samedi 17 mai 2014

Hydro-Québec: pourquoi privatiser un patrimoine rentable et essentiel?

Hydro-Québec fournit de l'électricité d'une manière généralement rentable à un prix abordable pour les résidents du Québec. Pourquoi veut-on privatiser quelque chose de rentable pour une chose aussi essentiel que notre patrimoine énergétique?


La Société d'État réussit même à réinjecter de l'argent dans le Gouvernement en dividendes; près de 2,21 milliards de dollars selon le rapport sur le développement durable faisant le bilan de l'année 2013. Pourtant, périodiquement la même pression revient pour privatiser la Société en tout ou en partie. 

Suite au rapport d'Hydro-Québec de mai 2014, la Société nous informe par communiqué du 12 mai 2014 
«La contribution d'Hydro-Québec à l'économie du Québec s'est élevée à 6,6 G$ en 2013. Outre le dividende de 2 207 M$ versé au gouvernement du Québec, un sommet, signalons 3 370 M$ en acquisitions de biens et services auprès d'entreprises établies au Québec, 669 M$ en redevances hydrauliques, 245 M$ en taxe sur les services publics, 36 M$ en taxes municipales et scolaires et 31 M$ en investissements communautaires».
(NDLR : G$ = milliards de dollars; M$=millions de dollars; 1000 M$=1G$. Par exemple, une dividende annuelle de 2207 M$=2,207 milliards ou G$)
Vérificateurs-monteurs sur un pylone d'Hydro-Québec du chantier de la Romaine-2-Arnaud. Source : Hydro-Québec,  Rapport sur le développement durable 2013.
Pourquoi faut-il privatiser une Société rentable qui distribue quelque chose d'aussi essentiel que de l'énergie, et qui réussit à le faire à des tarifs raisonnables tout en fournissant un apport de revenus à l'État. Il y a quelque chose qui ne fonctionne pas dans cette logique qui n'en est pas une.

mercredi 14 mai 2014

Sur la «discrimination positive» et ses anomalies: quand bonnes intentions génèrent injustice

Depuis les élections du 7 avril 2014 au Québec et un récent jugement en sa défaveur par la cour Suprême aux États-Unis, la justification de la discrimination dite «positive» (imposition de quotas) revient à l'avant-plan. Au même moment, dans les médias, l'ex gouverneure du Québec, une femme qui satisfaisait dans sa fonction au moins deux critères de discrimination positive, fait la manchette pour un procès médiatisée pour fraude potentielle. Madame Lise Thibault est à la fois femme et handicapée. Dans ce qui suit, sont abordées quatre anomalies parmi d'autres, concernant la discrimination positive fondée sur le genre. 

1.  Vous avez dit compétences égales? Voyons voir...

Avec la discrimination dite «positive», la femme en 34e position sur une liste, supplante un homme classé en 1ère place, pour un emploi favorisant la discrimination positive envers les femmes. Donc, pour la «compétence égale», on pourra repasser...

Ce que la plupart des gens des médias ignorent ou veulent ignorer dans ce débat, c'est que la notion de «compétences égales» indique uniquement (dans la fonction publique) s'être classés sur une même liste. Mais sur cette liste, il y a l'équivalent de (j'utiliserai ces termes pour mieux comprendre) «juniors», «intermédiaires» et «seniors». Ainsi, un homme très compétent et de 15 ans d'expérience (ex. prouvé de niveau senior), peut être supplanté par une femme par exemple de niveau junior, mais qui a réussi à se classer sur la même liste d'aptitudes. Ces listes sont souvent construites à partir de connaissances et critères généraux de la fonction acquis en formation ou avec un minimum de préparation. Une même liste d'aptitudes, au public, compte donc en réalité, un large spectre d'expériences et compétences, allant du presque débutant au très avancé.

2.  Lorsqu'un homme vit la discrimination fondée sur le genre (homme, femme), une femme la vit aussi

Presque toujours, lorsqu'un homme vit cette forme de discrimination, une femme, la conjointe, la vit aussi. Et souvent, la famille est impliquée aussi. Là où l'emploi est abondant, un homme trouvera plus facilement une alternative.  Mais en régions et dans les villes avec un plus haut taux de chômage, la discrimination dite «positive» peut causer des dommages plus sérieux aux familles: chômage, endettement, déménagements, report de l'achat d'une première maison, report de la naissance des enfants, etc., même pour un homme plus compétent qu'une candidate retenue (point précédent).

Et la discrimination positive dans un secteur d'emploi ou d'activité finit par atteindre les femmes elles-mêmes, comme ce cas médiatisé en Ontario vers 2010: une femme de l'Ontario a été écartée d'un emploi, pour une femme d'une autre ethnie. Parfois il vaut mieux laisser faire la nature. S'il y a plus d'hommes que de femmes monteurs de lignes à Hydro Québec, c'est peut-être que les femmes n'aiment pas cette activité. Même chose en politique. Inversement, moins d'hommes visent la fonction d'enseignant au primaire et les soins infirmiers.

3.  Ce type de critères risque inévitablement de susciter les tensions et l'injustice

Ce genre de critères risque inévitablement de susciter les tensions et dans les pires cas, la haine, lorsque l'emploi est plus rare. Mais il faut dire qu'au Québec, avec une situation potentiellement à problème, on a le don de créer une crise, comme on l'a vu avec la charte des valeurs du PQ (illogique et pleine de contradictions). La chose a été tellement mal gérée, qu'on ne pourra peut-être plus aborder la question de la protection de la culture d'accueil pendant 10 ou 15 ans, le temps que les véritables radicaux fassent leur nid et radicalisent les autres, en exerçant des pressions sur leur communauté.

4.  La discrimination positive, bien plus qu'un désir d'équité

La discrimination positive et ses quotas : une idéologie très contestable, invalidée récemment pas la Cour suprême aux États-Unis, se révèle par le test social, bien plus qu'un désir d'équité. Au Québec, elle n'est pas appliquée dans le secteur public, pour les fonctions traditionnellement à majorité féminines comme l'enseignement, les soins infirmiers, en bureautique, etc. Cela démontre l'aspect beaucoup plus idéologique qu'équitable de la pratique. Le sens unique de la discrimination «positive» (jamais pro-homme ou pro-mâle) révèle donc que le véritable objectif n'est pas l'équité, mais l'idéologie pour elle-même; un féminisme plus radical.

Conclusion

Quand un gouvernement commence à tripoter ce genre de situations en créant une pseudo-justice (remplacer une injustice par une autre), il crée au moins autant de problèmes qu'il n'en règle. Il y a d'autres façons d'aider les demandeurs d'emplois à se positionner.

De plus, certaines fonctions attirent moins les femmes et d'autres attirent moins les hommes. Peu de femmes aspirent à se retrouver dans une nacelle de cablo ou d'Hydro-Québec, par moins dix degrés centigrades. Peu d'hommes rêvent d'un emploi de bureau du type secrétaire, ou d'éducateur en services de garde de la petite enfance. Les interventions, s'il y en a, ne doivent pas pénaliser ceux qui sont déjà actifs dans un secteur d'activités.

lundi 12 mai 2014

Montréal et Québec «cités-États»: la faveur populaire, mais à quel prix?

Ainsi donc, les Québécois seraient plutôt en faveur de l'axe CODERRE-LABEAUME (maires des deux principales villes) pour un statut particulier avec plus de pouvoirs pour les villes de Montréal et Québec qui deviendraient une sorte de «cités-États».  Les nuances s'imposent pour ne pas sombrer dans la totale illusion. Comme on dit pour protéger les consommateurs, quand c'est «trop beau pour être vrai», c'est généralement que c'est faux. L'ouverture si rapide d'un gouvernement PLQ, quelques jours après  son élection, pour deux cités aux pouvoirs considérablement élargis, sont à mon avis, les indices plus que possibles de ceci : un plan où les stratèges du parti au pouvoir voient quelques coups en avance, sur les deux maires en foire. Rapidement, on peut voir au moins 4 problèmes réels ou prévisibles. Mais il faut aussi aborder la question incontournable: Quel est donc l'avantage du gouvernement du Québec pour se montrer si ouvert et si rapidement, suite à son élection? (dernière modification : 15 mai 2014, 18:48)

Mais avant, voici quelques chiffres
  • Dans la région de la ville de Québec (le Québec métropolitain), selon le Journal de Montréal / Journal de Québec, 66% (les deux tiers) des répondants sont en faveur d'un statut particulier aux pouvoirs élargis pour la Métropole et pour la capitale du Québec. 
  • Pour la région métropolitaine de Montréal, ce pourcentage descend autour de 58% (env. 6 personnes sur 10).
  • Globalement pour la province, l'approche des deux villes aux pouvoirs augmentés reçoit l'appui de 53% des répondants (env. 1 personne sur 2)

Au premier-plan au centre-gauche de la photo, l'Hôtel de ville (mairie) de Québec et ses pignons verts, faisant face à l'Édifice Price (une tour à bureau), achevé en 1930. À l'extrême-gauche avant, à côté de l'Hôtel de ville, une partie de l'édifice du ministère des Affaires municipales du Québec. À l'arrière-plan, le Fleuve Saint-Laurent en front du Port de Québec. Photo: Gilles B. | YapasDePRESSE.blogspot.com, octobre 2009.

Le ou les problèmes prévisibles

Premièrement, les sondés tiennent-ils compte du fait que c'est un changement pour des décennies? Plusieurs personnes préfèrent y voir une approche temporaire ou facilement réversible, adjointe d'une sorte de droit de retrait. Erreur, du moins jusqu'à preuve du contraire. À moins que ce soit là, la vision du gouvernement: un pouvoir transitoire (ex. sur 5 ans), le temps pour les villes d'imposer certains coups de barres dans leurs finances, notamment et surtout, face à leurs employés et aux syndicats. Mais les maires demandent plutôt des pouvoirs accrus ET permanents.

Deuxièmement, Toronto a vécu une transition du genre qui s'est surtout soldée par de nouvelles taxes. La grande ville canadienne a aussi implanté d'autres politiques impopulaires proches de l'idéologie. Le résultat du City of Toronto Act? Insatisfaction croissante et taxes, sans oublier la popularité incroyable d'un maire à la rescousse, en la personne de Rob FORD, incarnant le renversement de la tendance fiscale à la hausse. Même en proie à la toxicomanie et à des frasques comportementales, ce dernier est demeuré populaire et a conservé un potentiel électoral. Plusieurs Torontois préfèrent n'importe qui, à un partisan des grands projets ou idéaux verts, adjoints d'augmentations des taxes foncières ou autres. C'est peu dire. Bref, ce qui était présenté comme un idéal allant de soi avec les nouveaux pouvoirs pour Toronto, est plutôt devenu un mauvais rêve.

Troisièmement, soyons réalistes, la formule de villes aux pouvoirs comparables à une «cité-État» ne connaîtra pas que des mandats avec des bons maires, mais aura à composer aussi avec de moins bonnes administrations, sinon carrément mauvaises. C'est l'histoire de la vie municipale. Les élus des deux villes ne feront pas nécessairement mieux que ceux du gouvernement de la province. C'est cela la réalité, et un mandat, ça peut être long et renouvelé. Un ou deux mauvais mandats pourront détruire l'effort précédent.

Quatrièmement, il faudra compter aussi avec les idéologies et modes diverses, dans un Québec en pleine polarisation des idées et sous une telle administration municipale sans contrepoids gouvernemental suffisamment fort de la province. Les deux villes aux pouvoirs augmentés seront en meilleure position pour enfoncer leurs projets dans la gorge de leurs citoyens, avec les coûts qui vont avec. L'on pourra voir grand, mais pour ce faire, il faudra manger beaucoup, voire dévorer les dollars, et les dollars de qui? Ceux des contribuables et probablement ceux des employés municipaux qui risquent de devenir des cibles par excellence. Comme projets coûteux, on peut penser par exemple, à des équipements dont la majorité des citoyens ne voudraient pas (comme l'anneau de glace à Québec, ou des jeux olympiques, ou un tramway, etc.) mais qu'ils devraient assumer en votant pour un candidat faisant la promotion de l'un ou l'autre, faute d'alternative au maire sortant lors d'une course électorale et surtout, parce que la ville aurait moins besoin de l'appui de la province. Nous savons que certains maires, lorsqu'ils sont élus, prétendent que les électeurs appuient la totalité de leurs projets, alors que la réalité est beaucoup plus nuancée. Il se croit bien malin, celui qui prétend savoir ce qui est dans le cœur de ses citoyens.

«Potentiel explosif» (selon Karine GAGNONau sens politique du terme 

Même une chroniqueuse du Journal de Québec, connue pour son fort appui au maire de Québec, décrit le nouvel «équilibre» en ces termes:
«On savait déjà que l’axe Coderre-Labeaume détenait le potentiel d’une véritable machine de guerre, mais lorsqu’en plus leurs demandes communes bénéficient d’un appui massif de la population, il y a de quoi faire trembler le gouvernement» (2).
Tout cela, sous le titre de chronique suivant: «Potentiel explosif». On ne pouvait mieux décrire les enjeux pour un gouvernement qui doit constamment négocier avec les villes (ex. réalisation ou financement d'infrastructures). 

UNE QUESTION INCONTOURNABLE : Quel est donc l'avantage du gouvernement du Québec pour se montrer si ouvert et si rapidement?

vendredi 9 mai 2014

Ottawa: Que manquait-il sur l'affiche Femen contre pro-vie ce 8 mai 2014?

Que manquait-il sur l'affiche d'une des deux militantes Femen qui ont perturbé le rassemblement pacifique contre pro-vie à Ottawa?

Photo de l'Agence QMI
L'affiche se lit comme suit:
my BODY
my RULES

Que manque-t-il?
Réponse:

mardi 6 mai 2014

Saga de l'Hôtel le Concorde; discorde phase 3

La ville de Québec est mise en demeure par les nouveaux propriétaires de l'Hôtel Le Concorde (menace de poursuites légales). Rappelons qu'après les problèmes avec le premier propriétaire, le groupe Savoie, et avec la saga avec un deuxième groupe d'acheteurs qui a laissé tomber face à la controverse et au prochain changement de zonage, voilà que le dernier groupe d'acheteurs qui a acquis Le Concorde du groupe Savoie, met la Ville de Québec en demeure. 

Selon Jean-Guy SYLVAIN, copropriétaire du nouveau groupe, la ville ne peut pas ainsi, à son gré, changer l'utilisation permise de biens immobiliers, après une transaction ou en pleine transaction, pour empêcher la diversification de l'utilisation habitation permise jusque là par le zonage. C'est selon le groupe, une forme d'expropriation déguisée. La modification réglementaire faisant l'objet d'une consultation publique, menace le financement du projet. Et le syndicat des employés pourrait bien tenter de tirer avantage du fait que les propriétaires ont en quelque sorte, les mains attachées, selon l'approche dénoncée comme discriminatoire, si l'on considère l'usage habitation, permis aux hôtels à proximité, le Hilton et le Château Laurier.

Portion de la Grande Allée, avec en arrière-plan, l'Hôtel le Concorde et son restaurant tournant. Les commerçants du secteur se sont peut-être tirés dans le pied, en méprisant la formule avec les retraités (groupe Savoie) et la formule en partie condo (deuxième groupe d'acheteurs). Photo YaPasdePRESSE, Gilles B (octobre 2009).
On se souviendra que le maire voulait garantir 100% des chambres en hôtellerie conventionnelle, sous la pression des commerçants du secteur, mais aussi que l'élu voulait empêcher par ce moyen, le risque d'une transaction avec un groupe potentiellement en lien avec la mafia.

Le problème: si dans un désir de blanchiment d'argent, un groupe criminalisé tente d'acheter Les Galeries de la Capitale, un des plus importants centres commerciaux au Canada, il va zoner en quoi le maire? en patinoire à étages? J'avais aussi écrit que les villes ont besoin de lois et de plus d'outils juridiques, pour empêcher le l'acquisition d'immeubles par le milieu criminel. À mon avis, la ville faisait fausse route en agissant sur le zonage. Par exemple, on pourrait revoir ou modifier l'aspect des compagnies à numéro, ou permettre aux villes, un délai de vérification de non-empêchement pour raisons criminelles, etc. 

Après trois groupes et trois problèmes, se peut-il que ce soit l'actu-maire qui n'ait pas le bon pas?

Tout compte fait, le nom de l'Hôtel pourrait bien être changé de celui d'Hôtel Le Concorde, en celui de d'Hôtel de la Saga. C'est toujours le risque quand les élus, maires ou conseillers, s'ingèrent dans la micro-gestion normalement réservé aux spécialistes, à la place de leurs professionnels (juristes, urbanistes, etc.). Ce qui est reproché au gouvernement provincial à l'égard des villes, est ici pratiqué par l'Élu à l'égard de ceux-là. C'était prévisible avec la politique de la «porte ouverte» du bureau du maire, qui devient portes closes durant les rencontres. Cela ressort avec les dérapages que l'on connaît dans ce dossier. Les premiers acheteurs, le groupe Savoie, représenté par Eddy SAVOIE, étaient ressortis optimistes de ce genre de rencontre, pour être ensuite rabroués publiquement pour leur projet d'habitation pour retraités à l'aise financièrement. Entre les deux événements, la réaction des commerçants du secteur qui craignaient la baisse de leurs chiffres d'affaire, notamment qui craignaient de voir trop de déambulatoires, de prothèses et de dentiers, sur la Grande Allée. Résultat: plusieurs citoyens trouvent que cela fait gros village et non grande ville... 

samedi 3 mai 2014

Québec: les «cités-États», les «vaisseaux-maires» et la Voie taxée

Utopie du jour ET comment le maire Rob FORD est devenu possible à Toronto. Sur les demandes de pouvoirs largement augmentés des grandes villes, qui veulent s'affranchir des contrôles du palier de gouvernement au-dessus (les provinces), enfin un chroniqueur éveillé et qui réfléchit, en la personne de François BOURQUE dans La Presse/Le Soleil. Le titre:  La grande illusion des «cités-États».

Ville de Québec, partie historique. Photo : Gilles B. YapasdePRESSE.blogspot.com, oct. 2009
Mon commentaire

Pour ma part aussi, l'idée voulant que les grandes villes comme Québec et Montréal avec des pouvoirs considérablement augmentés, feraient mieux que le gouvernement, je n'y crois pas. Sous une bonne administration, ce serait logiquement mieux. Sous une mauvaise, ce serait pire, car le palier de gouvernement au-dessus aurait moins de prise pour faire contre-poids. Par contre, je crois à la délégation de certains pouvoirs avec l'enveloppe budgétaire rattachée, MAIS dans le respect des lois existantes; non pas via des règles favorisant une grande ville en déshabillant une région.

Naissance d'une utopie en direct

Dès que j'ai entendu les attentes des maires de Montréal et de Québec pour des super-pouvoirs, j'ai tilté. Mais autour, dans les médias, tout le monde semblait séduit par l'idée. Comme lorsque naît une utopie qui réussit à séduire mais fondée sur de la mousse de bain. Dans le nouveau monde des grandes villes-États, tous les maires et hauts-fonctionnaires seraient compétents et équitables.
  • Il n'y aurait pas eu, pense-t-on, les dérives de Montréal. 
  • Les règles éthiques deviendraient aussi utiles qu'un gratte-dos, car tout le monde serait propre et pro-actif, à commencer par la métropole. 
  • Chacun rechercherait le bonheur de son prochain et le bien-être de sa cité, de sorte que les syndicats seraient par conséquent, utiles comme une souffleuse à neige (déneigeuse) à Palm Beach (1). 
  • Aux élections, il n'y aurait que des candidats/candidates solides, compétents, expérimentés, justes et équitables, à la fois très généreux et très économes
Peut-on être contre cela? Dans un sondage commandé, la grande majorité dirait: «Oui, je le veux». Mais c'est une utopie limitée par la nature humaine et par les objectifs contradictoires.

Même certains animateurs des émissions de radios privées parlées, ont confessé leur foi dans ces séductrices «cités-États» et leurs «vaisseaux-maires». En choeur, deux d'entre eux ont chanté une ode, un matin de fin d'avril 2014. Ils ont déclaré: «je n'ai aucun problème avec cela»; «Moi non plus». Le «cela» désignant les éventuelles «cités-États» de Montréal et Québec. Et d'ajouter à peu près en ces termes: «ce sera à nous, après cela, à se donner des bons dirigeants». Je n'en croyais pas mes oreilles. Évidemment, au Québec, tout le monde vote avec logique...; faux. Les Québécois votent avec leurs émotions. Ils élèvent à une élection et ils punissent à la suivante, quitte à voter pour un parti qui sent mauvais. À la dernière élection de 2013 à Québec, l'actu-maire a presque été élu par acclamation, sans adversaire sérieux; dans une capitale de 0,6 millions de personnes. Combien de fois dans les élections tant provinciales que fédérales des dernières décennies, avons-nous entendu la même description, ou même dit, qu'il n'y avait pas d'alternative crédible, aux élus sortants. Et soudain, par une métamorphose digne des récents films sur les super-héros et sur les demi-dieux mythiques, nous aurions une panoplie de candidats offrant une alternative réelle. Je m'interroge. Jérôme LANDRY et son chum du matin à Radio X, ont-ils mangé des muffins au cannabis sans le savoir? Il faudrait contrôler ce qu'on leur livre en studio. Et à mon levé, ce samedi tant attendu, un chroniqueur, en la personne de François BOURQUE, avait pondu un excellent texte qui va dans le sens de ce que je voulais exprimer. Soulagement. Je ne suis pas le seul à avoir des réserves sérieuses.

Pour une véritable délégation de certains pouvoirs et budgets

Bien sûr, il y a des questions sur lesquelles les grandes villes ou villes-pôles régionales peuvent gagner à conserver ou se voir délégués des pouvoirs complets par la province. Je parle ici d'une véritable délégation d'un pouvoir, et non d'un chevauchement. Par exemple, une ville pourrait valider elle-même la conformité aux normes environnementales des grand projets de développement, mais par une voie plus rapide, du fait d'éliminer un intermédiaire. Cela se fait déjà en partie (inspecteurs municipaux), mais il faudrait vraiment un pouvoir délégué avec une enveloppe budgétaire. Moins de fonctionnaires au provincial, cela justifierait la transmission de l'enveloppe correspondante au municipal. Mais les grandes villes devraient appliquer les mêmes lois que le palier de gouvernement supérieur. Elles pourraient avoir plus de pouvoirs en main, dans des domaines comme le tourisme, l'environnement, etc. Mais la nouvelle vague des «supers-maires» veut aller beaucoup plus loin. On veut pouvoir décréter ce qui ne l'est normalement par les provinces; devenir des rois régionaux élus.

Baguette magique

La requête est basée sur une hypothèse hydilique. Selon celle-ci, le gouvernement d'une grande ville transformée en une sorte de royaume régional avec sa cour, deviendrait une ville bien gérée et sans problème, comme par un coup de baguette magique. Dans une «cité-État» au sens actuel, dans le contexte québécois, Montréal n'aurait pas été paralysée par la corruption et par le laxisme durant les dernières décennies. C'est une conception naïve, dont l'égale est que tous les problèmes se règlent avec plus d'argent. Alors que tout être responsable sait que bien souvent, les façons de faire et le tri dans les priorités, comptent pour une grande partie de la solution; en concentrant sur les choses essentielles. Dans une grande organisation, il faut mettre les bonnes personnes aux bonnes places et faire des choix d'offre, comme cela se fait en entreprise.

La grande variable oubliée de l'équation

La grande omission dans notre contexte nord-américain, c'est la

samedi 26 avril 2014

ENTREVUE Le Devoir : La médecine désarmée devant la mort

Voici un extrait d'une excellente entrevue diffusée en février 2010 avec le Dr Balfour MOUNT, dans le journal Le Devoir.
En 1973, le Dr Mount, chirurgien-clinicien en urologie-oncologie à l'Hôpital Royal Victoria, entreprend une étude sur les soins prodigués aux patients en phase terminale dans son institution. Le constat qu'il fait le trouble profondément. «Je savais le personnel hospitalier très compétent, attentionné et ayant à coeur d'offrir les meilleurs soins possible aux patients. La technologie médicale, nous l'appliquions très bien, mais nous avions omis le fait qu'il y a une importante différence entre la pathophysiologie de la maladie sur laquelle nous concentrions nos efforts et l'expérience subjective de la maladie qui est influencée par ce que nous sommes comme personne. Car il y a des aspects physiques, psychologiques, sociaux, spirituels, voire financiers, qui modifient cette expérience», souligne le Dr Mount avant de rappeler que «quand on ne peut plus espérer prolonger la vie, l'objectif est d'améliorer la qualité de vie, ce qui est expressément le but des soins palliatifs. Or, les patients se faisaient souvent dire qu'on ne pouvait plus rien faire pour eux. On leur faisait sentir qu'ils occupaient un lit dont nous avions besoin pour un patient pour lequel on pouvait faire quelque chose», raconte le Dr Mount. «Cette attitude reflétait notre manque de compréhension et notre ignorance de ce qui peut être fait pour ces patients qui sont les plus malades de notre système de santé. Nous ne satisfaisions pas les besoins psychosociaux, voire physiques de ces patients. Personne ne s'était penché sur ce que pourrait être un contrôle adéquat des symptômes, dont la douleur, chez cette population de patients.» 
[...] Le Dr Mount affirme humblement que ce sont deux de ses patients qui lui ont donné les meilleurs enseignements. L'un d'eux, un brillant jeune homme de 30 ans, surnommé Chip, membre de l'équipe olympique canadienne de ski, qui avant son cancer généralisé «ressemblait à un dieu grec et excellait dans tout ce qu'il entreprenait», confia au Dr Mount, peu avant sa mort, alors qu'il était devenu squelettique comme les rescapés d'Auschwitz, qu'il «venait de vivre la meilleure année de sa vie». «J'ai eu une vie merveilleuse, tournée vers le monde extérieur. Durant cette dernière année, j'ai fait un voyage intérieur et ce fut le voyage le plus extraordinaire de ma vie», lui avait-il dit à l'insu de sa famille.

«Ce patient m'a enseigné que l'on ne peut juger la souffrance d'autrui», car, même dans un état physique effroyable, un mourant peut vivre les meilleurs moments de sa vie. Dans son cas, «sa famille souffrait probablement plus que lui et projetait sa propre souffrance sur lui», explique le Dr Mount [...]
Dr Balfour MOUNT (vers 2010). Crédits photo: Bethany MOUNT
Image recadrée par YapasdPRESSE.blogspot.com

LIRE l'entrevue au complet :
Pauline GRAVEL. 

L'entrevue - La médecine désarmée devant la mort. 

Le père des soins palliatifs au Canada propose une approche plus humaine

Le Devoir, 1er février 2010.