mardi 12 juillet 2016

Pourquoi je suis d'accord avec la collecte de dons pour la défense de l'ex-ministre Nathalie Normandeau

En quelques mots: pourquoi je suis plutôt d'accord avec l'initiative citoyenne de Gaspésiens pour soutenir les frais de défense de l'ex-ministre du PLQ et animatrice d'une radio d'opinion, Nathalie Normandeau.

(Dernière modification: 15 juillet 2016)

Unité permanente anti-corruption (UPAC). Organisme gouvernemental du Québec pour enquêter sur la corruption dans l'attribution et la gestion de contrats avec le Gouvernement du Québec, ses sociétés d'État, les organismes publics sous juridiction du Québec, les villes et municipalités, etc.

  • Chaque élu doit établir sa propre réputation d'intégrité. Il semble que lors de ses années en tant que mairesse et député, Madame Normandeau ait réussi, là même où son parti a échoué, puisque plusieurs personnes croient encore en son intégrité, malgré le dépôt des accusations de l'UPAC.
    Nathalie Normandeau au moment de son audition par la Commission Charbonneau. Crédits photo: extrait d'une vidéo de la Société d'État, ICI Radio-Canada
  • Ceci dit, dans un contexte où la cause mettra plusieurs mois, voire des années (3 ans?, 4 ans?) à être entendue avec jugement prononcé en cour traitant des causes criminelles, il est normal de chercher des revenus alors que ces délais sont inacceptables dans une société dite «de droit». Madame Normandeau demeure inemployable (ou difficilement); soit privée de revenus d'emploi ou avec un faible pouvoir de négocier un salaire. Et cette situation vaut tant qu'aucun procès pour des accusations criminelles n'aura n'aura été tenu et que le jugement ne sera pas prononcé. Son employeur, Cogeco, a conclu et obtenu gain de cause devant un juge civil, à l'effet qu'il n'est pas obligé de la garder en poste, même sous une autre affectation comme recherchiste, si une clause de son contrat touchant à la réputation de la station est applicable et en défaveur de Cogeco. 
  • Trop souvent au Québec, la façon non diligente de procéder de la Justice a littéralement provoqué la mort sociale de personnes, favorisée par des sorties-spectacles (trophées de «chasse»?) 
     
    suivies de longs délais subséquents, avant procès et jugements, se comptant en nombre d'années (banana justice?); et même dans un certain nombre de cas, conclus en acquittements, ou en condamnations finalement mineures. Le rétablissement médiatique des personnes jugées non coupables est rarement à la hauteur de leur «lynchage public» avant procès, qui lui dure des semaines et des mois de manière cyclique. Si tu as des preuves, donne du temps pour la défense, puis procède. Si tu n'as pas de preuve irréfutables (ex. vidéo, aveu), joue-là sobre. Autrement, cela prive les personnes ainsi traitées par une justice lascive, de leurs droits fondamentaux. 
  • Selon nos chartes des droits, chacun a droit à la protection de l'intégrité de sa réputation. La Charte des droits te libertés de la personne (du Québec) le formule en ces termes en son article 4: 
«Toute personne a droit à la sauvegarde de sa dignité, de son honneur et de sa réputation» (1)
  • Ceci inclut, selon la Charte canadienne, le droit «d'être jugé dans un délai raisonnable» et «d’être présumé innocent tant qu’il n’est pas déclaré coupable»(2). Ce sont des droits dont elle et plusieurs autres Québécois sont privés, dans l'attente de procès durant des années après des accusations publiques annoncées en grande pompe. 
    Par exemple, des enseignants (souvent masculins) ont perdu leur emploi, leur crédibilité et leur réputation, suite à de fausses accusations d'étudiants qui se sont finalement avérées non fondées après des années d'une cause pendante (sans mauvais jeu de mot...), et sans que les préjugés et opinions ne changent à leur égard, vu la faible couverture médiatique des acquittements qui ne tourneront pas une semaine ou un mois dans les médias. 
  • Dans un contexte où une cause pourrait être entendue rapidement (ex. dans un délai de 1 an), je comprendrais mal ce genre de collecte de Libéraux de la Gaspésie, alors qu'il y a bien d'autres priorités sociales, mais toutefois pas radicalement opposé, puisqu' encore-là, ce sont des dons privés dont les noms des contributeurs seront rendus publics. 
  • Ce n'est pas de l'argent public, mais ce sont  des dons privés qui sont en cause.
  • D'autre part, des faits récents entourant l'Unité permanente anti-corruption - UPAC (3) soulèvent des questions sur la façon dont ledit organisme officiel d'enquête anti-corruption gère ses agendas et priorités: comme avoir déposé ses accusations les plus flamboyantes (contre des élus) le jour-même du dépôt du budget annuel du Québec par le parti au pouvoir, avec une pré-annonce du genre, aujourd'hui il va se passer quelque chose de majeur à l'UPAC.
À croire que le Québec serait déjà migré en une république socialiste. Alors collectons des dons! Et les lecteurs qui ont déjà lu mon blogue savent que je ne suis pas particulièrement Libéral (PLQ). Ceci dit, je suis pour une justice équitable agissant avec diligence et éthique dans la conduite de ses affaires (dans un délai raisonnable et sans apparence de calculs stratégiques).

AUSSI :

Trois messages à saisir dans l'appui financier de Gaspésiens à Nathalie Normandeau


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1.     Chapitre C-12  CHARTE DES DROITS ET LIBERTÉS DE LA PERSONNE [du Québec], art.4 (fichier PDF)
AUSSI:
Déclaration universelle des droits de l'homme, art. 12 (fichier );


2.     LOI CONSTITUTIONNELLE DE 1982 PARTIE I: CHARTE CANADIENNE DES DROITS ET LIBERTÉS, art. 11 alinéas b et d


3.     Par exemple:
  • les arrestations de «gros noms» en lien avec le PLQ le jour-même du dépôt du budget du Québec par le PLQ le 17 mars 2016, un moment fort et médiatiquement attendu de la politique québécoise; des noms sacrifiés par le parti? Ou inversement dans le but de nuire à ce moment médiatiquement attendu. Rappelons qu'il y a même eu pré-annonce qu'on allait annoncer l'arrestation de gros noms du parti.
    L'on tente à l'UPAC de justifier cette date, sous prétexte qu'il y avait un délai minimal requis par la loi entre l'émission du mandat et son exécution, mais omettant de dire que ç'aurait pu être le lendemain. Bref, nous prend-on tous pour des cons?
  • Il y a eu aussi ces fuites de contenus d'enquête provenant d'une source anonyme, en étrange conjonction avec la cause laborieuse des conditions de travail des policiers en négociations (syndicat) avec les réductions des dépenses prévues par PLQ au pouvoir, 
  • Certains éléments plus flamboyants de l'UPAC, sont à l'étape de la reconduction de mandat(s) à sa tête (personnel donc indispensable?) au moment du grand coup médiatique.
  • (...)
De tels éléments pourraient suggérer que certains ordres du jour de l'agenda de l'UPAC pourraient être gérés en fonction d'intérêts particuliers sans lien avec le but commun. Non pas que cela soit criminel en soit, mais c'est à tout le moins possiblement politisé et orienté à des fins qui ne sont pas d'intérêt public. Cela annonce négativement les prochaines années.
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