mardi 6 décembre 2011

Piquerie à Québec et prévention, vraiment? Parlons financement

Les promoteurs d'une "piquerie" à Québec affirment que celle-ci aurait pour but ultime, d'aider les personnes aux prises avec la toxicomanie. Mais une piquerie peut devenir un point de rencontre d'une clientèle touristique particulière ou de ralliement local pour junkies et produire l'effet inverse, facilitant, à celui attendu (prévention).


Injection de drogues.

(dernière modification: 30 janvier 2015)
L'exemple de Vancouver est souvent cité comme «modèle», mais à Vancouver, selon un retraité de la police, le quartier des junkies est circonscris et la piquerie est à l'intérieur de son périmètre. Il est donc facile pour la police de surveiller les déplacements des «clients» et les transactions de drogues. La situation à Québec est totalement différente: on veut conserver ou attirer des familles dans les quartiers plus anciens de la ville. Introduire une piquerie, par exemple en basse-ville, serait à peu près comme faire l'inverse de la revitalisation réussi, promue par un ancien maire, Paul Lallier.

Si tel est le but et résultat, on ne peut pas être contre une telle entraide. Mais en a t-on les moyens? Prenez par exemple les personnes qui souffrent d'un diabète de type héréditaire. Elles doivent payer leurs seringues et leur matériel pour leurs tests de contrôle. Il faut donc gérer sagement les ressources financières et matérielles publiques et parapubliques en santé, qui accapare déjà près de la moitié du budget total annuel du Québec. Une piquerie peut devenir un point de rencontre touristique ou de ralliement local pour junkies et produire l'effet inverse à celui attendu (prévention).

En supposant qu'on aille de l'avant, voici une suggestion pour le financement de cette forme d'encadrement / entraide envers les toxicomanes du territoire de la ville de Québec :

  • les subsides et autres formes de soutien sont conditionnels aux résultats mesurables. Ainsi en présence de résultats (ex. nombre de personnes intégrées à un programme de désintoxication; ex. nombre de personnes ayant terminé un programme, etc.), le financement est renouvelé. En l'absence de résultats vérifiables, pas de subvention des gouvernements et des villes
  • Ensuite, on ne finance pas plus de 6 mois à la fois, pour toute la vie du programme d'encadrement des toxicomanes.
  • Aussi, on implique les commanditaires (sponsers) privés dans le même projet et on permet aux financiers publics et privés de déléguer des représentants en tant que membres avec droit de vote au conseil d'administration de l'organisme.

Je crois, qu'à des conditions semblables, le projet risque moins d'être un simple moyen de se garantir un emploi subventionné à vie et sans aucune obligation de résultats.

Car ce dont une personne qui s'injecte des drogues a besoin, ce n'est pas tant de seringues gratuites et d'un local aseptisé pour un pas de plus vers la mort. Ce dont elle a besoin, c'est avant tout de l'aide pour se protéger contre elle-même; pour retrouver sa valeur et son identité. Une telle personne a perdu le contrôle et le but de sa vie...


LIRE AUSSI

"Piquerie" JUNKY's 24 h, bientôt dans votre quartier ! (5 décembre 2011), http://yapasdpresse.blogspot.ca/2011/12/une-piquerie-junkys-bientot-dans-saint.html

lundi 5 décembre 2011

"Piquerie" JUNKY's 24 h, bientôt dans votre quartier !

 Junky's (24 h)
Les  juristes se prononcent sur la légalité d'une piquerie supervisée au Québec et plus particulièrement dans la Ville de Québec même. Cependant, le projet de mort supervisée rencontre de la résistance.

La Ville de Québec et plusieurs citoyens trouvent que cette activité ne cadre ni avec les projets pour le quartier Saint-Roch, ni avec l'esprit de la capitale du Québec.

Il y a fort à parier que derrière tout cela, des personnes se cherchent un job subventionné à vie, payé par nos impôts et taxes diverses, beaucoup plus que par "compassion". Chose certaine, ils n'ont "Point de repères"...

  • Si c'était par compassion, la première "piquerie" subventionnée (centre d'injection sous supervision) du Québec s'implanterait à Montréal, la métropole du Québec, où la demande est plus significative, et non dans la ville de Québec qui a une communauté de junkies de la rue plutôt limitée, témoignage des policiers à l'appui. 
  • Et ce dont une personne qui s'injecte des drogues a besoin, ce n'est pas de seringues gratuites et d'un local aseptisé pour un pas de plus vers la mort. Ce dont elle a besoin, c'est de l'aide pour se protéger contre elle-même; pour retrouver sa valeur et son identité humaine. Une telle personne a perdu le contrôle et le but de sa vie, quand elle n'a pas perdu le combat pour la vie.
Ce projet a donc toutes les allures d'un geste politique1 et opportuniste2. Voilà pourquoi les subsides devraient être accordés parcimonieusement, tout au plus de 6 mois en 6 mois, dans ce qui pourrait (suggestion ironique) avoir la bannière commerciale de
 Junky's (24/24  |  7/7)

Suggestions :
  • On pourrait l'implanter dans les quartiers résidentiels des ministres et des juges qui font cette lecture du droit actuel. S'injecter des drogues est un droit selon eux
  • Il faudrait peut-être le faire avec les commanditaires (sponsers) privés (Privatisation des subsides)
  • Subsides émis de 6 mois en 6 mois, pour une durée indéterminée
  • Une bannière, genre  Junky's  OU  Pik&Rit's  (pique et rit, avec un visage de clown) pour un cadre plus familial de quartier OU le St-Rocket's (pour St-Roch); enseigne avec étincelles en bout de nom. 
  • Et production des comédies musicales, durant le Festival d'été de Québec, où les vendeurs de pains, de saucisses et de bières artisanales font la ronde et chante avec des junkies pleins de santé aux vêtements colorés, style des années hippies, entourés d'amuseurs de rue. 
Avec un tel détournement des ressources déjà limitées, on est bien près de jeter  par terre les programmes sociaux essentiels pour les gens qui eux, ne choisissent pas de se rendre malades et qui n'ont pas les médicaments payés par la RAMQ. Actuellement au Québec, ceux qui vivent une vie à risque et se rendent malades ont les services gratuits. L'échelle de priorités a besoin d'un ajustement. D'autres qui sont malades par hérédité (ex. les diabétiques qui paient eux-mêmes leurs seringues et matériel) ou par accidents espèrent en vain des prestations ou des médicaments qui ne sont pas remboursés.

Une option comme par un autre affront : ouvrir nos CLSC et hôpitaux publics, à l'injection supervisée des drogues, tandis que les malades ont de la difficulté à accéder aux soins qu'ils paient ou pour lesquels ils ont fait provision toute leur vie, via leurs taxes et impôts. Vite appelons le réparateur des échelles de priorités et de valeurs (si ça existe...) aux élections de 2012. En tout cas, les promoteurs du projet n'ont Point de Repères, effectivement.



LIRE AUSSI

Piquerie subventionnée : la douce mort fine (morphine...) (23 mai 2011), http://yapasdpresse.blogspot.ca/2011/05/piquerie-subventionnee-la-douce-mort.html


Piquerie à Québec et prévention, vraiment? Parlons financement (6 décembre 2011), http://yapasdpresse.blogspot.ca/2011/12/piquerie-quebec-et-prevention-vraiment.html


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1.  Le geste est politique, en ce qu'il consiste à cibler la capitale du Québec qui a peu de junkies de la rue et une population de tendance plus conservatrice que Montréal. Québec, dans ce dossier, est pour les militants un symbole à mettre au pas, sous la botte d'une gauche ultra-libérale (libéralisme moral).

2.  Le geste est opportuniste, parce qu'on ne vise PAS la ville DU Québec qui a plus de junkies de la rue, soit Montréal, mais au contraire la ville de Québec. On veut donc un centre plutôt tranquille, requérant un minimum d'effort de travail et de risque, pour une subvention à vie de l'État et de la ville. L'équation est la suivante : (Profiter de la qualité de vie de la ville de Québec) + (Profiter de l'avantage d'un faible achalandage) = job peu stressante garantie par l'État et les villes.

dimanche 4 décembre 2011

samedi 3 décembre 2011

Criminalité au Québec: un psy dénonce

Éric Bergeron, psychologue aux Services correctionnels du Canada et expert à la Cour criminelle du Québec, a livré une opinion fort intéressante au journal la Presse. Voici un extrait du texte Essentielle, la répression :

«Les intervenants au dossier - universitaires, ministres, avocats -, n'ont jamais pour la plupart œuvré directement dans l'intervention. Ils discutent de tels sujets sur le seul plan théorique, ignorant la plupart du temps tout de la réalité du terrain et de la difficulté de l'intervention . Or, les recherches démontrent l'impact très réduit de nos programmes d'intervention.

«Ces acteurs font souvent ressortir la baisse du taux de criminalité. Mais cette baisse s'explique en grande partie par le vieillissement de la population et des modifications culturelles (...) Cette courbe descendante est observée dans toutes les sociétés modernes et n'est pas attribuable au supposé succès de nos programmes d'intervention.

«Tout intervenant de terrain, habitué au sous-financement chronique des procureurs de la Couronne, est bien au courant que la majorité des accusations portées contre les individus représentent toujours un marchandage à la baisse. On s'assure du plaidoyer de culpabilité et on réduit ainsi la charge de travail, déformant complètement la réalité  (des meurtres au deuxième degré deviennent des homicides involontaires, etc.) (1).
Mon commentaire éditorial

Autrement, dit, la baisse de criminalité peut résulter en bonne partie selon l'expert:

  • du vieillissement de la population (baisses de criminalité observables dans toutes les sociétés modernes, indépendamment des programmes d'interventions)
  • de modifications culturelles
  • des réductions de peines (ex. meurtres au deuxième degré réduits en homicides involontaires faute de ressources des procureurs de la Couronne)

Évidemment, lorsqu'une accusation est diminuée (la moitié d'une condamnation vaut mieux que pas de condamnation), il va de soi que la criminalité diminue; le crime passe de grave à presqu'un banal accident de parcours. Le manque de ressources humaines et financières à la Couronne ont donc pour résultat ce genre de compromis. Lorsque des Guy Turcotte (un père qui a tué ses deux enfants au couteau), deviennent des "victimes" non responsables qui pourraient réintégrer leur travail dans quelques mois, évidemment que le taux de criminalité diminue.

Au Québec, on redéfinit dans la pratique le crime, à cause du sous-financement, pour réduire la criminalité. C'est hyper-habile et statistiquement payant pour le pouvoir politique. Il vaut la peine de lire le texte intégral sur Cyberpresse.ca (Bravo à La Presse, d'avoir accepté de publier cette opinion).

Autre extrait:
«On se retrouve, comme intervenant, avec des criminels endurcis à 30 ans, qui viennent de recevoir leur première peine significative, qui sont sans formation aucune ni éducation, avec pour tâche de leur vendre un travail à 10$ l'heure au supermarché du coin» (2).
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1.  Éric BERGERON. Essentielle, la répression.  Cyberpresse.ca,  30 novembre 2011.
Lien consulté le 3 décembre 2011.

2.  Même référence.

vendredi 2 décembre 2011

Criminalité et succès québécois? Dumont et Duhaime comparent avec l'ouest

Mario Dumont et Éric Duhaime comparent des statistiques entre la province de Québec et l'ouest canadien sur la criminalité (1). On y apprend que finalement, le Québec ne fait pas tant «plus mieux» que les "méchants" cowboys politiques de l'Ouest.

Cela est dans le contexte du projet de loi fédéral C-10 prévoyant un durcissement des peines dans les cas de crimes graves ou avec récidive. Alors que la population québécoise est pour un tel durcissement à plus de 3 personnes sur 4 (77%, Léger Marketing, 2011), l'élite s'y oppose constamment avec pour argument le modèle québécois de tendance socialiste et libéral, soit-disant meilleur que le reste du Canada et du monde. Éric Duhaime qui connaît très bien les 2 réalités a fouillé cela un peu et révise quelque peu les prétentions de l'élite pro-réhabilitation à tout prix dans tous les cas.
Source photo : extrait image de Dumont Soir, canal V, novembre 2011
Statistiques comparées des causes devant les tribunaux de la jeunesse entre le Québec et la Colombie Britannique (Canada). Comparaison années 2000-2001 avec 2009-2010.

PARENTHÈSE : Contexte de la moustache : le "Movember" pour la sensibilisation et le financement contre le cancer de la prostate (chez les hommes évidemment).

Éric Duhaime à Dumont Soir : «[La province de] Québec un modèle de lutte à la criminalité?» (Durée : 5:38)


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1. Émission diffusée à V, novembre 2011

jeudi 1 décembre 2011

Population mondiale décroissante vers 2065 : hiver démographique annoncé

Une décroissance de la population mondiale annoncée

Je vous recommande un documentaire sur la démographie mondiale et la décroissance annoncée de la population  (1). Dans cet article je livre aussi un sommaire en français et des données actualisées pour le Québec. 


Alors que la population mondiale croît encore pour quelque temps, la natalité (indice de fécondité) est en plein déclin dans un nombre croissant de pays, même en Asie, au Moyen-Orient, au Mexique et dans les Caraïbes, en Afrique... L'économie et l'instruction supérieure suivent la même courbe. Les baby boomers (2) de l'après-guerre constituent la génération qui aura eu le plus haut taux de scolarisation supérieure. Avec la retraite des boomers, si la tendance se maintient, nous aurons un monde globalement moins instruit et moins paré à compenser la perte de productivité, pourtant essentielle au filet social (maintien de bons programmes sociaux).

Il faudra travailler de plus en plus sans être plus riche, seulement pour maintenir un niveau de vie correct. Déjà, aux États-Unis, l'âge des travailleurs actifs âgés de 65 ans et plus est passé d'environ 12 à 17 pourcent entre 1998 et 2008

C'est dans un anglais accessible, vulgarisé et réalisé par des spécialistes (ex. économistes, démographes, statisticiens,...) qui n'ont pas vu venir les effets de la dénatalité en train de se mondialiser. Les chiffres les frappent de plein fouet. Alors que des générations ont géré la croissance, ils ne savent pas comment gérer une décroissance et une inversion des pyramides d'âgesVers 2065, la population mondiale devrait avoir atteint son maximum (peak) et commencer à décroître de façon exponentielle! Cela va totalement à l'encontre de l'idée  reçue et culpabilisante, à l'effet que la Terre devrait se débarrasser des humains. La cause du problème est la dénatalité. À moins de 2,13 enfants par femme, une population ne se maintient plus et décroît après une génération. L'immigration peut faire augmenter la population comme elle le fait au Canada et au Québec, mais ces communautés d'immigrants:

  • connaissent aussi le déclin, bien qu'avec un certain décalage en années sur nous. Il y aura donc un plus grand nombres d'immigrants, mais bientôt, PAS une plus grande part d'enfants ou de population productive (phénomène en voie de se produire au Québec), ceci en raison de la pyramide des âges non rétablie. Après une génération, les immigrants cherchent aussi à réduire le nombre d'enfants (réduction de la fertilité en nombre d'enfants par femme en âge de procréer);
  • tendent en plus maintenant, dans plusieurs pays, à demeurer une culture distincte avec les tensions sociales que cela produit (ex. plusieurs pays d'Europe).

Un grand nombre de pays ont un indice de fertilité inférieur à 2, par exemple la presque totalité des pays européens (incluant l'est) et la tendance s'étend à une majorité de pays dans le MONDE. Cette situation signifie :

  • L'inversion progressive de la pyramide des âges; phénomène que nous sommes en train de vivre au Québec. La croissance de la population est en fait reliée à un phénomène récent: une plus longue durée de vie des personnes âgées et moins de mortalité infantile (vaccins, antibiotiques, soins, etc.). Mais cette croissance trompeuse est accompagnée d'une baisse de fertilité ou de naissances par femme. Le personnes âgées se retrouveront donc de plus en plus sur-représentées. Mais le problème réel constitue la dénatalité ou baisse de fertilité sous le seuil de maintien normal d'une population. En Amérique, le seuil minimal de maintien de la population est de 2,13 enfants par femme. La réalité est tout autre. Mise à jour pour les données de fécondité (nombre d'enfants nés par femme) 2013:  Au Québec, nous avons un indice de fécondité de 1,65 enfants par femme (rappor ISQ en format PDF), malgré l'immigration, selon l'Institut de la Statistique du Québec (année de référence 2013).
  • Une perte de productivité avec un impact direct sur le filet social en voie de régression. La productivité est directement reliée à la population en âge de produire un travail et formée pour cette fin. Il faut beaucoup de travailleurs pour les services sociaux facilement accessibles (santé,  éducation). Or c'est le phénomène inverse qui est en train de se produire et les gens ne le réalisent pas.
  • Alors que la tendance est de mettre le frein aux naissances, la dénatalité résultante entraîne au contraire plus de poids encore chez ces générations qui suivent.
  • En plus, les plus jeunes auront besoin des connaissances et de l'expérience des plus âgées (travail de plus en plus âgé). Car la baisse de la part de la population avec un niveau d'instruction de qualité supérieure suit en effet la dénatalité résultant d'un faible indice de fertilité. Or, l'instruction supérieure de qualité serait au contraire nécessaire pour compenser la perte de productivité (moins de population active). Il faudrait cette masse instruite essentielle à une révolution technique comparable à la venue de l'ordinateur, genre de solution nécessaire pour compenser la perte de productivité humaine, due à une moins grande part de travailleurs actifs. Déjà, aux États-Unis, l'âge des travailleurs actifs âgés de 65 ans et plus est passé d'environ 12 à 17 pourcent entre 1998 et 2008 (voir image en introduction). 
  • Un déclin de la qualité de vie résultant. Il faudra travailler de plus en plus sans être plus riche, seulement pour maintenir un niveau de vie correct. 
  • Cela signifie aussi, accompagnant inévitablement la perte de productivité, une plus grande pauvreté globale.
  • Cela implique (et provient aussi de) la disparition de la famille dite "traditionnelle" qui générait un taux de natalité au-dessus du seuil de maintien de la population (qui est ici de 2,13 enfants par femme en âge de procréer). Inversement, il y aura davantage d'enfants uniques sans oncles, ni tantes, ni cousins, avec les phénomènes résultants de solitude et d'isolement encore plus marqué si rien ne pare à ceci (affaiblissement du noyau social et d'entraide "naturelle").
  • Il y a cela et plus encore... dans la vidéo 2 ou deuxième partie du film documentaire qui démontre que la révolution sexuelle a favorisé les hommes.

Des chiffres difficiles à accepter pour les spécialistes, car les calculs démographiques depuis 200 ans parlaient toujours de croissance exponentielle de la population mondiale.


C'est à voir. Même les économistes et démographes ont de la difficulté à assimiler cette nouvelle donnée, la décroissance de la population à venir, qui va totalement à l'encontre de l'idée reçue; conviction bien enracinée depuis le baby boom d'après-guerre en Occident. On a appris à gérer une croissance, mais pas une décroissance.

En résumé deux phénomènes s'opposent et mèneront à une décroissance exponentielle annoncée de la population mondiale après le milieu du siècle (vers 2065), si la tendance se maintient comme actuellement.
1)   La croissance de la population sera annulée
2)  PAR la dénatalité, souvent avec à peine 1 enfant par femme, alors que le seuil critique de fécondité pour maintenir une population même sans croissance, se situe autour de 2,13 enfants par femme. 


Le vieillissement de la population est en fait une croissance globale de la population pourtant affectée par une dénatalité causée par un indice de fertilité faible, produisant un fardeau économique croissant, comme déjà au Japon, qui n'a pas connu le baby boom d'après-guerre. Les programmes sociaux en santé et éducation seront de plus en plus difficiles à maintenir. On observe déjà actuellement, un lien direct entre les faibles taux de fécondité européens et la tendance irréversible à la hausse des taxes et impôts.


La partie 2 du documentaire scindé en 2 vidéos, identifie des causes derrière la dénatalité en Occident

On s'en doute pour certaines (plus grand matérialisme, emphase sur la carrière, plus grand individualisme etc.), mais pas nécessairement pour d'autres causes. Par exemple, selon la féministe et journaliste, Gloria Steinhem (3), les plus grands gagnants de la "révolution sexuelle" ont souvent été les jeunes hommes cherchant la gratification sexuelle personnelle et les partenaires successives, sans s'engager envers aucune. 
La révolution sexuelle «n'a pas été une révolution des femmes,
mais plutôt celle des hommes cherchant un accès sexuel facilité
auprès des femmes» (Gloria Steinem, 1971), (3).

Pour y parvenir, l'homme maintient une ambiguïté volontaire sur son éventuel engagement envers la femme. Cette tendance des 50-60 dernières années revient à une forme d'exploitation sexuelle moderne (et postmoderne) de la femme. Gloria STEINEM, féministe américaine bien connue, discernait déjà cette tendance en 1971, en pleine "révolution sexuelle".

lien vidéo (durée approximative 56 minutes) :  
New Economic Reality: Demographic Winter (part 1)
SI LE DOCUMENTAIRE NE DÉMARRE PAS après la publicité, Attendez plusieurs secondes avant d'essayer ceci:
1)   Passez le pointeur de la souris dans la zone cachée de progression du téléchargement et du curseur (zone des commandes). C'est immédiatement au bas de l'écran du viewer vidéo (mais invisible ou masqué jusqu'au passage du curseur).  
2)   Vous devriez voir le bouton Pause [ || ]. Cliquez dessus pour voir apparaître le bouton Play [ > ] .  Cliquez dessus. Ça devrait être O.K. Le temps de démarrage est peut-être dû à la capacité de votre ordinateur. Laissez le temps au chargement en mémoire tampon
3)   Si nécessaire, essayez avec un autre navigateur internet (Windows internet explorer, Firefox, Google Chrome) en y copiant ce lien dans la barre d'adresse de navigation: http://byutv.org/watch/59b6b917-984a-478f-93b1-521a647779c4#ooid=w1Y2plMjpCoxf9UEB8nbg8tVamZETWEy

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1.   New Economic Reality: Demographic Winter (part 1)
http://byutv.org/watch/59b6b917-984a-478f-93b1-521a647779c4#ooid=w1Y2plMjpCoxf9UEB8nbg8tVamZETWEy

2.  Le terme baby boom désigne l'explosion démographique engendrée par le positivisme et la prospérité de l'après-guerre en Occident. Une partie du phénomène est imputable, selon le documentaire, au fait que l'on a cessé de mourir comme des mouches, notamment à cause des meilleurs soins de santé et la venue des vaccins et antibiotiques, contre des maladies autrefois souvent mortelles. La période des années des boomers varie selon la région de l'Amérique ou du monde où l'on se trouve et selon l'indice ou taux de natalité servant de référence retenu. Retenons simplement que le baby boom désigne généralement une période marquée en Occident, par l'augmentation rapide du taux des naissances, liée à la prospérité de l'après Deuxième-Guerre mondiale.

3.  Gloria STEINEM, selon Wikipedia : féministe américaine, journaliste et promotrice des droits de la femme. Elle est la fondatrice du magazine Ms.  Elle est inscrite au National Women's Hall of Fame.
    Or elle faisait déjà en 1971 dans le magazine Ms, cette lecture d'une révolution sexuelle favorisant en réalité les jeunes hommes qui cherchaient du sexe sans s'engager envers la femme (et la famille). Avez-vous entendu cette autre lecture de la révolution sexuelle au cours des dernières décennies dans les médias du Québec? Moi non plus.

mercredi 30 novembre 2011

Les plus meilleurs (extrait de J. Jacques Samson)

J. Jacques SAMSON, Journal de Québec / Journal de Montréal, nous livre un très bon texte sur la "québécitude" (spécificité du Québec), laquelle lorsque poussée à son extrême, finit par rendre aveugle à des évidences. Nous ne sommes pas autant le modèle mondial que nous pensons. Je publie quelques extraits.

Les gouvernements du Québec, surtout ceux formés par le Parti québécois, ont beaucoup fouetté la fierté des Québécois. Ils ont multiplié les campagnes pour nous convaincre que nous étions « les plus meilleurs » dans à peu près toutes les sphères d’activités.  
Or il n’y a rien de plus faux. Nous ne sommes pas « les plus meilleurs » en réhabilitation des jeunes contrevenants, ni dans la lutte contre le décrochage scolaire, ni en diplomation malgré les plus bas frais de scolarité, ni dans nos services de santé, ni dans la construction et l’entretien de nos infrastructures… Et ce ne sont que quelques exemples (1).
Le chroniqueur et chef de nouvelles rappelle, dans le contexte du projet de loi C-10 fédéral (projet de Loi sur la sécurité des rues et des communautés), que la situation n'est pas comme veut le faire croire la presse/média de gauche et l'actuel gouvernement Libéral du Québec. On plaide devant tout le Canada, que nous sommes, nous Québécois, fortement contre un durcissement contre les crimes graves. Pourtant, la population est au contraire à près de 80 pourcent (77 sur 100, soit environ 8 sur 10) pour un durcissement des peines pour les crimes graves (récent sondage Léger Marketing).

Même Richard MARTINEAU va dans ce sens (me coupant le souffle d'un même élan) :

(...) je vous conseille fortement de lire l'ouvrage lumineux d'Hervé Algalarrondo, Sécurité: la gauche contre le peuple, qui est paru en 2002 chez Robert Laffont.

Journaliste au Nouvel Observateur, un hebdomadaire d'information de centre-gauche, Algalarrondo affirme que rayon justice, la gauche est complètement déconnectée du peuple. Elle mise sur la réhabilitation alors que le peuple, lui, demande des peines plus sévères.

"Privilégier les causes sociales dans l'explication de la délinquance est une chose, écrit-il. Négliger de la combattre en est une autre. Depuis trente ans, dans la foulée de Mai 68, est apparue une nouvelle culture, l'angélisme, qui a fait du délinquant la première victime de la société. Délégitimant l'idée même de répression (2).
Dans les faits, la répression du crime n'a même pas à faire baisser le taux (ou l'indice statistique) de criminalité (argument préféré des opposants). Elle n'a qu'à accomplir / rendre la justice, point.  De toutes façons, le taux de criminalité est un concept très élastique. Par exemple, libéralisez les drogues et la prostitution et vous venez de diminuer d'autant l'indice de criminalité. Nos gouvernements du Québec successifs, tant libéraux que péquistes, l'ont compris et examinent de façon cyclique, ce genre de solutions, soyez-en assurés (surtout sous l'influence des élites de l'aile intello-gauchiste). Ils ont compris que pour faire passer le libéralisme moral, il faut convaincre le politique qu'assouplir le critère de définition d'un crime, c'est aussi diminuer (artificiellement) la criminalité, sans aucun effort. C'est donc payant (en apparence); politiquement, mais non collectivement.

Veillons au grain, pour la protection de la sécurité collective et des droits communs; pas seulement les droits individuels. D'ailleurs j'ai peut-être une ou deux idées pour ne pas engorger nos prisons. Je vous reviendrai là-dessus.

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1.  J. Jacques SAMSON. Les plus meilleurs. Journal de Québec / Journal de Montréal. 30 novembre 2011.
http://lejournaldemontreal.canoe.ca/journaldemontreal/chroniques/jeanjacquessamson/archives/2011/11/20111130-101440.html#commentaires

2.  Richard MARTINEAU. Le Devoir de punir. Journal de Québec / Journal de Montréal. 30 novembre 2011.
http://lejournaldemontreal.canoe.ca/journaldemontreal/chroniques/richardmartineau/archives/2011/11/20111130-083500.html