dimanche 14 octobre 2012

COMMUNIQUÉ - Soutenir davantage l’école privée et la diversité scolaire plutôt que menacer

COMMUNIQUÉ de la Coalition pour la liberté en éducation (CLÉ), MONTRÉAL, le 15 oct. 2012 –  Soutenir davantage l’école privée et la diversité scolaire plutôt que menacer les parents

La Coalition pour la liberté en éducation (CLÉ) tient à réagir à la déclaration de la ministre de l’Éducation, Mme Marie Malavoy, sur la fin du financement gouvernemental des écoles privées du Québec qui sélectionnent leurs élèves. La CLÉ s’inscrit en faux contre ces menaces alors que l’école privée remplit une fonction primordiale, de manière efficace et de façon économique.

Pour la CLÉ, le gouvernement est garant de l'accès pour tous à une éducation qui correspond aux choix des parents et des élèves, que ce soit dans les écoles privées ou dans un réseau public qui devrait gagner en autonomie. Il n’est pas productif de menacer de la sorte les parents qui ont à cœur l’éducation de leurs enfants. La CLÉ en appelle à un dialogue constructif et à renforcer la diversité et la concurrence scolaire.

Cette diversité doit exister tant dans l’administration des écoles que dans l’offre de programmes. Un sondage Léger-Marketing tenu du 27 au 29 février 2012 indiquait que 54 % des Québécois désirent que les écoles bénéficient d’une plus grande liberté dans le choix des programmes qu'elles enseignent et dans la façon de les enseigner.

La CLÉ regrette la philosophie égalitariste qui inspire la ministre de l’Éducation dont l'issue pourrait être un ‘nivellement par le bas’. Le Québec a besoin d’écoles d’excellence. Cette excellence peut s’exprimer dans de nombreux domaines scolaires : sportif, artistique, technique ou académique.

Pour le secrétaire de la CLÉ, Patrick Andries, « la meilleure manière d’éviter que l’école privée ne devienne la chasse gardée des plus nantis est d’en faciliter l’accès pour tous. L'État doit faciliter cet accès et ne pas l'entraver. » Or, comme l’indiquaient l’économiste Jean-Luc Migué et le professeur Richard Marceau dans leur ouvrage Le Monopole public de l'Éducation, « les règles et restrictions imposées à l'école privée par le gouvernement du Québec sont en grande partie responsables de la sélection pratiquée par l’école privée. »

La Coalition pour la liberté en éducation préconise une plus grande diversité de l'offre scolaire et la remise de l’argent du financement entre les mains des parents (bons scolaires), ou de leur accorder des crédits d'impôts, d’accroître la liberté dans les programmes et de soutenir toutes les écoles (privées comme publiques) qui accueillent des élèves en difficulté ou à risques.

Cinq Royals Marines britanniques arrêtés pour meurtre: À quand l'équivalent en islam?

14 OCTOBRE 2012. À QUAND L'ÉQUIVALENT POUR LES COMBATTANTS ISLAMISTES? Le Monde.fr publie cette nouvelle: «cinq soldats britanniques de l'unité d'élite des Royal Marines  ont été inculpés de meurtre pour un incident survenu en Afghanistan en 2011, a annoncé dimanche 14 octobre le ministère britannique de la défense» (1)


Royal Marines de Grande-Bretagne
en Afghanistan.  Source : 
http://www.royalnavy.mod.uk
On ne peut certainement pas être contre les sanctions pour crimes de guerre et l'on doit se féliciter du respect d'un code d'engagements ou d'éthique militaire. Mais...

Ma question : À quand des tribunaux en islam pour les combattants islamistes qui pratiquent les crimes de guerre quotidiennement?

Vous n'êtes pas prêt de voir cela! Sauf si ce sont des «crimes» contre leur propre cause.

LIRE AUSSI:
Le monde arabe hait les femmes. par Mona Eltahawy, éditorialiste egypto-américaine, Publié sur Slate.fr (2 mai 2012)
En novembre 2011, elle a été agressée sexuellement par la police égyptienne et molestée puis détenue par le ministère de l'Intérieur et les services de renseignement militaire.
_______________
1.  Le Monde.fr avec AFP. Grande-Bretagne : cinq Royal Marines inculpés pour un meurtre en Afghanistan en 2011. 14 octobre 2012.
http://www.lemonde.fr/europe/article/2012/10/14/grande-bretagne-cinq-royal-marines-inculpes-pour-un-meurtre-en-afghanistan-en-2011_1775224_3214.html?utm_source=dlvr.it&utm_medium=twitter#xtor=RSS-3208001
Lien consulté le 14 octobre 2012.

lundi 8 octobre 2012

Chicane de famille à l'émission les Francs-Tireurs de Télé Québec

LE PROBLÈME: UNE MENTALITÉ DE GROS VILLAGE DANS UNE MÉTROPOLE

À Québec (ville), nous avons des radios de gauche et de droite. Cela s'appelle liberté d'expression. Il y a eu de la radio-poubelle, comme au temps de la diffamation en ondes contre Sophie Chiasson, propos qui ont levé le cœur de tout le Québec et grandement nui à la radio de catégorie parlée, offrant des opinions alternatives à celle d'une certaine élite intellectuelle plus à gauche. Après la victoire en poursuite de Madame Chiasson et le départ de certains animateurs comme Jeff Fillion, ces radios de Québec sont devenues davantage des radios de droite ou de centre-droit économique, avec par moment un langage plus vulgaire, de niveau 4e ou 5e secondaire de français, il est vrai (notre réalité du fait français "à protéger"). MAIS, à preuve du changement de ton des dernières années, Nathalie Collard de la Presse titrait le 10 septembre 2012: Radio X: le minou dégriffé (1)

Patrick LAGACÉ et Richard MARTINEAU
Je trouve normal que Richard Martineau ait voulu contre-balancer la job de bras contre Radio X, une radio nouvelle venue à Montréal, dans le créneau des radios parlées.

La source de cette affaire de petite «chicane» ou querelle «de famille» autour du niveau d'analyse d’un panel d'invités de l'émission TV les Francs-Tireurs (F-T), c’est une mentalité “gros Village”, dans une métropole comme Montréal. On n'y  comprend pas que de vrais Québécois à part entière, puissent être
  • pour plus de responsabilisation des individus, 
  • pour moins d’interventionnisme de l’État et une simplification de la fiscalité des individus et entreprises,
  • et pour plus de liberté de choix et donc moins d'ingérence de l'État avec notre argent gagné en travaillant.
Aussi, on tente de censurer ou stigmatiser avec le sceau «radio-poubelle», toute radio qui va dans cette direction.

Martineau réagissait aux affirmations d'un panel d'invités triés par Patrick Lagacé aux F-T; bref, le choix approprié pour s'assurer des conclusions attendues. Le vieux routier de la chronique d'opinion a simplement réagi en disant plus ou moins que le niveau des commentaires était peu élevé et cliché, ne tenant pas compte de l'ensemble du contenu de radios comme Radio X.  Point! Aucun scandale en vue. Ce n'est pas uniquement parce que Martineau fait une courte chronique hebdomadaire à Radio X avec Maurais qu'il a décidé de commenter comme un adulte qui s'assume. Le fait est que des affirmations publiques impliquaient une réponse publique. Pour sa part, en refusant à l'inverserse de commenter en dehors de la "famille" (équipe) des affirmations faites publiquement, M. Lagacé perd des points (affirmations publiques, réponse en privé). Il joue le jeu corporatiste, lui dont le métier est de faire parler les autres. Désormais on pourra lui donner la même réponse. Il pouvait dire quelques mots sans diffamer qui que ce soit, d'autant que
  1. les affirmations sur la «radio-poubelle» étaient dans une émission d'affaires publiques
  2. la nouvelle du mémo interne de Martineau en réponse aux reproches lui étant adressés pour son commentaire public allait filtrer dans les médias via une "taupe"; il en avait été informé par ceux qui allaient divulguer l'information relative au conflit entre les deux animateurs partenaires.
De son côté, si Martineau ne manque jamais d'arguments, il se montre, pour qui lit au moins occasionnellement ses chroniques, favorable à l’expression d’idées différentes de la sienne, pourvu que cette liberté aille dans les 2 sens et soit respectueuse. Ce que les blogueurs du Gros Village global “blogal” ne comprennent jamais d'ailleurs, chaque fois que le chroniqueur essaie d’expliquer que l’on peut débattre avec des arguments et non avec des clichés vides. Des arguments vides comme «PÔVRE Richard!»; on a vu encore cette partie du «trou noir» gauchiste, ce weekend en réponse à son billet Lettre à un jeune chroniqueur (2). Par moment on croirait que Martineau y décrit la méthode de son collègue Patrick Lagacé (suis le courant et tu n'auras jamais de problème).

L’expression «radio-poubelle» est l’un de ces clichés par excellence, par lequel on tente toujours à Montréal, d’empêcher tout débat critique sur la pertinence de la gauche mur à mur au Québec.

La réaction de l’île-métropole et de son clan journalistique dont Radio-Canada Radio-cadenas qui truque les bulletins de nouvelles par le choix de l'angle (ex. paqueter les tribunes avec un nombre majoritaire des invités de même opinion OU en confondant la nouvelle et l'éditorial OU abordant la nouvelle sous l'angle des adversaires, etc.), OU avec Télé Québec et d'autres, à la venue d’une radio d’opinion plus à droite, c’est comme le marchand de légumes qui voit arriver un compétiteur qui ne fait pas partie de sa famille dans un marché régional (autre que les fermes des frères et beaux-frères). Ça prendra quelques années à la gauche idéologique tricotée serrée, pour accepter la réalité que l’on puisse être moins socialiste que présentement à Montréal, où les gens plus à droite n’osent pas parler, même chez les artistes.

Montréal la plus mature du Québec, que dire, du monde entier? C’est en passant, la ville du Québec où l’on est incapable de faire un virage à droite sur feu rouge de façon sécuritaire, d'où l'interdiction locale. Il faudrait peut-être y remédier.

LIRE AUSSI:
Patrick Lagacé règlera le cas de son "ami" Richard Martineau "en famille"
par Gilles des Roberts,  5 oct. 2012
http://lesnews.ca/business/26608-patrick-lagace-reglera-le-cas-de-son-ami-richard-martineau-en-famille/#comment-7209
lien consulté le 8 octobre 2012.

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1.  Nathalie Collard, Radio X le minou dégriffé, La Presse, Montréal, 10 septembre 2012.
Lien consulté le 8 octobre 2012.

2.  Un clin d'oeil à Lettres à un jeune politicien par l'ex-Premier ministre Lucien Bouchard, vlb Éditeur, 2012

mercredi 26 septembre 2012

La PQûre du PQ: dose de cheval ou punir le travail

Durant ma vie (encore active) j'ai travaillé par moment pour des entreprises familiales ou des professionnels équivalant à cette définition. Et vous savez quoi? Ces entreprises constituaient de véritables moteurs économiques pour leur ville ou région. Elles permettaient à quelques dizaines de personnes de travailler (ce qui est préférable à un chèque de secours d'urgence) et de dépenser, faisant du même coup rouler une économie locale et régionale (emplois indirects). Mais ce qui se passe depuis l'élection d'un PQ de tendance hyper-socialiste a de quoi inquiéter. Que l'on conçoive que les salariés un peu plus fortunés puissent payer un peu plus d'impôt peut passer (et ils le font déjà), mais l'idée que le fisc puisse taxer ou imposer rétroactivement en reculant dans le calendrier (ou au-delà de 50% des revenus) relève pratiquement de l'immoralité. Un antibiotique pour un patient malade, c'est bien, mais une dose de cheval peut rendre davantage malade ou tuer. La dose de la PQûre du PQ pourrait briser un fragile équilibre au Québec.

Chez une entreprise de type familiale dont j'ai été un employé et un proche, j'avais accès à certaines conversations informelles de gestion, lors de rencontres en dehors des heures de travail. Un jour, une actionnaire et administratrice expliquait aux deux autres actionnaires que le comptable avait servi un avertissement. C'était durant une période creuse qui durait depuis des mois en région. La PME familiale n'avait que des clients résidentiels, mais pas d'important contrat. Le comptable avait avisé plus ou moins en ces termes: «Vous roulez sur du "vieux-gagné". Si vous n'allez pas chercher de gros contrats très prochainement, vous allez au devant de problèmes financiers».

Ce que la remarque du comptable nous apprend, c'est qu'en raison des économies et profits faits en périodes plus productives,
  1. l'entreprise avait réussi à mettre de l'argent de côté qui lui servait maintenant à éviter de demander l'intervention des gouvernements en périodes difficiles ou d'abuser des marges de crédits avec intérêts. 
  2. Cet argent pouvait aussi servir à faire du développement de marché ou s'agrandir (ex. acheter des nouveaux équipements), se diversifier, se consolider, étendre son territoire, etc.
  3. Mais tout aussi important, cet argent permettait de maintenir un seuil d'emplois en périodes plus creuses, ce qui aide une économie locale et de ce fait régionale.
C'est un fragile équilibre semblable que risquent de détériorer des mesures de tendance trop socialistes de l'actuel cuvé du PQ. Ces solutions du contrôle par l'État et du «nationaliser-tout», copiées-collées de Québec Solidaire ont déjà été mises à l'essai en Europe et ailleurs. Ce fût un échec en moins d'un siècle (7 décennies menant à l'implosion du système des "camarades" en URSS). Le marxisme-léninisme a échoué.  Actuellement, sous son nouveau chef nommé, la Corée du Nord veut dénationaliser certains secteurs d'activités et ouvrir son marché, pour réinsérer de l'argent dans son économie qui croule sous le silence des journalistes internationaux. Est-ce faute de grands hôtels et de tourisme en Corée du Nord? Malheureusement cette amorce de réforme semble se faire avec une lecture stratégique plutôt militaire de la politique en Orient dans le contexte d'une incertitude émergente (relations Japon, Taïwan, Chine, deux Corée -Corée du Nord, communiste et Corée du Sud avec économie de marché et liberté-, etc.). Cela détermine les alliances qui se dessinent ces jours-ci.

Que faire? Vite, lorsque la chef Marois dort, ses lieutenants doivent lui enlever sa grosse seringue et la remplacer par des doses d'interventions beaucoup plus mitigées et limitées à l'essentiel. Ce qui se passe présentement, c'est la politique différemment, mais comme dans les années 1970 où l'État dépensait sans compter.

Des cycles de prospérité chez les grosses entreprises aussi

Et ce principe des cycles de bonnes et mauvaises années serait vérifié pour les grosses entreprises aussi. Voici ce que nous pouvons lire au sujet des cycles financiers sur un blogue d'une minière qui a investi plusieurs millions au Québec dans un marché à risque:

«Or, l’exploration et l’exploitation minières sont parmi les activités les plus risquées sur cette planète. Un seul projet sur 2 000 verra le jour. Lorsque ces projets fonctionnent, comme c’est le cas d’ArcelorMittal au Québec, ils sont soumis à des cycles financiers brutaux qui peuvent nécessiter des injections de fonds colossales lors de mauvaises années, lesquelles sont nombreuses. Le gouvernement du Québec n’aura jamais les reins assez solides pour exploiter une mine de fer ici. S’il décidait malencontreusement de le faire, il aurait l’obligation de dire aux Québécois qu’il risque de perdre des milliards de leur argent dans l’aventure» (1).

Peter Kukielski, Président du secteur minier et membre de la direction du groupe corporatif, prenant la parole lors de l’annonce officielle de l’expansion d’ArcelorMittal Mines Canada à Mont-Wright, le 20 mai 2011. Crédits photo: http://bloguetransformerlavenir.com/arcelormittal-en-images
Avec ce qui se passe présentement au niveau fiscal, des professionnels veulent sérieusement quitter le Québec, ou le feront. D'autres envisagent déjà de laisser de côté des engagements productifs certes, mais beaucoup moins payants que leur profession, comme pour un médecin spécialiste d'enseigner à l'université. Certains ont déjà annoncé qu'ils couperont dans les oeuvres de financement philantropes, l'un qu'il cesserait de donner son 10,000 dollars annuellement pour compenser l'imposition et les taxes abusives pour pénaliser ceux qui réussissent. D'autres chercheront les moyens légaux pour annuler l'impact de la hausse en toute légalité (ex. évaluer la possibilité d'opérer en tant qu'entreprise plutôt qu'en tant que salarié. Tout cela aura un coût difficile à estimer à ce moment-ci. Mais l'on sent une improvisation fondée sur la théorie et les concepts d'un universitaire, aux finances du Québec.

Les idées et le pouvoir, par Éric Tétrault, 24 septembre 2012
répond en quelques mots à quelques inquiétudes ou objections:
-  «Les ressources appartiennent à tous les Québécois»
-  «Les compagnies minières « volent » le bon peuple»
-  «Les minières peuvent bien quitter le Québec ce sera bon débarras.»


Exactement le genre de choses à craindre selon l'article qui était publié en 2012: une approche de surimposition et sur-taxation qui aura pour effet pervers de punir l'effort et le travail et de décourager l'entrepreneuriat. Les surplus ne seront plus là pour soutenir les entreprises dans les cycles moins prospères inévitables et elles crieront à l'État qui n'aura pas d'argent pour les soutenir. Résultat: des mises à pieds plus importantes durant les moins bonnes années. Ce sera le prix à payer par les classes moyennes pour "faire payer les riches", selon L'oppression fiscale des entrepreneurspar Michel Girard de La Presse.
https://www.lapresse.ca/debats/201210/02/01-4579399-loppression-fiscale-des-entrepreneurs.php)

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1.  Éric TÉTRAULT. Les idées et le pouvoir. 24 septembre 2012
http://bloguetransformerlavenir.com/les-idees-et-le-pouvoir (lien consulté le 26 septembre 2012)

dimanche 23 septembre 2012

Les nouveaux Starbuck reproducteurs humains

L'HOMME QUI SEMAIT DES ENFANTS!?!
Les nouveaux Starbuck, ces mâles reproducteurs humains qui fonctionnent via internet ou par annonces, me causent un certain malaise. Nous avions entendu parler des donneurs des cliniques de fertilité pour les couples, mais il s'est développé une nouvelle tendance selon laquelle des donneurs de sperme veulent laisser leur trace, souvent de façon anonyme, il faut dire. Mais, peu importe que ce soit encadré médicalement avec un donneur ingénieur qui a fait 150 dons de sa semence en trois ans, ou via un contact, cela soulève plusieurs questions éthiques de valeurs sociales communes et non uniquement individuelles. Donner la vie à un enfant humain serait-il pour l'homme aussi banal que de planter des arbres dans un champ? 
(Mise à jour 27 septembre 2012, 12 février 2014)


L'origine du nom Starbuck

«Je suis ton père !»
YapasdPRESSE.blogspot.ca
23 septembre 2012

Hanoverhill STARBUCK (1), c'est le nom d'un taureau de la race Holstein Canada. Il est devenu une référence pour la procréation assisté (insémination artificielle) chez les vaches laitières au Canada, aux États-Unis et même ailleurs dans le monde. Il a vécu de 1979 à 1998 et sa semence a servi à donner naissance à plus de 200,000 femelles à travers le monde, ainsi qu'à 209 mâles de première génération et 406 mâles de deuxième génération, éprouvés (mâles reproducteurs). 685,000 doses de sa semence ont été vendues dans 45 pays, pour un revenu cumulatif de l'ordre de 25 millions de dollars. La bête a mérité quantité de prix et de nominations.

J'appartiens à une famille

Mais chez l'humain, les choses ne sont pas si simples que dans le monde du bétail et de l'industrie laitière. J'ai connu un jeune garçon qui avait d'abord pensé connaître son père; l'homme avec qui sa mère partageait sa vie quand il était dans la petite enfance. Puis, lorsqu' il avait environ 4 ans, la mère s'est séparée dudit conjoint auquel le garçon s'était attaché affectivement. Elle a alors annoncé au jeune enfant que ce n'était pas son père. Il en a subi un double choc émotif compréhensible et prévisible (séparation et lien filial). La mère a partagé un ou des logements avec des colocataires et l'enfant a fini par vivre de graves problèmes émotifs, avec des crises, notamment la peur du rejet et de l'abandon, la difficulté à s'attacher et à faire confiance. À 4 ans il avait l'air triste. À 8 ans il vivait de sérieux problèmes (...) Cela m'a confirmé que la famille n'est pas une notion que l'on pourrait réinventer ou redéfinir à notre guise. La cellule familiale fait partie de la nature même de l'humanité. Le bien-être d'un enfant humain, un «petit d'homme» est aussi plus complexe que celui d'un animal de compagnie.

Marchandisation de la natalité

Dans une relation à la Starbuck, l'enfant espéré devient en quelque sorte, un «produit génétique» que l'on (dans le contexte, souvent la mère sans partenaire de vie masculin) tente d'ajuster à un carnet de commandes. La naissance peut plus fréquemment tourner rapidement autour des besoins de la «cliente».

La chose diffère du couple de la façon suivante. Le développement d'une relation homme-femme présente normalement différentes étapes. Après un certain temps, des relations se brisent suite au constat d'incompatibilité de caractères, par exemple. La femme apprend à connaître l'homme. Elle a suffisamment confiance, ou non, pour fonder un couple stable, puis une famille avec lui. Et lui avec elle. Plusieurs relations (probablement la majorité) ne se rendent pas ainsi jusqu'à donner une relation stable et la naissance à des enfants. Beaucoup d'entre nous avons connu un ou deux échecs amoureux avant de trouver une personne à qui nous nous sommes attachés sur une base plus sérieuse, avant de fonder une famille.

Dans le phénomène de Starbuck relaté par les articles publiés ces jours-ci dans le Journal de Montréal (2), nous avons des gens qui contractent une fécondation et qui ne se connaissent pas. L'amour et la vie cèdent la place à un lien contractuel. Il est logique de penser que dans ce contexte, l'enfant puisse aussi devenir en partie, une marchandise dans laquelle la partie «cliente» pourrait refuser de s'investir dans les moments difficiles. Si elle avait connu certains traits du caractère et de la personnalité du donneur, elle aurait pu décider de ne jamais s'auto-féconder avec son sperme, par exemple.

Perte du sens de la notion de famille

C'est en réalité la plus importante question. On prétend changer les mots sans conséquences aucunes. C'est un mensonge aussi vieux que le monde. La définition d'une famille deviendrait, croit-on, malléable dans la post-modernité. Mais l'obligation de recourir à un donneur de sperme revient à un certain aveu que la nature ne se soumet pas à la philosophie. Il faut encore un homme et une femme pour concevoir des enfants. Dans un couple, il faut encore bien connaître l'autre pour s'engager à donner naissance. La preuve est que dans la vraie vie, une partie importante des relations amoureuses ne mènent  pas à la paternité/maternité (surtout au départ durant les premiers mois). Beaucoup de couples rompent leur relation en raison d'incompatibilité de caractères ou autres raisons comme le manque de confiance en l'autre. Il s'ensuit une certaine protection pour les enfants qui naîtront effectivement un jour d'une relation de couple plus stable.

Sous l'approche du recours à un donneur, l'enfant tend à devenir un produit et par conséquent, court logiquement plus de risques de rejet ou de vivre des passages difficiles lors de la construction de son identité et de sa raison d'être, surtout si tout ce qu'il connaît de son père, c'est une seringue et une ou quelques rencontres d'au plus quelques heures entre sa mère et son géniteur. Tout ceci sans parler de la rivalité naturelle entre les hommes. Un père pourrait bien accepter ce type de fécondation dans un premier temps, puis changer d'idée dans le cours du développement d'un garçon, s'il voit l'autre homme en lui (le rival) par exemple...

Traçabilité du «produit»

Puisque l'enfant attendu tend à être traité comme une commande génétique avec un devis plus ou moins précis, on pourrait parler de «traçabilité» (pouvoir retracer le donneur) en lien avec le don de sperme et divers aspects du géniteur; aspects psychologiques, aspects de santé, etc.

Nous savons que des donateurs en cliniques ou de façon artisanale peuvent contribuer à plusieurs dizaines, voire des centaines de dons sur un certain nombre d'années, ex. 5 ou 6, et cela peut se retrouver aussi dans une région relativement restreinte. Les médias nous ont appris en 2012, qu'un homme a donné plus de 300 échantillons en quelques années à une même clinique de fertilité. Il s'en suit inévitablement un risque non négligeable de consanguinité dans le cas d'un père dont l'enfant ne connaîtrait pas l'identité.  Et il est en plus illusoire de croire qu'une clinique puisse connaître toute la génétique d'un géniteur. Le test "toutes les maladies" n'existe pas. La clinique se fie surtout à un questionnaire. Le donneur peut mentir ou se tromper. Prenons par exemple la grande région de Québec (Ville de Québec et couronne autour) et imaginons que sur 6 ans d'activité, un donneur actif ait fourni 300 échantillons de sperme de façon anonyme ayant mené à 70 grossesses effectives.

Nous avons là 70 enfants qui sont dans le même groupe d'âge, garçons et filles. La possibilité que des couples soient ensuite formés entre demi-frères et demi-soeurs ou cousins et cousines la génération suivante, n'est pas nulle. Le risque se multiplie à la génération suivante, même si le degré de consanguinité diminue. Cela soulève la question de la santé des descendants. On peut donc parler de traçabilité (connaître le donneur et avoir accès à lui). Il pourrait en résulter des enfants des générations suivantes avec de sérieux problèmes de santé.

Sans parler de maladies connues et inconnues du père ou dans sa famille très proche (frères, soeurs, parents à lui) ou de maladies ou infections sexuellement transmissibles.

Mais alors qu'on peut retracer l'origine d'un steak haché contaminé vendu chez un détaillant et rappelé par la compagnie, les enfants n'auront, dans bien des cas, aucun accès à l'un des parents biologiques. Cette attitude est à la fois égoïste et irresponsable. Il faut absolument qu'au minimum, chaque enfant ait le droit de connaître accès à ses deux ascendants biologiques.

Mensonge, santé mentale et autres bagages génétiques: le sac à «surprises»

Un Danois donneur de sperme qui a produit 43 enfants et dont les dons de sperme pour fécondation in vitro sont passés par 14 cliniques dans 10 pays différents a transmis un désordre génétique (neurofibromatose de type 1) à au moins 5 bébés (3). Il a réussi à contourner les lois du Danemark et à franchir le filtre de 14 cliniques. Mais il est impossible de savoir combien de ces descendants ont effectivement développé la maladie. La Suède serait un des pays touchés par le donneur no 7042.

La raison est simple: le test "toutes maladies", physiques ou mentales, n'existe pas. Le donneur peut mentir ou ignorer son propre état (certaines maladies sautent une génération, le VIH peut être présent sans produire le SIDA avant des années, etc.).

Le géniteur

  • peut mentir (formé comme ingénieur mais n'a pas passé son examen de l'ordre ou professionnel ou encore chômeur pour cause de maladie mentale ou incompétence ou faute grave). 
  • Il peut volontairement cacher des choses sans mentir si la question ne lui est pas posée. 
  • Il peut aussi omettre de mentionner des maladies chez ses proches (mère et père, frères et soeurs). 
  • Supposons encore que le donneur ait une belle apparence, un emploi convenable, une vie qui semble normale ou même qu'il fasse partie de l'élite. Il peut toutefois être malade ou avoir un membre de sa famille immédiate qui ait une maladie héréditaire grave inconnue de la «cliente» ou des «clients», laquelle pourrait ressortir à la génération suivante (géniteur porteur du gêne d'une maladie sérieuse).

Et que dire aussi de l'équilibre mental du géniteur. En carrière, j'ai connu à l'occasion, des professionnels bien rémunérés dont je n'aurais pas voulu pour père. 

  • Le donneur de sperme est-il narcissique, a-t-il une tendance quelconque non diagnostiquée parce que non révélée encore à l'âge de 25 ans (ex. bipolarité ou tendance maniaco-dépressive faisant des dons de sperme dans ses "highs")? 
  • Est-il intransigeant envers les autres, incapable de compassion? 
  • Cache-t-il une haine des femmes derrière une belle façade le motivant à donner du sperme aux plus grand nombre de receveuses possible (ex. fils d'une mère envahissante dans son enfance ou d'un père misogyne, échecs amoureux répétés...)? Un misogyne en puissance, pourrait-il vouloir extérioriser sa haine des femmes en en fécondant le plus grand nombre possible via ce moyen impersonnel? 
  • Des questions se posent aussi pour la mère. L'enfant sera-t-il entre bonnes mains? Comment réagira-t-elle si elle constate que l'enfant a des traits de caractère fort désagréables qu'elle ignorait du donneur de sperme? Ou s'il développe une maladie qui exige beaucoup de soins et suivi?

Bref...

Dans une vraie relation de couple, le père et la mère ne sont généralement pas des inconnus l'un envers l'autre. Cela encadre en quelque sorte la naissance. Après la naissance, si l'un des parents vient à faillir, l'autre peut prendre la relève.

On pourrait encore parler des aspects légaux (notion de contrat verbal, poursuites possibles contre le donneur, etc.), mais le plus important est l'aspect humain et le bien-être de l'enfant à naître. La famille stable et des conjoints qui se font confiance demeure la formule la meilleure pour le développement de l'enfant.

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1.  CIAQ. La légende de STARBUCK. Qui est STARBUCK? Centre d'insémination artificielle du Québec.

2.  Série sur les dons de sperme via internet ou les annonces
http://www.journaldemontreal.com/2012/09/23/bientot-illegal (sommaires vidéos disponibles après l'intro de la jouraliste)

3.  Hilary WHITE. Sperm-donor father of 43 children passed on genetic disorder. LifeSiteNews.com
http://www.lifesitenews.com/news/sperm-donor-father-of-43-children-passed-on-genetic-disease (lien consulté le 27 septembre 2012)

dimanche 16 septembre 2012

Avortements au Québec; pas tous comptabilisés (2015)

LES CHIFFRES COMPLETS. LE SAVIEZ-VOUS? Le nombre des avortements diffusés officiellement dans les médias est sous-estimé. De 2002 à 2011, le nombre réel corrigé des avortements est en moyenne de l'ordre de 29949, si l'on tient compte de la sous-estimation. Voici pourquoi. 
(article refondu le 6 avril 2013, mis à jour le 25 mars 2015)


En 2011, chaque fois que naissaient 100 enfants au Québec, environ 30 fœtus prenaient le chemin de la poubelle  l'incinérateur 



C'est plus encore, si l'on tient compte de la sous-estimation de 3 à 10%. Car selon l'Institut de la Statistique du Québec (2012), les chiffres officiels ne tiennent compte que des avortements payés à l'acte et pas de ceux dont les médecins sont rémunérés à l'heure (ex. CLSC). Sûrement pas tous des viols! 


Les statistiques diffusées dans les médias, sur le nombre d'avortements par année au Québec, ne tiennent pas compte de tous les avortements 


Les statistiques diffusées dans les médias n'incluent pas les IVG (interruptions volontaires de grossesse) pratiquées par des médecins rémunérés à salaire plutôt qu'à l'acte; une sous-estimation variant entre 3 et 10 pourcent du nombre d'avortements par année selon l'Institut de la statistique du Québec.

En incluant l'estimation de ceux-ci aux chiffres diffusés, il n'est donc pas faux de dire que pour période de 10 années de référence, 2002-2011, le Québec a "géré" près de 30000 avortements par année (plus de 29400 en appliquant une correction médiane de 6,5 %, le milieu entre 3 et 10%). 


C'est en quelque sorte, une "ville" par année qui est ainsi éliminée des naissances entre 2002 et 2011


Il faut préciser que ce ne sont pas des données secrètes, mais on ne les crie pas sur les toits non plus. 

Voici par exemple, le nombre d'avortements provoqués payés à l'acte chaque année, et le nombre d'avortements pour chaque 100 enfants nés au Québec depuis pour les 10 années décennie 2002-2011


Avortements payés à l'acte au Québec (2002-2011) AVANT la correction de 3 à 10% en plus

Année Nombre d'avortements payés à l'acte Nombre d'avortements pour chaque 100 naissances



2002 29140 40,2
2003 29429 39,8
2004 29460 39,8
2005 28080 36,8
2006 28255 34,5
2007 26926 31,9
2008 26546 30,2
2009 26497 29,8
2010 26124 29,5
2011 26248 29,7
TOTAL 10 ans 276705




Source: Institut de la statistique du Québec. Lien consulté le 25 mars 2015.
Tableau : 
Interruptions volontaires de grossesse (nombre, rapport pour 100 naissances et taux pour 1 000 femmes), hystérectomies, ligatures, vasectomies, réanastomoses et vasovasostomies1, Québec, 1971-2011

Cependant, il est bien spécifié par l'Institut de la statistique du Québec et la Régie de l'assurance-maladie, à la note 2 dudit tableau que
«Certaines interruptions pratiquées par des médecins salariés plutôt que rémunérés à l'acte ne sont pas comptées. La sous-estimation se situe le plus souvent entre 3 % et 10 %, mais elle a parfois été plus grande, notamment au milieu des années 1980» (Institut de la statistique du Québec, VOIR NOTE 2, sous le tableau
Interruptions volontaires de grossesse (nombre, rapport pour 100 naissances et taux pour 1 000 femmes), hystérectomies, ligatures, vasectomies, réanastomoses et vasovasostomies1, Québec, 1971-2011.

Le nombre d'avortements est sous-estimé de 3 à 10% au Québec, car il ne tient compte que des avortements payés à l'acte. Source: institut de la Statistique du Québec.http://www.stat.gouv.qc.ca/statistiques/population-demographie/naissance-fecondite/415.htm

Près de 30,000 avortements provoqués par année au Québec, c'est ce à quoi on arrive en 10 ans (chiffres officiels connus en 2011), avec une correction se situant entre 3% et 10% de plus applicable à la moyenne de 27671 avortements payés à l'acte, annuels (276705 avortements sur 10 ans) pour la période 2002 à 2011. 

Exemple de correction sur le calcul des avortements  pour 2011, si l'on estime le nombre des avortements payés à salaire

En 2011, on a dénombré au Québec, 26248 avortements payés à l'acte. Mais si l'on considère que ce nombre de l'année 2011 est sous-estimé de 3 à 10% selon l'Institut de la statistique du Québec et la Régie de l'assurance-maladie, on peut alors évaluer le nombre réel d'avortements provoqués.

En réalité, si l'on inclut aussi les avortements qui sont rémunérés à salaire (non comptabilisés dans le 26248 de l'année 2011), on obtient:
MINImum approximatif de 27035 avortements provoqués en 2011
(hypothèse de correction de +3%)
MAXImum approximatif de 28873 avortements provoqués en 2011 (hypothèse de correction de +10%).

Avortements provoqués: estimation corrigée annuelle pour la période de 10 années entre 2002-2011


De 2002 à 2011 au Québec, on a un nombre compilé et diffusé officiel de 276705 avortements provoqués payés à l'acte (MOYENNE = 27671 par année).


En incluant les avortements rémunérés à salaire (non comptabilisés dans les chiffres diffusés), on peut estimer:


Nombre réel d'avortements provoqués pour 10 années de référence, 2002-2011
MINIMUM ESTIMÉ :      285006 avortements provoqués (correction minimale de +3% appliquée) et 
MAXIMUM ESTIMÉ :     304376 avortement provoqués (correction maximale de +10% appliquée) 

Nombre reporté par année:
28501 par année (MINIMUM approximatif)

et 30438 par année (MAXIMUM approximatif)
DONC ENVIRON 29469 avortements par année pour les 10 années 2002-2011, il est donc VRAI que le Québec a "géré" près de 30000 avortements subventionnés par année et ceci en pleine période où la population a grand besoin de bébés pour rééquilibrer les groupes d'âges représentés dans la population.

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samedi 8 septembre 2012

L'analyste politique Jean Lapierre obtient gain de cause

8  septembre 2012. DIFFAMATION RECONNUE POUR UN ÉCRIT D'UN DIRECTEUR DES ÉMISSIONS D'AFFAIRES PUBLIQUES DE RADIO-CANADA (SRC / CBC) en septembre 2011

C'est le but de ce billet. Faire la job de réparation que la SRC (Radio-Cadenas Radio-Canada) ne fera pas. 
L'analyste politique Jean Lapierre a obtenu gain de cause partiel, sauf sur le montant obtenu en dédommagement symbolique, un an après une diffusion sur les réseaux sociaux, d'un commentaire de l'ex-directeur des émissions d'affaires publiques à Radio-Canada (SRC), Pierre Sormany. Mais qui assumera les frais? Serait-il déraisonnable d'impliquer la responsabilité des cadres supérieurs des sociétés d'état, à hauteur de 5, 10 ou 15% de la facture, dans les cas où ils sont effectivement condamnés pour diffamation? Il demeure bien des cas où ce sont les contribuables qui assument la facture (dernière modification 27 septembre 2012)

Ce dernier avait publié des déclarations, dit-il par mégarde, sur une page publique de Facebook, alléguant que Jean Lapierre avait des relations d'affaires avec le controversé personnage du secteur de la construction, Antonio Accurso (Tony Accurso), son "ami". Ce dernier est lié au financement de partis politiques et à des activités de Lobbying par moment contestées, y inclus des soupçons d'usage d'influence auprès d'un certain milieu syndical, en vue de favoritisme au niveau des contrats publics en construction. Tout le monde au Québec a par exemple entendu parler du bateau d'Accurso (un yacht luxueux) qui fait maintenant partie de l'imaginaire du québécois moyennement informé. Dans ce contexte particulier, l'écrit de M. Sormany portait une toute autre charge éthique contre la crédibilité de Lapierre.


Jean Lapierre, analyste  politique bien connu
sur les plate-formes TVA, LCN, et au FM 98,5
de Montréa.
Crédits photo : Agence QMI (canoe.ca)
Et je doute encore personnellement de la défense adoptée, du doigt qui aurait appuyé trop vite sur la fonction envoyer le commentaire dans la section publique de Facebook. Ce doigt pourrait avoir eu beaucoup de plaisir, sans prévoir toutefois le tollé qui serait levé, sur la base de la cote populaire dont jouissait le commentateur politique attaqué. Si Lapierre avait été un mal aimé du public, il serait cuit deux fois (biscuit); fin de sa carrière publique en septembre 2011, et ç'aurait été confirmé en septembre 2012. 

La Presse et Canoe.ca nous résument l'histoire selon laquelle l'analyste n'a pas obtenu la pleine compensation demandée, sur la base que M. Sormany n'avait pas agi de façon intentionnelle, croyant écrire en privé à une collègue, via Facebook (hum!).

Premièrement, un directeur des émissions d'affaires publiques (pas aux archives d'avant 1990!) d'une société d'État milliardaire qui ne sait pas faire la différence entre un commentaire public et un commentaire privé sur Facebook n'était vraiment pas à sa place à ce poste. C'est réglé sous cet aspect, M. Sormany n'occupant plus cette fonction, ayant dit-on,  pris sa retraite. Question : avec ou sans compensation particulière?

Deuxièmement, une question s'impose sur les conséquences non seulement de ce cas précis, mais de toute affaire semblable, impliquant l'éthique professionnelle des cadres supérieures de nos sociétés d'État. Comme ici pour l'ex-directeur des émissions d'affaires publiques à Radio-Canada (SRC). La question est la suivante:

Qui paiera les 22,000 dollars de frais de la condamnation contre un représentant de la SRC?

Pierre Sormany, ex-directeur des émissions
d'affaires publiques à Radio-Canada.
Crédits photo : Agence QMI (canoe.ca)
Selon des informations diffusées notamment sur Canoe.ca, suite à une décision de la Cour supérieure, c'est Pierre Sormany lui-même qui devra assumer les frais, réduits toutefois à 22,000 dollars. Il s'en tire à bon compte, si l'on considère le point suivant: 






L'effet réel sur la perception publique envers Jean Lapierre

Si le jugement a statué que l'analyste politique n'avait subi aucune atteinte à sa réputation et à son honneur, la conclusion est loin d'être aussi simple à mon sens. Personnellement, depuis cette affaire très médiatisée au Québec, j'ai souvent écouté l'homme public avec beaucoup plus de réserves et de scepticisme. Était-il vraiment encore crédible et raisonnablement libre de tout lien douteux, comme analyste et vulgarisateur politique? Cette question me revenait à chacune de ses interventions publiques. Et il apparaît que je ne sois pas le seul, car sa fonction n'est pas d'être un homme d'affaires vendant des portes et fenêtres OU des armoires de cuisine.

Paul Arcand, du milieu des médias en tout cas, a vu les choses de la même façon en 2011:

«Mon intention était de congédier Jean Lapierre si c'était vrai.» -Paul Arcand, 26 juin 2012, au Palais de justice de Montréal  (2)

Lapierre pratique en tant qu'analyste politique. Donc, ses relations professionnelles et contractuelles ont un impact majeur sur son intégrité et de là, sur sa capacité même, à livrer une analyse raisonnablement non liée par des contrats amenant une apparence de conflit d'intérêts (ex. liens entre l'argent, le politique et le syndical). S'il n'avait pas poursuivi l'ex-directeur au civil, j'aurais été porté à croire qu'il était coupable des allégations minant sa crédibilité de commentateur politique sur diverses plate-formes et dans les médias. 

Monsieur Lapierre s'est dit satisfait, selon La Presse, que sa réputation ne soit plus entachée:

Même si le tribunal ne lui accorde qu'une fraction de ce qu'il réclamait, l'animateur est satisfait. «Je suis soulagé que ce soit réglé, a-t-il déclaré. C'est une leçon qui montre qu'on ne peut pas écrire n'importe quoi sur les réseaux sociaux. Pour moi, c'était important parce que ce qui avait été dit était faux.» (3)

Encore faudrait-il que le jugement ait le même rayonnement public que les allégations. C'est rarement le cas. C'est le but de ce billet. Faire la job que la SRC (Radio-CadenasCanada) ne fera pas.


Responsabiliser les cadres supérieurs de nos sociétés d'État

Une chose demeure pour les causes semblables en diffamation (réputation et honneur) impliquant des cadres supérieurs de nos sociétés d'État. Il faudrait repenser à un moyen de partiellement impliquer financièrement les cadres supérieurs de l'État, pour que l'employeur public (nous les contribuables) n'assume pas seul la responsabilité de son employé (scénario habituel) dans ces poursuites sur des affaires de réputation et d'honneur. Serait-il déraisonnable de les impliquer au niveau de 5 ou 10 ou 15% de la facture, dans les cas où ils sont effectivement condamnés pour diffamation? Il demeure bien des cas où ce sont les contribuables qui assument la facture.

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1.  Gabrielle DUCHAINE. Victoire partielle de Jean Lapierre. La Presse.ca, 7 septembre 2012
http://www.lapresse.ca/actualites/quebec-canada/justice-et-faits-divers/201209/07/01-4571976-victoire-partielle-de-jean-lapierre.php
lien consulté le samedi 8 septembre.

2.  Les News. «Mon intention était de congédier Jean Lapierre si c'était vrai.» -Paul Arcand. Les News, 27 juin 2012.  Lien consulté le 8 septembre 2012.
http://lesnews.ca/politique/17978-%C2%ABmon-intention-etait-de-congedier-lapierre-si-cetait-vrai-%C2%BB-paul-arcand/

3.  Gabrielle DUCHAINE. Même référence, Victoire partielle de Jean Lapierre. La Presse.ca, 7 septembre 2012