samedi 26 avril 2014

ENTREVUE Le Devoir : La médecine désarmée devant la mort

Voici un extrait d'une excellente entrevue diffusée en février 2010 avec le Dr Balfour MOUNT, dans le journal Le Devoir.
En 1973, le Dr Mount, chirurgien-clinicien en urologie-oncologie à l'Hôpital Royal Victoria, entreprend une étude sur les soins prodigués aux patients en phase terminale dans son institution. Le constat qu'il fait le trouble profondément. «Je savais le personnel hospitalier très compétent, attentionné et ayant à coeur d'offrir les meilleurs soins possible aux patients. La technologie médicale, nous l'appliquions très bien, mais nous avions omis le fait qu'il y a une importante différence entre la pathophysiologie de la maladie sur laquelle nous concentrions nos efforts et l'expérience subjective de la maladie qui est influencée par ce que nous sommes comme personne. Car il y a des aspects physiques, psychologiques, sociaux, spirituels, voire financiers, qui modifient cette expérience», souligne le Dr Mount avant de rappeler que «quand on ne peut plus espérer prolonger la vie, l'objectif est d'améliorer la qualité de vie, ce qui est expressément le but des soins palliatifs. Or, les patients se faisaient souvent dire qu'on ne pouvait plus rien faire pour eux. On leur faisait sentir qu'ils occupaient un lit dont nous avions besoin pour un patient pour lequel on pouvait faire quelque chose», raconte le Dr Mount. «Cette attitude reflétait notre manque de compréhension et notre ignorance de ce qui peut être fait pour ces patients qui sont les plus malades de notre système de santé. Nous ne satisfaisions pas les besoins psychosociaux, voire physiques de ces patients. Personne ne s'était penché sur ce que pourrait être un contrôle adéquat des symptômes, dont la douleur, chez cette population de patients.» 
[...] Le Dr Mount affirme humblement que ce sont deux de ses patients qui lui ont donné les meilleurs enseignements. L'un d'eux, un brillant jeune homme de 30 ans, surnommé Chip, membre de l'équipe olympique canadienne de ski, qui avant son cancer généralisé «ressemblait à un dieu grec et excellait dans tout ce qu'il entreprenait», confia au Dr Mount, peu avant sa mort, alors qu'il était devenu squelettique comme les rescapés d'Auschwitz, qu'il «venait de vivre la meilleure année de sa vie». «J'ai eu une vie merveilleuse, tournée vers le monde extérieur. Durant cette dernière année, j'ai fait un voyage intérieur et ce fut le voyage le plus extraordinaire de ma vie», lui avait-il dit à l'insu de sa famille.

«Ce patient m'a enseigné que l'on ne peut juger la souffrance d'autrui», car, même dans un état physique effroyable, un mourant peut vivre les meilleurs moments de sa vie. Dans son cas, «sa famille souffrait probablement plus que lui et projetait sa propre souffrance sur lui», explique le Dr Mount [...]
Dr Balfour MOUNT (vers 2010). Crédits photo: Bethany MOUNT
Image recadrée par YapasdPRESSE.blogspot.com

LIRE l'entrevue au complet :
Pauline GRAVEL. 

L'entrevue - La médecine désarmée devant la mort. 

Le père des soins palliatifs au Canada propose une approche plus humaine

Le Devoir, 1er février 2010. 

Des experts invitent le premier ministre Couillard à rejeter l'euthanasie

26 avril 2014. Des experts en médecine invitent le premier ministre Philippe Couillard du PLQ, à rejeter l'euthanasie. La lettre ouverte au Premier ministre élu le 7 avril 2014, publiée le 23 avril 2014, est cosignée par
  • Balfour MOUNT, MD, OC, OQ, FRCSC professeur émérite de médecine à l'Université McGill | Balfour MOUNT est connu comme le père des soins palliatifs au Canada.
  • Serge DANEAULT, MD, M.Sc., Ph.D., CSPQ, chef de soins palliatifs au Centre hospitalier de l’Université de Montréal

Quelques extraits de la lettre ouverte:

«Il est impossible de légaliser l’euthanasie sans mettre à risque de nombreux patients vulnérables, comme nous l’enseigne clairement l’expérience en Belgique et dans d’autres pays.  Le Projet de loi 52, avec ou sans amendements, va même encore plus loin que la loi belge; il définit cet homicide médical comme un soin de santé and [sic] exige qu’il soit offert à tous les patients qui satisfont aux critères très permissifs prévus au projet de loi. En tant que médecin, vous êtes conscient du déséquilibre qui existe au niveau du pouvoir entre nos patients et nous[...]».

lundi 21 avril 2014

Projet de Loi 52 sur la fin de vie: seulement «un premier pas» (Véronique HIVON)

Appelons les choses pour ce qu'elles sont: «euthanasie» et «suicide assisté» font bien partie du projet de Loi 52 : Loi concernant les soins de fin de vie, mais sous le terme générique de «soins», dans la continuité de la commission de consultation sur le thème de «mourir dans la dignité»Après tant de mois au débat, je constate régulièrement que ni la population, ni les journalistes, ne font la différence entre le non-acharnement thérapeutique (1) et l'euthanasie. En effet, l'euthanasie sur demande (un suicide assisté) n'est pas la fin ou la cessation d'une intervention qui maintient en vie, mais un acte invasif et irréversible, comme l'injection d'un poison (ex. injection létale) pour provoquer la mort d'une personne qui vivrait autrement. Mais un autre fait est maintenant connu: cette loi est un premier pas, une première mouture qui évoluera (first step), pour les promoteurs du projet de Loi 52, déposé en juin 2013.  

Je dois préciser au départ que la plupart des opposants de l'euthanasie et du suicide assisté, sont aussi des opposants de l'acharnement thérapeutique. Par exemple, pourquoi faut-il s'acharner durant plusieurs minutes à réanimer à tout prix un accidenté grave? Pourquoi réanimer une personne de 70 ans, qui a subi un arrêt cardiaque naturel, malgré tous les risques de séquelles permanentes? Mais ce n'est pas le non-acharnement qu'introduit comme une nouveauté dans son projet de loi le PQ. D'où que le but de mon propos est une entrevue accordée en anglais à CBC radio à Montréal, le 29 janvier 2014, la marraine du projet de loi 52 sur la fin de vie, Véronique HIVON alors ministre responsable du dossier, répond à une question sur sa position, face à la situation en Belgique et l'élargissement de l'aide à mourir aux personnes atteintes de démence et  même aux enfants. Elle dit en toute franchise, que le projet de loi 52 est un premier pas; qu'il fallait se limiter, pour faire consensus, mais qu'il faudra évidemment dans une prochaine phase, considérer d'autres enjeux sérieux


Pour accès  immédiat à l'extrait AUDIO de l'ex-ministre Véronique HIVON 
Cliquez sur l'image
Déplacez le curseur vers 18:15 soit 18 min. 15 s.
http://www.cbc.ca/thecurrent/popupaudio.html?clipIds=2433494864

NOTE : L'extrait audio a été  retiré des archives de CBC mais l'image et l'adresse du lien sont conservés  ici pour attester que l'interview a bien eu lieu.


Puis les élections d'avril 2014 sont arrivées avant l'adoption de la loi en question (dernière étape). Nous vivons les derniers jours, les dernières heures, pour s'informer et agir. Nous connaissons la position gouvernementale. Mais nous connaissons peu les raisons pour lesquelles des professionnels de la santé, la majorité des médecins spécialisés en soins palliatifs (soins inaccessibles à la majorité des Québécois!), ou des éthiciens, ou des citoyens informés de tous milieux, s'opposent à la première adoption au Quebec, de l'euthanasie et du suicide assisté. Ces actes sont effectivement enchâssés dans le projet de loi déposé ayant évité les termes en usage de par le monde, préférant un vocabulaire édulcoré et politiquement correct:
  • Provoquer la mort par un acte, comme une injection létale (d'un poison) DEVIENT «Mourir dans la dignité» (thématique de la Commission)
  • «Euthanasie» et «suicide assisté» DEVIENNENT : une «aide médicale à mourir» OU un «soin de fin de vie».

«Euthanasie» ou pas «euthanasie» dans les «soins» au projet de Loi 52?


Nous apprenons dans l'entrevue que le projet de loi piloté au départ par le PQ avant l'élection du 7 avril 2014 a choisi de ne pas intégrer le mot «euthanasie» parce que le consentement du malade est requis (dans ce qui n'est qu'une phase 1 du projet de loi comme nous le verrons plus loin) et que le tout se fait dans un milieu médical encadré. On a préféré considérer l'acte comme partie du processus médical. Bref, c'est un jeu de mot, car lorsqu'on parle d'un acte qui provoque la mort rapide d'une personne qui vivrait autrement, il s'agit vraiment d'euthanasie. En Europe, c'est ainsi que l'on désigne le même acte médical.

Il me semble plutôt que l'on voulait sciemment ne pas alerter la population et que l'on y est parvenu car la plupart des gens et journalistes que l'on entend ne font pas la différence (énorme!) entre


  • le non-acharnement thérapeutique consistant en la cessation d'une intervention, par exemple, en débranchant un respirateur OU la non-réanimation d'une personne âgée en arrêt cardiaque 
  • et d'autre part, une euthanasie, comme l'utilisation d'un poison; par exemple sous forme d'injection létale


La confusion dans les termes présente plusieurs indices comme si on la voulait entretenue par la philosophie d'une élite. Parce que la cause est bonne pour ses promoteurs, alors il est permis de sous-informer ou de laisser les gens interpréter selon leurs préférences. Le but: éliminer la résistance et l'opposition.

«Suicide assisté» ou pas «suicide assisté» au contenu législatif des «soins»?

dimanche 20 avril 2014

"Angèle Lieby" On la croyait morte, et pourtant... Une larme l'a sauvée



Ce témoignage, bien que lié à une maladie rare, nous confirme qu'une personne dans un état comateux peut être consciente sans pouvoir manifester sa douleur, et en montrant une activité cérébrale en apparence nulle.

Dans le coma mais consciente, son mari avait déjà choisi le cercueil. 2012-03-24. Le Parisien.fr.
http://www.leparisien.fr/societe/emmuree-vivante-dans-son-corps-24-03-2012-1921866.php

A lire – Une larme m'a sauvée. article par Aurélie TRENTESSE. sur infirmiers.com,
http://www.infirmiers.com/actualites/actualites/a-lire-une-larme-a-sauvee.html

Son livre existe en format de poche (POCKET Paris)
«Une larme m'a sauvée». Témoignage d'Angèle Lieby, couverture du format de poche (POCKET Paris)

Jaquette de son livre original
Livre témoignage: Une larme m'a sauvée - Éditions Les Arènes. Consciente, incapable de bouger et de parler, elle a été considérée comme morte pendant 12 jours et destinée à «cramer».

Euthanasie, suicide assisté et fin de vie au Québec - Une compilation (EN REPRISE)

Une sélection de PUBLICATIONS (posts) sur ce blogue, de 2010 à 2014
L'astrophysicien de renommée mondiale,
Stephen Hawking version The Simpsons

Il est moins une, avant le vote des députés du Québec sur le Projet de loi 52 qui ouvrirait la porte à l'euthanasie et du fait, au suicide assisté et aux pré-arrangements de mort lorsque nous sommes en bonne santé. Voici un récapitulatif de plusieurs publications sur ce blogue, concernant le débat sur la fin de vie au Québec, en égard à diverses options comme l'euthanasie, le suicide assisté, les soins palliatifs, l'acharnement thérapeutique, ... 
  • Les publications expirées, ayant trait uniquement à des événements reliés à une date ont été désactivées.
  • Les dates sont celles des publications; pas nécessairement celles des faits mentionnés.
avec des références jusqu'en 2015)

PRÉAMBULE : J'ai écouté quelques discussions sur le sujet à la radio en 2014. Mon constat en 5 points  après la liste d'articles.
PRÉAMBULE : J'ai écouté quelques discussions sur le sujet à la radio en 2014. Mon constat en 5 points:








  • Les auditeurs et animateurs de ces émissions du printemps 2014 ne font pas la différence entre débrancher un individu qui survit artificiellement (ex. respirateur) et l'euthanasie active, qui est l'acte décisif et irréversible, tel une injection létale, qui provoque la mort rapide d'une personne qui vivrait autrement.
  • Auditeurs et animateurs des tribunes radio, ne croient pas que la politique québécoise ira progressivement jusqu'au suicide assisté d'une personne qui souffre mentalement (ex. dépression profonde), alors que cela est déjà un fait, dans les pays qui ont ouvert la porte à l'euthanasie, indissociable du suicide assisté. En Belgique, après 11 ans de pratique, les balises du début sont tombées une à une avec la pression de nouvelles demandes (genre d'effet domino). Des personnes obtiennent désormais le suicide assisté pour des causes comme une diminution importante des capacités auditives et visuelles ou pour une souffrance émotionnelle (dépression). L'ex-ministre Hivon, porteuse du dossier pour la Commission, a confirmé de telles ouvertures en précisant que la mouture actuelle est un premier pas important (first important step). Cliquez sur l'image
    Déplacez le curseur vers 18:15 soit 18 min. 15 s.

  • NOTE : CBC Radio-Canada (anglophone) a retiré la diffusion, mais je laisse ici les références avec les liens (31 juillet 2015), image à l'appui, pour la postérité.
    Suivre ce lien pour une transcription d'une traduction libre de la partie d'entrevue à laquelle je réfère: http://yapasdpresse.blogspot.ca/2015/02/caricature-veronique-hivon-un-premier.html


  • Le prétexte de la liberté de choix individuelle contribue en réalité à lier les personnes qui suivent par les décisions de celles qui précèdent. Imaginez que vous avez une maladie pour laquelle une personne au même stade que vous a demandé et obtenu l'injection quelques semaines auparavant dans le même hôpital. Vous vouliez vous battre, mais... La pression non verbale sera de moins en moins subtile.
  • Le projet de loi légalisant l'euthanasie (provoquer la mort d'une personne viable) a les apparences de davantage protéger le médecin en bonne santé, contre d'éventuelles poursuites, plutôt que de protéger le malade lui-même.
  • Des cas extrêmement rares (souvent des gens pour qui la condition médicale aurait justifié de ne pas s'acharner pour les réanimer) servent à établir la règle générale. On sauve des polytraumatisés qui auraient du ne pas être réanimés, pour ensuite justifier de donner la mort à eux, ouvrant ainsi la porte pour tous les souffrants.
  • samedi 19 avril 2014

    3000 $ de taxes municipales pour 1 chambre d'hôtel

    19 AVRIL 2014. La taxe qui  peut tuer le marché des grands hôtels de Québec. Il y a une nuance importante à faire, depuis l'affaire de l'Hôtel Le Concorde de Québec (2014): une ville doit gérer, non s'ingérer. L'implication du municipal (des villes) du  Québec dans le commercial et le tourisme doit viser la qualité de vie dans une saine économie; pas à empêcher les entreprises existantes de s'adapter. Où est la qualité de vie quand un grand hôtel d'une formule qui date de 40 ans se trouve fermé avec les pertes d'emplois conséquentes, en plein cœur de Québec? Rien ne dit que la chose ne se reproduira pas, malgré le rachat par un nouveau groupe ayant acquis l'hôtel des mains du Groupe Savoie qui voulait en faire des chambres de résidents aînés.

    Je suggère ces deux articles et voyez mon commentaire sur la saga de l'Hôtel Le Concorde de Québec.
    Différents observateurs croient qu'au Québec (pas seulement la ville) «...l'industrie n'est pas en crise, mais plutôt en profonde mutation».
    - L'article fait ressortir que l'offre de chambres dans la région de la ville de Québec a diminué (13% en 4 ans) sans que l'occupation augmente en conséquence. Moins de chambre aurait dû générer plus d'occupation pour l'offre qui reste. L'internet (réservation de chambres en ligne et comparaison des prix en fonction de ce qui est offert) tend à défavoriser les grands hôtels.

    Montréal et Québec seraient 
    «... les deux villes en Amérique du Nord qui taxent le plus les hôteliers, après New York». On parle en moyenne de 3000$ de taxes par chambre à Québec et un peu plus à Montréal.

    «Dans certains cas, ces taxes peuvent représenter presque 10% des revenus de location totale».
     - L'article expose le point de vue d'un initié. Alain GIRARD est président de l’Association des hôteliers du Québec (AHQ). Il explique à Argent (texte et vidéo), que malgré les chiffres du syndicat CSN, une autre mesure statistique, la baisse du  nombre de nuitées ne ment pas. Il y a véritablement une baisse d'achalandage. Mais il y a un autre problème. Les taxes municipales peuvent représenter jusqu'à 10% des revenus de location.
    Hôtel Le Concorde octobre 2009. La partie supérieure consiste non pas en chambres pour clients extraterrestres, ni en notre  «vaisseau-maire»,  mais en un restaurant avec vue panoramique. Crédits photo: yapasdpresse.blogspot.ca/

    La formule mixte (condos-hôtellerie) était peut-être novatrice dans le contexte du marché actuel

    Je réside dans la grande région de la ville de Québec. Dans l'affaire de l'Hôtel Le Concorde de Québec, l'on peut adhérer ou non, avec le maire de Québec. L'homme a priorisé que l'usage soit conservé en hôtellerie, et non en chambre pour aînés retraités à l'aise financièrement. Cependant, l'alternative proposée par un groupe d'acheteurs négociant avec le Groupe Savoie pouvait ne pas être idiote du tout. Les acheteurs visaient une formule mixte, soit une partie des chambres converties en condos pour la vente et l'autre partie en chambre d'hôtellerie conventionnelle. Le tout a comme on le sait, été bloqué par un changement de zonage sur ce qui oscillait entre un groupe mystérieux dans le style mafieux et une paranoïa. Mais le projet pouvait être logique quand on considère les nouvelles tendances dans un Québec en mutation. La taille des hôtels tend à diminuer et la formule à se diversifier (cibler davantage) depuis quelques années.

    S'il a fallu que la ville de Québec modifie son zonage en catastrophe pour bloquer cette formule mixte, c'est qu'elle était permise par le zonage précédent. Est-ce de la bonne gérance ou de l'ingérence? La question se pose. Il y a un bon article aujourd'hui le 19 avril 2014 dans La Presse, sur le fait que l'hôtellerie est en mutation au Québec; qu'elle pourrait vivre une transformation et migrer de la formule gros hôtels vers des approches avec moins de chambres.

    Dans ce contexte, les réactions des villes au changement peuvent être autant nuisibles qu'utiles. Il faut se rappeler qu'à la base, un zonage vise à contrôler l'utilisation du sol et des édifices en vue de la qualité de vie des citoyens. Or, si le zonage municipal empêche d'évoluer en continuant à regarder vers un passé qui ne reviendra pas, il pourrait alors aller contre la qualité de vie. À quoi sert un grand Hôtel fermé dont les employés sont des ex- au chômage?

    Et si la formule mixte, condos-hôtel, n'était pas au contraire un concept visionnaire dans un marché en mutation, dans le but réduire le nombre de chambres à supporter dans un contexte hautement compétitif? Dans un contexte où cela peut s'appliquer (clientèle, environnement propice comme une ville touristique comme Québec), un concept d'hôtel avec des centaines de chambres qui vit une baisse d'achalandage disponible et paie 3000 dollars de taxes municipales par année, peut régulariser ses revenus en convertissant certaines chambres pour un autre type d'habitation.

    Le Concorde AVAIT un nom

    D'autre part, avant l'incroyable histoire récente dans laquelle on a ressenti que le maire de Québec ne voulait pas s'en faire imposer par un autre homme influent, Le Concorde avait un nom. Avec la saga du printemps 2014 et les poursuites qui risquent d'arriver contre le «vaisseau-maire» de Québec qui a diffamé le groupe Savoie qui vient de vendre l'hôtel qu'il avait acquis récemment pour en faire des chambres pour aînés, les nouveaux acheteurs auront peut-être à changer le nom de l'entreprise. Les recherches sur internet qui se généralisent dans le domaine risquent pour un bon moment, d'associer Le Concorde à une presse et une réputation négatives. L'image du Concorde risque d'être associée à des articles sur les risques de fermetures et à des problèmes syndicaux. Une personne qui réserve une chambre 9 mois avant un grand événement, pourrait hésiter à louer sous une bannière qui cumule une presse d'instabilité, de conflits, et qui risque d'être fermé le moment venu.

    AUTRES TEXTES:

    vendredi 18 avril 2014

    L'Hôtel de la discorde: saga du Concorde de Québec 2014

    18 avril 2014. L'affaire de l'Hôtel Le Concorde de Québec et des mystérieux acheteurs qui devaient acquérir pour en faire de l'hébergement mixte (condos et hôtel) a connu un dénouement inattendu, quand ce dernier aurait été revendu pour en faire un usage de location de chambre de type hôtelier, à la satisfaction du maire de la ville de Québec. Ce qui agace dans tous ce débat, c'est que le processus face à des soupçons de tentatives d'acquisition d'immobilier par le milieu criminel est fort douteuse.

    Dans le cas présent, le «vaisseau-maire» fait modifier le zonage en catastrophe sur des allégations ou soupçons pour ne permettre qu'uniquement l'hébergement hôteliers et la restauration. Sauf que les acquisitions immobilières par l'argent sale, peuvent être de diverses activités: restaurants, bars, hôtels, et plusieurs autres.

    Le Concorde de Québec, photo octobre 2009
    Crédits photo:
    http://www.yapasdpresse.blogspot.com
    Changeons le système et non le zonage

    Le zonage vise à contrôler l'utilisation du sol et de la propriété pour se conformer à des usages et activités
    déterminées. Par exemple, on ne veut pas que les édifices industriels s'installent à l'intérieur d'une zone d'habitation. Pour éviter les situations comme le mélodrame vécu ces derniers jours, c'est plutôt le système qu'il faut changer, pas le zonage.

    Si des acquéreurs non identifiés sont soupçonnés de vouloir blanchir de l'argent dans des activités propres et qu'ils achètent un centre commercial comme les Galeries de la Capitale ou Place Laurier, nos élus vont faire changer le zonage du centre commercial pour quelle utilisation? Pour du logement social? S'ils acquièrent une salle de cinéma, le feront-ils modifier pendant la transaction pour un usage de type campus universitaire? Nous voyons que l'approche est inadaptée au problème.

    Les compagnies par numéro sont probablement un réel problème

    Les compagnies par numéro pour les transactions de terrains dans les villes, ne sont pas si rares que cela. Si on ne veut plus que ce soit légal, qu'on change les lois et non le zonage au cas par cas, d'une façon qui semble arbitraire. L'anonymat va contre nos principes communs et il met la table pour la fraude, comme on le voit souvent dans des émissions TV d'enquêtes journalistiques.

    Vérification avancée à introduire dans l'acquisition de biens immobiliers

    L'intention pouvait être bonne (ou cacher autre chose) dans l'affaire du Concorde de Québec, mais tout cela a donné une certaine impression d'amateurisme; de paranoïa, presque. ET aussi, la ligne est mince entre la bonne intention et le contournement des lois, comme la Loi sur les Cités et villes, pour que le politique interviennent (ingérence) directement dans des dossiers. Un changement de zonage comme nous avons vu soulèvent autant des questions qu'il en résout.

    Un des problèmes ici, est la présomption de culpabilité criminelle d'un acheteur, ou de quelques acheteurs d'un groupe ET la solution qui a été apportée: changement de zonage. S'il s'était agi d'un bar ou d'un restaurant, on aurait zoné en quoi?

    Aspect positif
    Un aspect positif est qu'avec la discorde dans l'affaire de l'Hôtel Le Concorde de Québec, nous en sommes probablement rendus collectivement au Québec, à une prise de conscience. 
    • Outre la question des compagnies par numéro (propriétaires non publiés) qui sont souvent source de problème pour les consommateurs, 
    • il y a aussi la question de la vérification de sécurité avancée. Aucune ville ne veut que l'immobilier (terrains et édifices) même privé, passe aux mains de criminels basés au Québec, ailleurs au Canada ou même à des criminels ailleurs dans le monde; ce que permet l'anonymat lors d'acquisition et négociations. 
    • Mais la façon de faire n'est pas de changer le zonage.
    Faudrait-il changer les lois actuelles pour protéger nos villes, nos municipalités et le public contre les acquisitions par les associations criminelles ou le crime organisé (ex. servant au blanchiment d'argent), ou par des criminels ou groupes déjà condamnés par le passé? Par exemple, en permettant des vérifications approfondies pour les dossiers qui le justifient? Logiquement oui. On toucherait alors à plusieurs projets d'immobilisation, dont plusieurs hôtels, bars, restaurants ou même aux centres commerciaux, aux salles de cinémas et le reste. 

    Quand les transactions servent à faire augmenter la valeur de la propriété et donc les taxes, les maires sont très tolérants

    Nos élus ne s'offusquent pourtant pas que des maisons unifamiliales ordinaires (type bungalow) de 40 ans dans certains quartiers soient surévalués et hors de prix pour une famille qui commence. Pourquoi? Parce que plus de valeur marchande équivaut à plus de taxes municipales.

    Qu'en est-il de ces grands terrains urbains inoccupés, acquis par des compagnies à numéro, qui ne servent qu'à la spéculation pour revendre à fort prix en augmentant au moment stratégique, la valeur du parc immobilier (évaluation municipale et plus de taxes)? Et il faudrait intervenir aussi hors des grands centres: aux terres agricoles (drogues, tabac, etc.), près des plans d'eau ou sites d'intérêt (Fleuve, lacs). Il faudrait donc tout autant freiner la spéculation immobilière (faisant monter les prix et taxes municipales). Mais quand les entrées de taxes sont plus importantes dans les mois ou années suivant une transaction, nos maires sont beaucoup plus tolérants ou s'indignent beaucoup plus difficilement.