des votes exprimés (en éliminant la représentativité par circonscription)
  • On pourrait (contexte du Québec) présenter plus de femmes et de membres des minorités culturelles (liste établie par le chef)
Mais la précédente répartition simulée avec l'ADQ, le résultat «idéal» demeure très hypothétique, car la dynamique des 5 années d'élections fournies en exemple (1994, 1998, 2003, 2007 et 2008) aurait pu être très différente. Dans l'hypothèse d'électeurs des régions ne votant plus pour un député local (régional) mais pour un parti, leur évaluation peut introduire d'autres critères de priorité (ex. plus d'accent sur les qualités du chef, plus d'accent sur le programme du parti, etc.). 

On pourra reprocher à une éventuelle représentation proportionnelle au Québec
  • Il est plus difficile d'obtenir un parti majoritaire, d'où moins de stabilité politique et des élections plus fréquentes (tendance observée et non hypothétique).
  • Lorsque les modes de scrutins sont comparés aux résultats, les spécialistes dénotent, contrairement aux prétentions de partis comme Québec Solidaire, presqu'autant de votes stratégiques dans les systèmes à la proportionnelle. L'on tend encore à y porter au pouvoir les grands partis.
  • La pression pour le changement du mode de scrutin peut varier selon l'idéologie avantagée. Les électeurs de gauche dont plusieurs ont aimé détester l'ADQ et son chef (droite économique), pourraient trouver la représentation proportionnelle moins intéressante, lorsque ce ne sera pas leur option qui sera avantagée par ce mode de scrutin durant 15 ou 20 ans. Tant la gauche que la droite doivent en tenir compte dans leurs pressions exercées pour le changement du mode électoral au Québec.
  • Des partis plus extrémistes ont beaucoup plus de chances d'obtenir des sièges selon Marc-André Bodet, professeur de science politique à l'Université Laval (ex. un vote massif de contestation). Ceux-ci peuvent encore négocier, par une sorte de chantage, leur vote (leur appui) à une politique du parti au pouvoir. Cela peut donner à des partis extrémistes, un poids politique disproportionné. Par exemple, le parti (fictif) «On-rase-tout» fait élire 8 députés sur 125 suite à un grand nombre de votes de contestation (env. 6 % des voies obtenues), et le parti au pouvoir, minoritaire, a besoin d'appuis pour faire passer un projet de loi. Le parti extrémiste «On-rase-tout», qui a fait élire 8 députés «vend» (négocie) l'appui de ces 8 voix au projet de loi, mais en échange de concessions importantes sur d'autres politiques en retour, défavorables à la majorité.
  • Logiquement, pourrait être plus sujet à la propagande (aspect émotionnel exalté) ou à l'influence de rumeurs non fondées; la possible manipulation psychologique des électeurs devenant des plus intéressantes pour le politique, du fait que chaque vote a un impact amplifié, si on le compare aux modes par circonscription ou comté. 

[...] Entrevue audio retirée des archives de la radio.





vendredi 3 février 2017


Élections au Canada: réformer pour quelle urgence?

Certains commentateurs et journalistes politiques du Québec profitent de son passage dans la capitale du Québec pour gronder le Premier Ministre du Canada, Justin Trudeau. Le motif: il n'a pas entamé de réforme du système électoral. Il aurait pu le faire comme annoncé durant la campagne de 2015, mais à quel prix (stabilité, effet social réel) et pour quel gain réel en efficacité? La consultation récente a par ailleurs révélé que la population montre peu d'intérêt dans une telle aventure à l'issue imprécise; gain non démontré. Et c'est sans compter que le Canada d'aujourd'hui n'est plus le Canada aussi socialement stable qu'il  déjà été de 1980 à 2010. 





Le mode électoral canadien est-il vraiment malade ?

(2 décembre 2016)

Ceux qui accusent le PM Trudeau de ne pas remplir une promesse électorale oublient qu'une proportionnelle n'est pas le Paradis et peut au contraire porter au pouvoir des élus entrés en politique pour représenter des «lobbys» idéologiques ou autres (candidats favoris des syndicaux de la fonction publique fédérale, protectionnismes de certaines activités économiques, communautarismes fondés sur la race ou le bras politique d'une religion, ...) 



samedi 20 août 2016


Réforme électorale majeure: le Parti Libéral du Canada rejette la tenue d'un référendum

Le gouvernement majoritaire du Premier ministre du Canada, Justin Trudeau, répond par un refus à la pétition e-48 qui demandait un référendum pour un sujet aussi important que la modification du système électoral canadien. 




jeudi 10 avril 2014


C'est reparti : le système électoral du Québec sous attaque

Dans un système parlementaire à plusieurs partis, il est normal que le gouvernement élu le soit par moins de la moitié des voix. Avec quelle proportion du vote, le PQ a-t-il été porté au pouvoir à l'élection générale québécoise du 4 septembre 2012? Réponse : avec moins de 32 pourcent (%) des voixPourquoi alors se révolter? AVANT de signer n'importe quoi, lisez ceci.  (Dernière modification : 10 avril 2014)


samedi 1 septembre 2012

Parti Québec Solidaire: le programme "retrouvé" et décodé pour les électeurs

DERRIÈRE LES SOURIRES: DOCTRINES D' EXTRÊME-GAUCHE ET RESTRICTIONS DES LIBERTÉS 
(dernière modification: 29 août 2016)

On a retrouvé le contenu du projet social du parti Québec Solidaire qui avait disparu de son site web. L'objectif de changement politique et économique radical du Québec par QS, était-il devenu trop gênant et lourd à porter parce que mis au jour trop rapidement? 


Cet article est une analyse du document en vue des débats internes, produit par le parti Québec Solidaire en 2010 : 

Cahier de perspectives. Pour une société solidaire et écologique. Québec Solidaire, Comité de l'enjeu 2.  Adopté par la Commission politique de Québec Solidaire, le 31 octobre 2010, 30 pages.

À ceux qui disent que ce n'était qu'un cahier pour les débats et non un programme de parti,  faut-il rappeler que la définition de perspective réfère toujours à quelque chose envisagé comme un angle possible, réalisable, donc pour le parti.
perspective (Larousse en ligne)


Lu d'abord par des déjà initiés à la cause, le document d'intentions (1) commençait-il à être dévoilé à un trop large public qui risquait de faire marche arrière dans son appui au discours d'extrême-gauche? Les points à l'étude ne seront pas tous adoptés. Ils constituent une base de discussion. Par contre, n'oubliez jamais qu'ils ont tous été jugés recevables et dignes de débattre, pour le parti qui fraye avec le communisme.


Françoise DAVID, co-chef de Québec Solidaire et candidate aux élections du Québec de 2012. Derrière le sourire chaleureux, il y a l'idéologie d'extrême gauche. Crédits photo: le blog de Madame DAVID.

On a par la suite connu un bilan inquiétant du parti

  1. le printemps mouvementé et l'insatisfaction croissante des citoyens contre les radicaux fortement appuyés par M. Khadir qui a même encouragé la désobéissance civile tout en étant député élu, 
  2. les déclarations de la CLASSÉ (une coalition élargie de l'ASSÉ) en tête de la révolte sociale étudiante, idéologiquement très proche du parti QS (abolition du salariat, virage à gauche toutes incluant nationalisation massive des entreprises), 
  3. les frasques et déclarations étonnantes d'Amir Khadir, un député élu! 
    • comme ses  affimations complotistes sur les attentats du 11 septembre (les USA s'étant elles-mêmes attaquées pour provoquer la guerre 
    • OU sur la prétendue infiltration des groupes d'étudiants par des agents de l'État soit-disant impliqués dans les actes de vandalisme extrêmement grave paralysant le métro de Montréal («J'entends des choses...», «On me dit que des agents infiltrateurs...», etc.). Tout le contraire de ce qu'un député responsable aurait fait. Ceci était dans le contexte des gaz fumigènes dans la ventilation du métro de Montréal en vue de créer une panique et de paralyser le transport urbain; transport en commun pourtant tant priorisé par QS au point de vouloir éliminer l'automobile. Dans les faits des caméras de surveillance ont capté des étudiants en lien avec cette affaire. D'autres actes graves d'occupation, d'intimidation et de vandalisme auraient impliqué directement sa fille en tant que leader et non uniquement comme participante passive, Yalda (19 ans) arrêtée le 6 juin 2012 suite à une enquête policière. Ce sera aux tribunaux de déterminer son degré d'implication OU sa non-implication dans les actes graves, mais cela donne une bonne idée des "sources" du député au sujet de prétendus «agents infiltrateurs»
    • On se souviendra aussi d'une toile modifiée montrant le premier ministre du Québec, Jean Charest mort et Amir Khadir parmi les vainqueurs, oeuvre bien en vue lors d'une perquisition à la résidence des Khadir. L'adaptation de l'ancien tableau sur le thème de la révolution française, « La Liberté guidant le peuple », du peintre français Eugène Delacroix (1830), modifiée par un graphiste, montre le Premier ministre du Québec mort (le personnage en bas à gauche) et le député de Québec Solidaire parmi les vainqueurs révolutionnaires. Le député a largement appuyé les actes des étudiants lors de manifestations illégales comme le blocage d'un pont majeur et de routes sans préavis aux policiers, en directe violation des lois qui existaient déjà à ce moment.
    • Adaptation d'une oeuvre d'Eugène Delacroix (1830) montrant le Premier ministre du Québec Jean Charest mort (en bas à gauche) et Amir Khadir parmi les vainqueurs (2e à gauche en haut). Un exemplaire trouvé bien en vue à la résidence du député lors d'une perquisition de la police suivant une enquête sur sa fille Yalda.
    • Ou encore de cette manifestation à Québec où le soir du 5 juin, Le député Amir Khadir de Québec Solidaire, aurait fait ce qu'il faut pour se faire arrêter par la police, semble-t-il en vue d'une tribune médiatique pour ensuite comparer son action politique à celles de Martin Luther King ou de Gandhi.
    • ET quand le plus grand utilisateur du mot «dialoguer» invitait à lancer des chaussures contre les ambassades américaines, alors qu'elles représentent une porte au dialogue avec les gouvernements hôtes et à la protection des ressortissants en séjour en pays étrangers.
Le blogue Québec Presse résume le programme disparu adopté depuis octobre 2010. Dans les faits, c'est un document de travail adopté officiellement par le parti en vue d'en délibérer, mais tous ces sujets sont potentiellement adoptables, selon le jugement de l'exécutif. C'est effectivement une plate-forme de propositions :
«Abolition du PIB (Produit intérieur brut), confiscation d’une partie des héritages, taxation lourde des produits de beauté, interdiction de la voiture dans un délai de dix ans, abolition des centres commerciaux… Voici, en quelques points, à quoi ressemble le programme de Québec Solidaire. Enfin, voici à quoi ressemblait le programme de Québec Solidaire, car les amis de Amir Khadir l’on  [sic] fait disparaître, purement et simplement, de leur site internet. Le « Cahier de perspectives, Pour une société solidaire et écologique », adopté par la commission politique de Québec Solidaire le 31 octobre 2010 (si l’on en croit la brochure), se voulait être la plateforme de propositions du parti d’extrême-gauche» (Québec Presse, 22 juin 2011).
Député Amir Khadir, de QS
Crédits photo: Gouv. du Québec
2012

Bref, c'est un condensé d'un programme marxiste ou communiste de contrôle et de restriction des libertés de transaction (=activités et valeurs, propriété, héritages, etc.)


Cela peut sembler attirant à prime abord et pour une certaine clientèle à une vitesse (utilisation large du concept de programmes sociaux, de nationalisation, de coopératives, etc.). Mais lorsque l'État est partout, l'envers est qu'il (ou des fonctionnaires corrompus) peut restreindre les libertés jusque dans la sphère privée et la vie économique (liberté) au point de pratiquer le contrôle ou l'accès à la vie économique. 



Des propositions «à l'étude» selon Québec Solidaire ; OUI mais QUELLES PROPOSITIONS!


Le parti QS s'est défendu des points les plus radicaux, en disant que ce ne sont que des propositions à débattre; un document de travail. Mais ces orientations radicales sont des avenues sérieusement envisagées comme réalisables: 

  • la mise en place d'un «processus de reconversion des entreprises privées en coopératives» (proposition à l'étude no 1.1.1 A iii, 2010)
  • Baliser de façon stricte, les limites «de la propriété, de l'entreprise et de l'investissement privés (proposition à l'étude no 1.1.1 A ii, 2010).
  • «La croissance économique excessive et/ou non-souhaitable devrait être limitée: [...] b. par la décroissance» (proposition à l'étude no 1.1.1 C i. b., 2010).
  • «Nationaliser les banques[souligné dans l'original] : Pour éliminer complètement l’influence du pouvoir financier privé, une nationalisation complète du système bancaire et des institutions financières est proposée»  (proposition à l'étude no 1.1.2 A iii, 2010).
  • «Augmenter le nombre de paliers d’imposition des particuliers. Concrètement, il est proposé, de passer du système actuel à 3 paliers à un système plus progressif composé de 10 paliers» (proposition à l'étude no 1.2.2 A i, 2010). Le piège pouvant se cacher derrière ce qui semble une approche équitable est la dilution de l'effort personnel. La modulation à l'excès peut cacher le désir de ramener tous les individus au même revenu net, via un prélèvement croissant. Il ne sert donc à rien en tel cas à un individu de gagner 100,000 dollars car il paiera plus chers les services essentiels que lui fournirait l'État; services essentiels presque, sinon tous étatisés.
  • Limiter la transmission d’avoirs financiers par voie d’héritage (proposition à l'étude no 1.2.2 A iii, 2010)

LA nationalisation des ressources et des télécommunications (= DANGER de totalitarisme) avec contrôle espéré non seulement des communications,mais aussi de l'INTERNET; ALLO!? le comprenez vous? 


Si ce n'est pas pour la censure, alors pourquoi? Voici la formulation du projet à l'étude (2):


« Proposition 1.2.1 A
Il est proposé de nationaliser les secteurs suivants :
  • i.    Ressources naturelles (forêts et mines).
  • ii.    Énergies vertes
  • iii.   Hydrocarbures (gaz et pétrole). 
  • iv.   Transport collectif (transport urbain, interurbain, etc.).
  • v.  Grandes industries de transformation (aluminerie, pâtes et papiers, secteur manufacturier, etc.).
  • vi.  Entreprises de télécommunication (Internet, téléphone, etc.).
  • vii. Industrie du recyclage » 


Par exemple, qui aura accès dans un tel système (communiste, marxiste-léniniste)
  • aux salaires et à la formation supérieurs ou aux bons emplois?
  • au pouvoir de décisions en entreprise?
  • à la vie politique publique et active?

Ou quelles seront avec le temps, les contraintes et effets possibles comme

  • la restriction de la mobilité des individus et entreprises (et capitaux)? Cela est arrivé dans tous les régimes semblables pour empêcher la fuite de l'élite intellectuelle et des capitaux (les plus instruits fuient la perte des libertés individuelles).
  • voir même la restriction (ou la persécution) socioéconomique, par exemple, la restriction ou l'interdit de l'accès à certaines professions, en fonction des idées ou allégeances ou des valeurs ou des croyances (3)?  Cela est arrivé dans tous les régimes semblables.
  • le retrait de la fédération canadienne et le changement possible de la constitution du Québec résultante par un parti au pouvoir, pour favoriser le maintien au pouvoir du nouveau système (une dictature "de transition" qui perdurera)?  Cela est arrivé dans tous les régimes semblables.
  • lorsque les syndicats dirigeront les entreprises (intention de QS et de la CLASSÉ), qui protégera les travailleurs qui n'y ont pas d'amis personnels ou qui n'auront pas d'argent pour corrompre un fonctionnaire du parti?
  • l'impact de l'obligation du transport en commun pour tous dans un horizon de 10 ans après une élection de QS, non seulement sur la vie pratique (familles avec enfants, impact sur le maintien du réseau de rues; des sentiers?) et économique, mais en plus sur le contrôle des déplacements (origine et destination), par exemple via la traçabilité ou la surveillance de la mobilité des individus à partir de leur utilisation des cartes de transport),
  • l'impact de la nationalisation des banques (proposition à l'étude no 1.1.2 A iii, 2010) sur les libertés individuelles et le gel extrêmement facile des avoirs lorsque des citoyens, entreprises ou ONG oseraient critiquer certaines politiques du régime d'un parti en place ou auraient simplement des entrées d'argent particulières (ex. taxation de la vente d'un bien de grande valeur comme des bijoux, une automobile, un terrain, etc.- après la très probable disparition de l'argent papier en lien avec une banque contrôlée par l'État
  • etc.
C'est en effet ce genre de chose qui s'est passé (et se passe encore) dans l'histoire des formes communistes, du marxisme ou du marxisme-léninisme.  Mais maintenant, avec la technologie rendant possible la disparition de l'argent papier et l'utilisation de cartes à puce ou autres pour les transports en commun qui deviendraient la norme (intention de QS avec le prétexte de l'environnement), il deviendrait facilement plus aisé que jamais de suivre à la trace les déplacements d'un individu qui deviendrait "ennemi de l'État" ou du moins, trop critique. C'est vraiment l'ombre d'un Big Brother socialiste (ou marxiste-léniniste) qui semble émerger. Tout cela, dans un doucereux langage de programmes sociaux, d'équité, de nationalisation, de logements sociaux, etc., avec musique de relaxation.


Sur la nouvelle façon d'aborder l'Histoire par l'école de pensée de Montréal, selon l'historien Éric Bédard



Mais nos étudiants n'étudient plus l'histoire selon la perspective qui permettrait de tirer des leçons du passé. La nouvelle approche permet de faire table rase du passé; bon et mauvais ensemble. L'histoire telle qu'elle est maintenant abordée et enseignée au Québec avec l'école de pensée (approche) de Montréal, selon l'historien Éric Bédard (4), verse davantage dans l'approche de la culture (fort accent anti-libéraliste) et sur le concept (le futur; la destination où l'on veut amener l'autre), plutôt que sur le passé (le constat). L'Histoire s'applique dès lors à "démontrer" une doctrine politico-sociale en avant, plutôt qu'à constater et améliorer depuis le passé. Ainsi, le marxisme-léninisme, n'a plus à défendre ses échecs et ses crimes et point n'est besoin de le nommer. On peut en faire la promotion médiatique, sans même dire qu'il s'agit de cette doctrine politique.

Avec la chute du Mur de Berlin et l'éclatement de l'Union Soviétique, personne de sensé n'osait pourtant plus défendre le communisme vers la fin des années 1980 et le début de la décennie 1990 et même jusqu'à récemment. Mais avec une nouvelle génération d'enseignants du post-secondaire (système des cégeps et universités au Québec) et selon la nouvelle approche de l'école de pensée de Montréal, le marxisme est présenté comme une option aussi valable, sinon meilleure, que les autres, sans même avoir le nommer obligatoirement. Il suffit d'en décrire les idéaux pourtant jamais atteints dans les tentatives des décennies de pratique là où la doctrine économique a été appliquée dans le monde.

Point n'est besoin de le nommer communisme ou marxisme-léninisme (on le voit dans la crise étudiante du printemps), il suffit d'en énumérer les idéaux... qui ont échoué, soit dit en passant. Pour prendre une illustration, c'est comme si vous êtes un ennemi de l'automobile et qu'en échange, je vous proposais un véhicule sécuritaire, vous procurant une autonomie de déplacement, roulant en silence et confortable, mais sans jamais mentionner le mot automobile ou la pollution par émission de GES. C'est ce que fait l'approche avec la doctrine qui évite les références aux échecs sociaux bien connus et documentés de ces philosophies économiques et idéologiques (censure politique et médiatique, disparition de la classe moyenne, restriction de la mobilité des individus, système à deux ou trois vitesses selon le lien avec le parti ou selon la capacité de corrompre un fonctionnaire pour passer devant les autres, meurtres et emprisonnements politiques massifs à coups de millions d'individus, etc.). Il y avait tout un monde entre les promesses et les faits. C'est un processus intellectuel malhonnête, que de comparer le pire du capitalisme (ça existe évidemment) avec le meilleur de ces doctrines ou intentions (concepts). 

J'ai récupéré et archivé le document d'orientation politique de QS.
Pour consultation des scénarios à l'étude par Québec Solidaire, version du 31 octobre 2010 :  
1.  Comité de l'enjeu 2 . Cahier de perspectives: Pour une société solidaire et écologique. Québec Solidaire, Adopté par la Commission politique de Québec Solidaire, le 31 octobre 2010, 30 pages.

Perspective selon le Larousse en ligne

2.  Même référence, p. 7.

3.  Nous connaissons de plus en plus, depuis les désordres sociaux du printemps de 2012 au Québec, les allégeances socialistes, voire communistes de plusieurs enseignants de philosophie ou des sciences humaines au Québec. Une étudiante raconte que des enseignants de philosophie de cégeps de chez nous, demandent aux étudiants qui sont ceux qui sont chrétiens. Ceux qui se sont identifiés publiquement comme tels dans certains cégeps ou certaines classes (avec certains enseignants), ont ensuite coulé leur cours de philo, un essentiel pour l'obtention du DEC. C'est un exemple de sélection opéré dans ces régimes dont nous parlons, en fonction des allégeances ou des convictions individuelles. Le programme primaire et secondaire d'ÉCR peut remplir, au Québec, à peu près le mandat de "rééducation" qui dans certains pays est pratiqué dans des "camps" (camps de travail, camps de "rééducation", prisons, goulags). En Allemagne sous le IIIe Reich, l'État  retirait l'autorité parentale et rééduquait les enfants et adolescents par le canal des Jeunesses hitlériennes.

4. Éric BÉDARD. Recours aux Sources. Essais sur notre rapport au passé. Éditions Boréal, 2011. 278 p.
Particulièrement le chapitre L'Héritage impossible, et les pages 51, 59, 61, 62.

jeudi 30 août 2012

Jean-François Lisée, le saboteur

Le saboteur: Jean-François Lisée s'invite à une activité de la CAQ
Un candidat député du Parti Québécois (PQ), Jean-François LISÉE, s'est invité et est intervenu comme débatteur durant une dizaine de minutes, à la période de questions d'une activité d'un parti adverse le 29 août 2012 (1). François LEGAULT, chef de Coalition Avenir Québec (CAQ), rencontrait des gens d'affaires de la région de l'est de Montréal. Faut-il rappeler qu'une telle intervention est très inhabituelle dans notre culture. L'action politique fait sentir l'esprit de censure propre à certains régimes qui tolèrent très mal l'expression des opinions adverses et leurs assemblées.

Jean-François Lisée, candidat du PQ
Crédits photo : louperivois, février 2012
C'est avant tout un profond mépris pour les gens de la Chambre de commerce présents. L'intellectuel croit qu'ils ne sont pas assez intelligents pour s'informer. C'est une manière de dire que ces hommes et femmes d'affaires n'ont pas le jugement nécessaire pour questionner et juger des politiques de la CAQ touchant la région de Montréal. Ou qu'ils n'auraient pas le droit démocratique de s'informer sur une autre plate-forme électorale que le PQ. À la limite, ce peut être une forme d'intimidation subtile. C'est comme dire: «Si je suis élu, je me souviendrai que vous avec frayé avec la CAQ. Une intervention qui risque fort de se retourner contre le PQ et de favoriser la CAQ dirigée par LEGAULT. Le candidat du PQ dans le comté de Rosemont s'est en plus, présenté le premier au micro à la période de questions de l'activité de la CAQ, pourtant destinée à la centaine de gens d'affaires de la Chambre de commerce de l'est de Montréal qui étaient présents (évaluation de TVA-canoe.ca et des journaux La Presse et Le Devoir).

Normalement, une telle intervention justifierait l'expulsion pure et simple d'une assemblée politique. Le candidat député LISÉE qui est aussi un auteur en faveur de la souveraineté, ex-conseiller politique et ex-journaliste, se croyait-il encore représentant des médias? Étrangement, M. LISÉE se défend, prétextant avoir payé son billet pour l'activité. C'est un peu court comme argument d'un intellectuel. Il y aurait donc eu une bourde des organisateurs de l'assemblée politique. 

La question n'est pas ici de savoir si l'argumentaire du candidat LISÉE est ou non meilleur sur les questions et enjeux régionaux et économiques, ou sur le projet de pays pour le Québec. Le point c'est qu'habituellement dans notre culture politique, en partie par civisme (y inclus le savoir vivre) et pour la paix sociale comme pour la libre expression des idées, il existe une certaine convention sociale consistant à respecter les activités des autres partis politiques dans une course électorale. L'intervention de LISÉE qui a tenté de saboter une assemblée adverse n'est donc pas sans rappeler le comportement de ces régimes qui sont contre la liberté des assemblées. Ce Québec-là, s'il devenait souverain, fait peur à beaucoup de Québécois, même à plusieurs qui ont pourtant déjà été souverainistes et pourraient y réfléchir encore.

Dans ces questions, il a aussi poussé l'audace jusqu'à placer le chef de la CAQ en position de potentiel (peut-être) chef de l'opposition, alors que la CAQ pourrait diriger le Québec. Nul ne connaît le verdict final des urnes dans l'exercice démocratique du 4 septembre 2012.

mardi 28 août 2012

Un classement mondial 2012 des 500 meilleures universités: la place des universités québécoises

Sur un classement universitaire dressé par une université de Shangai : ARWU, Academic Ranking of World Universities (1). 
Intéressant, le commentaire éditorial à l'émission Maurais Live du 27 août 2012 à CHOI Radio X, FM 98,1 (Québec). Au-delà de la position de la France dans le classement, la discussion aborde aussi certaines universités canadiennes et francophones. Il faut voir dans les résultats, en bonne partie une question d'attitude.

Un classement depuis 2003, à la fois renommé et contesté rappelant le classement des écoles secondaires du Québec initié par le magazine Actualité

Université McGil - Pavillon des Arts, Montréal
McGill est la première université québécoise 
en position dans le classement 2012 de l'AWRU 2012
(63e sur 500 classées).
Aucune évaluation en ce monde n'est parfaite; pas même les olympiques! Néanmoins, ce genre d'exercice permet de dégager certaines tendances. C'est comme le garçon de  7 ans qui dit qu'il est le plus rapide à la course... jusqu'à ce qu'il court contre les autres garçons et filles de sa classe. On peut voir un parallèle: depuis le classement annuel des écoles secondaires du Québec dressé annuellement par le magazine Actualité. Plusieurs de nos institutions scolaires se sont défendues (argument de la méthodologie et du contexte socio-économique des écoles et des quartiers, etc.). Mais d'autres écoles ont retenu ce qui est bon dans la critique (ou vrai) et ont identifié des points à changer. Ces dernières ont relevé le défi de s'élever au-delà de notre nivelage social-démocrate, lequel quoique bien intentionné, accuse tout de même près de 50 ans et a besoin d'une mise-au-point; d'où aussi une hausse des frais (pour une hausse modérée inférieure à celle proposée par le parti Libéral mais indexée des frais).

[les archives de la radio ne sont plus disponibles]

Sur la "gratuité" en France et le résultat en héritage

Le modèle des universités bénéficiant de la gratuité en France n'avait pratiquement pas bougé depuis mai 1968 et a généré un système gratuit, mais sous-financé et sous-équipé en infrastructures et équipements (L'Actualité, mai 2012). C'est le système que nos étudiants au Québec nous ont tant vanté, dans un argumentaire printannier faisant fi des problèmes résultants en un sous-financement; un argument de gratuité répété maintes fois dans les discours de la vague contestataire du printemps 2012 et que nos médias reprenaient en boucLe... sans vérifier pour la plupart d'entre eux. Voilà pourquoi le copier-coller est une bien mauvaise habitude, parce qu'on détache la solution de tout le système. En d'autres endroits de , les gens sont imposés et taxés à 50% ou plus de leurs revenus et cherchent à migrer où c'est moins cher. Car rien n'est gratuit.

Il existe évidemment aussi d'autres classements (ex. http://www.topuniversities.com/) mais il faut toujours considérer les critères, la méthodologie et le territoire couverte (par exemple, certains classements sont pour un continent donné).

Gilles B,  28 août 2012

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1.  http://www.shanghairanking.com/ARWU2012.html
Étude citée par France Info le 15 août 2012 et exposée sur les ondes de Radio X de Québec, Maurais Live, le 27 août 2012.