jeudi 11 novembre 2010

Changement de l'opinion publique sur l'euthanasie au Québec

Un sondage sur l'attitude des Québécois face à l'euthanasie et aux soins palliatifs a été réalisé en septembre 2010 par Environics Research. Il révèle que les résidents du Québec sont plus préoccupés qu'en 1989, face à l'éventualité de la légalisation de l'euthanasie active.  Suivront : ma réflexion sur le sujet et deux extraits vidéo, tirés d'une soirée d'information animée par des médecins du Québec en août 2010.
«Une proportion étonnante de 81 % des Québécois interrogés par Environics Research expriment maintenant la crainte que, si l'euthanasie est légalisée, on ne mette fin à la vie des personnes malades, âgées ou ayant des handicaps sans leur consentement. C'est 8 % de plus qu'un sondage semblable effectué par Environics en 1989. La proportion a augmenté de 15 % parmi les résidents de Montréal» (1).


Confusion des termes


En fait, outre cette étude, j'ai pu personnellement constater que plusieurs Québécois semblent confondre euthanasie et non-acharnement thérapeutique. Dans les faits, ce que la plupart veulent c'est le non-acharnement. Ils sont contre le maintien ou prolongement artificiel de la vie dans des conditions indésirables, contre la volonté du patient. 

Les gens sont souvent prêts à vivre avec un certain inconfort, s'ils savent qu'ils seront soulagés de la douleur et auront des services de soutien (soins palliatifs).
«À la question de savoir si la grande priorité du gouvernement devrait être de légaliser l'euthanasie ou d'améliorer les soins palliatifs aux mourants, 60 % ont dit que c'était d'améliorer les soins palliatifs; seulement 29 % ont dit que la légalisation de l'euthanasie devrait avoir priorité» (même référence).
L'euthanasie est la provocation volontaire (ou accélération) de la mort par un acte médical; elle est la cause de la mort. La personne ne meurt pas de la maladie mais de l'acte qu'est l'euthanasie. C'est ce que les élus risquent de voter au Québec. Cette réalité ressort très peu dans l'exercice québécois de consultation actuel sur le thème de «mourir dans la dignité». C'est ce qui est exposé dans la première des deux vidéos ci-dessous.

Alors que le suicide assisté exigerait le consentement actuel de la personne, l'euthanasie peut être réalisée  en se basant sur ses anciennes opinions ou prises de position au moment où le malade était en bonne ou meilleure santé, sur l'opinion des médecins, des membres de la famille, etc. Or c'est lorsque nous vivons une chose et non des mois ou des années avant, que nous savons ce que nous voulons vraiment, à moins d'être totalement inconscient. Plusieurs vous diront qu'une maladie grave a totalement changé leur vision des choses et des priorités.

Beaucoup de personnes en fin de vie sont pourtant dépossédées de leur privilège de décider pour elles-mêmes, car l'on tend à présumer (ex. familles) que si elles changent de volonté subitement ou peuvent difficilement faire connaître leurs besoins verbalement, elles ne sont pas en possession de leur capacité mentale. 


Deux exemples de cas de non respect des volontés des malades

Dans ce qui suit, je vous donne deux exemples de personnes sérieusement malades, pour qui les familles n'ont pas respecté leurs volontés, profitant de leur vulnérabilité. J'ai rarement visité des personnes en présumée fin de vie, en milieu hospitalier, donc le nombre de cas rencontrés m'inquiète d'autant plus.


Cas vécu d'un homme âgé

Invité à visiter un malade âgé hospitalisé loin de son village, en tant que responsable pastoral d'une communauté, j'ai pu constater que ses enfants, tous issus d'une première noce, lui avaient mis des pressions pour changer son testament au désavantage de son épouse en secondes noces. La plupart, sinon les plus influents, n'avaient jamais accepté cette dernière au sein de leur famille, entre autres, en raison des convictions religieuses de la dame et du père depuis quelques années. Lorsque j'ai demandé à l'homme si ce que sa seconde épouse disait au sujet des pressions pour modifier son testament était vrai, l'homme n'a pas nié. En apparente rémission, il est décédé peu de temps après sa sortie du Centre hospitalier régional de Rimouski, probablement d'une infection. Ses enfants avaient pris la décision de le placer dans un foyer, alors qu'il est sorti de l'hôpital sur ses pieds. Cela priverait son épouse, du même coup, de le voir régulièrement en raison de la distance.

Avant la fin de son hospitalisation, les enfants ont aussi exigé que la seconde épouse, leur donne accès à la maison pour prendre possession du contenu d'un coffre fort. La femme m'a fait part d'intimidations et de menaces venant d'un représentant des enfants, à l'effet qu'ils viendraient avec la police, si elle ne les laissait pas accéder au coffre à une date et heure (fixés unilatéralement par ceux-ci). La mention de la police pouvait les couvrir en les faisant passer pour des anges, mais toute leur attitude démontrait des intérêts fort "terrestres". L'épouse du malade s'interrogeait sur leur droit d'agir de la sorte. 

Lorsque j'ai contacté la Sûreté du Québec (police de l'État québécois) pour la soulager quelque peu dans cette affaire remontant aux environs de 2003. On m'a informé que cela ne relevait pas du code criminel mais du domaine civil et que le seul recours de la femme, si elle se croyait lésée, était de recourir aux services d'un avocat. Pour ma part, je croyais que manipuler un parent malade et vulnérable pour le faire changer son testament légal et le relocaliser à bonne distance de sa seconde épouse à sa sortie de l'hôpital, relève pratiquement du même groupe d'offense, qu'un enlèvement de personne et devrait relever du Code criminel.  Même chose pour les pressions exercées sur la seconde épouse, en vue de l'accès à un coffre fort appartenant au père. Chacun de leurs actes était bien calculé et pouvait recevoir deux interprétations opposées; l'intérêt du père ou leur propre intérêt. Pour moi, il est devenu manifeste qu'il y avait dans cette affaire, à la fois des intérêts financiers et la question des choix spirituels du père et de la dame, quelques années plus tôt. La policière à qui j'ai exposé la situation a semblé ébranlée par ma réflexion sur le sujet. Puis, à la fin de la conversation téléphonique, elle semblait plus préoccupée par mes intérêts personnels dans cette affaire, que des intérêts personnels de ceux qui faisaient changer le testament (les héritiers) de leur père et qui exerçaient des pressions psychologiques sur sa seconde épouse.


Cas vécu d'une jeune femme en phase terminale d'un cancer

À une autre occasion, j'ai vu une jeune femme de 24 ans, mourante du cancer, être privée des intervenants de son choix, pour des services spirituels, parce que ses parents en avait décidé ainsi. Elle avait pourtant manifesté le désir d'être visitée une première, puis une seconde fois, par un pasteur de la confession chrétienne de son choix, même si elle n'avait pas été engagée envers cette communauté religieuse avant la phase terminale de son cancer. Elle ne parlait pas, mais s'exprimait ou répondait par des hochements de la tête. Après une visite dont elle avait retiré un grand bienfait (son témoignage à son amoureux et de l'avis de celui-ci), elle fût privée d'une seconde visite convenue pour le lendemain. Ceci arrivait au Centre hospitalier de Matane, en 1984 ou 1985. Parce qu'elle était démunie et dépendante, les parents sont allés à l'encontre de son choix et de ses préférences dans tout ce qui lui restait de liberté : choisir ses visiteurs.


Respect de la volonté des malades vulnérables ? Pas tant que ça

J'ai été un témoin direct de ces deux situations, bien je n'ai visité que trois mourants ou personnes à risque de mourir sous peu. J'imagine donc que le non-respect de la volonté du malade, doit être fréquent, même si ce dernier désire réviser ses anciennes préférences, faites du temps où il était en plein contrôle sur sa vie. Avec ces deux exemples sur trois expériences de visites de personnes gravement malades ou à risque de mourir, je peux vous assurer que je ne crois plus beaucoup au respect de la volonté d'un malade devenu vulnérable et sensible aux arguments de ceux dont il dépendra tôt ou tard, s'il sort de l'institution de soins. 


Le pouvoir attractif de l'argent et de la liberté de son temps

Il faut être conscient aussi, du pouvoir attractif de deux besoins : 1) celui pour les proches de retourner vaquer à leurs activités (seconde vidéo ci-dessous; témoignage d'un médecin québécois), et dans d'autres cas, 2) du pouvoir attractif de l'argent et des biens matériels du malade, pour certains de ses proches. Il peut devenir facile de penser qu'il mourra très prochainement de toute façon. Alors quelle différence cela fait-il pour le malade dans 4 semaines ou dans 4 mois... ? Il ne serait pas exceptionnel, selon mes observations, que les héritiers préfèrent "aider" le processus de la mort, plutôt que de voir le malade utiliser ses économies pour se faire soigner et accompagner par des services privés à domicile et se donner un bon 6 mois ou une année de qualité de vie de plus, avant de partir. 


La personne souffrante, infantilisée et dépossédée de sa plus grande richesse : la liberté de choix

  • Le malade peut aussi être considérée en perte de ses facultés intellectuelles, s'il change d'avis, par rapport à ses anciens choix passés (ex. lorsqu'il était en bonne santé et que la mort était théorique).
  • Ou encore, il est fréquent que les proches en profitent pour évacuer de l'entourage du malade, les personnes qu'eux n'aiment pas. La situation est présente dans mes deux exemples, sans égard aux préférences manifestées par le souffrant qui pouvait communiquer. 
Le malade tend donc à être infantilisé, même lorsqu'il conserve toute sa tête. Et il est très vulnérable et influençable par ses proches s'il croit qu'il dépendra d'eux à sa sortie provisoire de l'institution qui le soigne. Il y a fort à parier qu'en pareilles conditions, plusieurs malades choisiront de partir plus vite et verseront des larmes en silence sur l'oreiller.


LIRE AUSSI:  

Papi est mourant mais il sait compter et «mourir dans la dignité»!

http://yapasdpresse.blogspot.ca/2013/01/papi-phil-est-en-fin-de-vie-mais-il.html






Texte suggéré (lien externe) :  L’euthanasie et le suicide assisté : pourquoi pas?
http://www.cqv.qc.ca/?q=fr/l%E2%80%99euthanasie-et-le-suicide-assiste-pourquoi-pas
__________________
1. Pour l'article sur le sondage d'Environics Research cité : 
CNV. Changement surprenant de l'opinion publique sur l'euthanasie au Québec. 4 nov. 2007. Ottawa. Trouvé sur http://www.cnw.ca/fr/releases/archive/November2010/04/c9135.html

samedi 6 novembre 2010

« L'enfant dans le soldat » ? Ma réponse à Christopher Hall

Je voulais répondre en privé au chroniqueur du Journal de Québec / Journal de Montréal, mais l'adresse courriel (email) trouvée dans la version papier du Journal de Québec ne fonctionnant pas, je la diffuserai ici.

Réponse à Christopher Hall

Bonjour M. Hall,

Concernant le cas du jeune Omar Khadr, j'ai réfléchi aussi longuement sur la question. Après avoir conclu comme vous, j'ai par la suite changé d'opinion, comme je l'exprime dans le billet au lien ci-dessous. 


En résumé, Omar Khadr ne doit pas être considéré comme un enfant-soldat, fils de l'armée d'un pays, mais plutôt comme fils d'une "mafia" sans frontières qui supplante, par la force et la corruption, les gouvernements en place.

À ce titre, il doit être associé, à l'âge de presque 16 ans au moment des faits (15 ans et 10 mois), au fils d'un "mafioso", fabriquant des explosifs, destinés tout autant aux civils. Les terroristes ciblent particulièrement les civils (même dans leur propre pays), mais parlent ensuite comme des agneaux.

D'autre part, selon la charia, dans son application dans un pays de "non-convertis" à l'Islam comme nous, il est permis et encouragé par la loi de mentir et tricher (ex. application possible dans les études universitaires, devant les tribunaux, les médias, etc.) tout cela pour la cause islamique. Cette dernière information m'a été confirmée par un anthropologue, auteur et spécialisé dans l'étude des religions.

Enfin, si un Canadien se fait prendre à entrer de la drogue ou des armes illégales dans un autre pays, il aura probablement affaire à la justice de ce pays. Omar Khadr, citoyen canadien, a été arrêté dans un autre pays et non au rez-de-chaussée de la tour de Radio-Canada. C'est là son plus grand malheur.

Salutations et bonne continuation,
--
--
Gilles B.
Québec


Fin de la lettre à M. Hall

Bon, avant d'être mal compris, je ne dis pas qu'il aurait dû faire sauter ses explosifs d'artisanat, au R.-de-C. de la tour de Radio-Canada à Montréal, mais que si c'est ce qu'il avait fait, il aurait été jugé selon les lois canadiennes. C'est donc là, son plus grand malheur, d'avoir été fait prisonnier par une autre entité que le Canada.

Chronique de Christopher Hall à l'origine de mon commentaire :
Sur Canoe infos - Chroniqueurs  :  L'Enfant dans le soldat


Ou sur Journal de Montréal :  L'Enfant dans le soldat
http://lejournaldemontreal.canoe.ca/journaldemontreal/chroniques/christopherhall/archives/2010/11/20101105-045708.html

mardi 2 novembre 2010

Omar Khadr a plaidé coupable : retour sur l'apparente complexité du cas

Crédits photo : Wikipedia.
Photo fournie par la famille;
prise vers 2001, il y a 9 ans.
L'utilisation de cette photo
par nos médias, pour
représenter Omar Khadr,
relève de la désinformation.

Voici pourquoi la thèse de l' «enfant-soldat» est difficile à défendre

Le cas d'Omar Khadr est difficile à saisir pour un Canadien. Ce jeune homme né à Toronto au Canada en 1986, a été arrêté en Afghanistan par les forces américaines en 2002, deux mois avant son 16e anniversaire. Il a été mis en accusation pour avoir tué un soldat américain lors de combats où il était du côté d'Al-Qaida, résistant lors d'une arrestation. Il aurait, été entraîné dans la mésaventure par son père, un proche de Ben Laden.


Des interrogations justifiées

Pourquoi s'acharner sur un «enfant-soldat» recruté et manipulé par le clan adulte? Depuis quand les soldats qui ont tué pendant une guerre sont-ils jugés à la pièce? Pourquoi n'y a-t-il pas une possible remise en liberté sans procès, comme pour tout prisonnier de guerre? Pourquoi un jeune de près de 16 ans, au moment des faits dont il est accusé, passe-t-il par la même porte que les autres, des adultes?

LIRE AUSSI: Comprendre le cas Omar Khadr (texte refondu et augmenté)
http://yapasdpresse.blogspot.ca/2010/08/comprendre-le-cas-omar-khadr.html

al-Qaïda n'est pas un pays

Nous ne sommes pas ici en drame de guerre, où il serait question d'un même territoire sur lequel deux pays souverains prétendraient détenir les droits de propriété. Al-Qaïda ne constitue ni un gouvernement élu qui rend des comptes, ni une royauté.

Imaginez si, en Amérique du Nord, un groupe armé prétendant représenter le Canada et les États-Unis, mais non élu démocratiquement, s'élevait, recrutait et formait des combattants pour prendre le contrôle politique et idéologique (les valeurs) de nos deux pays, de nos régions et de nos villes, à la manière d'une mafia tentaculaire.

«Tu n'es pas avec nous?» - Bang ! Une balle dans la tête. «Ta jeune soeur de 15 ans a sauté au marché avec 70 autres civils? Quel dommage... On avait pourtant averti votre village de collaborer à la cause». Al-Qaïda, c'est cela. Il s'agit d'un groupe qui terrorise ses propres "alliés" (alliés par la peur).

Voilà pourquoi le jugement d'Omer Kadher ne devrait pas avoir d'impact sur le sort des enfants-soldats. Il ne faudrait pas qu'il y en ait. Il est plutôt comme le fils d'un mafieux qui a grandi dans «la famille».

Al-Qaïda est du même niveau qu'une mafia qui transcenderait les gouvernants légitimes de pays souverains

C'est à la lumière de ceci que le cas du jeune Kadhr devait être abordé. Comment traiterait-on le fils d'un kaïd de la mafia, contraint de tuer à l'âge de 15 ans et 10 mois à Montréal, Vancouver, ou Toronto, pour défendre une cache de fabrique d'explosifs destinés à des attentats en vue du contrôle politique d'une région? Le laisserait-on en liberté après un simple interrogatoire? Irait-il, dès le lendemain, à l'école secondaire avec ses camarades de classe? Pas sûr...

Omar Kadher, d'après un croquis au 
tribunal (2010).

Serait-il légitime qu'un pays détourné par un groupe criminalisé soit assisté par d'autres pays pour reprendre contrôle de sa gouvernance? Un oui semble logique.




"Artisans" de bombes?

Au moment des affrontements menant à son arrestation, le jeune "artisan" fabriquait des bombes. Cette notion de bombe artisanale a été galvaudée à tort dans plusieurs cas. Quand des bombes sont fabriquées en quantité et peuvent percer le blindage des véhicules et même être déclenchées à distance, il ne s'agit plus d' "artisanat".

La méthode terroriste

Avec des mouvements terroristes comme Al-Qaïda, ou certains autres groupes de même nature, nous ne sommes pas dans un style de conflits entre pays souverains. Pour eux, les bombes dans les marchés publics, les autocars ou les avions civils, ce ne sont ni les dommages collatéraux, ni une bourde, mais bien la crème du terrorisme; une publicité gratuite à échelle quasi-mondiale. Les médias exposeront leurs revendications et leur argumentaire, contribueront à répandre le climat de terreur tant recherché et même à passer les messages entre les émetteurs et leurs contacts en divers lieux (les messages audio de Ben Laden qui parlaient autrefois toujours sur vidéo, peut-être un faux ou un Ben Laden diminué physiquement?). On peut donc dire que les médias occidentaux se mettent (malgré eux?) au service du terrorisme.


La méthode terroriste, ce n'est pas une armée légitime d'un pays souverain, mais un pouvoir parallèle autoproclamé qui supplante en pratique, l'autorité des gouvernements de pays souverains, et qui utilise la force  pour terroriser des familles (populations civiles) ou l'influence ($) pour les manipuler incluant les chefs ou leaders élus. Voilà pourquoi des populations prises en otage ou plutôt sous la menace, donnent l'impression d'être en accord avec ces groupes et d'en redemander encore. Chose que renforce la corruption des autres. Un chef, un ministre, ou même un un dirigeant de la plus haute sphère, peuvent se laisser acheter éventuellement ou accepter de fermer les yeux ou regarder ailleurs quelque temps.

Ainsi, avec une minorité de représentants dans une population donnée (ex. 5 ou 10 %), ces pouvoirs autoproclamés qui sont en fait les vraies forces d'occupation de ces territoires, ce dont ils nous accusent, peuvent usurper le gouvernement légitime en place, par la force, les armes, la puissance de persuasion de l'argent ou d'autres avantages et ainsi changer la face d'un pays entier.

Une prise de contrôle de pays souverains sur des bases idéologiques

Nous nous trouvons, avec ces groupes, dans des conflits où des forces terroristes aux limites floues, des non-élus, ni par le sang (royauté) ni par le suffrage (élections) s'infiltrent dans les populations civiles pour mieux s'y cacher. Il s'agit de mouvements non légitimes, transcendant les gouvernements qu'ils prétendent représenter et utilisant la terreur pour manipuler des villages, des quartiers et même des villes entières de civils, contre leur gré. En plus d'y faire des victimes innocentes, ils y font fermer des écoles ou en interdisent l'accès aux jeunes filles et ainsi de suite.

Autrement dit, les groupes comme Al-Qaïda s'apparentent à une mafia ou à une association de criminels. Une minorité impose sa loi et sa vision politique, par la force ou par la corruption, à la majorité. C'est ce qui se passe sous une autre forme dans certaines régions du Mexique (version non religieuse).

Une force d'occupation étrangère en Afghanistan, vous dîtes?

Ou serait-ce plutôt la réponse à une collaboration forcée ou sous influence du pouvoir de l'argent? Pour les pacifistes qui ne l'ont pas compris, nous sommes en guerre contre un groupe autoproclamé qui a des visées de répandre par la force, l'Islam à l'occident. Nous assistons actuellement à un réveil radical de l'Islam. Et vous savez quoi ? Il n'y a pas de pétrole en Afghanistan!

Le propre du terrorisme, c'est l'assassinat-spectable de civils pour engendrer la crainte.
Accuser la victime fait aussi partie de l'approche typique. On se souviendra que lors 
des attentats du 11 septembre 2001 contre diverses cibles stratégiques ou 
symboliques, les terroristes étaient déjà en sol américain. Il ne s'agissait pas d'une 
attaque lancée de l'extérieur (EN REPRISE).
Dans ce contexte, le cas du jeune Omar Khadr prend une autre couleur.

La question des conditions de détention est justifiée mais agit ici comme une manœuvre de diversion

L'action terroriste d'appartenance à une association criminelle illégitime et d'autre part, les dérapages de conditions de détention sont deux problématiques avec une solution distincte.

La question des conditions de détention du jeune Khadr était certes justifiée, mais son traitement avait l'effet pervers de faire manœuvre de diversion dans la guerre des communications que livre le terrorisme islamique contre l'Occident. Dans tout cas semblable, la question des conditions de détention est un débat qui doit être gardé distinct et qui se règlera de façon distincte. Nous favorisons le terrorisme en confondant son action et les dérapages éventuels des conditions de détention; en omettant en plus, que le terroriste islamiste peut mentir à volonté.

D'ailleurs, mentir à un non converti à l'Islam est non seulement permis, mais même enseigné dans certaines applications de la charia en pays non musulman. Récemment, un anthropologue et auteur spécialisé dans l'étude des religions, m'apprenait que la loi ou la charia islamiste n'est pas appliquée de la même façon en pays non musulman. À l'étranger, il peut être permis de mentir même à l'autorité ou de voler les biens d'un non-musulman. Un autre universitaire m'a récemment témoigné dans le même sens, qu'il avait eu personnellement connaissance qu'il est, dans le même ordre d'idée, permis de tricher à un examen ou dans un travail scolaire pour de meilleures notes en vue des diplômes ou de l'obtention des meilleurs emplois possible en occident. Tout cela, pour l'avancement de la cause.

Quelques questions sous cet angle différent

La question de la détention implique d'ailleurs des considérations essentielles.
  • Nous nous demandons bien-sûr, avec nos jeunes en tête, comment juger un jeune séduit par l'endoctrinement terroriste? En Palestine, par exemple, les terroristes enseignent aux enfants que les soldats Israéliens mangent les petits enfants palestiniens. 
  • Ou nous nous demandons quelle part de responsabilité de ses actes, attribuer aux jeunes recrues, comme Khadr, dans le contexte de l'Afghanistan? Mais nous ne nous demandons pas si à l'âge de près de 16 ans (15 ans et 10 mois) au Proche-Orient, Omar était un homme ou un enfant? On se souviendra qu'il y a à peine 100 ans au Québec, les hommes s'engageaient à la ferme ou dans la forêt ou sur les bateaux dès l'âge de 15 ou 16 ans. L'adolescence à l'occidentale, n'est pas une notion universelle ancienne.
  • Curieusement, nous ne nous demandons pas si nous avons raison de prétendre, qu'un jeune de 15 ans et 10 mois n'a pas son libre arbitre? Car si c'est le cas, pourquoi donnons-nous les permis de conduire une automobile à 16 ans au Québec, ou le droit à l'avortement, à une fille de 14 ans, sans obligation légale d'aviser ses parents? Il faudrait être cohérent. Où un adolescent a l'âge de raison à 14 ans, ou il ne l'a pas.
  • Comment devrait-on juger le fils d'un kaïd de la mafia, contraint de tuer à l'âge de 15 ans et 10 mois à Montréal, Vancouver, ou Toronto, lequel aurait agi pour défendre une cache de fabrique d'explosifs destinés à des attentats? Le laisserait-on en liberté après un simple interrogatoire de routine (pauvre victime) ? Dès le lendemain, à l'école secondaire privée avec ses camarades? Pas sûr...

Il faut concéder que les jeunes de la trempe de Khadr n'ont pas la même responsabilité, qu'un adulte gradé (un chef) d'Al-Qaïda.

Réfléchir et repenser notre approche

Ce qui était la situation canadienne il y a 40 ans, ne l'est plus aujourd'hui. Le cas Omar Khadr constitue une situation plus complexe qu'il n'y parait. Les cas comme celui ayant mené le jeune Khadr à plaider coupable méritent qu'on prenne le temps d'y réfléchir, sans se faire l'écho naïf de certaines lectures trop simplistes des nouvelles formes de prise de contrôle des peuples. Le jeune Kadhr peut inspirer confiance. Mais un visage agréable (photo datant de vers 2001, prise un an avant son arrestation et encore utilisée pour représenter le jeune homme 9 ans après le cliché!) et des regrets, suffisent-il à éviter un verdict?

Il faudra réfléchir et repenser notre approche, sans tomber dans le sentimentalisme. Les bombes ne sont jamais sentimentales, les terroristes non plus. La situation d'Al-Qaïda (enjeu idéologique) ressemble beaucoup à celles des cartels de la drogue et du crime (enjeu financier), en Amérique du sud et au Mexique.

Apprendre de nos erreurs

Est-il justifiable de maintenir un prisonnier en détention sans procès durant 8 ans? Évidemment, non. Comme si cela ne suffisait pas, s'il s'était avéré innocent, il aurait fallu en plus le dédommager. Qui aurait payé les millions ($) en pareil cas? Les États-Unis (autorité pour la détention) ou le Canada dont il est citoyen?

Dans ce genre de situation, le Canada devra garder le contact avec ses citoyens ressortissants, arrêtés dans des opérations terroristes et garder l'autorité sur eux selon des ententes claires, préalable à tout engagement à l'étranger. La pratique actuelle a servi le terrorisme, à cause de certains dérapages réels ou présumés. Il faut se méfier de la "sous-traitance" en matière de traitement des prisonniers. Nous ne pouvons fermer les yeux puis dire: «Nous ne savions pas», en cas de torture présumée ou réelle.

Quant au jeune Khadr, que lui souhaiter, sinon une réconciliation avec la terre d'accueil de ses parents, le Canada. Nous ne lui souhaitons pas de mal. Un sage apôtre chrétien a écrit à l'Église naissante : «Nous n’avons aucun pouvoir contre la vérité».

Lien vers l'article original et plus complet, publié en août 2010, avant le plaidoyer de culpabilité de l'accusé : Comprendre le cas Omar Khadr (texte refondu et augmenté)
http://yapasdpresse.blogspot.com/2010/08/comprendre-le-cas-omar-khadr.html

dimanche 31 octobre 2010

Les agresseurs pédophiles passeront à la caisse; avis aux riches et célèbres

31 OCTOBRE 2010. Au cours de la semaine qui vient de se terminer, la Cour suprême du Canada a tranché à l'unanimité des juges, dans une affaire d'agression sexuelle par Paul-Henri Lachance, un membre du clergé catholique sur une personne mineure. Shirley Christensen pourra poursuivre au civil (en vertu du Code civil du Québec) le prêtre qu'elle accuse de l'avoir agressée, même si la période de prescription de 3 ans pour une cause au civil est échue.

Une nuance importante

Le cinéaste Roman Polanski,
présumé agresseur a fui une
enquête criminelle aux États-
Unis. Photo modifiée pour le 
billet
Il est probable que cette nuance ait échappé à la plupart des Québécois qui ont pris la nouvelle durant la dernière semaine d'octobre 2010. Il s'agit bien d'une cause au civil et d'une poursuite en dommages et intérêts qui devra être entendue en Cour supérieure du Québec. Le délai de 3 ans de prescription dans l'actuel jugement, ne concerne pas les cas au criminel, comme l'a aussi démontré l'affaire de Nathalie Simard contre son ancien agent, Guy Cloutier. Il s'agit des causes en vertu du Code civil du Québec, dont une clause de prescription a été désavouée par les juges dans le cas de Madame Christensen.

Davantage de cas de dédommagement contre les victimes

Ceci a un impact sur les conséquences financières contre les agresseurs de jeunes d'âge mineur, souvent dénoncés plus de trois ans après les faits, car les enfants ne sont pas de grands stratèges. Au civil, le jugement est intéressant pour les agressés, qui pourraient ainsi obtenir plus facilement une forme de dédommagement financier (en argent) dans des cas qui n'étaient pas admissibles jusqu'ici, en raison des délais suivant les actes.

Une condamnation au criminel de l'agresseur pouvait leur amener un certain soulagement, mais ne compensait pas les inconvénients dans leur vie. Par contre, la preuve demeure certainement difficile à établir, plusieurs années après les faits. Et cela pourrait ouvrir la porte aussi, aux fausses accusations (affaires montées) avec production de faux témoins complices qui partageraient la monnaie.

Satisfaction générale 

Toute la presse, même la Société Radio-Canada (société d'État), plutôt encline à défendre Roman Polanski en cette même année et les Québécois se sont réjouis de la nouvelle, sur l'affaire présumée vécue par Madame Christensen alors qu'elle était mineure; une résidente de Québec aujourd'hui âgée de 37 ans.

Vertu et attitude conséquente

Une autre bonne nouvelle demeure à souligner, vue la popularité de la décision des juges du plus haut tribunal du pays. Selon la même logique "morale" ou logique de valeurs, il n'y aurait donc plus de raisons, ni de la part de l'opinion publique, ni venant de la position journalistique, ni même du lobby artistique libertin, pour qu'au Canada et au Québec, on refuserait éventuellement de livrer un agresseur présumé, comme le cinéaste Roman Polanski, s'il entrait en territoire canadien.

La principale différence entre la cause contre le prêtre Lachance et celle contre Polanski, la célébrité du cinéma, est que la poursuite contre Polanski est au criminel plutôt qu'au civil. Donc, l'argument du pardon présumé de la victime de Polanski (qui aurait pu être monnayé ?) ne compte pas, puisque ce n'est pas une cause civile, mais une cause criminelle, dénoncée et enquêtée très tôt après les évènements présumés et selon un autre système judiciaire (un État américain). L'accusé avait profité d'une remise en liberté et de sa nouvelle nationalité française pour fuir la justice américaine. 

Autrement dit, avec la popularité perceptible de cette décision de la Cour suprême confirmant le droit de poursuivre un agresseur au civil après trois décennies, on peut maintenant se réjouir que si des agresseurs comme Polanski devaient mettre les pieds au Canada, ou même au Québec (!), il serait conséquent de les livrer à la justice en vertu des mandats d'arrêt de nature criminelle émis contre eux pour agression sexuelle sur des mineurs. 

Cela devrait d'autant être renforcé, dans l'affaire de Polanski, du fait que la chose avait été sous enquête peu de temps après l'agression, avant qu'il trouve refuge en France; pays qui a tendance à se montrer mollasson et négociable avec les laïcs riches ou célèbres. L'on sait par exemple, que certaines personnalités âgées très au-delà de 18 ans, ont par le passé déclaré ouvertement leur délectation sexuelle envers des jeunes de 13 ans, en France (talk shows de TV, récits ou anecdotes ou biographiques, etc.), sans être inquiétées par la justice.

vendredi 22 octobre 2010

Russell Williams : un "gentil" ogre de moins en circulation

Beaucoup a été dit sur la bête d'apparence humaine, Russell Williams. Mais voici tout de même mon impression sur ses attitudes gestuelles et sa réflexion stratégique durant l'interrogatoire filmée, un interrogatoire serré du policier-enquêteur. 


Je tiens compte aussi du portrait psychologique (être égocentrique et narcissique) fait de lui; donc un individu pour qui son image face aux autres est extrêmement importante.


Si Russ (de son surnom) s'est mis aussi vite à table, je ne suis pas certain que ce soit uniquement par souci pour son épouse. En plus de protéger son image en public (en cas de long procès), c'est peut-être aussi par stratégie. Ce n'est peut-être pas uniquement pour causer le moins de trouble possible à son foyer, mais aussi pour que les investigations s'arrêtent là. Il y a lieu de se demander plus sérieusement, si peut-être, il aurait d'autres cas sérieux sur la conscience. Ainsi, devant les preuves solides de la police, il n'est pas impossible qu'il ait craint que d'autres "trouvailles" fassent surface dans une longue enquête en vue d'un procès "classique". Ce n'est pas une affirmation. C'est une interrogation, mais je la crois justifiée.

Des criminels indétectables pour qui les côtoient de près? Pas sûr

J'ajouterais que je ne crois pas que son problème, comme ceux d'individus semblables, était indétectable. La preuve? Lui et un autre assassin sadique notoire (Bernardo) se sont "reconnus" (auraient fraternisé) à la même université. Cela m'amène à penser que ce type de prédateur sème des signes codés, par exemple des blagues ou phrases bizarres, mais que les gens ne prennent pas au sérieux, ou ne comprennent pas (ex. pensent avoir mal entendu) sauf bien-sûr ceux de la même trempe (ex. Bernardo) qui sont capables de pousser plus loin la conversation en privé.

En tout cas, celui-là est heureusement mis hors-circulation. Mais je ne serais pas surpris, si dans quelques années, on lui associait un ou quelques autres crimes graves, avec ou sans complice, au Canada ou à l'étranger (plus difficile à trouver). Peut-être est-ce pour cela qu'il se serait mis à table aussi vite, même si les preuves contre lui dans les deux meurtres concernés étaient irréfutables.

Pas certain qu'il ait été un "gentil" ogre avant le milieu de la quarantaine...

lundi 18 octobre 2010

Québec, "petit peuple" de Pauline Marois : déclaration sur-amplifiée

18 OCTOBRE 2010. La chef du Parti Québécois (PQ), Pauline Marois, a-t-elle vraiment gaffé en utilisant comme argument, lors des débats sur la question linguistique à l'Assemblée nationale, que les québécois sont un «petit peuple»? Probablement, oui et non à la fois. Il y a de ces moments où les péquistes doivent s'ennuyer des petits cartons et des interventions bien préparées, de Jacques Parizeau (ancien Ministre des finances sous le Premier ministre René Lévesque et aussi ancien PM lui-même).

Considérant premièrement qu'elle avait eu le temps de préparer son intervention pour les débats prévus sur l'adoption du projet de loi 115 qui vise à faciliter l'accès futur aux écoles publiques anglophones pour les francophones et les allophones ne parlant aucune des deux langues officielles, ni une langue autochtone, on peut répondre que ce n'était pas le meilleur choix des mots. Quand on veut défendre une langue, il faut être malchanceux pour utiliser une expression à double sens, dont l'un est péjoratif. Elle l'a fait.

Et bien que tout le monde avait probablement saisi ce qu'elle voulait dire, le Premier ministre Jean Charest, en fin politicien, n'a pas manqué de saisir, tel un joueur du Rouge et Or, le ballon devenu instable dans les mains de Madame Marois, dont la langue unilingue a fourché. Et le PM a effectivement retourné contre elle l'expression pour l'accuser de percevoir les Québécois comme un peuple sans importance ou de second niveau.

C'est un coup bas, de prêter une telle intention à la chef du parti qui se prétend le bras défenseur (le héros légitime) de la culture et de la langue française au Québec. Elle et le parti qu'elle représente ne voulaient certainement pas dire cela. Pierre Curzi (critique du PQ sur les questions linguistiques) a dû avoir un malaise... Dans l'actuel contexte de la défense de la langue française au Québec, tout le monde ayant réussi ses classes de secondaire avait probablement compris qu'elle parlait de la taille (poids statistique) du principal peuple fondateur du Québec, de majorité linguistique et culturelle française d'origine.

Par rapport au ROC (Rest of Canada), le Québec francophone est déjà minoritaire. Mais par rapport à tout l'Amérique du Nord, il est pratiquement dilué. Notre poids démographique est à ce niveau, selon Madame Marois, de l'ordre de 2 pourcent (%), ce qui est bien peu, mais significatif (non négligeable) à la fois, d'autant plus qu'il ne faut pas oublier la francophonie de l'Amérique hors-Québec.

Il n'est pas exceptionnel, malheureusement, de voir des productions cinématographiques nord américaines doublées en espagnol, mais pas en français, ou de constater le français comme troisième langue, ou moins, dans les modes d'emploi de nos achats électroniques. Notre fierté francophone en prend un coup à la mâchoire. Même chose lorsqu'on entend un groupe d'adolescents ou un humoriste s'exprimer dans un français approximatif (Allo fun!- non allophone), truffé de jurons et d'anglicismes, au point de troubler le sommeil de l'auteure et chroniqueuse du Devoir, Denise Bombardier.

Ceci est sans compter, le mépris assez généralisé de nos jeunes pour le français écrit, comme si c'était pour les adolescents, une partie de nous à oublier, comme une tache honteuse, un vêtement sans marque, ou des parents trop vieux pour être présentés à nos amis. Si le fait français au Québec se résumait à défendre un dialecte régional, il faudrait réorienter l'opération de sauvetage. L'ennemi ne serait pas à l'extérieur, mais au milieu de nous. C'est peut-être le cas.

Ce n'est pas parler une seconde ou même une troisième langue, qui aura raison de nous. C'est de cesser de parler et d'écrire le français de façon convenable, en ne sachant pas encore, au cinquième secondaire, la différence entre vérifier (à vérifier) et vérifié (vérification faite), parce que la règle "mordre" et "mordu", c'est une règle trop compliquée pour les cerveaux, qui rêvent de voyager de par le monde ou de servo-freins en céramique.

Mais une montée en épingle de la déclaration de Madame Pauline Marois par quelques médias risquerait de faire passer à côté d'enjeux plus importants; 1) notamment l'accès à moyen et long terme aux écoles anglophones, réservé aux mieux nantis des francophones et allophones qui auront le moyens de payer une transition de trois ans d'école privée anglophone (non subventionnée) et 2) l'enfermement dans le ghetto unilingue francophone pour le, peut-être, futur petit peuple (the Kat is onder the table, where is the toilette?).

«Trop "nice", comme y dit!» (référence à une publicité actuelle des services Desjardins)? Non merci, pas pour moi! Le français est une langue magnifique (à simplifier ? Peut-être...). Mais peut-on avoir le droit..., ou plutôt non, la maturité, de maîtriser l'anglais et d'autres langues, sans pour autant se renier soi-même? C'est possible d'apprendre du reste du monde, sans perdre son identité, quand nous savons qui nous sommes.

lundi 11 octobre 2010

Crise d'Octobre 1970 au Québec : Tid'lidam

Crédits photo : Bibliothèque
et Archives Canada et
L'Encyclopédie Canadienne
Soldat et enfant (18 octobre 1970)
11 oct. 2010 - Il y a quelques jours à peine au Québec, nous étions en plein festival commémoratif de la crise d'Octobre 1970, à la sauce folk. Un noyau d'individus avait décidé à ce moment, en s'inspirant des anciens patriotes, de réaliser l'indépendance du Québec par la force. Cela a débouché sur l'instabilité totale.

Relatant les années troubles ayant culminé par la crise d'octobre 1970, le bien connu Raymond Levesque (auteur compositeur de «Quand les hommes vivront d'amour») a mentionné en entrevue il y a quelques années, que ces années de militantisme où des bombes sautaient à Montréal, c'étaient "les bonnes années". Mais dans l'exercice du quarantième anniversaire des événements d'octobre 1970, qui a presque semblé un effort de mémoire médiatique, consistant a réhabiliter les protagonistes de la révolution avortée, bien peu dans nos médias ont souligné ce que j'aurais aimé entendre. Qu'une minorité  d'individus voulait imposer par la force son choix politique à la majorité.

On le sait, les pirates aujourd'hui amusent les enfants et les scènes dignes des anciennes publications d'Allo-Police, ornent la devanture de la maison québécoise, à Halloween. Il fallait de même, s'attendre à ce que que les felquistes (membres du FLQ) deviennent des gentils nounours qui avaient, suggèrent-on, notre intérêt collectif en tête (musique céleste ici ou mieux, musique folklorique Tid'lidam). 

C'est du moins la lecture qu'ont fait les médias dormant au gaz la semaine dernière. En mentionnant qu'il s'agissait d'une minorité (un groupuscule) d'indépendantistes un peu trop zélés et quasi-folklorique, il aurait fallu ajouter que cela s'apparente à ce que nous voyons encore à divers endroits du globe, quand des gouvernements légitimes sont renversés par des groupuscules minoritaires qui font avancer leur vision par les bombes et les armes, pour imposer leur voix à la majorité.

Nous envoyons un beau message à tout nouvel inspiré, parmi les nouveaux Tché qui voudraient jouer de l'arme automatique et des explosifs. «Dans 40 ans, vous serez des héros!» Je suis en total désaccord avec cette réhabilitation de la mémoire d'une poignée d'individus qui ont tenté d'imposer à la majorité leurs préférences politiques par la voie de la violence. Il y a un nom pour cette forme de militantisme. Dans tout pays où une minorité veut forcer sa vision idéologique par les armes et les bombes, à l'encontre de la volonté de la majorité d'un peuple , on appelle cela terrorisme, ou mafia, ou crime organisé.

Aucun illuminé n'a le droit d'imposer à un peuple, sa vision par le raccourci des armes et de la violence. En réhabilitant de tels actes, nous justifions des groupes minoritaires qui imposent leur vision à la masse, comme les talibans et autres terroristes contemporains.  Chantons en choeur un petit air folklorique : Tid'lidam, tid'lidi-d'lidi-d'lidam, Tid'lidam, tid'lidi-d'lidi-taliban.

Il y a un peu trop de journalisme à gogo (ou gogauche?) et d'amateurisme en information en ces années.