mercredi 8 octobre 2014

Le Québec vers un autoritarisme politique ?

Les institutions privées en services de garde pour la petite enfance et en éducation sont de plus en plus perçues comme un dérangement. L'État veut contrôler tout le contenu éducatif.


Il s'en faudrait de très peu pour croire que le Québec est en marche vers un autoritarisme politique. Le contrôle est de plus en plus enveloppant sur l'éducation, de la garderie à l'université. Les institutions privées en services de garde pour la petite enfance et en éducation sont de plus en plus perçues comme un dérangement, comme si elles étaient le sable dans l'engrenage d'un plan en progression. Il est de moins en moins possible de pouvoir exprimer une opinion divergente. Le changement des partis au pouvoir ne change pas le plan. On appelle le point de vue de l'État et des médias, une certitude, moi j'appelle cela les derniers moments de la démocratie, placée sur respirateur. Quand les citoyens d'un État n'ont le droit de penser que dans leur chambre, cela ne s'appelle plus de la liberté.

Mon analyse de l'opposition incessante contre le réseau privé en éducation (et services de garde) et l'incessant débat contre les écoles privées, m'ont amené à conclure ceci:


Drapeau d'un Québec totalitaire. 
Fiction ou anticipation ? Crédits image :
Quand le Québec aura le monopole en éducation, de la garderie à l'université, tout sera en place pour un autoritarisme politique.

Drapeau d'un Québec totalitaire.
Fiction ou anticipation ? Crédits image :
YasPasdPRESSE.Blogspot.com

lundi 6 octobre 2014

Quelle part de familles de classe moyenne à l'école privée au Québec ?

Le taux de fréquentation des écoles privées par la classe moyenne pour la province de Québec


ERRATUM. Entre 2010 et 2014, j'ai véhiculé sur ce blogue un chiffre erroné sur le taux de fréquentation des écoles privées par la classe moyenne pour la province de Québec (1). Je tenais mes chiffres d'un article de 2010, d'un chroniqueur bien connu à Québec. Vérification faite avec deux études commanditées par la Fédération des établissements d'enseignement privés (FEEP), chiffres de 2005 et de 2013, je ne sais pas d'où provenaient les statistiques sur les revenus de la clientèle utilisées par le journaliste; peut-être des données régionales et non de l'ensemble de la province de Québec? Je dois donc corriger le tir en révisant à la baisse les chiffres diffusés précédemment. 

Malgré ce constat, nous sommes en mesure de voir que


  • Les classes moyenne et de revenu inférieur constituent encore une bonne part de la clientèle du réseau d'enseignement privé au Québec (± le tiers des familles clientes ou un peu moins). 
  • Mais nous apprenons aussi que leur proportion fond littéralement parmi la clientèle des instituts d'enseignement privés autonomes (chiffres des instituts privés membres de la FEEP), qu'on peut comparer, entre les études de 2005 et de 2013, en se servant d'un calculateur de l'inflation (hausse du coût de la vie au Canada) entre ces années. La classe moyenne combinée à la classe de revenu inférieure seraient passées de plus de la moitié des clients, à près du tiers en seulement 8 ans. Comme si cela était programmé par les coupes au privé, lentement mais sûrement... Work in progress!
NOTE : Aux fins des calculs basés sur le revenu familial, le RFB désigne le revenu familial brut (revenu annuel brut par ménage).

1.  Étude du CRIÉSÉ, 2013 (2)


Répartition des revenus selon l'étude de 2013: selon la plus récente étude, près du tiers des ménages (familles) clientes du réseau privé sont de la classe moyenne ou de revenu inférieur au Québec. C'est donc une partie importante de la clientèle.

Selon cette étude récente auprès des écoles membres de la FEEP, en 2013,
  • la clientèle du réseau privé appartenant à un ménage (famille) à faible revenu est celle dont le revenu familial brut (RFB) en avril et mai 2013 est de moins de 53,250 $.
  • Les ménages de la classe moyenne ont un RFB de 53,251 à 106,500 $. 
  • Les familles clientes considérées avec un revenu supérieur sont celles avec un RFB supérieur à 106,500$
  • Cependant, la classification du CRIÉSÉ (Université de Sherbrooke), ajustée pour la présentation des résultats dans le tableau de 2013, n'a pas suivi strictement ces seuils statistiques. Donc, considérant les catégories retenues; on constate quand même que 28% (ou 21% + 7%) de la clientèle du réseau privé d'enseignement membre de la FEEP, a un RFB inférieur à 100,000$ (avril / mai 2013). 
  • MAIS, tentons d'estimer la partie de la classe moyenne non distinguée des familles de RFB supérieur (106,501$ et plus) au Tableau 3 de la page 12 de l'étude. N'ayant pas accès aux données brutes, il faut pour cela considérer la tranche de revenu familial, entre 100,000$ et 106,500$, à fusionner avec la définition statistique de la classe moyenne retenue au départ pour l'étude (p. 3-4).  Comme il y a 5 tranches de 10,000$ pour 29 points de pourcentage dans la tranche 100,000 à 149,999$, il est logique de conclure ce qui suit. Près du tiers (1/3) de la clientèle des instituts d'enseignement privé membres de la FEEP, se situe dans les ménages de classe moyenne ou inférieure (soit 28% + une partie des 29 points actuellement fusionnée avec les seuils 100,000 à 149,999$). Bien qu'on ne puisse connaître le nombre exact de points en pourcentage (%) correspondant aux seuils 100,000-106,500$, on peut visualiser un ordre de grandeur: 28% + quelques points en pourcentage. Près du tiers (près de 1 famille sur 3) de ménages (familles) de classe moyenne ou de revenu inférieur composant la clientèle du réseau privé, constitue une estimation minimale tout à fait raisonnable en tenant compte des critères initiaux des seuils de définition des classes sociales (en dollars arrondis, faible revenu = moins de 53,250$; classe moyenne = 53,251 à 106,500 $, revenu supérieur = 106,501 et plus $, avec revenus des clients compilés en avril et mai 2013).
Dans les seuils retenus au Tableau 3 (2013), le seuil de «richesse» à 100,000$ et plus en revenu FAMILIAL (par ménage) relève davantage de l'arbitraire et de l'imaginaire québécois (une sorte de seuil psychologique plutôt qu'une mesure statistique et mathématique), (3). Mais il a été utilisé, «tenant compte de l’utilité du recours à la catégorisation de la variable revenu» (rapport du CRIÉSÉ, 2013) d'usage en statistiques au Canada.
Revenu familial brut des familles clientes des écoles privées du Québec membres de la FEEP, selon l'étude du CRIÉSÉ (Centre de recherche sur l'intervention éducative et socioéducative) de l'Université de Sherbrooke, réalisée en 2013 au Québec (revenus période avril / mai 2013).

2.  Étude de MASSÉ (2005) (4)


La précédente étude commanditée par la FEEP remontait à 2005 (8 ans avant celle de 2013).

Répartition des revenus selon l'étude de 2005


On constate que pour les revenus familiaux bruts (RFB) de 70,000$ et moins pour 2005, le réseau privé de l'époque comptait pour 37,5% de sa clientèle dans cette tranche de RFB. C'est près de 4 familles sur 10.

On peut estimer à l'aide d'un calculateur que la limite supérieure du revenu FAMILIAL de la classe moyenne en mai 2005 équivaut en tenant compte du coût de la vie, à un RFB de 93,004 $ CAD  en dollars équivalents de mai 2013 (basé sur une équivalence avec le RFB limite de la classe moyenne, mai 2013: 106,500 $ CAD ). Chiffres basé sur une inflation de 12,67% entre 2005 et 2013.


3.  Variation estimée en pourcentage de clientèle des classes moyenne et inférieure à l'école privée au Québec, mai 2005 à mai 2013


En prenant les paramètres suivants:
  • seuil supérieur du Revenu familial brut (RFB) de classe moyenne; soit le montant au-dessus duquel une famille est considérée de revenu supérieur dans l'étude pour 2013: 106,500$
  • ramené en dollars équivalents pour l'année 2005, d'après la hausse du coût de la vie; résultat estimé du seuil supérieur de la classe moyenne calculé en dollars équivalents de 2005 : 93,003.66 $ avec le calculateur de la Banque du Canada (basé sur l'indice des prix à la consommation -IPC- de biens et services de Statistique Canada)
  • hausse du coût de la vie, Canada, 2005 à 2013: 14,51% (source: calculateur Banque du Canada et IPC de Statistique Canada, paramètres appliqués par le calculateur, au 6 octobre 2014)
  • et en prenant dans le tableau de 2005, le seuil le plus rapproché du RFB de 93,004$ (valeur arrondie au dollar dans le tableau 2 ci-haut), 90,000$ pour 2005,  
On arrive à une représentation (proportion) des classes moyennes et de revenu inférieur, avec un ordre de grandeur d'un minimum de 52% de la clientèle du privé en 2005, couvrant les revenus par famille de moins de 30,000$ jusqu'à à 90,000$ : (14,19% + 17,25% + 13,94% + 6,34%) = 51,725 ou env. 52% (lignes 3, 4, 5 et 6 du tableau 2 de 2005). Retenons 1 famille sur 2 et on ne se trompe pas pour la proportion.
Calculateur de la Banque du Canada selon les chiffres que j'ai utilisés (coût de la vie augmenté de 14,51% entre 2005 et 2013).

En se servant des résultats ainsi calculés, tenant compte de l'inflation (dollars équivalents) pour estimer la part des familles de classe moyenne et inférieure, on arrive à la tendance suivante à la fin des années scolaires comparées (2005 vs 2013), l'année scolaire (de la maternelle au secondaire) se terminant en juin au Québec, donc tout près de la dates des enquêtes statistiques:

Estimation de l'évolution de la portion des familles de la classe moyenne et inférieure, clientes du réseau d'enseignement privé 
(réf. instituts d'enseignement privés, membres de la FEEP)

  • 2005 : un minimum estimé à 52% (globalement la moitié de la clientèle ou 1 famille sur 2)
  • 2013 : un minimum de 28% auquel il faut cependant ajouter quelques points pour couvrir les familles avec un revenu compris entre 100,000 et 106,500$, donc près du tiers (1 famille sur 3). Sans connaître les chiffres exacts pour cette tranche, car nous n'avons pas accès dans le rapport aux données non catégorisées, on peut toute de même conclure sans trop se tromper, que près du tiers de familles  de la classe moyenne (53,251 à 106,500 $) et de revenu inférieur (0$ à 49,999$) combinés  composent la clientèle des écoles privées du réseau de la FEEP  (voir calcul d'un ordre de grandeur au point 3 basés sur le tableau 3, données d'avril et mai 2013). Il faut en effet tenir compte de la tranche de RFB entre 100,000$ et 106,500$ de RFB, car le véritable revenu  par logement en 2013 (retenu initialement aux fins de l'étude) pour la classe moyenne est 53,251 à 106,500 $, et non pas 50,000$ à 99,999$ (catégorie retenue aux fins de la présentation au tableau). 
  • Il s'agit d'une chute importante de la représentation des classes moyenne et inférieure en seulement 8 ans, soit une clientèle qui est passée de la moitié des familles (1 sur 2) à à peine le tiers

C'est donc une baisse importante en seulement 8 ans qui indique que la classe moyenne jumelée à celle de revenu inférieur sont de moins en moins représentées dans le réseau d'enseignement privé.

Nous assistons donc à une dégradation de la démocratisation de l'enseignement privé, laquelle étrangement, amène un plus grand poids financier pour l'État pour soutenir 100% des coûts de la clientèle du réseau public. Si cela peut constituer un avantage pour les commissions scolaires (lorsque la capacité d'accueil est présente) et syndicats (cotisations des syndiqués), il s'agit d'une dépense additionnelle pour la province de Québec (donc pour l'ensemble des contribuables québécois). Car lorsqu'une famille de classe moyenne ou de revenu inférieur choisit le réseau d'enseignement public (maternelle au secondaire) faute de revenus suffisants pour le privé, elle n'injecte pas d'argent nouveau dans le réseau de l'éducation du Québec. Car elle paie déjà ses taxes, impôts et taxes scolaires. Le Gouvernement du Québec, doit quant à lui compenser la commission scolaire à laquelle se joint un enfant qui s'inscrit au public. Et d'où proviendra le manque à gagner entre le soutien d'un enfant au public versus ce même enfant au privé? De nouvelles taxes et impôts, sinon de l'augmentation de la dette de la province (5).


4.  Conclusion : Nous assistons donc à une dégradation de la démocratisation de l'accès à l'enseignement privé et la social-démocratie du Québec ressemble de plus en plus à un socialisme occidental émergent, limitant de plus en plus les options et choix des citoyens. 


Sans connaître le pourcentage précis de familles de la classe moyenne entre 100,000$ et le seuil supérieur de cette classe, 106,500$ du classement (tableau) retenu par le CRIÉSÉ (Université de Sherbrooke, 2013), on peut quand même dégager une tendance. La classe moyenne et celle de revenu inférieur fondent littéralement en tant que clientèle du réseau privé, passant de une personne sur deux de la clientèle en 2005, pour chuter à peine au maximum de représentation de une personne sur trois en 2013; baisse importante en seulement 8 ans (6). 

Difficile de ne pas penser que c'est exactement ce que certains hauts-fonctionnaires de l'ombre, ainsi que les commissions scolaires et les syndicats réclament. Et que les gouvernements semblent leur accorder, non pas pour des économies (inexistantes car les coûts seront plus importants pour l'État québécois si d'autres familles quittent le réseau privé annulant leur investissement annuel dans le réseau), mais par principe idéologique

On pourrait croire sans effort, que la social-démocratie du Québec ressemble de plus en plus à un socialisme occidental émergent, limitant de plus en plus les options et choix des citoyens. Il n'en faudrait pas beaucoup pour croire que nous sommes en train de migrer depuis la forme démocratique d'un État au service du peuple (l'État pour le bien-être du peuple), vers la forme un peuple au service (existant pour) l'État

Serions-nous dans un socialisme émergent, dans lequel le peuple ne sert qu'à soutenir l'État, son idéologie, ses valeurs, en se faisant confisquer ses libertés de choix et son argent. Au 20e siècle, les idéologies semblables ont amené la disparition de la classe moyenne avant que l'économie de ces pays implose (s'effondre sur elle-même). Celles qui semblent tenir encore, n'ont d'apparentes richesses que près des grands hôtels touristiques. Mais dès que vous vous en éloignez, c'est la misère partagée (ex. Cuba en possible rapprochement avec les États-Unis).

LIRE AUSSI : 

Éducation Québec : Pourquoi financer l'école privée? QUIZ vidéo de la FEEP (4 octobre 2014)


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1.  Les deux tiers avaient un revenu familial inférieur à 80,000$; 4 sur 10 avaient même un revenu familial de moins de 60,000$. Source: Jean-Jacques Samson, Journal de Québec, 13 juillet 2010.
(je n'ai pu déterminer d'où provenaient les chiffres du journaliste; peut-être une statistique de la région de la Capitale, plutôt que provinciale).

2.  François LAROSE et autres. Profil socioéconomique et attentes technologiques des parents d’élèves du réseau des établissements d’enseignement privé du Québec. CRIÉSÉ (Centre de recherche sur l'intervention éducative et socioéducative) Sherbrooke, 6 décembre 2013.

3.  En effet, un revenu familial brut (RFB) de 100,000$ en 2013, n'a plus rien à voir avec 100,000 dollars en 2000, par exemple. Ainsi, un revenu familial brut de 100,000$ en 2013 équivaudrait à un RFB de 77,742$ en 2000 (au dollar arrondi), en considérant l'inflation (hausse du coût de la vie, en produits et services) selon la feuille de calcul (calculateur) de la Banque du Canada. 


5. Il n'en faudrait pas beaucoup plus pour oser penser que l'État veut contrôler tout ce qui touche à l'éducation des enfants, comme dans les anciens prolétariats où l'État prenait en charge les enfants du peuple, dès la petite enfance et les enseignait, mais en retour, ces enfants et leurs familles lui étaient redevables en pensée et en action.

6.  Il resterait toutefois à mon avis, un biais possible à vérifier, concernant la compréhension des répondants, particulièrement de la dernière enquête, auprès des clients des écoles privées membres de la FEEP. Les parents répondants ont-il bien saisi la notion de revenu par ménage, dans le contexte où il y a de plus en plus de familles éclatées (divorces ou séparations et familles monoparentales ou reconstituées). Comment, en tel cas, les personnes analysent-t-elles leurs revenus familial ou par ménage, selon le cas? Par exemple, une mère seule qui reçoit une allocation payée par l'ex-conjoint, calcule-t-elle son revenu seul (revenu personnel + allocation) ou autrement (somme des deux parents + allocation du conjoint pour enfant)? Si c'est le cas, des familles de la classe moyenne seraient considérées comme ayant un revenu supérieur à la classe moyenne. Par exemple, l'allocation pour l'enfant pourraient être comptée 2 fois: déjà comprise dans le revenu du père avant d'être une dépense et comme revenu pour la mère... En tout cas, il faudrait fouiller un peu plus cet aspect de l'interprétation du RFB pour des parents séparés ou divorcés, parent monoparental et famille reconstituée, revenu pris en compte en cas de garde partagée, ... et cela, au-delà de cette seule enquête. Quand calcule-t-on, ou non les revenus des deux parents? Ce n'est peut-être pas clair pour tous les répondants à ce genre d'enquête.

samedi 4 octobre 2014

Éducation Québec : Pourquoi subventionner l'école privée? QUIZ vidéo de la FEEP

La Fédération des établissements d'enseignement privés (FEEP)  au Québec présente une courte vidéo au contenu simplifié pour expliquer en quelques mots et images la situation du financement du réseau scolaire privé, particulier au Québec. La vidéo «QUIZ pourquoi financer l'école privée» est bien faite et d'écoute facile. Je commente par la suite ce qui pourrait être perçu comme des mensonges.



L'argumentaire de la FEEP étant très simplifié pour le besoin, certains pourraient croire que les chiffres sont falsifiés

Voici le fruit de mes recherches, réflexions et contacts avec le réseau privé
(dernière mise à jour: lundi 6 octobre 2014)

D'où vient que l'élève au privé ne coûterait que 38% du support de l'État au public, si l'État finance un élève du privé à 60% de la subvention du public ?

lundi 29 septembre 2014

Subvention partielle des élèves des écoles privées, les journalistes ont «devoirs non faits»

Les journalistes du Québec, depuis des années véhiculent que l'école privée serait subventionnée à 60% par le Gouvernement du Québec. Pourtant l'information est là sur le site du MELS. C'est beaucoup, beaucoup moins.

De plus, les contribuables qui inscrivent des enfants au privé, continuent en parallèle de payer leur part du public à 100%. Donc, leur réintégration dans le réseau public n'amènerait aucun argent neuf pour le Gouvernement du Québec, mais au contraire plus de dépenses (subventions directes).

(dernière mise à jour:  Le 2 octobre 2014)

C'est 43% d'une partie des subventions du public (même pas de toutes) qui est pris en charge pour un élève inscrit au privé (100% au public, 43% au privé), chiffres du MELS

Sont exclues des activités couvertes au privé, par exemple:
  • l'argent pour l’achat et l’entretien de leurs bâtiments.
  • l'argent pour un grand nombre d’allocations auxquelles le secteur public a droit, notamment, celles pour les élèves ayant des difficultés scolaires, même s’ils représentent 10 % de sa clientèle régulière.
  • aucun retour en argent non plus, des taxes scolaires qui sont réservées au financement des commissions scolaires.
  • l'embauche des étudiants stagiaires en éducation,
  • les programmes d'entrepreneuriat,
  • l'aide aux élèves en difficulté,
  • (...)
On peut lire par exemple, une valeur totalement erronée à l'effet que la hauteur du subventionnement de Gouvernement du Québec pour un élève du privé serait au moins de 60% (source : Le Soleil, 29 septembre 2014, chiffre nettement surévalué). Claire PIMPARÉ a beau être bien gentille et supportée par la génération Passe-Partout, elle devrait valider les chiffres des syndicats et commissions scolaires avec lesquels elle associe son nom dans le cadre de la Semaine pour l'école publique. Cette semaine annuelle (non pas un jour!) est proche de devenir une activité de lobbying des syndicats et des commissions scolaires. L'exercice retient année après année beaucoup d'attention dans les médias en s'attaquant au privé avec des chiffres erronés.

L'argent pour l'élève


De la même manière que l'argent suivait l'enfant en service de garde privé, l'argent suit l'élève en fonction du choix. Sauf que là, en service de garde, le gouvernement n'a pas créé de nouvelles places en nombre suffisant au public. Mais si un flot de parents dirigent leurs enfants vers le public, le contrecoup financier et logistique (ex. capacité d'accueil) sera dur et incontournable. Il n'en sera pas comme pour les garderies privées.
  • Au public, le montant dirigé à la CS à laquelle appartient l'école sera de 100%

C'est donc une réelle économie pour l'État québécois, lorsqu'un élève fréquente une institution d'enseignement privée.

Dans une chronique du 30 septembre dans le Journal de Québec, Mario DUMONT nous rappelle ce fait. L'école privée n'est pas subventionnée, c'est l'enfant qui est suivi par l'argent dans une institution qui applique le programme du ministère. La part de contribution non donnée au privé pour l'inscription d'un élève, constitue donc une réelle économie. Le vrai problème est probablement que le privé dérange dans une société de plus en plus de tendance socialiste (vers un contrôle total des programmes et de l'éducation des enfants par l'État; à partir du sevrage ou du CPE, jusqu'à la fin du Cégep, jeune adulte).

Les chiffres du MELS pour 2011-2012



Source : Direction des statistiques et de l'information décisionnelle (DSID), Ministère de l’Éducation, du Loisir et du Sport (MELS), 2013 (les valeurs arrondies à la première décimale sont pour 2011-2012).

Selon les chiffres du MELS (Ministère de l'Éducation, du loisir et du sport) publiés en 2013, la vraie contribution gouvernementale au privé est de 43,2 %. L'État ne couvre pas, par exemple, l'achat et l'entretien de la propriété et d'autres dépenses (1):

  • MELS 42,3 %
  • Subventions d'autres ministères: 0,9 %

TOTAL des contributions du Gouvernement du Québec (MELS et autres ministères) : 43,2%



Le chiffre véhiculé médiatiquement (60% par rapport à 43,2%) constitue donc une surévaluation de 38,9 %; soit  60 - 43,2 / 100. Ceci suggère la démagogie et la désinformation ou le manque de rigueur journalistique. Le 60% ne touche qu'une partie commune d'une sélection de services éducatifs (privé vs public). Mais pour une grande partie, le privé n'a pas accès à plusieurs subventions et allocations accordées au public. Donc le 60% ne concerne pas l'ensemble des coûts du privé, mais les services éducatifs. Lorsqu'on considère l'ensemble des côuts par élève, la contribution du Gouvernement du Québec passe alors plutôt autour de 38% selon les calculs diffusés par la FEEP (voir la vidéo).

D'autre part, la partie fournie par les parents pour l'enseignement privé : 44% minimum et d'autres sources de financement pour le reste, constitue autant d'économie que l'État n'a pas à mettre pour un élève et que les contribuables n'ont pas à mettre en taxes scolaires. Ce que cela signifie, c'est qu'un élève de la classe moyenne inscrit au privé (une grande proportion de la clientèle globalement au Québec) libère beaucoup d'argent qui peut être dirigé vers l'aide au public. Le privé n'a aucun contrôle sur ce qui est fait par le Gouvernement du Québec, avec les économies réalisées.

LIRE AUSSI sur ce blogue:

Nouvelle vague contre les écoles privées du Québec: mythe et réalité (26 septembre 2014)


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1.  Simon OUELLET et autres. Graphique : Répartition des revenus des établissements privés. INDICATEURS DE GESTION 2011-2012 ÉTABLISSEMENTS D’ENSEIGNEMENT PRIVÉS. Direction des statistiques et de l'information décisionnelle (DSID), Ministère de l’Éducation, du Loisir et du Sport (MELS). 2013, p. 10 (document PDF ici consulté le 29 septembre 2014 http://www.mels.gouv.qc.ca/fileadmin/site_web/documents/PSG/statistiques_info_decisionnelle/IND_EP_2011_2012.pdf)

vendredi 26 septembre 2014

Financement des écoles privées du Québec: mythe et réalité

Chaque élève du Québec inscrit au privé constitue une économie pour l'État Québécois, en réduction de subventions. Les parents qui amènent de l'argent neuf dans le réseau de l'éducation, génèrent autant de réduction en subventions directes.


La formule privée accessible aux classes moyenne et à plus faible revenu (près du tiers de la clientèle), réduit les dépenses de l'État en éducation, de par le choix de ces familles (ou de leurs proches) d'injecter de l'argent nouveau dans le réseau de l'éducation, en coupant volontairement leurs dépenses ailleurs pour exercer un choix (liberté).



Dans les faits, le MELS le sait: le privé constitue une économie pour le Gouvernement du Québec, mais un irritant pour les commissions scolaires (CS) et syndicats. En fait, une partie du problème n'en serait-il pas un d' organisation (ex. cadre politique et administratif des CS qui interdit les surplus et la gestion à moyen et long terme), comme probablement aussi pour le secteur de la santé? Les syndicats exercent même, via des organismes parallèles (ex. fédérations formées de syndicats) et activités (ex. Semaine de l'enseignement publique), du lobby anti-privé, en plus de leur poids syndical que l'on sait, sur les politiques gouvernementales. ET peut-être y a-t-il, qui sait, d'autres influences mal connues... 

LIRE AUSSI :  

Subvention partielle des élèves des écoles privées, les journalistes ont «devoirs non faits»


Chaque année, c'est comme une razzia qui revient contre la liberté de choix dans la social-démocratie fabriquée au Québec. Pourquoi, en éducation, l'establishment du réseau public à participation gouvernementale à 100% en veut-il au privé subventionné à 42% par le MELS (chiffres du MELS, 2013) et supporté majoritairement par les parents (44%) et d'autres sources (14%) qui incluent d'autres contributions des parents et un peu moins de 1% en autre apport gouvernemental en dehors du MELS (2013)? La participation des parents et autres sources non gouvernementales, libèrent pourtant le MELS, d'autant financièrement, pour chaque élève au privé. Ce n'est pas sur une attitude envieuse qu'il faut développer le Québec, contrairement à cette voix au faux débat des coûts financiers et sociaux de l'éducation publique versus privée. Paradoxalement, ceux qui envient sont les plus subventionnés, à 100%

(Dernière mise à jour : 6 octobre 2014, 2 janvier 2016).

NOTE : Dans l'article qui suit, je me porte à la défense des instituts privés qui appliquent et respectent le programme du MELS (Ministère de l'Éducation, du loisir et du sport).

Un partenariat public-privé (PPP) qui fonctionne

La participation mixte (parents-État) au privé constitue en fait un partenariat public-privé (PPP) qui fonctionne, avec cette différence que l'apport d'argent privé se fait très majoritairement par les familles plutôt que par des exploitants ou du corporatisme privé comme dans d'autres PPP qui peinent souvent à réussir (ex. entretien des ponts, des haltes routières, ...).

Avez-vous remarqué que quand l'enseignement privé se promeut, il ne dénigre pas le système publique, mais annonce plutôt ses services. Avez-vous remarqué que la formule privée accessible à beaucoup de familles de la classe moyenne et de la classe à plus faible revenu (près du tiers de la clientèle), réduit les dépenses de l'État en éducation, de par le choix de ces familles d'injecter de l'argent nouveau dans le réseau de l'éducation.

La réalité du Québec en matière de financement des écoles privées

mercredi 24 septembre 2014

Bras de fer entre NETFLIX et le CRTC, gardien canadien du contenu TV

NETFLIX n'a pas encore déposé au Conseil de la radiodiffusion et des télécommunications canadiennes (CRTC) les nouvelles données exigées lors de l'audience de vendredi le 19 septembre 2014.
«Le CRTC avait exigé de l'entreprise américaine de production et de diffusion de séries télévisées et de films sur internet qu'elle lui fournisse des données sur le nombre de ses abonnés au Canada, sur ses revenus canadiens et sur ses dépenses en matière de contenus produits au Canada, entre autres» (Canoe.ca 24 sept. 2014).
Crédits photo : Blogue de Netflix.
De son côté, l'entreprise américaine qui produit et diffuse des séries télévisées et des films sur internet croit entre autres, que ces informations additionnelles exigées sur la concurrence sont à la fois sensibles et stratégiques; des informations non publiques. Cela fait partie de son développement de marché. Rappelons que Radio-Canada (Aujourd'hui connu comme ICI Radio-Canada) a maintes fois utilisé cette forme d'argumentaire pour refuser les demandes d'accès à l'information répétées, déposées en vertu de la loi canadienne par un concurrent privé.

Réflexion

Le CRTC aimerait bien s'approprier le droit de regard et de perceptions monétaires sur le contenu web non canadien, comme il l'a fait pour le signal TV et radio. Mais cela risque d'être plus compliqué que prévu, d'imposer son magistère, dans le nouveau millénaire.

J'ai mentionné dans un précédent billet que l'organisme ne peut pas affirmer, comme il le prétend, que le Canada ne reçoit pas sa juste part des dépenses des clients canadiens en contenu étranger, lui permettant de garantir ou protéger le contenu culturel canadien. Le CRTC omet en effet de considérer que les clients canadiens paient déjà eux-même pour les données entrantes et sortantes sur les ordinateurs, tablettes, portables, consoles de jeu, TV, et autres appareils (téléchargements en amont et en aval). Et avec ce paiement par les clients en fonction du débit, et la facturation modulée en fonction des téléchargements par les fournisseurs web comme Videotron et Bell, les abonnés canadiens à ce genre de services et même au web pseudo-gratuit, paient déjà les TAXES CANADIENNES de ce genre de services de divertissement.

Par exemple, même si un client canadien ne consomme que du «gratuit» durant un mois, il paiera quand même
  • des taxes sur le service de son fournisseur internet et des taxes sur le montant de la facture pour sa consommation mesurée (internet haute vitesse et illimité sont déjà plus cher que le câble TV). 
  • Plus encore, tout ce qui est stocké à distance, par exemple sur un cloud (entrepôt de données sur serveur distant), sera en plus téléchargé et donc facturé plus d'une fois, selon le type de données. 
Vous aurez compris que l'internet gratuit ça n'existe pas. Il y a toujours quelqu'un, quelque part, qui paie l'accès internet et pour la bande passante, ce qui INCLUT LES TAXES au Gouvernement canadien. Le CRTC devrait donc se rabattre sur les taxes perçues par les fournisseurs internet sur le téléchargement, pour la production de contenu canadien.

Pour plus de détails ou pour une opinion à ce sujet, LIRE: Le CRTC prend les Canadiens pour des inintelligents (20 sept. 2014).

samedi 20 septembre 2014

Le CRTC prend les Canadiens pour des inintelligents

Le CRTC aimerait bien que soient taxées les nouvelles entités qui diffusent du contenu sur internet, comme Netflix. Il y a cependant un petit virage que l'organisme a manqué en disant que les fournisseurs américains ne paient pas de taxes au Canada. Nous, les clients canadiens payons déjà chaque gigaoctet (Go) de données entrant ou sortant, et ainsi les taxes CANADIENNES, aux fournisseurs de services internet. Ceux-ci (ex. Bell, Videotron, ...) nous chargent allègrement les Gigaoctets à leur avantage. Puis, de leurs vêtements signés, ils pleurent dans leurs mouchoirs devant le Conseil de la radiodiffusion et des télécommunications canadiennes (CRTC); eux signés, nous saignés!

Mieux encore, lorsque nous stockons du matériel acheté (contenu vidéo ou audio) sur un réseau externe (un «cloud» quelconque), nous repayons la bande passante et les taxes canadiennes, autant de fois que nous écoutons en téléchargement continu (stream) ou complet. Donc, ni les fournisseurs internet, ni le CRTC, ni les arts et la culture, ne sont brimés par le système de facturation et taxation basée sur la bande passante (=au volume de données utilisé), parce que les taxes canadiennes sont déjà payées par VOUS.

Mais allons-y point par point (liste partielle)