samedi 14 novembre 2015

«Go Montréal, Go!». Déverse tes eaux usées dans le Fleuve Saint-Laurent. Mais...

Tel que prévu, la ville de Montréal est allée de l'avant avec son méga-déversement de 8 milliards de litres d'eaux usées directement dans le Fleuve Saint-Laurent.


Une des caricatures les plus amusantes est certainement celle-ci:
https://www.facebook.com/media/set/?set=a.291927990593.326260.14425605593&type=3


Pour vous donner une idée, tel que décrits dans de précédents articles sur ce blogue, cette quantité constitue l'équivalent de 220,000 (deux-cent-vingt-mille) camions citernes de 8,000 (huit mille) gallons impériaux chacun  (36369 litres chacun) déversés en une semaine, sans rétention des boues saturées de bactéries.


Le projet de rejet en eaux usées pour les travaux de Montréal équivaut à rejeter env. 220000 camions-citernes de transport de d'une capacité de 8000 gallons impériaux comme ceux sur la photo (servant au transport de lisier agricole). Crédits photo: Service Trans-Agri (ServiceTransAgri.com/epandage-lisier.php), page consultée le 10 octobre 2015


Dans plusieurs villes, les négligences de plusieurs décennies de politiques de satisfaction des clients (les élus ne doivent pas perturber les citoyens en faisant des travaux sans ruban à couper, sans inaugurations qui font la une des nouvelles) ont contribué à des réseaux vieillissants. Soudain on nous parle d'urgence. Les spécialistes disent que Montréal (donc les autres villes dans la même situation) ne pouvaient faire autrement, mais c'est faux. Cela fait des décennies que ces déversements d'eaux non traitées des grandes villes devraient être en réduction. Et on parle même pas des surverses en temps de pluie ou de fonte des neiges.

Sauf que des travaux peu visibles au final, qui dérangent les citoyens durant des semaines, ce n'est pas très "winner" politiquement. On préfère du pain et des jeux, des spectacles gratuits, des édifices élitistes, et le reste, pendant que le but premier des villes est de donner des services essentiels en transport, hygiène du milieu, etc. Par exemple:


  • Fournir de l'eau potable aux citoyens, entreprises et points de services (santé, écoles, etc.)
  • Éliminer les eaux usées et gérer les eaux de surface (pluie, neige)
  • Récupérer les déchets et matières recyclables
  • Entretenir les équipements municipaux
  • Développer et entretenir le réseau routier et la voirie pour favoriser la fluidité du transport et des déplacements (et non pour...)
  • Encadrer le développement urbain et la construction (aménagement du territoire et urbanisme)
  • Enlever la neige (au Québec)
  • Protéger l'environnement, non seulement sur papier, mais dans les faits (aussi s'assurer de l'inclusion des espaces verts dans les développements)
  • Faciliter la pratique d'activités sportives
  • Idéalement, contribuer un fonds de recherche commun et des bourses en gestion des eaux usées et des déchets.

Améliorer la gestion des eaux par la recherche?


N'est-ce pas notre poète et chantre national, Gilles Vigneault, qui aurait dit que tant qu'on pissera dans l'eau, on aura des problèmes? Trop souvent, les villes veulent jouer à l'entreprise privée ou se prendre pour les autres paliers de gouvernements sous bien d'autres aspects. Car dans les faits, politiquement, ce qui se voit est ce qui est le plus politiquement «payant». De là est venu le vieillissement de nos réseaux souterrains (infrastructures d'aqueduc et égouts) au Québec.

Pour le vieillissement de nos réseaux, il en est comme pour une famille qui ne fait aucune rénovation de la maison durant 40 ans, mais dépense pour mille autres choses. Tout à coup, tout devient urgent et les dépenses? Un monstre! «Et c'est pas drôle un monstre», comme disait une ancienne pub de crédit. La ville de Québec se prend en main depuis un moment et cela va finir par être «payant».

En attendant, «Go, Montréal, Go!»

Ma contribution en humour, durant cette saga du #flushgate de Montréal 2015.


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