lundi 4 juillet 2016

Trois messages à saisir dans l'appui financier de Gaspésiens à Nathalie Normandeau

Non les Gaspésiens appuyant financièrement l'ex-ministre du PLQ dans sa défense ne sont pas fous: il y a au moins trois messages à la classe politique et aux élites du Québec, dans cet appui financier inattendu envers Nathalie Normandeau.


(dernière modification : 10 décembre 2016)

L'ex-ministre senior sous le PLQ, Nathalie Normandeau, reçoit un appui financier inattendu pour sa défense, après avoir été mise en accusation par l'UPAC et abandonnée par son employeur alors que tout le monde sait que la cause pourrait durer 4 ans et la reconnaître non coupable ou avec un simple blâme. L'arrestation est survenue au moment où l'ex-politicienne était co-animatrice d'une émission-phare à une radio d'opinion de la ville de Québec (FM93) et commençait à dénoncer ouvertement les décisions et virages politiques de son parti.

Nathalie Normandeau, ex-mairesse de Maria en Gaspésie au Québec, ex-ministre senior sous le Parti Libéral du Québec (PLQ) et  ex-animatrice d'une émission à la radio d'opinion au FM93,3 de Québec. Crédits photo : Société Radio-Canada (société d'État d'information publique et de divertissement).


Dans les commentaires postés en réaction à la nouvelle de ces appuis inattendus, les citoyens accusent de folie les résidents de la Gaspésie (Gaspésiens). Mais ils pensent comme des citadins qui récoltent presque tous les services et emplois. Pour comprendre la situation des régions du Québec moins favorisées, voir le lien vidéo en fin d'article.

Il y a probablement 3 messages aux politiciens professionnels, aux organismes d'enquête comme l'UPAC et aux élites non élues qui dirigent le Québec. Le saisiront-ils? 


Après avoir eu une seconde chance inattendue du Parti Libéral du Québec (PLQ) qui a été réélu après une parenthèse PQ et malgré sa grande impopularité, assistons-nous au début de la fin du parti dans les régions? Madame Normandeau est défendue parce qu'elle a livré lorsqu'elle était députée et ministre et qu'elle  est considérée par des anciens électeurs, comme capable d'aller contre la ligne d'un parti pour défendre les régions.

Véhicule de campagne du Parti Libéral du Québec (1960). La formule est encore vraie. «C'est l'temps qu'ça change». Le Québec est prêt pour un parti épuré, mais quand même non socialiste qui développerait les régions et défendrait les classes moyennes. 


1.     Le premier message des supporteurs de Nathalie Normandeau: la perte de confiance dans le parti ou dans les grands partis actuels


L'ex-ministre a-t-elle été livrée pour protéger les «fesses» de quelqu'un d'autre? C'est le feeling qui suggère en plus des doutes sur les méthodes de l'UPAC, des conclusions de la Commission Charbonneau, etc.

Naïve, peut-être, criminelle initiée, non. Voilà le verdict de ceux qui connaissent Madame Normandeau pour l'avoir soutenue comme député durant 12 ans (ce n'est pas rien!). 

Plusieurs de ses anciens électeurs  ne la croient ni instigatrice, ni le cerveau d'un système de collecte de fonds auquel tous les grands partis ont d'une quelconque manière participé durant des décennies (témoignages des contributeurs). Tout le monde, journalistes inclus, savaient que les entreprises participaient publiquement aux campagnes de financement des partis ou des députés de partis susceptibles d'être élus, dans le but de bénéficier du contenu de la table financière. Souvent, ces entreprises supportaient plus d'un parti. Tout le monde savait que la collecte était de plus de 100.$ par participant à ces activités. Les entreprises apportaient les dons au nom de leurs employés; faut-il être tordu, pour qu'un média ose dire: «Nous ne savions pas»! C'était le jeu d'une époque révolue.  Tous les partis politiques établis ont bu de cette eau-là.

Sachant cela, Madame Normandeau semble pour plusieurs électeurs, avoir été utilisée par les hautes instances de son parti, parce qu'elle passait bien dans les médias. Cela vaut pour la perception, non seulement des Gaspésiens, mais également de plusieurs de ses auditeurs de Québec. Durant ses années au PLQ, elle inspirait confiance. Elle était presque comme une attachée de presse, élue et ministre senior de surcroît; une aubaine. Si on reconnait qu'elle pouvait avoir erré en acceptant un bouquet de 50 roses et une entrée VIP à un spectacle de Céline Dion, ou recevoir du financement politique et le rediriger vers des projets de sa région en profitant d'un système toléré depuis des décennies,  elle ne leur semble pas le cerveau du mal. La thèse de la Nathalie maléfique est peu crédible. J'opterais pour la naïveté des enquêteurs sur la réception de certaines informations incomplètes. Mais il ne suffit pas de prouver que quelqu'un a bénéficié de quelque chose pour en faire un coupable.

Dans le pire des cas, peut-être s'est-elle simplement dit que tous les grands partis le faisaient... La «Machine» Libérale faisait le reste. Le cas échéant, en cas de culpabilité, il devrait y avoir un grand nombre de politiciens dans les prisons de Gotham, euh pardon, du Québec et non pas seulement la CatWoman de la politique québécoise.

2.     Le deuxième message des supporteurs: les organismes d'enquête sont perçus comme agissant de manière sélective (je suggère naïve ou expéditive)


L'UPAC pourrait-elle être manipulée par des révélations sélectives et partielles:
  • Tantôt d'un côté, peut-être par une source chez les policiers, en négociation de leurs conditions de travail et avantages sociaux avec l'État (avec et contre l'administration PLQ) lors du torpillage de l'événement du dépôt du budget du PLQ. La une était monopolisée par les révélations d'un mystérieux dénonciateur ayant des informations sur des enquêtes en cours. 
  • Tantôt de l'autre, avec le coulage par des initiés, d'informations teintées d'irrégularités ayant directement ou indirectement bénéficié à la dame (?) 

Les défenseurs de Madame Natalie Normandeau ont-ils un sentiment croissant qu'il y a des intouchables et des gens protégés, élus ou hauts-fonctionnaires nommés?


Les organismes d'enquête comme l'UPAC devraient saisir ici qu'ils sont en train de perdre la confiance des citoyens


Cela arrive, par exemple, via des événements comme son arrestation quelques jours après que cette ancienne ministre senior ait fait une sortie virulente contre l'administration Libérale. Cela sent le contrat (une enveloppe jaune? une clé usb noire? transmises aux enquêteurs) pour provoquer une poursuite avec effet de bâillon envers celle, qui au même moment, remettait en question la direction du PLQ post-Charest. C'est qu'au début de son embauche au FM93,3 de Québec où elle donnait la réplique à Éric Duhaime, elle était la «parfaite» politicienne avec la rectitude, la ligne du parti et tout. Son discours sonnait comme une démo de clavier musical à 300$. Puis, quelques jours avant son arrestation, elle avait changé de ton et mené une charge en règle contre l'actuelle administration, en disant qu'elle ne reconnaissait plus le PLQ, par exemple, via son « virage vert » pro-taxes, déconnecté des réalités immédiates et régionales; ceci, peu de temps après que l'émission ait été la plus écoutée de sa plage horaire dans la région où elle est diffusée. Comme par hasard, dans ce contexte, son arrestation soudaine créait un malaise senti et la stupéfaction. Pour plusieurs citoyens électeurs de la région de Québec, cela sonnait comme un contrat venu d'en haut, dans les sphères du Parti Libéral du Québec. Comme si on l'avait livrée pour la faire taire (une poursuite bâillon par organisme interposé?).

3.     Troisième message des supporteurs: le vent tourne de plus en plus favorable à la création d'un Parti des régions, axé sur la défense et le développement des régions et la protection des classes moyennes et d'une économie décentrée, gérée selon le principe de subsidiarité (les fonds gérés là où ils sont requis) 


Les régions seront bientôt prêtes pour un Parti des régions et la défense de leurs classes moyennes et entrepreneurs. Quand un Québécois est prêt à mettre sa main dans sa poche pour financer une cause, c'est qu'il est VRAIMENT engagé et parfois enragé. Le montant récolté pour sa défense sera un bon indicateur. . .

Il faut comprendre que

  • les régions ne veulent pas la charité, elles veulent leur du. Cela explique en partie la désapprobation vécue par Stephen Harper aux élections fédérales de 2015, qui (PCC), a recentré des emplois et s'est fait chasseur de chômeurs, sans distinguer le contexte de la nordicité et de la ruralité là où l'agriculture n'est pas une force. 
  • Les régions ne veulent pas de « yesmen » ou « yeswomen ». Elles veulent des défenseurs et représentants de leur réalité. Son ancienne circonscription n'a pas oublié que Madame Normandeau défend bec et ongles les régions en politique québécoise. Elle le faisait comme élue. Elle le faisait encore comme animatrice de radio d'opinion. Les députés sont, selon une perversion de la démocratie, presque toujours  liés par la ligne du parti. Nathalie Normandeau était capable d'aller à contre-courant sur cet enjeu précis et de tenir tête à son chef. Et il le savait, qu'elle avait des griffes. La défense des régions et de leur dignité, c'est sa marque de commerce.


Tout compte fait, l'entreprise des communications Cogeco (propriétaire de la station de radio FM 93,3) a peut-être fait un mauvais calcul en la congédiant de façon aussi expéditive. Un tribunal a statué que son contrat permettait à l'employeur de le faire, mais un droit n'est pas toujours une obligation. Retirée des ondes oui, mais il n'y avait pas de pancartes et de fourches et torches de la population, devant la station du FM93, pour la mener au bûcher. Au contraire, un malaise senti, beaucoup de scepticisme dans ce qui ressemblait à une manœuvre politique soudaine et obscure de la force Libérale, comme si on voyait les attaches du trucage. À preuve, Madame Normandeau conserve un soutien populaire et une fois jugée devant tribunal, on conclura peut-être que toute la classe politique bien établie était sujette à bénéficier directement ou par la bande (par rebond) d'un système propice au détournement de la loi; comme par exemple, ce ridicule don politique limité à 100$ qui aurait dû être indexé à chaque année. Le concept du plafonnement des dons peut être bon, mais pas le gel du montant des contributions sur des décennies. Par exemple, on pourrait établir une contribution en proportion d'un pourcentage maximal raisonnable de la statistique du salaire moyen des trois dernières années de déclarations fiscales compilées pour les travailleurs à temps plein (ex. 0,5 % ou revenu moyen des travailleurs à t-plein Québécois x 0,005 ???).


Pour une introduction sur la politique et les régions du Québec:
VIDEO d'une interview de Myriam Ségal -- Allez à 5 min. 36 s

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