L’Amérique après le christianisme : Sombre enchantement du néopaganisme

Est-ce là ce qui nous attend, ou est-ce déjà là ? S'opposant au christianisme, le paganisme revient en force en Amérique : néopaganisme, sorcellerie sur TikTok, avortement célébré, rejet de l’égalité et retour des « forts sur les faibles ».  Un texte clair et percutant sur le sombre et grand réenchantement. 

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Je vous prospose une traduction en français d'un court essai tiré de l'article America After Christianity Neopaganism’s Dark Enchantment. Le texte issu du milieu Catholique décrit particulièrement la situation aux États-Unis, mais peut s'apparenter en certains points à la culture au Canada, quoique que nous ne soyons pas une république et que nous n'ayons pas la même constitution. À noter que la province (état) du Québec semble avoir une longueur d'avance sur le reste du Canada en matière de néopaganisme. La foi chrétienne y a souvent présenté la loi de Dieu, mais sans la grâce, qui y a été remplacée par le sacramentalisme.

L'article America After Christianity de John Daniel Davidson est fort intéressant, mais la solution ne sera pas purement intellectuelle. 

READ the original in english : America After Christianity - Neopaganism’s Dark Enchantment | by John Daniel Davidson

(Les notes entre parentheses carrées [ ] sont ajoutées au moment de la traduction et les images ont été ajoutées au moment de la traduction)

DÉBUT DE LA TRADUCTION EN FRANÇAIS

L’Amérique après le christianisme 

L’enchantement sombre du néopaganisme

«L’archevêque Fulton Sheen déclarait dans une allocution télévisée en 1974 que « nous sommes à la fin de la chrétienté », qu’il définissait comme « la vie économique, politique [et] sociale inspirée par les principes chrétiens ». « Cela est en train de finir », disait-il ; « nous l’avons vu mourir ». Un quart de siècle plus tard, le pape saint Jean-Paul II affirmait : « Même dans les pays évangélisés depuis de nombreux siècles, la réalité d’une “société chrétienne” qui, au milieu de toutes les faiblesses qui ont toujours marqué la vie humaine, se mesurait explicitement aux valeurs de l’Évangile, a désormais disparu. »

«Qu’elle ait été discutable il y a cinquante ans pour Sheen, ou en 2001 pour Jean-Paul II, cette évaluation est aujourd’hui indéniable. La chrétienté a disparu [1]. Que nous en ayons conscience ou non, l’Occident est entré dans une nouvelle ère postchrétienne.

«Qu’est-ce que cela signifie exactement ? Pour commencer, cela signifie que la morale chrétienne ne façonnera plus notre vie publique. Cela signifie aussi que nous ne désirerons plus ni ne rechercherons des chrétiens pour occuper des positions de leadership dans la société. En réalité, nous considérerons les chrétiens sincères comme des bigots et des fascistes, inaptes à occuper des postes de confiance publique. Cette opinion a déjà été largement adoptée par la gauche mainstream, et sur certains sujets, elle est maintenant adoptée par la droite mainstream. En somme, la déchristianisation de l’Amérique signifie que la culture dominante de notre pays ne sera pas simplement laïque ou neutre à l’égard des chrétiens ; elle sera activement hostile à la foi chrétienne.

«Si une Amérique déchristianisée est hostile à la foi chrétienne, elle le sera aussi envers les idéaux et principes qui en découlent et qui en dépendent : la liberté d’expression et de religion, le gouvernement par consentement, l’égalité devant la loi, les droits humains fondamentaux. Aucun de ces éléments ne sera toléré par un ordre culturel et politique postchrétien. Ils disparaîtront en même temps que la chrétienté. Ils sont d’ailleurs déjà en train de disparaître sous nos yeux.

«La plupart des gens en Occident aujourd’hui ne s’en rendent pas compte ou ne l’acceptent pas. Mais cela se produit malgré tout. Par conséquent, notre tâche est, premièrement, d’accepter que ce changement profond est en train de se produire — et qu’il s’est même déjà produit — et, deuxièmement, de convaincre les autres de la réalité de notre situation. Ce n’est qu’alors que nous pourrons commencer à réfléchir lucidement à ce qu’il faut faire.

Parallèles avec la fin de la Rome païenne

«Il existe une comparaison historique qui peut nous aider à saisir cela. Dans The Final Pagan Generation (La dernière génération païenne), l’historien Edward Watts explique que les Romains nés au cours du premier quart du IVe siècle après J.-C. constituaient la dernière cohorte de païens romains. Ces Romains étaient

nés dans un monde où la plupart des gens croyaient que l’ordre religieux public païen des quelques millénaires précédents continuerait indéfiniment. Ils furent les derniers Romains à grandir dans un monde qui ne pouvait tout simplement pas imaginer un monde romain dominé par une majorité chrétienne.

«Lorsque leur monde s’effondra enfin, ils étaient des vieillards qui ne réalisaient pas que, pendant la plus grande partie de leur vie, ils avaient vécu dans un ordre social et religieux qui disparaissait pour toujours. Les membres les plus âgés de cette génération étaient nés dans un empire qui n’avait jamais eu d’empereur chrétien et qui avait activement réprimé le christianisme tout en persécutant cruellement les chrétiens. Ils mourraient dans un empire qui ne serait plus jamais dirigé par un empereur païen et qui ne soutiendrait plus jamais publiquement les sacrifices, les temples et les fêtes païens de l’ancien ordre romain. Ils n’avaient pas vu venir la chrétienté, et quand elle arriva, ils ne pouvaient pas croire qu’elle transformerait leur monde pour toujours.

«Il nous est utile de penser à cette génération aujourd’hui, non pas parce que notre foi chrétienne risque de connaître le même sort que le paganisme romain, mais parce que nous risquons de commettre les mêmes erreurs que la dernière génération païenne : supposer que notre société et notre civilisation survivront longtemps une fois coupées de leur source, qui a toujours été la foi chrétienne, vivante et active parmi le peuple. À mesure que le christianisme s’efface de la vie publique en Occident, quelque chose d’autre prendra sa place. Quelque chose d’autre est déjà en train de la prendre.

«Cette nouvelle ère postchrétienne en Occident est mieux comprise comme une re-paganisation — c’est-à-dire le retour du paganisme sous une forme moderne [2]. On pourrait l’appeler néopaganisme pour l’ère technologique et numérique.

Pourquoi le paganisme ?

«Parce qu’une fois que nous atteignons la fin du matérialisme séculier — ce qui est effectivement le cas —, une forme ou une autre de paganisme, ou du moins de l’éthos païen, constitue la seule alternative au christianisme.

Différentes formes, mêmes racines

«Et que voulons-nous dire par « païen » ? Le terme peut être vague, et peut-être trompeur. Le retour du paganisme ne signifie pas que nous verrons revenir ses formes antiques — on n’érigera pas de temples à Zeus ou à Apollon sur Times Square. Il prendra une forme contemporaine, adaptée à notre époque postmoderne de réenchantement.


Statue de Baphomet, symbole ésotérique et occulte de tradition occidentale, photo de 2017. La statue a circulé en plein jour, aux États-Unis, pour promouvoir la libre pratique du satanisme auprès des instances politiques de divers états.

«Par exemple, considérons l’explosion de popularité des « influenceurs sorciers » sur TikTok et Instagram. Les personnes plus âgées peuvent s’en moquer, mais elles ne devraient pas. On ne saurait surestimer à quel point les réseaux sociaux influencent et façonnent réellement notre culture aujourd’hui. La sorcellerie est souvent présentée, surtout aux jeunes, comme un moyen d’empowerment et d’affirmation identitaire. On pourrait parler de sorcellerie thérapeutique. [...]

«Autre exemple : considérons l’évolution de notre discours sur l’avortement. À l’époque de Roe v. Wade, la justification de l’avortement était que l’enfant à naître n’était « qu’un amas de cellules », et que mettre fin à une grossesse n’était pas différent d’une appendicectomie. Les progrès de la technologie médicale dans les années 1980 et 1990 ont rapidement rendu cette justification intenable. On nous a alors dit que l’avortement était une réalité malheureuse du monde moderne qui, tant qu’on l’autorisait, devait être « sûr, légal et rare ».

«Aujourd’hui, nous ne nous embarrassons plus de ces fictions polies. Il y a une dizaine d’années, les militants pro-avortement ont inventé l’expression « Shout your abortion » (« Crie ton avortement »). On a dit aux femmes qu’elles ne devaient pas avoir honte d’avoir tué leur enfant à naître, que l’avortement était un bien positif, qu’il ne devait y avoir aucun stigmate social attaché à cela et qu’il fallait au contraire le crier sur tous les toits.

«Étant donné l’état actuel de la technologie médicale, il ne peut plus y avoir de débat raisonnable sur l’humanité de l’enfant à naître. Ce sont des êtres humains ; ils sont vivants ; ils peuvent ressentir la douleur ; ils peuvent même exprimer des préférences pour certains types d’aliments. Personne aujourd’hui ne prétend plus que les enfants à naître ne sont que des « amas de cellules ». Et pourtant, le consensus culturel est qu’on peut les tuer en toute impunité. Après avoir livré une guerre civile pour éradiquer l’esclavage, nous en sommes finalement venus à embrasser une nouvelle forme d’esclavage. Nous croyons que, pour défendre les droits des femmes, une classe entière de personnes doit être privée de tous droits, y compris du droit le plus fondamental : celui à la vie. Pour le dire crûment, l’avortement aujourd’hui n’est pas seulement une nouvelle forme d’esclavage ; c’est aussi une nouvelle forme de sacrifice humain, qui a toujours été une caractéristique des sociétés païennes.

«Dans sa définition la plus simple, le paganisme signifie « non chrétien », voire « antichrétien ». En effet, la vision païenne du monde est un renversement presque parfait de la vision chrétienne. Au lieu d’un Dieu transcendant et tout-puissant régnant sur toute sa création, l’esprit païen postule une multitude de dieux immanents peuplant notre monde ici et maintenant. Au lieu d’une morale objective fondée sur le caractère donné de la création et un ordre moral fixe [3], l’ethos païen exige un relativisme moral adapté à un monde où ce qui est juste et vrai est contingent [4]. Au lieu de considérer chaque personne comme une créature dotée d’une dignité inhérente, créée à l’image et à la ressemblance de Dieu et donc égale en sa nature humaine devant Dieu, le païen croit en une inégalité naturelle et fondamentale, et ne voit aucune raison pour laquelle les forts ne devraient pas dominer et exploiter les faibles. Les forts et les puissants sont naturellement supérieurs aux faibles et aux impuissants, et il est donc normal qu’ils les dominent.

«En effet, l’idée que les faibles et les impuissants comptent, qu’ils ont une dignité égale à celle des puissants, est une idée spécifiquement chrétienne. On ne la trouve nulle part dans toute la longue histoire du passé païen. C’est pourquoi les sociétés païennes, lorsqu’elles sont avancées, finissent par prendre la forme d’empires esclavagistes dirigés par une classe sacerdotale qui pratique une forme ou une autre de sacrifice humain. Cela est vrai sur de vastes étendues de temps, de géographie et de culture. De Babylone à Carthage, en passant par les Vikings de l’Europe du Nord et les empires aztèque et inca des Amériques, les cultures païennes les plus avancées pouvaient paraître différentes extérieurement, mais étaient au fond identiques.

«Seule la rencontre avec la chrétienté a mis fin aux exactions de ces empires païens. Ce n’est pas le simple passage du temps. L’humanité n’a pas pu — et n’a pas — évoluer pour sortir de l’esclavage païen et du sacrifice humain. Seul le Christ a pu montrer la voie.

Une fausse trajectoire

«Le retour de l’éthos païen devrait nous indiquer que nous nous sommes lourdement trompés sur la trajectoire de la civilisation occidentale. Il devrait être clair désormais que notre société déchristianisée ne sera pas une ère de libéralisme séculier marquée par une liberté et une autonomie personnelles toujours plus grandes, par la tolérance et un esprit de « vivre et laisser vivre ». Pendant des générations, on nous a enseigné que le libéralisme séculier était le successeur naturel de la chrétienté. On nous disait que les Lumières avaient retenu tout ce qu’elles pouvaient du christianisme médiéval et que, en se débarrassant de ses croyances superstitieuses en un Dieu invisible et un cosmos enchanté, elles avaient lancé l’humanité sur la voie d’un progrès rationnel, dont l’objectif était de maîtriser la nature, de surmonter les faiblesses de la nature humaine et de créer un paradis sur terre.

«Dans la mesure où Jésus-Christ et son Évangile avaient un rôle à jouer dans cette entreprise, c’était seulement pour indiquer la voie vers une morale « universelle », découvrable par la raison humaine et réalisable par le choix rationnel et la gouvernance. Le sécularisme, concept hérité de ces chrétiens médiévaux superstitieux, deviendrait le principe organisateur de la politique libérale. L’ère séculière plaçait sa confiance dans la science et le matérialisme scientifique comme unique source de connaissance, et affirmait qu’une sorte de christianisme sans Christ suffirait à maintenir l’ordre libéral.

«Mais cela ne s’est pas passé ainsi. Ce qui avait commencé aux XVIIe et XVIIIe siècles comme un projet visant à nous libérer des chaînes et des superstitions de la religion a abouti, au XXe siècle, au massacre de millions de personnes et à la création des régimes les plus tyranniques de l’histoire humaine — des régimes qui prétendaient être guidés par la science, la rationalité et un matérialisme froid et dur. Et là où il n’a pas produit de tels régimes, comme ici en Occident, il a engendré une culture de consumérisme vide, de désintégration familiale, d’avortements de masse, de confusion sexuelle, d’isolement, d’irréligion, d’hédonisme et de désespoir.

«Il s’est avéré que le libéralisme, lui-même produit de la civilisation chrétienne, ne pouvait pas survivre coupé de sa source, qui a toujours été le christianisme. Ce qui est devenu évident, à l’aube du XXIe siècle, c’est que nous, en Occident, avons vécu sur le capital de la chrétienté, en épuisant le dépôt de notre civilisation chrétienne sans le reconstituer. Et maintenant, le capital est épuisé.

Retour aveugle en arrière

«Non, l’avenir de l’Occident postchrétien ne sera donc ni séculier ni libéral. Il ne sera pas non plus athée ou matérialiste, du moins pas entièrement. Le matérialisme et l’athéisme, nous le voyons déjà, ne parviennent pas à donner à l’homme la nourriture spirituelle dont il a besoin par nature. Ayant banni et prétendument dépassé la religion chrétienne, nous sommes maintenant occupés à en trouver une nouvelle pour combler le vide au cœur de notre civilisation. En bref, nous nous engageons dans un grand réenchantement. [5]

«Mais le réenchantement, dans ce contexte, signifie surtout un sombre enchantement. Les anciens dieux reviennent, sous de nouveaux noms et sous de nouvelles formes. Bien sûr, ils n’étaient jamais vraiment partis ; ils s’étaient simplement cachés pendant que nous nous bercions de l’illusion que nous les avions dépassés et bannis, ayant évolué pour comprendre le monde en termes strictement matérialistes et scientifiques.

«Nous pensions que les anciens dieux n’étaient que les simples histoires que l’humanité se racontait dans son enfance, tout comme l’histoire chrétienne était une fiction que nous nous racontions à l’adolescence. Une civilisation pleinement mature n’avait plus besoin de ces choses. Nous avions « percé à jour » ces croyances et compris enfin que les seules choses vraies, les seules choses réelles, étaient celles que nous pouvions mesurer avec nos instruments, celles que nous pouvions quantifier.

«Mais nous nous trompions. Il s’avère que la vision du monde rationaliste et matérialiste nous laisse froids et insatisfaits, tout comme la poursuite de la richesse et du confort nous laisse inassouvis. Nous désirons une connexion avec quelque chose de réel, et nous ressentons, à un niveau profond, que le monde spirituel est réel.

«Et il l’est. C’est une chose que le monde païen et la chrétienté ont en commun. Mais ayant perdu notre foi chrétienne, et cherchant maintenant une forme ou une autre d’enchantement, nous retournons aveuglément vers le passé païen, avec tout son sang, son feu et sa violence.

Le véritable enjeu

«La réémergence de l’éthos païen a donc des conséquences qui vont bien au-delà de la ruine des vies individuelles, car il est totalement incompatible avec quelque chose comme le constitutionnalisme américain ou la république américaine. Pour comprendre pourquoi, il faut reconnaître que la proposition américaine selon laquelle tous les hommes sont créés égaux est une affirmation religieuse, et plus précisément chrétienne.

«Autrement dit, les Pères fondateurs américains [6] n’étaient pas des sécularistes. Ils n’ont cru que tous les hommes sont créés égaux que parce qu’ils croyaient que nous sommes tous les enfants de Dieu, créés à son image. Tout notre système de gouvernement découle de cette croyance ; sans elle, l’ensemble du système s’effondre. L’idée que chaque personne est d’une certaine manière sacrée, portant l’imago Dei, est « évidente par elle-même » seulement pour une conscience morale formée et éveillée par les enseignements du christianisme à travers les millénaires — enseignements que nous, chrétiens, croyons venir du Christ lui-même.

«La fondation américaine n’est donc pas compréhensible en termes strictement séculiers et rationalistes. Notre nation commence par une proposition sur la nature de Dieu et de l’homme. À ce niveau très fondamental, l’Amérique est une nation chrétienne [7].

«Mais si cette proposition est rejetée ou niée, comme c’est le cas aujourd’hui, alors tout ce qui viendra après ne sera plus l’Amérique. Cela pourra s’appeler l’Amérique, cela pourra même utiliser le vocabulaire familier des droits et des libertés, mais ce ne sera pas l’Amérique. Les affirmations du libéralisme sur les droits humains et la dignité sont vides sans la religion dont elles sont issues. L’idée que nous puissions avoir l’un sans l’autre est une illusion pernicieuse, et plus tôt nous nous en débarrasserons, mieux ce sera.

«Pour le dire clairement, nous serons soit une nation fondée sur des affirmations chrétiennes sur ce qu’est l’homme et sur la manière dont la société doit être ordonnée à la lumière de cela, soit nous reviendrons à un état sociétal qui existait avant le christianisme, fondé sur des affirmations païennes sur l’homme lesquelles posent une vision très différente de la manière dont une nation doit être ordonnée.

«L’enjeu n’est donc pas entre le sécularisme et le christianisme, ni entre le libéralisme et le christianisme. Le sécularisme et le libéralisme étaient tous deux des créations de la chrétienté, et à mesure que la chrétienté s’efface, ils s’effaceront aussi. Il n’y aura tout simplement plus de base pour leurs affirmations d’égalité et de dignité humaines, tout comme il n’y en avait pas dans la Rome païenne.

«L’enjeu est entre une vision païenne du monde et une vision chrétienne. Et la proposition au cœur de la vision païenne est que tous les hommes ne sont pas créés égaux ; ils ne sont pas dotés par leur Créateur de certains droits inaliénables. C’est une proposition qui vient d’un ordre plus ancien, pré-chrétien. Elle déclare que certains hommes sont par nature esclaves et d’autres maîtres. L’inégalité est inhérente à notre nature et doit donc se refléter dans notre gouvernement et nos lois.

«Ayant rejeté le christianisme, qu’avons-nous, nous en Occident, à opposer à ces affirmations païennes ? Rien.

Pas de foi, pas de république

«Pour combattre le retour du paganisme, les chrétiens en Amérique devront abandonner la fausse idée, trop longtemps embrassée en Occident, selon laquelle la religion est une affaire purement privée, qu’il doit y avoir un « mur de séparation » entre notre religion et notre politique. Nous devons affirmer, sans nous excuser, que la vie publique de ce pays doit être façonnée par la morale chrétienne et ordonnée selon ses préceptes, comme ce fut le cas pendant la plus grande partie de l’histoire de notre nation.

«Sans la foi chrétienne, vivante et active parmi le peuple, il ne peut y avoir de république américaine [8], car il n’y aura plus de base pour la proposition qui est à son cœur : que tous les hommes sont créés égaux. Cette proposition, pour être claire, exige le christianisme et tout ce qui l’accompagne.

«Si nous voulons sauver notre république, nous devrons donc redevenir un peuple chrétien. Il ne suffira pas de gagner une élection, d’obtenir une décision favorable de la Cour suprême ou de bricoler une coalition majoritaire au Congrès. Il faudra une reconversion du peuple américain et une refondation de la république. Et nous devons être réalistes : cela ne se fera pas au cours de la vie de quiconque est vivant aujourd’hui. Cela prendra des générations. 

«Cela signifie que nous avons une route difficile devant nous, mais ce n’est pas un conseil de désespoir. La seule base solide pour l’espérance, dans cette situation, est d’être honnête sur ce qui s’est passé et sur ce qui doit être fait maintenant. Sans une vie publique façonnée par le christianisme, il ne peut y avoir de république américaine. Coupée de notre foi chrétienne, notre civilisation est en train de mourir. C’est la vérité nue, que, au fond d’eux-mêmes, tous les hommes de foi et de bonne volonté savent être vraie.

«Ainsi soit-il. Comme l’écrivait G. K. Chesterton dans L’Homme éternel : « La chrétienté a connu une série de révolutions et, dans chacune d’elles, le christianisme est mort. Le christianisme est mort de nombreuses fois et a ressuscité ; car il avait un Dieu qui connaissait le chemin pour sortir du tombeau. »


FIN DE LA TRADUCTION

La solution ne sera ni purement intellectuelle, ni purement politique

Image de la reine Esther, d'origine juive, dont le peuple a été déporté en Perse, où il a évité miraculeusement le génocide dans toutes les provinces de l'empire. On trouve le récit dans le livre biblique d'Esther. Image générée par IA, selon les critères définis par Gilles B.



La situation ressemble au temps de la jeune reine Esther, dont le peuple était menacé, selon le récit biblique. Il y eut à la fois une prise de conscience spirituelle du danger et des essentielles actions concertées (entre autre avec son oncle et tuteur Mardochée), en commençant par reconnaître le besoin inévitable de l'intervention divine (appel au jeûne devant Dieu par un peuple menacé) et l'incontournable démarche concrète pour nommer et dénoncer le plan en cours. Ce plan, consciemment ou non selon les porteurs et idées promues, a pour effet une tentative de plus en plus évidente, de déchristianisation de la société, du politique et de la vie publique, alors que l'ethos païen; les valeurs, croyances et pratiques païennes, sont en train de s'approprier l'espace politique, éducatif, scientifique, économique, juridique, etc.

Chaque fois que l'humanité rejette sciemment le Dieu de la Bible, représenté et annoncé par Jésus, il suffit de deux ou trois générations pour que tout se dégrade moralement. Pourquoi en est-il ainsi ? Parce que la confiance (s'appuyer) sur la seule sagesse humaine et sur le pouvoir des plus forts qui devraient servir les autres mais les dominent (élitisme narcissique incontournable), fait justement partie du problème. Et souvent, la foi chrétienne vivante dégradée et déclinée sous une forme religieuse légaliste et sans puissance fait ou a fait aussi partie du problème. C'est ce qui arrive quand l'Église présente la loi de Dieu, sans sa grâce et sa compassion à travers sa Nouvelle Alliance ... Il en est ainsi aussi parce que les justes combattent selon les règles et standards de Dieu, alors que l'autre, l'adversaire, est comme un boxeur avec une pièce de métal dans son gant de boxe et qui a corrompu l'arbitre... Il faut alors discerner et trouver un arbitre impartial.

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1.    En fait, pas totalement, car la foi chrétienne peut prendre des formes et manifestations différentes de ce que l'Amérique du Nord a principalement connu aux entre les 18e et 20e siècles. Disons que si l'on parle de christianisme en tant que culture (grande tradition) on peut dire que oui. En fait, le véritable bug de l'an 2000 a probablement été la fin de la culture chrétienne.

2.     Postmoderne, dans les faits.

3.     Un système moral pérenne, absolu, au-dessus de l'autorité humaine dans sa valeur et dans le temps

4.     N'a pas la même application pour tous

5.    Un retour du magique (sorcellerie et sorts, gnosticisme, rites initiatiques, etc.) mais il semble que ceux-ci seront plus assumés (davantage publics ou davantage promus).

6.     Les fondateurs de la Constitution des États-Unis

7.     Une «nation chrétienne» du point de vue de la Constitution, par son origine, et du point de vue d'un grand nombre de citoyens

8.    L'article décrit la situation aux États-Unis. Bien que des éléments sociétaux soient comparables avec le Canada dans les valeurs fondatrices, on ne peut y transposer en tout point ce qui est décrit ici par l'auteur. Mais l'on peut s'en inspirer pour discerner les temps.

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