samedi 8 février 2014

«Aide médicale à mourir» au Québec: le quiproquo planifié

LES MÉDECINS ANGES DE LA MORT DE L'ÉTAT?

«Mourir dans la dignité», «fin de vie», «aide médicale à mourir», l'ensemble de la terminologie, depuis l'annonce des consultations sur le projet de Loi 52, présente les apparences d'un quiproquo planifié. Au fil d'arrivée du débat sur la fin de vie au Québec, je trouve essentiel de revenir sur un sondage réalisé du 18 au 20 septembre 2013. Ce qui est aberrant, c'est qu'à ce moment, plusieurs mois après le dépôt du rapport de la commission lancée sur le thème de «mourir dans la dignité», l'expression centrale «aide médicale à mourir», une définition incontournable du débat, était comprise de manières contradictoires et l'est encore. C'est vous dire comment ce débat a été mal mené, ou plutôt rondement mené, dépendamment des réponses que l'on voulait.

Un sondage Ipsos Marketing (1) a démontré (mené du 18 au 20 sept. 2013) que la majorité des Québécois (51%) comprenaient l'expression consacrée «aide médicale à mourir», comme consistant à
  • «...soulager sans prolonger la vie ni l'abréger...» (29%)
  • OU «Arrêter, à la demande du patient, des traitements disproportionnés ou des moyens artificiels de prolonger la vie [...] pour un patient atteint d’une maladie irréversible très avancée ou à un stade terminal» (22%).
L'euthanasie est donc exclue de l'intention du législateur pour 51% des personnes interrogés (1 sur 2).

Errance de la Commission spéciale sur la question de mourir dans la dignité?

Soit la Commission a été négligente à définir et «baliser» les termes, soit il y a d'autres responsables. Bref, un an et demi après le dépôt au Québec, d'un des plus importants rapports touchant à la vie humaine (22 mars 2012), les Québécois se méprenaient encore sur le sens de l'expression décrivant l'acte du médecin qui met fin à la vie d'un patient par une intervention directe et irréversible (ex. par injection létale). Ainsi, pour 51% des Québécois (1 personne sur 2),  l'«aide médicale à mourir» ne consistait pas à provoquer la mort directement.

Pour l'autre moitié (49%) c'était bien là le sens de l'«aide médicale à mourir»; ce groupe de 49% répondants se répartit comme suit :
  • Pour 33%, il s'agit de provoquer la mort par un acte du médecin
  • et les autres 16% le comprennent dans le sens de suicide assisté où le patient est aidé à se donner la mort.
Comme l'a souligné Jacques BRASSARD, dans un billet du 6 février 2014:
«...ce n’est pas parce qu’une majorité parlementaire, même soutenue par une partie notable de la population, décide d’autoriser l’euthanasie par une loi que cette façon de donner la mort est morale» (2). 
Cela est d'autant plus vrai devant ce constat des mots caméléons qui changent de sens selon le groupe interviewé.

Le sens et l'essence des mots

Depuis quelques décennies, au Québec ou plus largement au Canada, la société de droit est en mutation vitesse grand V. Ce genre de déformation ou mutation du langage, consistant à user de néologismes (mêmes mots, mais sens différent de celui connu et reçu) est maintenant monnaie courante dans nos débats de société et consultations. Cette pratique profondément malhonnête, donc méprisante pour les citoyens d'un pays ou d'un État, doit cesser.

La notion élastique de «fin de vie» (ex. Mme Gaudreault répondant à M. Denis Lessard du journal La Presse concernant un cas de sclérose en plaque), varie de quelques jours à plusieurs années selon les intervenants (3).  Il ne s'agit plus d'utiliser la connaissance médicale pour soulager la douleur ou provoquer un coma transitoire temporaire ou vers la mort. L'enjeux postmoderne consiste à abréger une vie sur le déclin qui dérange, qui pèse, qui nous fait peur, qui est un miroir de notre vulnérabilité que nous ne désirons plus voir ou qui a un coût financier en soins.

Cette méprise sur le sens des mots n'est de toute évidence pas accidentelle, d'autant qu'elle a été dénoncée par plusieurs débatteurs dans le dossier. La mutation des mots dans ce débat semble une stratégie planifiée dès le début. On peut donc penser qu'il NE s'agit PAS d'un échec des communications, mais bien d'un plan visant la confusion, en vue d'un plus large appui (chacun entendant ce qu'il veut), quitte à obtenir un pseudo-consensus. Cela démontre avec quelle indignité et manque de respect pour le peuple, ce projet de consultation sur les soins médicaux et la fin de vie semble avoir été mené.

Devant une absence marquée d'unité dans les compréhensions (terminologie), la faiblesse d'un argument comme celui qui suit, saute aux yeux, si le sens des mots n'est pas établi au départ auprès du public. Dans la déclaration publique qui suit, prononcée dans un point de presse bien préparé et fortement médiatisé, vous remarquerez que le poids argumentaire repose sur la définition de l'expression «aide médicale à mourir». Ce qui suit a été prononcé lors de la présentation du Rapport de la Commission spéciale sur la question de mourir dans la dignité, le 22 mars 2012.

Point de presse du 22 mars 2012 lors du dépôt du rapport de la Commission spéciale
sur la question de mourir dans la dignité
«Cette évolution des valeurs se traduit dans les sondages d'opinion qui, depuis 20 ans, indiquent un appui constant, fortement majoritaire, à l'idée d'une aide médicale à mourir, ce qui est d'ailleurs corroboré par notre consultation en ligne qui, bien que n'ayant pas de prétention scientifique, a recueilli un nombre sans précédant de réponses, 6 600, et a révélé un appui de 74 % à une telle ouverture.» (4)
Premièrement, le fortement majoritaire est erroné. Si la moitié des Québécois (51%) n'a pas assimilé le même sens de l'expression «aide médicale à mourir» . Alors, l'argument tombe et l'appui hypothétique de 74% des Québécois consultés, vient de s'écrouler. Et d'avoir assimilé le sens terminologique de donner la mort de façon assistée, ne veut pas dire que les personnes interviewées soient d'accord avec l'acte.

Même chose avec son application à la conclusion centrale du comité de trois experts (juridiques) qui a déposé son rapport en janvier 2013:
«Le Comité recommande que le législateur québécois intervienne pour mieux encadrer les soins de fin de vie, en tenant compte de l’évolution des droits et des attentes de la société». (5)
C'est quoi, les «attentes de la société», quand le sens des mots, la terminologie médicale et juridique, n'est même pas établie dès le lancement du débat? Quand pour la moitié des Québécois (51%), l'expression «aide médicale à mourir» EXCLUT l'euthanasie et le suicide assisté et qu'à l'inverse, pour l'autre moitié (49%), il s'agit bien d'un acte du médecin comme une injection létale, ou posé par le patient assisté pour se donner la mort, quelles sont alors les «attentes» d'une telle société?

Dés pipés?

À mon avis, cette consultation a été biaisée dès le départ, une autre preuve étant celle-ci: la thématique orientée, associant dès le départ, la perte d'autonomie et la souffrance avec l'indignité; la commission portant le nom de Commission spéciale sur la question de mourir dans la dignité. Ce qui est indigne, ce n'est pas de devenir faible et malade. C'est de ne pas prendre en charge les malades, de les laisser mariner dans leurs excréments et leur urine, de leur servir de la nourriture froide, de ne pas leur donner de bain, de ne pas leur pourvoir d'intimité et de protection dans un temps de vulnérabilité, de ne pas rendre accessibles de véritables soins palliatifs à la majorité des malades, etc. Les véritables indignes sont des bien-portants.

Comme il est peut-être déjà trop tard pour faire changer les élus d'avis, il reste peut-être une action pour le corps médical professionnel: un refus massif des médecins, de se plier à une décision, imposée par le politique. Aucun gouvernement au Québec, ne pourrait résister à un refus massif du corps médical, de devenir des anges de la mort de l'État.

LIRE AUSSI:
Des experts en humanité dénoncent le Projet de loi 52 (février 2014)
http://refusmedical.blogspot.ca/2014/02/experts-humanite-denoncent-pl52.html
Avec L'expert en humanité, Jean Vanier, fondateur de l'Arche avec ses 150 communautés qui, dans 40 pays, accueillant les personnes vivant avec un handicap
          ET Le docteur Balfour Mount, fondateur des soins palliatifs en Amérique du Nord
_______________
1.  Sondage auprès de la population canadienne sur la problématique des soins de fin de vie (fichier PDF). Ipsos Marketing. Septembre 2013. Date de collecte: 18 au 20 sept. 2013.

2.  Jacques BRASSARD. L’euthanasie : légale mais toujours immorale. Journal de Québec en ligne, 6 février 2014 20h49.
http://www.journaldequebec.com/2014/02/06/leuthanasie--legale-mais-toujours-immorale page consultée le 8 février 2014.

3. Conférence de presse de Mme Maryse Gaudreault, présidente de la Commission spéciale sur la question de mourir dans la dignité, et de Mme Véronique Hivon, vice-présidente de la Commission spéciale sur la question de mourir dans la dignité. Explications concernant les 24 recommandations contenues dans le rapport de la Commission spéciale sur la question de mourir dans la dignité. Version finale | Le jeudi 22 mars 2012, 11 h 15 | Salle 1.30 (1.30), Édifice Pamphile-Le May | (Onze heures trente-cinq minutes)
http://www.assnat.qc.ca/fr/actualites-salle-presse/conferences-points-presse/ConferencePointPresse-8599.html (page consultée le 9 février 2014)
         La question suivante et sa réponse sont instructives sur le large spectre de chaque terme, serait-ce seulement la notion de «fin de vie».
          (Question de la salle)
«M. Lessard (Denis): M. Leblond est atteint de sclérose en plaques, il n'est pas nécessairement en fin de vie. On peut dire, bon, il peut continuer plusieurs années, on ne le sait pas. Mais on l'autoriserait à réclamer ça de son médecin?» 
(Réponse) Mme Gaudreault: «S'il est en fin de vie... Vous savez, la fin de la vie, ça a été aussi... On a eu beaucoup de débats par rapport à comment on qualifie la fin de la vie. Alors, pour certaines personnes, c'est une question de jours, pour d'autres, ça peut être une question de mois, et d'autres peut-être même pour une question d'années, lorsqu'on parle des démences et des maladies comme l'Alzheimer. On parle d'une mort sociale et, ensuite, la mort médicale. Mais, dans le cas de M. Leblond, si, avec son médecin, il établissait qu'il répondait à tous les critères de façon concomitante, c'est vraiment au médecin de juger et de son deuxième avis de médecin de juger s'il est apte à obtenir une aide médicale à mourir».

4.  Même référence,  22 mars 2012

5. RAPPORT DU COMITÉ DE JURISTES EXPERTS SUR LA MISE EN OEUVRE DES RECOMMANDATIONS DE LA COMMISSION SPÉCIALE DE L’ASSEMBLÉE NATIONALE SUR LA QUESTION DE MOURIR DANS LA DIGNITÉ. RÉSUMÉ.  page 15

jeudi 6 février 2014

La soif de mourir, dans la dynamique québécoise

L'auteure et chroniqueuse québécoise, Denise BOMBARDIER, réfléchit sur le haut taux de suicide chez les hommes du Québec (80% des suicidés ou 8 hommes par 10 suicidés! OU 2 femmes pour 8 hommes) et sur la mort comme valeur distincte au Québec, par rapport au reste du Canada.

L'on peut effectivement finir par s'interroger, comme culture, lorsqu'on est le seul peuple à toujours avoir le bon pas, donc être «le plus meilleur du monde» en chaque valeur chérie. Un peu d'humilité devrait au moins nous porter à réflexion.

Denise Bombardier lors du Salon international du livre de Québec 2012
Denise BOMBARDIER écrit:
«...que penser du fait que le seul projet de loi qui fasse quasi-consensus au Québec porte sur la fin de vie alors que tous les projets de loi sur la vie provoquent des débats houleux qui nous déchirent? Le poids d’une culture de la mort pèserait-il sur nous?» (1)
Mon commentaire

Un sondage Ipsos Marketing mené du 18 au 20 sept. 2013 a déjà démontré (2) que la majorité des Québécois comprenaient l'«aide médicale à mourir», comme étant le non-acharnement thérapeutique; ne pas s'acharner à garder quelqu'un en vie. Par exemple, pourquoi s'acharner à réanimer pendant 5 minutes une personne de 75 ans qui subit un sévère arrêt cardiaque avec tous les risques inhérents (exemple des dommages permanents au cerveau)? POURTANT, à l'inverse, l'expression «aide médicale à mourir» (3) masque en réalité la froideur de l'acte d'un «soignant» qui provoque la mort directement, par exemple par une injection létale. Il ne s'agit plus d'utiliser la connaissance médicale pour soulager la douleur ou provoquer un coma dans une période transitoire vers la mort. Il s'agit d'abréger une vie qui dérange, qui pèse, qui nous fait peur, qui est un miroir de notre vulnérabilité que nous ne désirons plus voir. Comme on fait diminuer les taux de criminalité en adoucissant les lois, on élimine la mort en la cachant. Ce sont les valeurs nouvelles.

La dépendance d'un être affaibli, par rapport au soutien de cette société à qui il a donné toute sa vie, est véhiculée par le projet de loi comme une partie indigne de la vie. C'est ce qu'a imposé, dès le début, la thématique tordue des consultations sur le thème de «mourir dans la dignité». Et l'on apprend par les débats qui ont eu cours au sein même de la commission, que pour des commissaires ayant dirigé les consultations, l'expression «fin de vie» pouvait correspondre à une très longue période, même sans douleur physique. Autrement dit, l'on pourrait faire cesser la vie des années avant la fin de vie telle que perçue jusqu'à maintenant. Il suffira de changer la loi progressivement. De là, intervient le suicide assisté. Car il ne s'agit plus alors de débrancher une personne maintenue en vie artificiellement trop longtemps (acharnement), car dans bien des cas, le malade ne meurt pas de lui-même. Il s'agit de couper le fil de la vie.

Le concept de fin de vie, selon certains membres de la commission, pourrait s'appliquer, au fil des ans de pratique, à une mort sociale (ex. maladie mentale,...) ou encore à une diminution de la qualité de vie  (ex. dépression profonde, handicap ou perte d'une fonction, ...). Peu de pays ou d'États sont allés aussi loin que d'implanter l'euthanasie, et cela donne froid dans le dos, sur les forces au pouvoir, quelque soit le parti politique élu.

Il faut en effet se demander à partir de quel moment, dans la culture québécoise, le désir de vaincre, de se battre et de gagner s'est transformé en ce que Madame BOMBARDIER décrit dans son texte, comme «le désir de disparaître».

LIRE AUSSI:
«Aide médicale à mourir» au Québec: le quiproquo planifié 
LES MÉDECINS ANGES DE LA MORT DE L'ÉTAT? (8 février 2014)

__________________
1.  Denise BOMBARDIER. Le Journal de Québec. L'option mortelle. 5 février 2014.

2.  Ipsos Marketing. Sondage auprès de la population canadienne sur la problématique des soins de fin de vie. (ficher PDF). Septembre 2013
Le sondage Ipsos Marketing a fait ressortir (18 au 20 sept. 2013) que la majorité des Québécois comprenaient l'«aide médicale à mourir», comme
--> «...soulager sans prolonger la vie ni l'abréger...» (29%) 
--> OU «Arrêter, à la demande du patient, des traitements disproportionnés ou des moyens artificiels de prolonger la vie [...] pour un patient atteint d’une maladie irréversible très avancée ou à un stade terminal» (22%).
          Bref, pour la compréhension de 51% des Québécois (1 personne sur 2), il NE s'agit PAS de provoquer la mort directement, alors que là est pourtant bien le sens. Les autres Québécois consultés l'ont compris dans ce sens réel de la mort en direct; répartis comme suit : 
--> un sur trois (33%), qu'il s'agit de provoquer la mort par un acte du médecin
--> ET ceux qui restent, y voyaient le sens de suicide assisté où le patient est aidé à se donner la mort (16%)
POURTANT, l'expression «aide médicale à mourir» désigne bien l'acte qui provoque la mort directement, par exemple par une injection létale. Il ne s'agit plus d'utiliser la connaissance médicale pour soulager la douleur ou provoquer un coma artificiel pour une période transitoire vers la mort. Il s'agit d'abréger une vie qui dérange, qui pèse sur la société, qui nous fait peur, qui est un miroir de notre vulnérabilité que nous ne désirons plus voir. 
         Cette méprise sur le sens des mots était planifié dès le début. Il ne s'agit pas d'un échec des communications, mais d'un plan visant la confusion atteinte. Cela démontre avec quelle indignité, manque de respect pour le peuple, ce projet a été mené en coulisses.

3.  Expression créée aux fins des consultations, par les faiseurs d'images qui changent la mort en vie et autres créateurs de valeurs nouvelles à imposer. 

mardi 4 février 2014

Des élèves se souviennent de Médora GODIN

Québec - À l'Eau-Vive, le casier de Médora a été recouvert de témoignages de ceux qui l'ont connue de près et de loin.

La vie de Médora, 13 ans, lui a été prise ainsi que celle de sa jeune sœur de 11 ans, Béatrice, sans leur demander leur permission. 
Médora GODIN, 13 ans (2000-2014)
Une vie volée à 13 ans...


Témoignages des jeunes de son école sur et autour de son casier

Un étudiant du 5e secondaire a composé une pièce musicale en mémoire de la jeune fille et en pensée pour un proche ami de la jeune victime.
Miss You (3:03) sur la page H∑artBeat
https://soundcloud.com/h3artbeat/

Après avoir dormi entre la vie et la mort, la jeune soeur de Médora, Béatrice, 11 ans, s'est éteinte dans la journée du 5 février 2014.

dimanche 26 janvier 2014

Quand l'information continue se fait parasite

ISLE-VERTE, LAC-MÉGANTIC et RÉVOLTE DES SUBVENTIONNÉS DU QUÉBEC EN 2012: UNE RÉFLEXION SUR L'INFORMATION CONTINUE

Il est deux choses que nous n'avons pas assez entendues, sur le drame de cet incendie du centre d'hébergement pour personnes âgées du village de l'Isle-Verte (situé en front de l'île du même nom). De même, pour le drame du déraillement d'un train à Lac-Mégantic, nous avons vu la sauce de la nouvelle étirée au max. Mais nous n'entendions pas ces deux choses essentielles.



1.  Le silence



Au départ, que dire aux proches et familles des victimes, les premières heures et les premiers jours suivant une perte? Parfois rien. Peut-être même souvent, rien. La main sur l'épaule en dit plus que les mots vides. J'ai perdu ma mère à l'occasion d'un drame lorsque j'étais adolescent, et c'est la présence des gens qui nous aimaient, qui nous réconfortait vraiment; pas les paroles. Le drame n'est pas un vide à combler; c'est un plein à digérer.


2.  «Nous ne savons pas»


Mais au-delà, il y une autre chose que l'on n'a pas assez entendue pour l'Isle-Verte.
  • Cette chose ne fait pas vendre de la copie, ni de publicités sur les réseaux. 
  • Elle ne s'entend surtout pas chez les médias d'information continue; ces nouveaux jukebox de l'information en boucle, où rumeurs et nouvelles, tournent comme des tubes (succès). 
  • Cette chose est la réalité qui déplaît à la plupart des médias qui vivent de la misère du monde: 
C'est accepter de dire: «Je ne sais pas» ou «Nous ne savons pas». Donc, nous cessons de parler jusqu'à ce que nous sachions. 

Isle-Verte, Qc, incendie nuit du 23 janvier 2014. Crédits images: Francois Drouin, Journaliste | infodimanche.com, La Résidence du havre, hébergeant des personnes âgées, a été rasée par un incendie, faisant au moins une trentaine de victimes, dont plusieurs sont encore sous les décombres gelées en ce 26 janvier 2014.

Nouvelles en continu et éthique incertaine


À l'Isle-verte, comme lors du déraillement du Lac-Mégantic à l'été 2013, nous sommes obligés de nous demander si tout le bourdonnement des rumeurs continues et de la nouvelle en tube, ne vit  pas en réalité de la misère du monde. Les paparazzi parasitent les gens riches et célèbres. Les réseaux d'information continue sont proches de faire de même avec les malchanceux de ce monde. Et là-dessus, les réseaux sociaux se font fournisseurs complices.


Printemps 2012: la quantité n'est pas de l'information et se fait promotion



D'un point de vue plus sociopolitique, au printemps 2012, si la tentative de révolte des subventionnés s'estompait, les médias l'alimentaient en publicisant gratuitement le prochain lieu et heure de rassemblement en vue des manifestations à Montréal. Caméras et journalistes attendaient sur place, des heures avant les rassemblements, faisant littéralement la promotion de la prochaine manif.

samedi 25 janvier 2014

Quelle sentence mérite l’ex-prof Tania Pontbriand ? | Réponse au Journal de Québec

Tania Pontbriand a été reconnue coupable jeudi le 23 janvier 2014. Reste à déterminer la sentence. Le Journal de Québec pose la question sur la sentence. VOIR les informations dans Le Journal de Québec (24 janvier 2014). Plusieurs tentent de banaliser l'affaire, alors que les conséquences sont importantes pour les jugements futurs, incluant ceux où la victime sera une fille, et l'autorité un homme, par exemple.

Faisons un parallèle. Quelle sentence donnerait-on,
  • si inversement, le prof était un mâle dans la trentaine et l'étudiant, une fille de 15 ans au début des nombreuses relations inappropriées?
  • si l'adulte était un père de famille de classe moyenne dans la trentaine, qui a séduit une babysitter de 15 ans, en ayant des centaines de relations (environ 300 relations), au fil des mois?
  • si le coupable était un coach de sport?
  • si le coupable était un homme ayant eu de nombreuses relations avec votre fils adolescent dans les mêmes conditions?
  • si l'agresseur n'avait pas de statut social élevé (ex. un assisté social) et avait couché à de nombreuses reprises, avec une jeune mineure dès l'âge de 15 ans?
  • etc.
Ces exemples militent en faveur d'une sentence qui prend ses distances par rapport à l'éventuel plaisir que la victime a pu en retirer. Autrement, on en viendrait à la pédophilie encore plus perverse si un enfant de 10 ans a eu du plaisir durant une séduction qui a duré des mois. Si la victime était une adolescente et le coupable un homme, dirait-on que parce que la fille séduite a aimé cela, il n'y a pas faute? C'est pourtant le laxisme ressenti chez plusieurs, au Québec, même dans les médias. On rigole de cette affaire alors que les conséquences sont importantes pour les jugements futurs, lorsque la victime est une fille, et l'autorité un homme, par exemple.

Systèmes scolaires d'ici et d'ailleurs: mêmes philosophies, mêmes problèmes

Lorsque nous lisons sur ce qui se passe également ailleurs qu'au Québec en matière de problèmes de décrochage et de diplomation, on a l'impression que les mêmes philosophies appliquées en matière d'enseignement, ont généré les mêmes problèmes, ce qui est tout à fait logique. Je vous propose un court extrait d'un article diffusé sur R.W.F.  Les ressemblances entre le Québec et la partie francophone  de la Belgique sont frappantes.

En lisant l'article « Le système scolaire s’effondrera de lui-même » on constate combien la ressemblance est frappante entre les réalités de la Belgique francophone et du Québec: 
  • décrochage
  • nivelage vers les bas des standards pour faire diplômer le plus grand nombre possible
  • explosion des prescriptions de médication pour élèves en trouble d'apprentissage
  • jeunes enseignants prometteurs qui quittent la profession après quelques années
  • système à approche uniforme fondée sur une philosophie strictement égalitaire, avec pour conséquence que tout le monde doit réussir, quitte à abaisser les exigences (1).
  • carcans procéduriers et bureaucratiques
  • réformes qui se succèdent
  • avant-goût des fruits du multiculturalisme, pour notre avenir québécois en matière d'éducation
  • dizaines de milliers d'emplois spécialisés qui ne trouvent pas preneurs, faute de compétences
  • etc. 
Pour survoler l'ensemble de ces thématiques, il faudra lire l'intégralité de l'article, dont voici quelques extraits.
« Marc Halévy [...] Elève du prix Nobel Ilya Prigogine, maître en économie et docteur en sciences appliquées, il est également expert en management stratégique. Son analyse est décapante et vivifiante à la fois. Elle démontre – en apportant des pistes crédibles de solutions – que l’école pourrait redevenir un lieu où chacun se devrait de vivre dans le respect, dans l’épanouissement de ses talents, dans la solidarité et dans la sécurité [...] Et Marc Halévy de décrire l’école – les écoles – de demain. « Pour répondre aux défis d’aujourd’hui et de demain, l’école se doit d’abord d’être diverse et diversifiée, explique l’expert en management stratégique. Il y aura des écoles de génies et écoles de braves gens, de écoles des villes et de écoles des champs, des écoles des compétences et des écoles des talents, des écoles élitaires et des écoles égalitaires, etc. … Fini le moule unique, nivelé, standardisé, uniforme : la complexité et l’uniformité sont incompatibles. On n’ira plus à l’école mais on (se) fera (de) l’école : apprendre sera une occupation permanente et décentralisée, tantôt dans une classe, tantôt dans un atelier, tantôt devant son ordinateur, tantôt dans la nature, tantôt seul, tantôt en groupe (par forcément le même tout le temps), etc … ».

jeudi 23 janvier 2014

La fin du diplôme secondaire est proche...

Un article intéressant dans la Presse: «Le diplôme d'études secondaires n'est plus». Un enseignant de français du secondaire, assistait à une assemblée sur les nouvelles normes de diplomation, par exemple, pour passer de la 1ère année du secondaire, à la 2e tout en ayant échoué la 1ère, puis de la 2e à la 3e et ... 

Tout se joue sur
  • le nombre d'unités requis pour diplômer
  • et sur le nombre d'échec qui sont donc tolérés. 
La réalité frappera, selon l'enseignant, en 2017.

Voici des extraits et explications: