dimanche 26 avril 2009

Certains dessous et motivations du cours d'ECR

OU l'étrange obsession de l'État québécois et de son cours imposé par la force : 
Éthique et culture religieuse - ECR (ÉCR)


Pour les parents du Québec qui croient que le virage de la dernière décennie en matière d'enseignement d'éthique et de culture religieuse ne concerne ni leurs enfants, ni les enfants de leurs enfants, il faut savoir que l'État québécois a désormais tous les outils légaux en main pour décréter ce qui est bien et mal pour vos enfants, ce qui PEUT ou DOIT leur être transmis comme valeurs spirituelles et éthiques, et ce avec ou SANS votre consentement (drogues, sexualité, vie sociale). Ce n'est plus la séparation de la religion et de l'État, c'est l'État qui structure la religion ou la spiritualité et l'éthique. C'est de la réingénierie sociale très tendancieuse qui se sert maintenant de l'école en tant que véhicule pour implanter les politiques des gouvernements au pouvoir. Des avocats ont d'ailleurs qualifié ce qui se passe au Québec comme étant «du droit nouveau». 

Je présenterai ici, certains aspects méconnus du cours d'Éthique et culture religieuse (ECR). Ce dernier a été rendu obligatoire dans les curriculums du primaire et du secondaire, par le Gouvernement du Québec, à la rentrée scolaire québécoise de septembre 2008. Le parti Libéral du Québec, a suivi les traces de ses conseillers et du Gouvernement précédent (Parti Québécois), et j'ose croire, sans en saisir les véritables enjeux. 

Le biais (faux angle) instauré par le traitement médiatique

Certains médias francophones influents, et ce par exemple, depuis la course de Stockwell Day contre Jean Chrétien en 2000, ne se cachent pas de leur orientation antichrétienne, dans le fait que la place des chrétiens convaincus, n'est ni en politique ni dans les débats de société. Quand par exemple, la Radio de la Société Radio-Canada a posé, dans le contexte des dernières élections fédérales de 2008 sur ses tribunes, la question à savoir si la population est en droit de connaître la religion des candidats aux élections, cela était très, très proche de la discrimination et de l'empêchement politique. Nous ne sommes pas loin du brassard jaune que devaient porter les Juifs dans une démocratie très en avance scientifiquement et technologiquement, il y a un peu plus d'un demi siècle. Cela suggère fortement que la société d'État Radio-Canada voit la nécessité d'un profilage religieux. Cette attitude suggère qu'une personne chrétiennement engagée ne peut pas être un bon citoyen, mais surtout pas un leader politique. L'athée, l'agnostique, le gnostique, l'ésotérique et les autres sont "purs", mais pas le chrétien. 

Actuellement, le réseau TVA maintient une ligne plus objective, écoutant les arguments des deux parties dans le dossier de l'ECR. Il faut concéder que dimanche le 10 mai, la SRC a démontré une ouverture avec l'émission Second Regard, animée par Alain Crevier. Quelques mois plus tôt, l'ex-chef de l'ADQ, Mario Dumont, s'y était fait écorcher par l'intervieweuse, comme si on avait été à une émission journalistique agressive. Ce n'était aucunement le ton habituel. Mais au-delà de l'émission Second Regard traditionnellement plus "friendly" (conviviale), la SRC tend généralement à véhiculer le discours officiel des fonctionnaires et des concepteurs du programme et passer sous silence les arguments des opposants à l'ECR en tant que cours obligatoire pour tous. 

Une méconnaissance du fait religieux 

Le biais médiatique tendant à présenter les chrétiens comme des déconnectés du 21e siècle, suppose une méconnaissance du fait religieux. En effet, croire qu'une pierre ou un cristal possède un pouvoir de guérison est un acte tout aussi religieux (animisme, fétichisme), que celui de croire en une divinité. Même chose, pour le fait de croire que les astres et planètes déterminent ma personnalité et mon avenir (et celui des jumeaux identiques pourtant très différents dans leurs caractères), ou encore si je crois que mon énergie vitale a besoin d'être rebalancée par un massage,  ou que la Terre, Gaïa, est un être vivant qui nous envoie des messages conscients. Tout cela relève du domaine du religieux; cessons donc de jouer sur les mots. 


Pourtant, les uns passent facilement la porte d'accès dans nos institutions publiques alors que les convictions déistes avouées comme le christianisme, sont de plus en plus exclues et stigmatisées; ridiculisées. La seule principale différence d'approche, pourtant est que certaines s'identifient clairement (ex. christianisme), alors que les autres tout en étant religieuses, sont volontairement gardées floues pour une période d'implantation tranquille, sont très souvent modifiées pour l'Occident, et ainsi rendues intentionnellement plus difficilement discernables ou identifiables comme démarches d'initiation religieuse ou spirituelle étapistes (ex. initiation à l'hindouisme via le yoga ou la voie yogique ou les yogi). Jusqu'à présent, la majorité des médias, tout autant que les commissions scolaires, se montrent incompétentes à reconnaître les croyances religieuses ou superstitions non institutionnalisées, mais non moins réseautées et extrêmement influentes dans leurs orientations éthiques. Combien savent par exemple (en dehors des initiés qui enseignent ces disciplines) que le yoga est une technique ou pratique dans le cheminement initiatique au sein des grandes religions orientales, au même titre que le sont la prière ou le chant chrétiens, ou encore que le tai chi est une discipline de la voie du taoïsme? 

L'argument du "vivre-ensemble" 

Le prétexte d'explorer les religions des parents des autres élèves pour le "vivre-ensemble" est difficilement défendable, vu le grand nombre de religions représentées au Québec et surtout l'âge des enfants qui doivent obligatoirement être inscrits aux cours dès l'âge de 6 ans environ (première année du primaire). Dans les faits, une vie adulte entière ne suffirait pas pour saisir les principaux courants. Cela est davantage improbable au niveau primaire avec des enfants! 

Les parents se font retirer leur autorité morale sur leurs enfants d'âge mineur 

Les changements tout récents et en cours dans le droit canadien, vont dans le sens de retirer aux parents, leur prétention historique dans les faits comme dans le droit "ancien" (remplacé durant la dernière décennie), d'être l'autorité spirituelle et morale sur les enfants (jeunes d'âge mineur). Alors que les écoles au Québec ne sont pas la création de l'État, mais de la société civile, L'État québécois leur dit maintenant par des modifications dans le droit constitutionnel, dans la charte québécoise (article 41) et dans la Loi sur l'instruction publique, que ce ne sont plus les parents qui constituent l'autorité morale et spirituelle sur leurs enfants (âgés de moins de 18 ans). Mais nous n'en voyons pas encore toutes les conséquences. Pour l'instant, il pourrait sembler, par une analyse trop superficielle, que seuls les catholiques et protestants sont concernés par les changements dans le droit, parce que ce sont ces groupes qui étaient ciblés par ces modifications. Mais dans les faits, tous les parents le sont. Si plusieurs parents québécois ne l'ont pas compris, ou s'ils ne le savent pas, c'est que soit ils ont été constamment distraits par autre chose (économie, fin du monde apocalyptique annoncée par les écologistes et non plus par les chrétiens sur la base de l'Apocalypse, scandales financiers, etc.), soit ceux qui auraient dû les informer de la mutation du droit ne l'ont pas fait. Et ils ne l'ont pas fait, pour des intérêts potentiellement idéologiques; la ligne éditoriale du média. Plusieurs ont en effet adhéré à la thèse menant à l'imposition à tous, dès le primaire, d'un cours d'Éthique et culture religieuse (ECR), qu'ils prétendent incontournable pour enseigner le "vivre ensemble", dans une société pluraliste (lire: multi-ethnique, multi-culturelle, avec multiples convictions religieuses, éthiques ou philosophiques). 

Le cours d'ECR devait-il être imposé à tous? 

 Voici ce que disait le comité sur l'éducation au phénomène religieux quelques années avant la réécriture finale du cours d'ECR: 


« Bien que le comité ne puisse identifier aucun principe contraignant pour rendre obligatoire la fréquentation d'un enseignement culturel des religions, la responsabilité spécifique de l'État en matière d'offre de services publics milite, selon nous, en faveur de l'aménagement d'un enseignement culturel des religions qui soit obligatoire pour tous les élèves » (1) . 
Ce texte de la littérature gouvernementale officielle dit clairement que rien ne rendait obligatoire le cours, sauf le point de vue socio-culturel d'une certaine "élite"

Un contenu orienté

L'approche consistant à isoler le droit de regard parental sur l'enseignement donné aux enfants, entre autres par la modification de la charte québécoise des droits et libertés et l'imposition du cours d'ECR qui dicte progressivement du primaire vers le secondaire, ce qui doit être enseigné et cru et ce qui doit être rejeté, ressemble étrangement à l'instauration du mouvement des jeunesses hitlériennes. Ces groupes qui prenaient en charge les enfants sous le IIIe Reich, s'appliquaient à les dissocier du lien de confiance avec les parents, souvent de conviction chrétienne, et leur enseignaient les vraies valeurs; celles que les parents, disaient-ils, ne pouvaient pas comprendre, parce qu'ils avaient reçu une autre éducation et étaient de ce fait dépassés; inaptes à comprendre les enjeux supérieurs que la jeunesse allemande pouvait saisir. Nous savons aujourd'hui les horreurs qui ont suivi un tel discours. 

Instaurer le désordre

Si l'on voulait créer le scénario d'un film sur le désordre social en contexte canadien, on ne ferait pas mieux que ce que l'État québécois fait actuellement, même si l'intention politique peut être bonne au départ. Dans la nature, il y a de l'ordre ou un équilibre dans les écosystèmes. Mais si vous mettez dans la même boîte sans possibilité de fuite, le chien, le chat, la marmotte, le raton laveur, la mouffette et le porc-épic. Sinon, ce n'est plus un écosystème. C'est un laboratoire ! Pourtant, dans des conditions normales, chacun a droit d'être partie à part entière de l'écosystème. Cette expérimentation sur population réelle constitue pourtant une partie de ce que fait l'ECR en classe obligatoire. On prétend que pour un système social équilibré, il faut mettre ensemble dans la "boîte" que constitue la classe du cours d'ECR, les gens de diverses convictions et les forcer à échanger au moment où ils ne le désirent pas nécessairement. On dit pour justifier l'approche que la classe est un échantillon de la société, ce qui est faux
  • Premièrement, quand en tant qu'adultes, vous n'avez pas envie d'échanger sur vos convictions personnelles avec un membre d'un groupe religieux ou votre voisin prof de philosophie, vous ne le faites pas. Cela est la vraie société. L'élève n'a pas ce choix.
  • Deuxièmement, la classe puise dans un même groupe d'âge et dans une même langue d'enseignement. Et elle est dirigée par un enseignant qui agit comme autorité, comme animateur et en tant que modérateur; lequel doit s'assurer que les objectifs de l'ECR sont atteints et que les conclusions attendues soient exprimées avec évidence. La classe n'est pas une micro-société! Quel mensonge! Ce n'est pas le cas dans un échange libre et informel dans le monde libre, entre deux voisins issus de deux cultures, discutant le samedi soir.
Cette expérience me rappelle quand j'étais enfant du pré-scolaire et que je mettais ensemble différents insectes dans une petite boîte de camion-jouet en rompant l'équilibre de l'écosystème. Les petites bêtes vivaient en équilibre à quelques dizaines de centimètres les unes des autres, quelques minutes auparavant. Mais en les confinant dans un espace clos sans possibilité d'espace vital individuel, cela donnait lieu à des affrontements ou des mouvements de stress, d'auto-défense ou même de panique.

«Déconstruisons ensemble ta foi...»

On leur propose ensuite, sans toutefois utiliser un langage aussi cru, de déconstruire ensemble le fait religieux; faire ressortir ce que l'un (allez savoir qui et en suivant quelle référence morale) a jugé comme convenable et épurer de ce qui est digne de rejet, selon cette même autorité morale anonyme de l'élite. Mais justement, quelle est la référence du bien et du mal? Serait-ce les chartes des droits ou la constitution? Évidemment pas, car la dernière décennie a démontrée que même la constitution canadienne et la charte québécoise peuvent être modifiées en quelques mois pour instaurer un changement social. Il y a 200 ans, le droit permettait l'esclavage.

Voici une question intéressante : Comment réagira un parent qui apprendra qu'un enseignant (modétateur et animateur de la classe d'ECR) a laissé entendre que le prophète qui a fondé l'Islam, n'a peut-être pas véritablement reçu la révélation d'Allah? On peut en débattre, évidemment, mais pas dans ce genre de cours imposé. Voici un autre exemple: l'incarnation de Jésus-Christ en tant que Dieu fait chair (Dieu fait homme) est le lieu commun, le dénominateur commun du christianisme. En dehors de l'incarnation, de la crucifixion et de la rédemption, il y a de multiples divergences au sein de la chrétienté au sens très large. Or, impossible de croire à une erreur ou omission des rédacteurs du cours, le fait de la croyance dans l'incarnation est pourtant évacué du programme dans lequel Jésus ne serait qu'un grand réformateur, comme le moine Martin Luther au 16e siècle en Allemagne, ou au mieux, le fondateur de la religion chrétienne. 

L'obligation de débattre ou même seulement discuter lorsque vous n'en avez pas envie 

Comprenez-moi bien; ce n'est pas comme un échange d'idées et de concepts dans une discussion entre un chrétien et un musulman adultes, ou entre un athée et un chrétien, ou entre un catholique et un témoin de Jéhova; ces personnes pouvant être consentantes à en discuter ou même à en débattre. Mais pour le cours d'ECR, il s'agit ici d'une expérience de comparaison des croyances et des expériences (phénoménologie de la religion), imposée de l'extérieur, où chacun risque d'être blessé ou humilié sous le regard des autres. Vous dîtes ce qu'il y a de bon dans l'expérience de l'un et de l'autre, puis, tôt ou tard, l'inévitable arrive. Vous devez faire ressortir certains illogismes réels ou apparents d'une position, ou certaines positions qui apparaissent inacceptables en éthique occidentale laïque. Vous venez donc de ridiculiser l'élève qui avait accepté de s'ouvrir devant toute la classe, pour partager son expérience quelque temps auparavant. Comment, par exemple, peut se sentir un jeune de conviction chrétienne au secondaire (devenu chrétien par sa conviction et non celle de ses parents), lorsque l'enseignant donne la consigne, incluse dans un cahier d'exercice du secondaire, de redessiner le drapeau du Québec en y enlevant la croix symbolique, parce que la croix n'a plus rien à faire sur le drapeau d'une société laïque? Qu'est-ce, sinon une forme pernicieuse de manipulation psychologique? Cela peut s'apparenter pour le jeune croyant par décision, à une forme d'intimidation collective dont il est une cible potentielle. 

Éventuelles conséquences économiques pour museler les enseignants qui pourraient être mal à l'aise avec le cours d'ECR

Pour se garantir l'appui des enseignants dans cette exercice, l'État se sert encore d'une forme d'intimidation potentiellement économique particulière; la menace à peine subtile d'une coupe de salaire pour l'enseignant de l'ECR, sans substitution par un autre cours ou une tâche équivalente. Selon les avis juridiques obtenus par la Coalition pour la Liberté en éducation, en perdant sa liberté de conscience, 
l'enseignant devient un «instrument; essentiellement un dispositif dans l'appareil de l'État. On élimine ainsi les résistances qui pourraient provenir du système scolaire» (2). 
Voici comment l'État procède, bien que nous n'en voyons pas encore tous les impacts qui pourront se révéler à moyen et long terme. Il a modifié la loi, par l'abolition de l'article 20 de la Loi sur l'Instruction publique, retirant ainsi aux enseignants, la liberté de conscience jusque là reconnue dans la fonction d'enseignant. Ceci signifie qu'éventuellement, rien ne contraindrait une commission scolaire à accommoder et à réaffecter un enseignant à un autre cours, dans le cas d'un refus d'enseigner la totalité ou des périodes spécifiques d'ECR, par motif de liberté de conscience personnelle. L'enseignant récalcitrant peut maintenant être mis à pied (remercié de ses services). C'est la possibilité latente d'une menace économique digne des anciens pays de l'est (ex. bloc soviétique, Roumanie, etc.), dans leur répression antireligieuse pour soutenir des idéologies sociales qui ont échoué. On ne sait pas quand ni comment le tri commencera effectivement à s'appliquer. Mais le terreau est là et la semence aussi.  Si un enseignant n'est pas en accord avec une prémisse ou une conclusion du cours ou des cours (car l'approche en réalité plus englobante visera pratiquement tous les cours), cela implique éventuellement l'application à la fois légale et logique suivante : soit désobéir et dire sa position personnelle derrière les portes closes, soit le retrait à moyen et long terme sans compensation / substitution

Un exercice d'ingénierie sociale

Ce n'est plus la séparation de la religion et de l'État, c'est l'État qui structure la religion ou la spiritualité et l'éthique. C'est de la réingénierie sociale très tendancieuse et sujette à créer des précédents dans notre contexte nord-américain. Il ne manque que le brassard de couleur, porté par les déistes, pour exclure les chrétiens de toute position sociale d'influence (politique, enseignement, grands débats sociaux comme le suicide, l'euthanasie, la sélection des êtres humains à naître en fonction de critères génétiques, etc.). Et c'est, il me semble, ce que la plupart des journalistes souhaitent aussi (du moins c'est ce qu'on croirait, à les regarder aller). Pour Gary CALDWELL, sociologue et professeur émérite de l'université Bishop's, c'est effectivement de la réingénierie sociale et en occident, ce n'est pas le rôle de l'école de se faire le véhicule pour le contenu des politiques adoptées par les gouvernements. Les gouvernements et leurs politiques sociales passent, l'instruction, l'éducation et la vraie neutralité doivent demeurer. 

L'ECR au point d'arrivée (A vers B)

Si au départ avec les enfants de 6 ans l'ECR semble plus inoffensif (observation des rites et des fêtes, par exemple), le curriculum du cours d'ECR, échelonné sur plusieurs années, vise pourtant à amener progressivement l'enfant à douter de l'existence de vérités universelles et du bon jugement de ses parents, s'ils ont des convictions déistes. Dès la fin du primaire, vers 10 à 11 ans, l'enfant est amené à se distancer de l'opinion de ses parents, sans toutefois s'opposer à eux ouvertement. Cet aspect de son développement normal est ici étrangement et CONSCIEMMENT mis à contribution, comme par une forme de psychologie de manipulation des masses, assez tordue merci, pour imposer une politique. Et cela est documenté et prévu pour le troisième cycle du primaire, soit entre 10 et 12 ans. Voici ce qu'affirmaient les spécialistes conseillant le Gouvernement, en faveur du cours, avant sa réécriture pour y inscrire l'éthique et son actualisation :
« Cette même autonomie rend l'enfant en mesure d'assumer discrètement certains choix entre des valeurs, tout en demeurant conforme aux perceptions qu'il a des conduites attendues de sa part par les adultes et les autres enfants de son entourage » (3).
C'est sa révolution tranquille non seulement en matière de foi, mais aussi de ce qui est acceptable ou répréhensible comme valeurs et comportements. L'État suggérera à l'enfant de 10 ans, ce qui est bien en matière de spiritualité et d'éthique (ex. les spiritualités acceptables, les bonnes pratiques sexuelles, la bonne position à adopter face à la consommation des drogues, ...) mais les parents exclus du processus (ayant été destitués de l'autorité spirituelle et éthique chez des jeunes d'âge mineurs) paieront les factures lorsqu'il y en aura

Le relativisme institutionnalisé

Il faudrait plusieurs vies à un adulte normal pour comprendre seulement en partie les religions, les spiritualités, les philosophies et les systèmes éthiques de ce monde et je sais de quoi je parle, de par l'une de mes spécialités qu'est la théologie (bac obtenu du milieu protestant). Ce seul constat, soit l'impossibilité de bien saisir les nuances du vocabulaire et des concepts de plusieurs religions; surtout pas avant le 5e secondaire, prouve à lui seul que le but réel n'est pas de comprendre l'autre pour le "VIVRE-ENSEMBLE" dans une société pluraliste, mais de RELATIVISER et de s'assurer de la rupture avec les valeurs parentales non conformes à celle de l'État ou plutôt et plus probablement d'une certaine élite qui manipule le pouvoir politique par des arguments difficiles à comprendre et des affirmations à double sens. En réalité, le programme part en douceur, des options à comparer et peser et plus il avance à chaque cycle, plus il met en valeur les options jugées les meilleures

Cela se fait tout au long du programme. Autrement dit, on procède comme dans toute présentation d'une argumentation, au départ avec les options potentiellement les moins vraies, optant pour celles les plus "vraies" pour la fin (selon les positions prises par concepteurs du cours), en conclusion. C'est un processus souvent utilisé en communication ou en enseignement. Vous présentez les options, de la moins probable vers celle qui vous apparait être la plus acceptable. Le but est d'installer progressivement un doute raisonnable face à certaines religions chez le jeune. 

Une prémisse très tordue : l'État est bon, les parents croyants sont soit mauvais, ou contrôlants ou trop directifs (alors que l'État ne l'est pas selon les défendeurs de l'ECR). Voilà le pari du gouvernement ou sinon de ceux qui le manipulent; pari qui justifie la méthode intransigeante employée pour faire avaler la potion à coups de changements dans les droits (constitution, lois, menaces d'expulsion de l'école ou menace d'échec scolaire). Pensez-y; la menace de dénonciation à la DPJ (Direction de la protection de la jeunesse) pour un parent qui retire son enfant d'un cours d'éthique et culture religieuse, c'est carrément dément et... encouragé par le système. Cela s'est fait dès l'implantation du programme.

Discrimination à l'horizon : l'approche par la phénoménologie de la religion mène au relativisme et à la méfiance

Dans le cours d'ECR, vers la fin du secondaire, le jeune devra être en mesure de dire que l'équilibre en matière de foi, n'est ni l'engagement, ni le rejet total, mais une observation prudente. Car la phénoménologie de la religion est prévue d'être une voie privilégiée par l'ECR, de façon plus directe, au secondaire. Selon la phénoménologie de la religion déjà véhiculée durant la première partie du 20e siècle, l'équilibre n'est ni l'engagement dans une voie, ni nécessairement le rejet total, mais quelque chose entre les deux; une observation prudente sans engagement (sans foi, sans conviction). 

Dans la phénoménologie véhiculée avant la deuxième grande guerre mondiale, les religions du "déséquilibre" ou de "l'équilibre rompu" (celles de l'engagement) avaient déjà été ciblées par des personnes comme Gerardus Van Der Leeuw dans sa Phénoménologie de la Religion (Phänomenologie der Religion, 1933); il s'agissait de la foi chrétienne, de l'Islam et du Judaïsme. Cette conclusion relevait évidemmen de positions privilégiées par une certaine élite. Inutile de dire que le nazisme se nourissait de telles théories. 

Autre source de discrimination contre les branches les plus convaincues du christianisme : la haute critique libérale (littéraire et historique); florissante dans l'Allemagne de la première moitié du 20e siècle

Voici une seconde preuve de la tendance discriminatoire de l'ECR. Une autre approche complémentaire contre la foi chrétienne, consistera à utiliser les arguments de la haute critique libérale (critique de nature littéraire et historique de la Bible en vue de la déconstruire). Ce qui est pernicieux est que cela se fera SANS que ne soit présentée la réponse ou la défense de l'autre point de vue, d'autres spécialistes tout aussi érudits qui ont eux aussi une reconnaissance universitaire (ex. historiens, archéologues, sociologues, anthropologues, etc.), mais qui ne vont pas dans la direction du vent antichrétien actuel, très fort au Québec. Mais l'aspect le plus provocateur et pernicieux de l'approche de la haute critique de la Bible, est qu'il n'y a pas d'équivalent de déconstruction consciente ou systématique dans la critique des écrits dits sacrés à l'extérieur de la Bible. Ces approches déconstructives contre la foi chrétienne, parmi celles appliquées au secondaire (phénoménologie de la religion et haute critique littéraire et historique) sont dans les faits depuis longtemps prévues et seront probablement plus visibles dans une seconde génération de manuels scolaires, une fois l'ECR bien implanté. Mais très peu de gens ont la formation pour décoder la terminologie utilisée et saisir ces nuances. C'est pourquoi le programme a tellement de défenseurs; on le juge sur le concept et sur l'intention

L'ECR; préparé d'aussi loin et si peu prêt en apparence à l'automne 2008 ...

Curieusement, alors que tout se prépare depuis plusieurs années (une première version  expérimentale au secondaire existait dès la fin de la décennie 1970 et fut testée jusqu'en 1984, et pour la dernière version élargie, de 2005 à 2008), les manuels sont pourtant arrivés ou arrivent avec un retard qu'on dirait presque concerté; comme pour se soustraire à une trop grande attention médiatique ou des parents. Lors du lancement du programme en septembre 2008, tous étaient aux aguets (parents, médias, grands-parents, plusieurs enseignants n'ayant pas eu la formation pour le cours), mais il n'y avait rien à regarder. Les manuels n'étaient pas sortis des presses. Puis, l'intérêt a décliné, aidé par les médias francophones ayant déjà statué sur ce verdict: "affaire classée". Mauvais travail journalistique!

Le programme ne présente pas uniformément les points de vue internes des religions, soit avec une approche équivalente si on compare les unes aux autres

Au risque de se répéter, ils oublient qu'il faut des années pour bien comprendre une religion et ses subtilités et variantes. On n'a qu'à penser aux formes contradictoires du seul christianisme. Ce qui unit le CHRISTianisme, c'est le Christ; son incarnation, son oeuvre de rédemption à la croix, sa résurrection. Que les rédacteurs du cours y croient ou non, ce qui suit aurait dû ressortir dans la présentation du christianisme: ± «Les chrétiens disent (ou croient) que Jésus est Dieu fait homme (l'incarnation du Divin)». Mais l'incarnation, le lieu commun de la foi chrétienne, est étrangement évacuée du programme. C'est donc une prise de position clairement éditoriale, voire idéologique qui démontre que le programme ne présente pas les points de vue internes des religions avec une approche constante et équitable. À partir du moment où le programme ne dit pas ce que la religion enseigne, mais ce que les auteurs du cours pensent, vous venez de démontrer que le programme a un but non avoué OU une approche biaisée

Une complexité impensable au primaire et même au début du secondaire

La sphère de la foi ou des croyances constitue un univers de nuances et même de teintes personnelles en sous-composantes ou en marge des grands courants. Imaginez maintenant pour un enfant, la complexité de comprendre l'autre élève du primaire sous l'abord de la foi ou les convictions de... ses parents. C'est plutôt un non-sens, avec des centaines de religions ou voies professées dans un grand centre urbain. Quelqu'un qui par exemple aurait passé quelques heures à étudier une famille catholique au Québec, pourrait-il prétendre comprendre la culture et les valeurs par cette fenêtre? Évidemment non. Les familles catholiques varient l'une de l'autre. Même les enfants diffèrent l'un de l'autre, et à l'âge adulte, plusieurs cessent de suivre la consigne parentale. Car nous n'étions pas encore dans un État totalitaire... avant l'ECR. 

DANGER : Rétrécissement des voies

La sagesse même, enseignerait de ne pas toucher à cela, justement dans l'intérêt de la paix sociale et du respect. La réflexion religieuse, l'échange d'idées sur la religion et la spiritualité et même la discussion ou le débat, ne s'imposent pas, ils se préparent et se font lorsque les parties sont disposées à le faire. Quelle est cette prétention de l'État québécois à créer l'ordre et le respect en imposant par la force la discussion, le pseudo-dialogue et les conclusions prédéterminées (attendues par le contenu des manuels), entre... des enfants qui ne savent pas distinguer leur gauche de leur droite? Nul besoin d'enseigner à relativiser les valeurs ou convictions des parents ou même de les déconstruire par moment; l'adolescence s'en chargera fort bien dans une démocratie pluraliste comme la nôtre. La raison ou la cause motivatrice derrière toute l'énergie à défendre l'ECR doit donc se trouver ailleurs... Un jour peut-être, nous saurons ce qu'il y avait derrière cet acharnement ou obsession compulsive à imposer le cours d'Éthique et de culture religieuse, là ou l'État aurait pu simplement retirer l'enseignement religieux et enseigner les notions de respects sans imposer l'exploration et l'échange entre enfants sur les questions religieuses. Mais il apparait de plus en plus qu'il y a un agenda, autre, derrière l'acharnement actuel

À mon point de vue, pour avoir suivi durant près de deux décennies, le débat de l'enseignement religieux et moral et l'argumentation menant à l'ECR, 

  • il se prépare un interdit de partager la foi chrétienne et son volet moral
  • premièrement (phase 1) sur la place "publique" dans son sens le plus large possible, 
  • puis dans une seconde étape (phase 2) dans nos foyers.
  • Le partage de certaines religions est en processus de devenir criminel, comme l'inceste ou la pédophilie, alors que d'autres cultes auront leur libre entrée dans les écoles publiques comme cela se fait déjà (techniques ou disciplines puisant directement à l'hindouisme, au bouddhisme, au taoïsme, etc.). 
C'est écrit... dans le ciel. Seul un revirement majeur (ex. une prise de conscience des "modules" idéologiques qui se construisent en "ateliers" en vue de s'assembler en une nuit) pourrait renverser la tendance

Pour les parents du Québec, non associés à une religion ou une croyance spirituelle particulière, qui pensent que le virage de la dernière décennie en matière d'enseignement d'éthique et de culture religieuse ne concerne ni leurs enfants, ni les enfants de leurs enfants, il faut savoir que l'État québécois a désormais tous les outils légaux en main pour décréter ce qui est bien et mal pour vos enfants, ce qui peut ou doit leur être transmis comme valeurs spirituelles et éthiques, et ce avec ou SANS votre consentement, incluant sous votre toit. Il ne faut pas si méprendre, le cours peut devenir plus orienté ou plus caustique encore, s'il réussit à s'implanter sur une cohorte complète. 

Le contenu de la version de démarrage actuelle (souvent sans les cahiers d'exercice pour les élèves) n'est aucunement garant du ton et des valeurs dans 5 ou 10 ans, par exemple. 

  • Si l'État en venait à décider par exemple, que l'enfant peut prendre tel type de drogue "acceptable", il aura préséance sur votre autorité morale. 
  • Si l'État décide éventuellement que le suicide est une solution adéquate aux maux de ce monde, vous ne pourrez vous opposer à une telle prise de position sans être accusés de culpabiliser ceux qui choisissent cette voie, incluant votre adolescent.
  • Si l'État décide que telle pratique sexuelle est correcte à 9, 10, 12 ou 13 ans, et que votre enfant en devient infecté ou affecté, vous paierez les factures pour les soins et vous vous taierez. 
Pourquoi? Parce que le droit a changé pour TOUS et qu'on ne vous l'a pas dit. Pendant les changements de la constitution canadienne, des lois et chartes, les médias étaient trop occupés aux dégustations de vins et fromages. Ils ont cru que seuls les catholiques et protestants seraient visés par le droit nouveau et s'en foutaient donc. Mais le droit nouveau, ce n'est pas le vin nouveau; c'est pas mal plus étourdissant.

Quelques réserves et nuances personnelles

Ma conviction personnelle ne va pas dans le sens que nous devrions revenir à l'enseignement public religieux ou moral de type catholique ou protestant. Car les enfants en région étaient particulièrement stigmatisés par ce système. Il y a avait des cas d'enfants avec le pupitre dans le corridor (supervision à distance) ou encore, les commissions scolaires refusaient d'offrir l'enseignement religieux pour une minorité, sauf dans une seule école de la commission scolaire. Les parents devaient en ce cas assurer eux-mêmes le transport de leur(s) enfant(s) et les inscrire dans la seule école dispensant l'enseignement protestant, sans parler du mépris. À Rimouski, par exemple, une enseignante dispensaient un cours religieux catholique, en avertissant les enfants dès la première leçon, qu'elle ne croyait pas en Dieu mais qu'elle l'enseignait par contrainte (cas vécu par mon propre fils en 4e année du primaire). Imaginez la stimulation pour les élèves. Gare à eux s'ils avaient l'intention d'être passionnés pour Dieu. Ce sont des situations semblables venes à ma connaissance puis vécues par nous ou nos proches, qui m'ont conduit à me documenter sur le dossier de l'enseignement, dès le début de la décennie 1990, avant même les états généraux sur l'éducation, sous le parti Québécois.

Ceci dit, bien que certains aspects du cours auraient pu être intéressants, il n'en demeure pas moins que l'on peut noter une différence importante entre le concept ou l'intention véhiculés dans les médias, ET les caractéristiques réelles des documents prescriptifs ayant précédé sa rédaction ou le produit livré et expérimenté. N'oubliez pas que nous ne sommes pas jugés par nos pairs sur nos intentions, mais sur nos réalisations ou résultats.

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En terminant, Je vous suggère très fortement de voir ou revoir le film La liste de Schindler. Il montre quel esprit peut se cacher derrière le fait de vouloir priver, de toute position d'influence sociale sur la base de leurs convictions ou affiliations ou tendances religieuses, des groupes ciblés. En d'autres termes, les retirer de l'«espace public» selon le néologisme intentionnellement vague, à double sens, abondamment véhiculé au Québec en ces jours.

Pour mieux saisir la problématique, je vous recommande le site internet de la CLÉ - Coalition pour la liberté en éducation, bien que je n'en fasse pas partie, et que je ne sois pas pour le retour du statut quo, contrairement à certains parents que je respecte. Je suis pour l'abolition pure et simple de l'ECR. Et devant le fait accompli pour le christianisme, je suis pour le retrait de nos écoles publiques, de toutes les religions et spiritualités (ésotérisme, bouddhisme, hindouisme, taoïsme, animisme, gnosticisme, panthéisme et autres inclus) SAUF comme activité volontaire et optionnelle en dehors du curriculum régulier (projets para-scolaires, location de locaux en dehors des heures régulières de classes, animation spirituelle).

On ne connait pas clairement toutes les influences qui ont échoué en Europe et qui sont pourtant toujours à la base de la rédaction de l'ECR. Mais il y a quelque chose; ça c'est une certitude. Le problème est que nos universités regorgeaient dans les années 1970-1980 et regorgent encore de traductions tardives de théories sociales dont l'application a échoué au cours des 19 et 20e siècle en Europe. Or c'est exactement le genre de littérature et de formation qu'ont reçu nos intellectuels qui ont conçu l'ECR et mené la réforme de l'instruction publique. Un des cas historiques d'échec de théorie sociale, parmi les plus flagrants a été certainement l'Allemagne; une société post-christianisée avant que le Québec le devienne à son tour au sens large (plus précisément post-catholicisé) et une société isolée de l'Europe, un peu comme le Québec se sent isolé avec sa culture et sa façon de faire différente, dans la vaste mer anglophone de l'Amérique du Nord.

(dernières modifications : 19 mai 2009, 9 décembre 2011; 21 mars 2014)

Cours d'Éthique et culture religieuse (ECR) : une vision du monde imposée par l'État



Éthique et culture religieuse - quelques curiosités



Cours Éthique et culture religieuse (ECR) et charte québécoise des droits et libertés de la personne


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1. AUBERT, Marcel et autres (Comité sur l'éducation au phénomène religieux), L'Enseignement culturel des religions - Principes directeurs et conditions d'implantation, Gouvernement du Québec, Ministère de l'Éducation, 1999, p. 16.

2. Coalition pour la Liberté en éducation (CLÉ), documentaire vidéo en ligne: Les parents demandent que leurs droits soient respectés. Consulté sur http://coalition-cle.org/, le 12 mai 2009.

3. L'Enseignement culturel des religions - Principes directeurs et conditions d'implantation, cité précédemment, p. 21

dimanche 5 avril 2009

Faut-il acheter la paix des artistes?

Il y a plusieurs années, le parolier Luc Plamondon faisait une sortie célèbre au gala de l'ADISQ au Québec, concernant les droits d'auteurs. L'intervention inattendue, largement reprise par les médias (et souvent imitée), a marqué l'imaginaire québécois. Il était question d'équité dans la répartition des revenus générés par les productions artistiques (musicales dans ce cas précis) où il ne recevait que quelques sous par album vendu. Il me semble qu'il avait raison et parlait selon l'évidence. Et son combat m'a semblé apolitique; indépendant du parti politique au pouvoir. 

Mais ce qui amène à se poser des questions, davantage encore lorsque la situation économique devient difficile, c'est jusqu'à quel niveau (degré d'investissement) faut-il subventionner les artistes à même les impôts et taxes des contribuables? Et encore, quels artistes ou quelles productions dites culturelles et sur quelle base? Pourquoi un artiste canadien qui voulait faire flotter une banane géante au dessus du Texas pour passer un message politique, devait-il recevoir des subventions de nos gouvernements? (AU COÛT DE 65 000 $ On se paye une banane géante au-dessus du Texas. 2007) 

Qu'on me comprenne bien. Je ne nie pas que plusieurs artistes qualifiés et de qualité aient des revenus trop faibles et mon intention n'est pas de les mépriser. Mais j'aurais actuellement aussi de sérieux problèmes de revenus, si je n'avais pas par moment, ajusté mes aspirations professionnelles, m'accrochant à ma ou mes passions uniquement. Prenons l'exemple de trois personnes qui ont fait un baccalauréat, l'une en histoire, la seconde en philosophie et la troisième en éducation physique. Aucune de ces personnes n'a le privilège ou la prétention d'exiger que le gouvernement la subventionne à vie, pour qu'elle puisse vivre aisément de sa passion. Si nous transposons la situation d'un diplômé de philosophie, ou d'histoire ou d'éducation physique à celle des artistes et producteurs artistiques, nos artistes ne doivent-ils pas d'une certaine façon, produire un livrable avec lequel ils peuvent vivre avec un minimum d'intervention de l'État; un livrable « viable » en quelque sorte? Nous sommes forcés d'admettre que la raison pour laquelle certains artistes ont tant de pouvoir, c'est qu'ils ont les micros et tribunes pour revendiquer. Ils utilisent la méthode revendicatrice lors des remises de prix, si populaire en ces années, mais leur combat n'est plus le combat apolitique de Plamondon. Ils visent carrément à influencer fortement, voire renverser, l'intention de vote en pleine campagne électorale, comme nous l'avons vu aux dernières élections fédérales de l'automne 2008.

Le Gouvernement Conservateur avait-il raison? Peut-être pas dans toutes les intentions de coupe. Mais il n'avait probablement pas tort en tout! Chose certaine, le poids média et le poids politique de cette catégorie de travailleurs est peut-être sur-représenté, du seul fait qu'ils utilisent désormais les galas à haute cote d'écoute, des micros, des apparitions et du temps d'antenne sur les tribunes de radio et de télévision d'État, donc subventionnées, pour passer un message hautement politisé et très politiquement orienté (ex. dire à la population pour quel parti ne pas voter). Bien sûr, comme tout travailleur, ils peuvent négocier ou revendiquer. Mais sur quelle base un artiste ou toute activité qui revêt le drapeau d'une culture « enveloppe-tout », peuvent-ils prétendre que tous leur doivent un revenu garanti dans l'exercice de leur fonction? 

Ce qui relève de la culture au sens où ils l'entendent, n'est même pas défini et peut-être même très difficilement définissable. Si Bombardier ne trouve plus de client pour ses avions et wagons de trains, la compagnie se voit contrainte de mettre du personnel à pieds. Je connais personnellement, plus d'un biologiste (la biologie n'est pourtant pas une science taxée de « molle ») qui ont dû réorienter leur carrière. J'ai même parlé avec un avocat qui, vivant en région comme moi en ces années-là, n'avait pas de travail. Je présume qu'il a dû s'exiler par la suite ou quelque chose du genre. Il y a aussi des ébénistes qui ne peuvent pas vivre seulement de leur passion en raison de l'offre et de la demande. Mais de telles personnes n'ont pas de micro ou de tribune comme les galas Artis, Adisq et autres. 

Rejean Pinard personnage
de la série télévisée La
Petite vie. Il aurait pu être
astronaute ou ingénieur,
à ce qu'il dit, mais puisque
ça n'a pas fonctionné, l'État
lui doit l'aide sociale à vie.
Parfois, je ne peux m'empêcher de repenser au personnage de Réjean dans la série télévisée La Petite vie. Le rouquin, selon ses propres prétentions, aurait pu être astronaute ou ingénieur, mais comme il n'y a pas eu de place pour lui, l'État lui devait bien, maintenant, de le faire vivre (pensait-il). Un artiste au sens large ou un producteur, est-ce une personne qu'il faille absolûment supporter dans sa passion, quel qu'en soit le prix, quelle que soit la situation économique, alors qu'on ne le fait pas pour d'autres choix de carrière? 

Comprenez-moi bien, je ne hais pas les artistes, et j'ai moi-même une personnalité artistique (aptitudes en arts graphiques et en lettres). Mais la réalité de la vie m'a amené à adapter mes choix de formation. J'ai aussi des gens de formation artistique dans ma famille, mais la loi de la sélection naturelle si chère à notre Québec en ces années, est bien cruelle (sans sentiment) lorsqu'elle est mise en application. À moins de se faire enseignant, il est souvent difficile de vivre uniquement des arts, de la philosophie, de l'histoire ou de l'éducation physique, et de plusieurs autres disciplines, à leur état pur, et même en biologie ou chimie générales.

La sélection naturelle; comme au hockey

C'est comme pour le hockey professionnel, il y a beaucoup de jeunes dans nos arénas, mais peu d`élus parmi eux joueront chez les pros américains ou dans la ligue nationale. Devrions-nous bientôt payer les joueurs de hockey du junior majeur, qui ne réussiront pas à faire carrière de leur passion, parce qu'ils n'auront pas accédé à un poste dans la LNH ?

jeudi 19 mars 2009

Un français correct essentiel, même en désinformation religieuse

L'utilisation d'un français correct dans les médias francophones de la Société Radio-Canada (SRC) et d'autres médias ou organismes qui se disent laïques mais sont souvent des ésotériques ayant en aversion la foi chrétienne, demeure importante même en militantisme et campagne de désinformation; ne serait-ce que pour laisser croire que l'on sait de quoi on parle, concernant notamment les mouvements chrétiens ou le protestantisme. 

(modifié le 3 février 2015, article abrégé de sa section sur Charles Chiniquy, le 24 septembre 2019)

Les évangélistes ou les évangéliques ?

Pour désigner ou stigmatiser un chrétien ou un mouvement chrétien évangélique de la grande famille protestante en vue de lui faire perdre la faveur du peuple désinformé, la Société Radio-Canada ne devrait PAS dire les évangélistes, mais les évangéliques (comme on dit catholiques).

Un évangéliste est soit
1) le rédacteur d'un des quatre évangiles; soit
2) une personne issue des églises de la Réforme (homme ou femme) qui a le don d'évangélisation, lequel consiste à communiquer l'évangile de manière dynamique, efficace et convainquante. Billy Graham, par exemple, a exercé le ministère d'évangéliste durant une très longue période.

Le terme évangile, soit dit en passant, vient du mot grec euaggelion et signifie «bonne nouvelle». Donc lorsque les journalistes semi-professionnels ou non-professionnels et les mouvements laïques qui font de la propagande haineuse et discriminatoire disent que les "évangélistes" sont une nuisance dangereuse et du néo-conservatisme, c'est comme si, pour désigner les membres de l'Église Catholique (les paroissiens), ils disaient les vicaires ou les moines, au lieu de dire les catholiques ou les croyants catholiques.

Ils ignorent ce dont ils parlent

Ceux-ci ont repris, sans s'interroger davantage, la logique argumentaire et le vocabulaire des mouvements laïcistes francophones et de la littérature anti-chrétienne. Ces dernières tendances tantôt officielles, tantôt obscures, sous couvert de séparation de l'Église et de l'État, visent à enlever tout droit de parole ou de communication aux mouvements de tendance monothéiste; plus particulièrement le christianisme. Ils ne veulent pas seulement la séparation de l'Église et de l'État (ce qui devait se faire aussi du point de vue des quatre évangiles même et des propres paroles de Jésus), 
  • ils veulent l'interdiction de l'accès à des fonctions politiques, aux hommes et femmes de conviction chrétienne.
  • Ils veulent interdire aux chrétiens, le droit de communiquer et transmettre leur foi. 
  • Ils veulent enfin la séparation et le bris de confiance entre les parents chrétiens et leurs enfants (cour d'ÉCR) comme tous les autoritarismes politiques émergents du monde présent et passé.

Les médias qui suivent aveuglément cette sémantique erronée et son argumentaire témoignent ainsi leur peu de sérieux dans la compréhension des diverses actions ou mouvements associés à tort ou à raison au christianisme.

Ces "maudits" protestants; ces "maudits" évangéliques

Cela témoigne qu'ils ne savent pas de quoi ils parlent lorsqu'ils haïssent activement ceux qui ont été appelés les «protestants» lors de la Réforme et par la suite (ex. sous l'influence de Jean Calvin, de Martin Luther, de Menno Simons, d'Ulrich Zwingli, et plusieurs autres à ce moment et durant les siècles suivants).

Les évangéliques sont des protestants, selon la désignation historique. Mais les protestants ne sont pas tous évangéliques. Les premiers protestants étaient les premiers évangéliques avant que le mot même soit utilisé pour les désigner «évangéliques» quelques siècles plus tard, mais au départ taxés de "protestants" selon le regard extérieur; celui du catholicisme. Par la suite, la désignation s'est étendue aussi à des mouvements plus réactionnaires au catholicisme qu'évangéliques (un christianisme plus traditionnel, bien que non catholique).

Aujourd'hui, le protestantisme englobe les deux tendances. Fuyant les persécutions de la France et par la suite du Québec, plusieurs protestants de l'Europe se sont installés aux États-Unis. Cela a donné l'un des pays les plus tolérants au monde, malgré ces «maudits évangéliques» en grand nombre. Vous pouvez y vivre et y prospérer tout en étant chrétien, athée, agnostique, hindou, bouddhiste, etc. La seule condition essentielle est la liberté d'expression. Les États-Unis sont une grande démocratie du monde, laquelle a fait trembler plus d'un dictateur et plus d'un pays totalitaire. C'est tout le contraire de la propagande antichrétienne dans nos médias francophones, dont Radio-Canada (SRC ou CBC francophone), selon lesquels être chrétien signifierait la fin de la nation canadienne ou québécoise. Regardez au fruit.

Le nombre des évangéliques et la popularité de la Bible sont en décroissance aux États-Unis et non l'inverse. La désinformation à laquelle participent nos grands médias est étonnante et la peur suscitée chez la population est malade et tend vers une hystérie créée de toute pièce. J'ai entendu, toujours à la SRC, un argument selon lequel la foi chrétienne avait amené le déclin de l'Empire romain. Quoi! Il faudrait premièrement que ce soit vrai. Et supposons que ce le soit. L'invité tenant ce discours voulait-il que l'impérialisme romain perdure jusqu'à nos jours? Oublie-t-il que la forme partielle de démocratie de l'Empire romain n'était pas une démocratie du peuple, mais d'une élite? Que l'esclavagisme était très répandu chez les Romains? Que les concours pour le pouvoir se scellaient souvent dans le meurtre et le sang, et non dans les curriculums vitae (CV) et les entrevues de sélection? Que les empereurs romains ont souvent été cruels et psychologiquement instables? Que le cirque romain n'avait pas de clowns.

En matière d'examen de la foi chrétienne, ils se documentent seulement à la source adverse ou auprès d'une seule source

Pouvez-vous imaginer un juge en cour, qui n'entendrait que les accusateurs et non la défense. C'est pourtant ainsi qu'ils opèrent. Ils lisent les écrits des adversaires du christianisme. Lorsqu'ils prétendent interroger un initié typique du milieu chrétien, ce prêtre ou cette sœur n'est pas certain qu'il est convaincu de l'existence de Dieu, ou il / elle est polythéiste ou panthéiste. Autrement dit, l'avocat de la défense n'a pas d'argument pour représenter le Dieu des chrétiens au banc de l'accusé. Ils lisent des écrits qui tirent à gros boulets sur la foi chrétienne et ils en ressortent avec un fort sentiment d'avoir bien fait leur travail objectif (impartial ?).

Il ne leur viendrait pas à l'idée de lire 50% chez les croyants et 50% chez leurs adversaires et de choisir la défense de la foi dans le même calibre, et aussi, pas seulement chez les chrétiens qui se contentent de dire que Dieu existe probablement ou peut-être ou les extrémistes que même le milieu identifie comme tel. Leurs recherchistes sont incapables de trouver un scientifique chrétien francophone convaincu, alors qu'ils trouvent un moine bouddhiste français convaincu en quelques minutes. Le seul argument accepté venant des chrétiens est le volet engagement social (soupe populaire, soins gratuits aux pauvres, distributeurs d'argent et de condoms gratuits, etc.). Ils épurent les entrevues présentées en différé pour en enlever tout élément qui pourrait toucher un cœur endurci chez les auditeurs.

Cela rappelle l'histoire de Charles Chiniquy, ce prêtre et prédicateur québécois, originaire de Kamouraska, qui a soulevé contre sa personne, souvent malgré lui, le dogme catholique  (malgré lui, au sens où il voulait simplement changer des choses).

Autre article à ce sujet (spiritualité des Québécois déjà en mutation au début de la décennie 1990) :  

Le consensus antichrétien dans les institutions publiques du Québec




Désinformation et arguments trompeurs

La désinformation actuelle en matière de foi chrétienne n'est pas accidentelle. Elle est systémique et organisée (changement de système, passage vers un nouveau paradigme); le fruit de plusieurs décennies qui y ont mené. Il serait trop long d'en parler en détails ici, mais disons ceci brièvement: nous passons du modernisme au post-modernisme, vitesse grand 'V'. Nous passons aussi du statut de pays "christianisé" avec ce que cela avait de bon et parfois de moins bon, selon la tendance chrétienne dominante, à un pays post-christianisé. Voilà pourquoi nous assistons à un véritable réveil et retour des anciens cultes et religions philosophiques.

Jusqu'à présent les adversaires de la foi chrétienne ont pu frapper, parfois avec raison sur les abus manifestes de gens qui n'avaient malheureusement trop souvent de chrétien que le nom. Ils ont été scandalisés des crimes d'individus religieux qui ont fait beaucoup de mal. Lorsque l'on écrit dans un journal qu'un homme qui a tué ses enfants avait lu la Bible, cela implique que chaque fois qu'un meurtrier ne lisait pas la Bible, cela soit écrit aussi: «Il ne lisait PAS la Bible!» Maintenant et dans les prochaines années, ils verront les crimes des gens irréligieux (ou religieux non chrétiens). Mais ils ne comprendront pas. Ils diront, «Comment cela est-il possible?» «Une mère et instruite en plus, ne peut pas tuer ses propres enfants». «Un médecin ne peut pas tuer ses enfants». «C'est une maladie». «Les gens d'une instruction supérieure et non intégristes ne peuvent pas faire de mal». C'est FAUX, et on l'a vu dans la Deuxième Guerre mondiale. 

Quant aux anciens cultes, ils seront encore emballés et passés sous un processus de transformation (make over) et de marketing visant à les «occidentaliser» ou les épurer de ce qui ne passerait pas ici, du moins, pas pour le moment. Par exemple, il y a 15 ans, le Dalai Lama nous disait, à nous nord-américains, comment trouver le bonheur. Maintenant, il peut dire ouvertement comment devenir bouddhiste. Et les médias prétendent que le bouddhisme, contrairement au christianisme ne fait pas de nouveaux convertis (lol). Ce message oriental n'aurait pas passé dans la génération précédente et il passe en raison des messagers et auteurs qui font largement la promotion de la discipline. Et la liberté d'expression est respectée.

Spiritualité et valeurs en porte-à-faux d'une société québécoise post-christianisée

Présentement, nous ne voyons pas tous les effets éthiques et moraux du passage à une culture post-christianisée, car les valeurs de tendance chrétienne inculquées par les générations précédentes (partage et redistribution, respect, compassion, engagement social), bien qu'elles ne fussent pas toujours promulguées par des chrétiens dignes de ce titre, coexistent encore pour un temps avec les nouvelles valeurs sans nécessairement s'y confronter ouvertement.

Nous sommes dans un système transitoire, en partie en porte-à-faux (terme architectural), c'est à dire comme une vitrine ou une fenêtre qui s'avance au-dessus du vide, soutenue par la structure du mur qui est en arrière. Autrement dit, les croyances contradictoires se touchent et se voisinent, mais l'on ne s'en rend pas pleinement  compte pour le moment, ou plutôt, on n'y attache pas d'importance. On continue de penser que les bonnes valeurs viennent de soi.

Autrement dit, des enseignements des valeurs d'influence chrétiennes, héritées de nos parents et grands-parents, supportent encore les références culturelles de plusieurs individus, même athées, qui ont renié toute identification à la foi chrétienne, christianisme véritable ou de nom. Mais nos médias et nos élites n'ont pas discerné que l'approche de l'ésotérisme, des gnoses et des cultes philosophiques est étapiste (progresse stratégiquement par étape, pas à pas) en Occident. Et c'est correct selon le principe de liberté.

Une étude de la fin du 20e siècle soulignait le changement et chevauchement des croyances au Québec

Les évêques catholiques du Québec l'avaient pressenti il y a près de 20 ans et ils avaient commandé une étude à l'Université Laval (1). Déjà le Québec était sous forte influence de l'ésotérisme et du retour des anciens cultes et des anciennes gnoses. On puise aux croyances dans la réincarnation et les exercices pour se délivrer du mauvais karma (yoga qui est une discipline hindouiste, méditation bouddhiste), mais sans se rendre compte de certaines contradictions avec les valeurs du temps.

  • Le karma implique que c'est de votre faute (vos vies antérieures ou naissances antérieures) si vous naissez malade, pauvre ou femme. Il faut franchir les divers degrés du yoga ou d'autres disciplines pour s'en extirper. La loi du karma (œuvres-conséquences exigeants de multiples réincarnations) a donné, là où la croyance s'est bien implantée, naissance aux castes hindoues et intolérance envers les autres fois.
  • Manger de la viande devient mauvais en raison de valeurs spirituelles, mais en Amérique du Nord, on utilisera surtout le vocabulaire scientifique pour vous en dissuader, alors que Jésus déclare que ce n'est pas ce qui entre dans la bouche de l'homme qui le souille, mais son être intérieur et donc ce qui sort de lui. Ce qui sort de l'homme (parfois uniquement dans le secret) est le reflet de ce qui constitue ses vraies valeurs.
  • Le bouddhisme prône un éloignement des 5 sens pour s'affranchir de la vie inférieure matérielle. C'est une croyance très ancienne, à l'effet que la matière est mauvaise et que l'âme immatérielle est bonne. Les âmes ont dérivé de leur source unique et se sont égarées jusqu'à se matérialiser dans la vie inférieure (depuis un monisme ou source unique ou sorte d'océan primaire pour employer une métaphore). Les philosophes grecs gnostiques ont aussi eu ces croyances (ex. Platon, platoniciens, néoplatoniciens). Le summum bouddhique est de se retirer pour faire le vide en montagne dans une soutane jaune et orangée. La science mesure les ondes cérébrales de certains moines tibétains et conclut qu'ils sont plus heureux que la majorité des occidentaux. Sauf que la condition, est le retrait de la vie quotidienne. Jésus n'a jamais promu la voie monastique (un choix libre mais non une ordonnance), mais a prié que ses disciples du temps et futurs soient dans le monde, mais préservés de ce qui est mauvais dans ce monde «Je ne te prie pas de les retirer du monde...» (Jn 17).
Lorsque j'entends ou lis ce qui se véhicule chaque jour concernant les évangéliques (appelés par erreur les évangélistes) par les médias au Canada francophone depuis quelques mois, je constate qu'il s'agit d'une hystérie telle qu'il n'y en a jamais eu depuis l'apogée du Catholicisme qui avait la main mise sur l'État québécois. Autrement dit, on reproduit dans la nouvelle idéologie laïciste (et non laïque), une version déformée et politisée de la laïcité, l'autoritarisme que l'on a reproché au catholicisme. Le pays nord-américain où les évangéliques ont participé à la constitution et au développement, est l'un des plus ouverts au monde (États-Unis), du moins, jusqu'à l'arrivée d'extrémistes violents qui veulent éradiquer la foi des uns, et la non-foi des autres. 

Convictions chrétiennes et engagement social

Voici un argument répété à tort et à travers: les réalisations passées des hommes et femmes de conviction chrétienne n'auraient pas eu selon eux, de liens avec leur foi, mais en raison de leur personnalité et caractère. Ceci est un sophisme (argument trompeur).

  • La Croix Rouge, par exemple, fût initialement en Europe francophone, le fruit de la conviction chrétienne, entre autres d'Henri Dunant, un homme qui a fait le libre choix d'adhérer aux valeurs et message chrétiens. 
  • L'abolition du traffic d'esclaves dans l'Empire britannique se fit sous l'action acharnée d'hommes comme le député William Wilberforce et un ancien esclavagiste, John Newton, devenu pasteur (2), celui-là même qui a composé le cantique inspiré Amazing Grace (Grâce infinie). Ce dernier a milité contre cette pratique APRÈS sa conversion à Christ et un repentir sincère. Mais AVANT sa conversion, il a lui aussi participé activement aux viols de femmes sur les bateaux remplis d'esclaves (3). 
S'il n'y avait que ces deux témoignages, cela prouverait la fausseté de la théorie précitée. Mais il y en a des centaines d'autres. J'ai connu des alcooliques qui suite à leur conversion à Christ ont cessé de boire, et d'exposer leur famille à la disette et à la pauvreté. Des chefs d'entreprises sont devenus plus humains et équitables, chose que l'humanisme et l'université (l'instruction universitaire supérieure, la connaissance) n'avaient pas réussi à leur inculquer.

Malhonnêteté intellectuelle 101: choisir ce qui les confirme

Ce que les gens des médias qui manquent de professionnalisme font encore de façon malhonnête, c'est

  1. qu'ils comparent les meilleurs éléments parmi les non-chrétiens, mis en comparaison avec les moins bons éléments du christianisme dans son sens le plus large (chrétiens de noms mélangés aux chrétiens par engagement ou décision); 
  2. qu'ainsi, ils ne comparent pas les oeuvres du chrétien après sa conversion avec ses oeuvres d'avant. Tout l'échafaudage de comparaison des personnes et des cultures est donc biaisé. C'est comme si une femme comparait les pires défauts de son mari avec qui elle vit depuis 15 ans, avec les meilleures qualités (en apparence) d'un collègue de travail qu'elle ne connaît que sous son meilleur jour; 
  3. qu'ils négligent le fait important que souvent ces dernières références servant de preuve de la bonté innée de l'homme et présenté comme "humanisme" ont généralement grandi dans un enseignement teinté des valeurs chrétiennes (ex. 10 commandements);
  4. lls veulent ignorer que contrairement à la forme historique du christianisme traditionnel imposée au Québec, le christianisme biblique n'est pas de nature géographique, ni par la naissance. La foi biblique chrétienne, selon les enseignements du Nouveau Testament, implique à la fois une grâce imméritée et une décision individuelle de celui qui reçoit, pour prendre part à une expérience universelle. Un individu n'est pas chrétien par la naissance dans une paroisse ou un territoire ecclésiastique, mais par décision.


Sur les guerres et leur cause


Quand en tant qu'animateur, modérateur ou recherchiste d'un média important, on dit ou laisse dire sur toutes les tribunes, que les guerres sont le fruit des religions, c'est une pratique (ou non-intervention) pernicieuse. L'affirmation est en partie vraie et en partie fausse. Cela dépend du contexte historique et géographique. Il est évident qu'un christianisme dans lequel on entre par le concept de paroisse (par le territoire de naissance) risque de se dénaturer avec le temps, et ne plus avoir le même impact qu'une foi chrétienne à laquelle on adhère par décision à un âge plus mature. Mais leur malhonnêteté intellectuelle se démontre aisément, en ceci:  ces mêmes personnes, animateurs ou autres intervenants, laissent passer sous silence les nombreux états athées ou agnostiques comme les anciennes Union Soviétique, Roumanie, OU l'actuelle Corée du Nord, ainsi que les grands systèmes politiques et les doctrines économiques ouvertement non religieux ou laïques (ex. marxisme aux 19e et 20e siècles). Ces grands systèmes laïques de l'histoire récente, lesquels devaient amener le bonheur des peuples ont mené à une intolérance perfectionnée, à la disparition des classes moyennes, aux camps de travaux forcés et aux exécutions sommaires (mise à mort sans jugement). Ces grands systèmes n'ont pas fait mieux mieux que les dictatures des états mono-religieux.

Pseudo-laïcité, libertés et droits humains

L'histoire se répète et le mythe se perpétue, maintenant dans le terreau du Québec. Jamais n'a-t-on autant parlé de la laïcité et de la sécularisation comme devant amener la plus grande liberté jamais atteinte; une véritable explosion des droits humains. Pourtant, depuis le déclin en popularité du catholicisme au Québec, jamais n'a-t-on été aussi intolérant envers les croyants de tendance chrétienne. J'ai à présent assez de vécu pour témoigner que le Québec des grands centres urbains d'aujourd'hui est plus fermé que le Québec des régions reculées, fortement catholiques encore sous forte influence du clergé des années 1980. C'est une fermeture à l'autre et non une ouverture que nous voyons depuis le tournant du millénaire. Lorsque j'étais jeune adulte et chrétien, il était possible aux églises protestantes de louer un local en soirée dans une école publique pour présenter une conférence ou prier. Ce privilège est en train de s'effriter, à cause de la grande et prétendue ouverture (tolérance supérieure) de la laïcité. Tolérance supérieure à quoi? Certainement pas au catholicisme des 40 dernières années !

Le mythe de la plus grande ère de justice de l'histoire du Québec

Ils veulent croire naïvement que de réduire au silence les croyants amènera la plus grande ère de droits et liberté jamais connue. L'Histoire a maintes fois montré que quand les religions ne trouvent plus d'espace d'expression dans un État non religieux, les droits de tous sont bientôt bafoués tout autant que dans une dictature religieuse. À l'inverse, là où il y a la vraie liberté, il y a possibilité d'exprimer sa foi publiquement. Au temps de la Réforme, le moine Martin Luther (en l'honneur de qui Martin Luther King a été nommé), pouvait selon un procédé de l'époque, placarder ses thèses (affirmations) à Wittenberg pour susciter un débat théologique avec la puissante église catholique. Aujourd'hui, la Mère Laïcité veut interdire qu'on puisse bientôt placarder des arguments pour questionner les grands enjeux sociaux et éthiques comme le suicide assisté, ou la sélection des individus avant leur naissance, par exemple (choix des caractéristiques physiques au début, du point de vue santé, mais plus encore comme le sexe de l'enfant, des caractéristiques physiques souhaitées, etc.).

Une lecture du phénomène religieux contraire aux faits observables

Lorsqu'ils présentent les confessions non monothéistes ou non chrétiennes, ils font une lecture contraire aux faits. Ils ne montrent pas la culture résultante, le produit livré. Ils montrent des moines tibétains dans des havres de paix à des résidents de métropoles, stressés et qui ont oublié que le lait vient des vaches et non du supermarché. Le bouddhisme est ainsi médiatiquement élevé comme une grande sagesse. Mais lorsque l'on regarde le fruit des millénaires de bouddhisme, que trouve-t-on? Plutôt des fillettes méprisées et des pays où les droits et libertés commencent à peine à être discutés. Même chose pour l'hindouisme dont on passe sous silence les castes (ex. classes sociales séparées sur des fondements doctrinaux, comme la loi du karma; ex. l'infériorité de la femme pire que celle en Israël avant la venue de Jésus.

J'ai entendu récemment (vers 2009) un homme connaissant un certain succès médiatisé au Québec dire qu'il doit avoir un bon karma, car s'il réussit dans sa présente vie jusqu'à ce jour, ce doit être qu'il a eu des mérites dans une vie antérieure. L'animateur croyait qu'il faisait de l'humour. Jusqu'à tout récemment, on prenait de telles déclarations pour une blague. À présent, on sait que cette croyance a fait son chemin. Et cela n'est pas sans conséquence sous l'angle de la cohésion sociale. Ont-ils seulement remarqué que les premiers fruits du rejet de toute forme d'influence chrétienne a produit comme premiers fruits, l'apparition d'un individualisme sans précédent qui a même amené la charte des droits à protéger le criminel plus que les gens ordinaires? Ou a accéléré le phénomène des enfants-rois ou encore la hausse du taux de suicides? Ils disent que la hausse du taux de suicide est attribuable à notre saison hivernale particulièrement longue, alors qu'il y a toujours eu des hivers au Québec. La réalité, c'est un changement profond des valeurs et particulièrement de l'espérance.

La Chute et le bunker

La situation idéologique actuelle au Québec est semblable en bien des points à celle de l'Allemagne des années précédant la deuxième guerre mondiale (sous l'ascension d' Hitler). Nous lisons et découvrons ici les traductions françaises des pseudos-théologiens, historiens et philosophes anti-chrétiens de l'époque qui sont une des parts de ce qui a conduit l'Allemagne à sa chute et au bunker. Proclamant que la foi chrétienne est une idéologie dangereuse, nous élevons l'évolutionnisme comme la plus haute sagesse devant laquelle tous doivent s'incliner. 1) Pourtant, dans le tristement célèbre bunker, dans ses derniers jours, Hitler refusait de capituler devant la victoire imminente des Alliés et des Soviétiques sur d'autres flancs. Berlin sera détruite, disaient certains de ses conseillers militaires l'incitant à capituler et reconnaître la défaite. Mais il répondit systématiquement avec la logique de l'évolutionnisme appliqué, que Berlin aurait ce qu'elle méritait, en cas de défaite. Il évoqua à plusieurs reprises la sélection naturelle, rappelant que les plus faibles cèdent la place au plus forts. Si l'Allemagne et Berlin avec elle, étaient vaincus, alors c'est qu'elles mériteraient d'être détruites. Hitler et ses plus proches conseillers se sont suicidés; ceux qui étaient parents en entraînant leurs enfants dans leur folie. Les proches d'Hitler ont tué leurs propres enfants pour leur éviter l'après National Socialisme. C'était pour eux inconcevable que leur sagesse soit vaincue.

Quand le contraire du chaos est associé à la folie

Ils veulent aussi faire croire qu'il faut être fou pour déceler un ordre complexe dans l'Univers et dans la nature; et davantage encore, pour suggérer une certaine organisation et intelligence derrière cet organisation de la vie (un code génétique pourtant!) en systèmes très complexes. Croient-ils pouvoir crever les yeux de toute une nation? L'évolutionnisme pur et dur implique que le hasard produise, sans intervention orientée, un ordre complexe, si on lui donne quelques milliards d'années. Ils ignorent que quelques milliards d'années constituent un temps suffisant pour que le soleil de la planète s'éteigne! Ils taxent d'intégrisme et d'aveuglement les personnes qui croient qu'il y a une certaine intelligence ou un principe organisateur, un programme hors du temps; principe éternel et transcendant, derrière l'ordre et les lois que nous voyons et découvrons dans les cieux, sur la "planète bleue" et dans nos propres corps. Avez-vous remarqué que l'ADN c'est du code? Et ça vient d'où du code? Poser par exemple la question à un informaticien, pour voir par exemple si du html ça se fait tout seul.

L'Éternité (réalité hors du temps) d'un tel être ou principe, source de vie, est folie pour eux, mais trois phrases plus loin, ils n'ont d'autre choix que de concéder que si la matière a toujours existé, elle est alors elle-même éternelle; l'éternité de... la Matière (le petit point de matière-énergie éternelle concentrée qui donne le Big Bang. La matière et l'énergie sont donc éternelles, aux yeux des scientifiques. Ils croient donc en l'éternité! Ils refusent seulement de le proclamer haut et fort. La foi dit que Dieu est éternel et que l'Univers n'est pas infini, ni éternel; qu'il a eu un commencement radical.

Faut-il ajouter, sur le débat de l'évolutionnisme pur, que la vaste majorité des scientifiques de carrière peuvent faire tout leur travail quotidien sans avoir à appliquer la théorie de l'évolution (milieu médical, bio-chimie et ADN, voyage dans l'espace, etc.), sauf peut-être pour les auteurs et enseignants qui vivent de la diffusion de la théorie? L'évolutionnisme tente d'expliquer le passé, mais il n'a pas d'application indispensable dans le présent. Un vétérinaire soigne un chien, indépendamment qu'il soit descendant ou non d'une bactérie ou d'un être uni-cellulaire. Le chirurgien opère l'homme malade, sans égard au fait qu'il soit descendant d'une espèce de singe ou d'un lézard. Les astronautes, chrétiens et athées, se rendent en orbite, peu importe l'âge de la Terre et de l'Univers, où qui ou quoi en détient les droits d'auteur (hasard ou divinité du christianisme ou énergie primaire intelligente de l'ésotérisme).

Cette approche d'interprétation du monde (rejet du principe organisateur) élevée en système laïco-clérical, n'a pas besoin de prouver la non-existence de Dieu; elle le sait... C'est qu'un Esprit éternel qui fait du code, ça dérange. Ce faisant, la déesse Science viole ses propres règles selon lesquelles elle ne doit affirmer que les conclusions des expériences qu'elle peut réaliser et répéter en suivant un protocole très précis, comme le décrit très bien l'anthropologue Paul Gosselin (4).

Si elle étudie les ondes du cerveau, la Science dit que toute expérience religieuse "véritable" et prétendue relation avec la divinité est une création du cerveau. C'est aussi "logique" que le serait d'affirmer, lorsqu'une autre partie du cerveau stimulée soit par la musique, ou une autre par les mathématiques, ou une autre par la fuite devant un lion, d'affirmer donc, que la musique, les maths (et l'échec du dernier test-surprise) et la fuite devant le lion qui court pour son dîner, n'existent pas. Ce ne sont que des parties du cerveau qui s'activent. Ils serait drôle d'utiliser un tel argumentaire. Et pourtant... La conclusion absurde à laquelle on arrive est que l'on peut localiser tout cela en l'associant à une zone du cerveau. C'est fort, la Science pervertie en idéologie...

Le «Dieu-béquille» comme ils aiment le décrire

Je m'arrêterai avec cet autre de leurs arguments chéris, à l'effet que seuls les faibles ont besoin de Dieu; ce dernier tenant lieu de béquille pour les faibles ou pour les gens sans repères, comme ils aiment le dire de toutes les tribunes post-modernes, sur un ton de mépris. C'est le même argument qui était employé par les anciens Soviétiques et les anciens marxistes. Pourtant, quand on observe un peu nos voisins américains,
  • des astronautes chrétiens ou déistes sont allés à bord des vols spatiaux;
  • des présidents chrétiens ou déistes ont amené des réformes sociales majeures qui nous inspirent encore aujourd'hui (Les valeurs de Lincoln inspirent encore le président Obama);
  • il y a des chrétiens convaincus chez les médaillés olympiques, les joueurs de hockey, de football américain, et autres sportifs professionnels;
  • même des biochimistes et des spécialistes reconnus faisant de la recherche sur l'ADN et sur les vaccins sont chrétiens,
  • on en trouve chez des artistes notoires, par exemple en musique, Owl CitySwitchfoot, Carrie Underwood, Cold Play, Toby Mac et plusieurs autres, notamment chez les acteurs et athlètes connus,
  • et ainsi de suite. 

Mais tous ceux-là sont ici identifiés aux "faibles" ou aux gens "sans repères" ou "intégristes", dans le discours qui parcours les fibres optiques jusqu'à nos téléviseurs, ordinateurs, portables, et vogue sur les ondes radio. On ose même dire que les seuls scientifiques qui puissent être chrétiens, sont des "indépendants" (non reconnus par les associations professionnelles), ce qui est faux. Ils croient qu'un scientifique ne peut pas être membre simultanément de deux associations.

Pendant ce temps-là:
  • telle intervieweuse de la télé a besoin de son tailleur noir (fétiche) pour mener à bien ses entrevues;
  • tel gardien de but qui a fait l'Histoire au hockey et a rejoint le temple de la renommée de son sport, avoue qu'il parlait à ses deux poteaux (poteaux des buts);
  • tel architecte évite de mettre la porte arrière de la maison face à la porte de devant, pour éviter que les mauvais esprits entrent et sortent (aménagement selon l'art spirituel oriental du Feng Shui);
  • tel animateur radio du dimanche soir, a été payé pendant 25 ou 30 ans par une société d'état "laïciste" comme la SRC fait souvent la promotion des valeurs bouddhistes, panthéistes, ésotériques et autres, sans être inquiété;
  • telle bibliothèque municipale de la ville de Québec présente des conférenciers sur le dialogue avec les anges
  • etc. 

Une conclusion qui s'impose: l'antichristianisme tente de s'installer de plus en plus solidement au Québec

La société québécoise n'a pas pris le virage laïque, elle est activement engagée dans un virage anti-chrétien; une caractéristique du post-modernisme.

Pensée :
 «Pourquoi ce tumulte parmi les nations, 
Et ces vaines pensées parmi les peuples ?
Les rois de la terre se sont soulevés, 
Et les princes se sont ligués
Contre le Seigneur et contre son Oint.
«En effet, contre ton saint serviteur Jésus, que tu as oint ...» 
(La Bible, extrait du livre des Actes, chap. 4, versets 25 à 27 citant une ancienne prophétie d'avant la naissance de Jésus-Christ.)


À LIRE un esssai, sur ce blogue :  

Le consensus antichrétien dans les institutions publiques du Québec

http://yapasdpresse.blogspot.ca/2011/03/essai-sur-lanti-christianisme.html

 _____________________
1. BERGERON, Richard et autres. Le Nouvel Âge en questions, Éditions Paulines et CINR (Université Laval). 1992.

2. Amazing Grace (film, v.f. La Grâce du Ciel), 2006. 117 min. .

3. KUEN, Alfred. "John Newton", dans Ils sont nés deux fois, 94 témoins racontent. 2008. 163 p. 

4. GOSSELIN, Paul. Fuite de l'Absolu Vol. II. Éditions Samizdat. 2008.

vendredi 13 mars 2009

Légalisation des drogues?

Périodiquement, nous entendons des réflexions visant à légaliser ce que l'on ne peut pas contrôler. Celles-ci viennent de la part des politiciens ou de groupes de pression et maintenant de stations de radio. Verrons-nous le jour où les jeunes n'iront plus en centre de protection de la jeunesse pour possession et consommation de drogues, mais pour vols de plants de cannabis dans un ancien champ de maïs?

NOTE : Cet article existe sous une forme entièrement refondue les 11 et 12 mai 2010 et le 5 août 2013; voir le lien : Retour du lobby du cannabis : nationaliser les drogues? (5 août 2013)
http://yapasdpresse.blogspot.com/2010/05/mais-ou-cannabis-le-lobby-du-cannabis.html )

Le titre aurait pu être tout aussi bien La Dérive du continent... ou de l'incontinent.

jeudi 19 février 2009

Violence et intimidation à l'école; cas vécus et réflexion

La violence et l'intimidation à l'école peuvent prendre plusieurs formes. Et les résultats engendrés peuvent être sérieux comme ce cas, ces jours-ci, du suicide d'un jeune ridiculisé en raison de sa petite taille. Verbale et sous-entendue ou physique, la violence fait toujours mal ; détresse psychologique, démotivation, décrochage, réponse par la violence, etc.

Cas vécu dont une mère de nos contacts personnels nous a fait part

Un jeune fille à l'école secondaire était stigmatisée en partie parce que ses parents avaient une foi différente de la majorité (protestants dans une région catholique). Mais le mépris avait cours aussi parce que la jeune fille avait des intérêts différents. À la puberté, elle aimait encore la nature et les animaux et ne craignait pas de prendre un insecte, un reptile ou même un crapaud dans ses mains. C'était à l'âge où plusieurs jeunes filles mettent d'autres trucs dans leur bouche, dans des fêtes initiatiques dans des sous-sols de résidences, par exemple.

Celle-ci en vînt à vivre une détresse psychologique et était au bord du décrochage scolaire ou pire... Comme c'est souvent le cas, les actes ou paroles de mépris avaient cours non seulement sur les lieux de l'école, mais au retour dans l'autobus scolaire. En effet, dans ces situations, il y a souvent le parcours vers la maison, et en dehors des heures de classe, d'autres actions, dans certains cas, le phénomène récent de la cyber-intimidation via l'internet.

Après un long moment et la perte de motivation de la jeune fille pour l'école et la vie en général, la mère consulta et ensuite exposa franchement le problème à la direction de l'école. Heureusement, elle trouva une oreille attentive. Le groupe d'élève reçut un coup de semonce: ce qu'ils faisaient était du harcèlement et était au sens de la loi un acte criminel. Ceux qui persévéreraient dans cette voie, seraient poursuivis au criminel. Voilà. Tant pis pour les parents indifférents. La situation changea de manière radicale.

Il fallut une intervention directe de la direction. Mais la jeune fille retrouva-t-elle toute sa dignité? Toujours est-il qu'elle a terminé son secondaire, mais en dehors du réseau des polyvalentes. Et lorsque je la vois de temps à autre, elle me semble heureuse. Et elle aime toujours les reptiles et travaille en attendant de débuter ses études post-secondaires sous peu.

Observations dans notre situation familiale

Voici quelques situations que nous avons pu observer en tant que parents d'un garçon qui était au primaire avant un déménagement.

- Il y avait un net manque de surveillance dans la cour d'école. Les rares professeurs surveillants parlaient entre eux (c'était la pause pour eux aussi).

- Aucune distinction n'était faite entre agresseur et agressé. Notre garçon connu dans notre coin de quartier pour être un pacifique, revenait souvent à la maison avec des fiches d'avertissement. Dans nos rues, il jouait autant avec les filles qu'avec les gars et nous ne recevions jamais de plaintes des autres parents.

- Mon fils trouva un stratagème: il rassemblait au besoin une poigné d'amis de sa classe et allait parler à un éventuel individu intimidant plus âgé. J'étais mal à l'aise avec cela, car cela ressemblait à de la graine de gang (pacifique tout de même). Mais que pouvions-nous faire face à cette espèce d'attitude de non-enquête sur les événements survenant dans les cours d'écoles? L'école ou la Commission scolaire avait cette politique; on ne recherchait pas de coupable, à moins d'une évidence incontestable. On punissait indifféremment l'agresseur et l'agressé. Et comme mon fils ne se défendait pas en cachette, il écopait.

- Souvent, il n'y avait pas de discernement pour séparer les actes anodins (tiraillage normal entre enfants) et véritable agression.

- J'étais rendu au point où je disais à mon épouse, que si j'avais un caméscope, je prendrais des périodes de congé pour me stationner près de la clôture et filmer la cour d'école, particulièrement l'entourrage de mon fils pour voir qui provoquait qui. Heureusement pour cette école, j'avais d'autres priorités au budget. Sinon, une copie d'extraits du film aurait atterri sur le bureau d'un policier ou chez les medias, si nécessaire.

- Les enseignantes faisant fonction de surveillantes pour les jeux n'identifiaient pas les comportements dangereux au jeu. Très fréquemment, durant la saison du soccer dans la cour d'école, mon fils revenait à la maison avec des échymoses (des bleus) aux jambes, aussi gros qu'une pièce de 2 dollars et même plus. C'était toujours le même élève qui frappait le ballon de toutes ses forces même lorsqu'un autre élève se trouvait à deux pas de lui. Souvent même, il frappait la jambe d'un solide coup de pied, et l'action passait pour un banal accident. J'ai compris à ce moment que le personnel n'était même pas capable d'identifier un comportement de jeu à risque ou l'enfant qui blesse intentionnellement. Je ne portai pas plainte par peur que cela ne se retourne contre mon enfant et par crainte qu'on interdise le soccer à tous. Par contre, on donnait des fiches de discipline lorsque des garçons se poussaient en jouant sur la neige et que dans la montée d'orgueil, l'un jetait l'autre par terre sur la neige.

- Il n'y avait pas de surveillance aux abords de l'école, dans la rue où sur les trottoirs en dehors du terrain. Une fois, je surpris un jeune à l'attitude fort agressive empoignant et menaçant un autre qui semblait vouloir éviter la bagarre. C'était à 2 mètres de la clôture entourrant l'école. L'autre élève semblait plus pacifique et sur la défensive, mais il ne s'en laissait pas imposer. Je circulais souvent sur cette rue, sur le chemin du travail ou de la maison. J'immobilisai mon véhicule à cette traverse de piéton de l'école concernée, et regardai celui qui était agressif avec insistance, pour lui faire sentir ma présence. Il vit mon véhicule arrêté et modéra ses menaces.

- Un jour, à la sortie d'une autre école, j'effectuais un levé d'arpentage avec un instrument au niveau sur un trépied. Un jeune garçon se jeta presque sous le trépied pour attirer mon attention et chercher protection de ma part, contre un élève au comportement douteux.

- Dans la cour d'école de mon fils, un élève au comportement violent et fui par les autres, se trouvait souvent dans une zone neutre de la cour, sans être intercepté par les surveillantes de la cour d'école. Il avait une forte taille pour son âge et se tenait souvent près de la section des élèves de la maternelle. De leur position habituelle près d'une des portes, les enseignantes ne pouvaient pas le voir dans ce secteur et il le savait.

- C'est lui qui à l'âge de 8 ans, dans notre voisinage, avait initié un jeune de 6 ans à la fellation. Le problème commençait donc évidemment à la maison. Heureusement le fait commis envers un amis de notre fils nous avait été rapporté et nous avons pu aviser la mère de l'enfant ainsi que la direction de l'école. Et heureusement, nous avons aussi été avisés par une mère de notre voisinage que ce jeune, costaud pour son âge qui jouait avec notre fils depuis quelques semaines, avait un comportement douteux et avait même cassé une ou des dents à un enfant.

Dès que possible, nous avons inscrit notre enfant à des cours d'auto-défense. Il apprendrait dans ce monde "évolué" à n'utiliser que la force nécessaire en cas de véritable agression. Mais je pensais souvent à ce jeune que nous avons dénoncé. Ne serait-il pas tenté de se venger de notre dénonciation lorsqu'il aurait 16 ans? Tout cela nous passe dans la tête. Ne pourrait-il pas à ce moment, nous voir comme la cause de toutes ses douleurs et commettre quelques chose de très grave pour se venger?

Puis, nous avons déménagé dans un plus grand centre urbain pour mon travail, et nous avons choisi une école en fonction des valeurs véhiculées. Désormais, nous ne recevions presque jamais de fiches pour des comportements déplorables (5e et 6e année du primaire) et nous collaborions avec l'école, le cas échéant.

Inutile de dire, que non seulement mon nouvel emploi, mais tout autant cette attitude de non investigation et de fiches à répétition sans égard à la responsabilité (agresseur vs agressé) ont été un facteur important dans la décision de prendre le risque de quitter notre milieu de vie.

Réflexion

Laissez aux garçons le droit d'être des garçons. Lâchez-les avec les cours d'éthique et culture religieuse et faites-les bouger et dépenser de l'énergie dans un environnement contrôlé. L'école publique aurait intérêt à revoir ses petites théories. Faites augmenter le nombre d'enseignants mâles au primaire. Eux, ils savent c'est quoi un garçon et discerner entre violence et petit "tiraillage" qui demande un simple avertissement sans fiche de délinquant. Notre expérience a prouvé que notre fils était normal et non un violent. Son défaut : être un garçon qui n'avait généralement pas peur, qui oubliait de se cacher lorsqu'il se défendait. Les cas de violence véritable étaient extrêmement rares et sa présence à la nouvelle école l'a confirmé.

Cette attitude de non-enquête et non-identification de l'agresseur cause certainement du tort. La vraie vie n'est pas comme cela. Même chose pour le manque à discerner la violence véritable d'un côté, et de l'autre, le jeu qui tourne à la blessure au genou ou au coude (blessure ne résultant pas d'un acte planifié).

Dans ce contexte à la Jean-Jacques Rousseau, la graine de bandit continuera de grandir et le pacifique a de forte chance de développer lui aussi un comportement violent, en guise de défense. Certains jeunes risquent même de sur-réagir, à force d'être excédés. Il y a quelques années, dans l'est du Québec, un jeune du secondaire a tué accidentellement un autre d'un solide coup de poing, pour une simple casquette arrachée de sa tête. De son côté, sans s'en rendre compte, mon fils avait déjà compris en 4e année du primaire, le principe de la force dans l'association; pacifique à ce moment-là. Mais que serait-il arrivé dans la même situation à l'adolescence? Est-ce le modèle que nous voulons comme société?

Sommes-nous rendus au point où il faudrait des caméras de surveillance dans les cours d'école et à leurs abords (je crois que oui) ?

Faudrait-il des surveillants distincts et formés pour les périodes d'entrée et de sortie des élèves (ou encore des agents de sécurité à certaines heures)? Et puisque la violence et l'intimidation risquent surtout de se déplacer (rues avoisinantes, autobus, internet), et que la répression ou l'intervention sur la propriété des écoles seulement ne suffisent donc pas, ne faut-il pas voir l'école, comme un lieu d'intervention privilégié pour la prévention et l'éducation des comportements, mais avec un milieu de vie hors de l'école plus coopératif et impliqué?

Pensée : Enlevez l'avenir de notre système d'éducation des mains des théoriciens de 25 ans de formation académique qui se servent de la société comme d'un laboRAToire.

dimanche 15 février 2009

Prix de l'essence au Québec; trop ou trop peu élevé?

La question essentielle à mon avis est : comment diminuer notre consommation d'essence et nos émissions de gaz à effet de serre, d'une manière AUTRE QUE des prix élevés à la pompe? Je m'explique.

Le prix du baril de pétrole à la baisse avec un prix inversement à la hausse à la pompe relance le débat. Pourquoi le prix de l'essence est-il à la hausse? Quelqu'un a-t-il brûlé un drapeau au Proche-Orient? Est-ce parce que le président sortant aux États-Unis est retourné au Texas? Mais ce n'est pas la question sur laquelle je réfléchissait hier dans ma voiture. À un peu plus de 0,92$ le litre dans la région de Québec en février 2009, c'est certainement plus facile à accepter que quelques mois plus tôt. On pourrait certainement discuter de la pertinence du prix de l'essence, lequel serait par exemple 1,40$ le litre (atteint en 2008), trop élevé selon les uns ou trop peu élevé pour les autres.

Prix trop élevés ou trop peu élevés?

La question est posée, non pas sous l'angle de l'analyse économique, mais sous l'angle des alternatives à un prix de l'essence élevé, notamment pour concilier la situation des uns (familles, gens à plus faibles revenus, personnes vivant hors des grands centres urbains) versus les contraintes environnementales.

 Les uns, trouvant les prix trop élevés, ce sont ceux qui ont de faibles revenus et qui ne sont pas bien desservis par un réseau de transport en commun pour diverses raisons (situation géographique, etc.). Chaque dollar dépensé et qu'ils n'ont pas, constitue un dollar dans le négatif, donc un endettement, à moins d'avoir accès au love money (p. ex. aide des parents et proches). Ceux trouvant les prix trop élevés sont aussi le groupe social dont les dépenses équivalent à peu près aux revenus et qui aspirent à conserver une part de budget pour les loisirs (sports, cours divers, sorties, vacances) et pour épargner en vue de leur retraite (prendre un REER, etc.). Pour ceux-là, il faut très peu d'augmentation de divers produits et services essentiels ou quasi-essentiels pour déstabiliser ce budget. Dans bien des cas, ce sont aussi des personnes ou familles pour qui le transport en commun et l'organisation actuelle du territoire et des activités quotidiennes ne peut répondre aux besoins et contraintes.

Pour les autres, trouvant les prix trop bas, il peut s'agir par exemple, de ceux qui de toute façon ne sauraient pas où garer une voiture à Montréal ou dans le secteur du "Vieux-Québec" à Québec , ni dans les stationnements "payants" des institutions d'enseignement comme les universités et les Cégeps. Ils peuvent aussi être ceux qui se déplacent dans des secteurs bien desservis par les réseaux de transport en commun.

Sans oublier la conscience environnementale

La raison pour laquelle je n'ai pas parlé encore de ceux qui ont une conscience environnementale plus aiguisée, c'est que cette conscience pourra varier selon le temps et le lieux pour une même personne. Un étudiant de Montréal ou de la grande région de Québec qui trouvait par exemple le prix de l'essence trop bas à 1,40$ le litre en 2008, pourrait changer d'idée s'il avait 3 ou 4 enfants, dont 2 à déposer à la garderie (en vélo, en métro ou en autobus) ou s'il vivait et travaillait en dehors des grands centres. Mon expérience de taxibus dans une ville de région (transport en commun subventionné) durant quelques mois sans automobile était décevante; trois personnes sur la banquette arrière d'une voiture de taxi, c'est trop.

Une fois j'occupais le siège du passager avant, mais le chauffeur m'a suggéré de céder ma place pour un nouveau passager de forte taille; ce dernier étant visiblement fort mal à l'aise. Je ne me suis plus assis à l'avant après cette expérience. Et en semaine après les heures de grande activité ainsi que les weekends, on cessait d'exister. Il ne restait que le taxi traditionnel.

Pour ceux dont la conscience environnementale est ferme et réfléchie (mature), il existe plusieurs facteurs autres que le prix de l'essence, pour atteindre les objectifs environnementaux:

  • réorganisation du transport en commun, incluant l'ergonomie et un confort de base (être capable de lire un livre ou un document ou consulter un portable, en position assise sans devoir se tenir à un poteau de danseuse, au même poteau que le type qui a attrapé l'influenza - la grippe d'homme - et ça pourrait être moi... );
  • réorganisation du transport longue-distance (ex. bonifier le transport par train des personnes ou marchandises pour les longues distances, par exemple avec des voies distinctes dans les grands axes des déplacements, nord-sud ou est-ouest);
  • des véhicules de transports urbains adaptés pour les personnes et livraison ou collecte des marchandises ou pour certains véhicules publics ou d'entreprises (hybrides, électriques, ...);
  • des zones ou rues réservées pour certains types de véhicules;
  • favoriser les garderies (centres de la petite enfance) près ou sur les lieux de travail;
  • nouvelles énergies (mais pourquoi les gouvernements au Canada n'ont-ils pas établi dans les décennies précédentes de normes et d'échéanciers pour les véhicules utilisant essence, diesel, etc. ?);
  • repenser la façon de taxer, laquelle bénéficie à nos gouvernements lorsque les prix sont plus élevés à la pompe;
  • véhicules communautaires (location ou formule de contribution financière autre);
  • une gestion du territoire (aménagement du territoire et urbanisme) et des services qui soit une gestion évolutive, car en tant que système, une ville n'est jamais statique; les quartiers avec beaucoup d'enfants et de travailleurs d'aujourd'hui seront les quartiers d'une majorité de retraités dans 30 ans.
  • et autres. 
Je vous suggère de compléter cette liste: Comment diminuer notre consommation d'essence et nos émissions de gaz à effet de serre, d'une manière AUTRE QUE des prix élevés à la pompe? Et comment le faire, non seulement dans les grands centres comme Montréal ou Québec, mais AUSSI en région ou dans les petites villes?

samedi 7 février 2009

Faut-il privatiser Hydro-Québec? Énergie équitable ou inéquitable?

7 FÉVRIER 2009 (mon côté gauchiste judéo-chrétien).

Le ballon est relancé. C'est un peu comme pour la question de privatiser Postes Canada qui revient de façon cyclique, comme si quelqu'un voulait vraiment que les envois postaux passent à 3 dollars, pour l'enveloppe standard expédiée à l'intérieur de nos frontières.

Le salut d'Hydro-Québec doit-il passer par la privatisation?

Pourquoi une révision de la gestion et des prix doit-elle passer par la privatisation? Pourquoi cette société d'État doit-elle entrer dans le giron de la mondialisation des marchés? Les fonctionnaires de nos sociétés d'État doivent travailler vraiment mal pour générer une telle envie (j'ironise). 

Nos forêts géographiquement accessibles ont été vidées de leur matière ligneuse et nos eaux de leurs poissons tandis que les travailleurs de ces milieux avaient des salaires et conditions au mieux ordinaires et devaient faire avec des périodes de chômage. 

Signature du privé corporatif (pas tous heureusement)

Nous avons parfois le sentiment d'avoir été vendus et pillés (c'est-à-dire nos pères). Le privé se foutait pas mal des notions de justice sociale et de bonheur. Y aurait-il vraiment optimisation de l'exploitation de la ressource? Pourquoi faut-il privatiser, pour ensuite devoir logiquement implanter des "brigades" spécialisées pour surveiller et contrôler les activités et opérations de ce qui serait privatisé? Dans certains domaines les entreprises qui font du partenariat avec le secteur public ont l'habitude de calculer leurs coûts en incluant profit + administration. De même, ce que les salariés d'une société d'État pourraient éventuellement sacrifier, pourrait-il revenir par une autre porte, en coûts administratifs, en redevances aux actionnaires ou d'une autre façon? Une partie de la solution, si le problème du prix est visé, ne pourrait-elle pas passer par l'utilisation des surplus, vendus à un prix majoré, par exemple? Mais dans ce cas, il faudrait être tout de même conscients que si nous avons des surplus, certaines situations de force majeure (ex. climatiques; surmultiplication de véhicules rechargeables) pourraient faire de nous des importateurs sur des plus longues durées que ce que nous avons connu. Nos clients ne manqueraient pas de nous retourner la pareille (facturation majorée pour nos demandes de pointe).

Je ne suis pas économiste, mais... 

Je ne suis pas économiste, mais il y a plusieurs questions qui doivent trouver réponse dans le dossier ou débat d'une éventuelle privatisation d'Hydro-Québec. Ma prochaine question fera un peu amateur : pourquoi est-ce grave si nous payons un prix inférieur au marché mondial pour une ressource naturelle régionale renouvelable que nous avons le privilège d'avoir et que nos pères et mères ont payé pour nous avec leurs impôts et taxes lors de la nationalisation de l'électricité au Québec (régionale au sens plus large)? Ne paie-t-on pas les oranges moins cher si on réside au Maroc ou en Floride? Ne paie-t-on pas le pétrole moins cher lorsqu'on est citoyen de l'Arabie Saoudite? N'y a-t-il pas des hausses de tarifs quasi-annuelles pour les utilisateurs domestiques d'électricité que nous sommes? Est-ce mal d'avoir une société d'État rentable qui fait bénéficier ses concitoyens de ses avantages? 

Définir les termes de la privation S.V.P. 

Et de quelle privatisation parle-t-on; de la gestion ou de la Société et des infrastructures et équipements?  Ou encore, parle-t-on de certains pans seulement et pourquoi en ce cas? Car on peut pet-etre privatiser la gestion en conservant les profits et ressources.  Les infrastructures et les secteurs d'activité seraient-ils morcelés entre un certains nombres de compagnies? Qui assumerait les coûts de la recherche? Si on nous dit éventuellement que les infrastructures resteraient à l'État, est-ce à dire qu'on veut le chèque de paye, mais pas les factures d'entretien et de recherche et développement qui viennent avec? 

À qui la privatisation d'Hydro-Québec bénéficierait-elle le plus? 

Qui a des intérêts sur un fleuron québécois tel qu'Hydro-Québec? Y aurait-il dans un futur pas très loin, des intérêts pétroliers ou gaziers dans la gestion de notre énergie électrique? Cela pourrait-il s'insérer dans un grand marché de tendance monopolisante? Si l'on parle d'une privatisation totale, qui seraient les actionnaires et quels seraient en ce cas, leur intérêt ou intention dans l'acquisition de cette entreprise? Se pourrait-il qu'un bon matin, ils n'en aient rien à foutre que la ressource soit québécoise. Imaginez-vous, par exemple, les Chinois ayant le contrôle sur notre hydro-électricité? Les profits des grandes entreprises n'ont pas de nationalité. 

J'essaie de comprendre... 

Pourquoi ce "dossier" fait-il surface au moment où les possibilités de croissance sont énormes, considérant les objectifs de réduction de la consommation du pétrole, l'apparition des voitures électriques, l'éolien et le solaire encore à leur état d'enfance (son école primaire), l'énergie des courants marins de notre grand fleuve encore non exploités et croyez-moi, il y a des courants importants en certains secteurs du Fleuve-Saint-Laurent.? Ce ne sont que des exemples.

Dans le contexte de la mondialisation qu'on semble vouloir nous enfoncer dans la gorge par la force, quelle serait la garantie que les retombées iraient vraiment là où le voudraient les théories de gestion? La spéculation pourrait-elle entrer dans le domaine de l'hydro-électricité (faire monter les enchères et les coûts pour nous)? Dans le marché de l'énergie tel que nous le connaissons, nous savons les effets de la rareté (ou pseudo-rareté) sur le prix d'un produit ou d'une ressource. Ne serait-il pas tentant d'étaler certains développements, pour ensuite dire que la demande croit plus rapidement que la capacité de production, et qu'ainsi il faudrait augmenter substantiellement les coûts pour les clients domestiques? Ce sera potentiellement le cas avec les véhicules entièrement électriques. 

Hydro avec un "o" = Eau OU histoire d'Eau

Il y a aussi l'aspect hydro-électrique de la chose. Hydro-électricité contient la racine hydro, donc eau. L'eau est une ressource naturelle que nous avons en abondance au Québec. Quel serait l'impact d'une privatisation de la gestion sur l'aspect hydrologique de la ressource et sur d'autres dossiers dans le domaine du droit sur l'eau? Autrement dit, quel serait l'impact sur toute la délicate question de la gestion de l'eau au Québec? À qui appartiendrait l'eau ou les droits sur l'eau qui s'écoule dans les rivières harnachées et les zones inondées ou réservées pour produire l'énergie? Quel serait l'impact plus global du résultat d'éventuelles contestations et jugements en cour ou en arbitrage international sur la question de l'eau (précédents créés, jurisprudence)? 

Responsabilités légale et financière face à d'éventuelles pertes

De plus, advenant le problème de la perte de rentabilité pour une raison inconnue aujourd'hui, qui assumerait les responsabilité financières et légales? Par exemple, des infrastructures sont victimes de terrorisme, ou encore, on révolutionne la production d'énergie (ex. des super piles d'automobile) et en 2029, la la croissance n'a pas cru au rythme prévu. On a donc surestimé le boom du marché et ça ne se passe pas tout à fait comme prévu. Les contribuables deviendraient-ils les désignés responsables légaux et financiers par défaut (par la bande)? Ou si les conditions du marché changeaient durant les années suivant la signature des ententes, les compagnies respecteraient-elles leurs engagements, ou se défileraient-elles? Qu'arriverait-il en cas d'insolvabilité de la compagnie envers ses créanciers et si elle se révélait être un mauvais payeur pour ses fournisseurs, ou devenait non opérationnelle pour une raison quelconque? Actuellement, des compagnies peuvent signer des ententes pour fournir de l'énergie éolienne à Hydro-Québec à un prix donnée le kilowatt-heure. Puis, quand les conditions du marché ne sont plus favorables pour le prix de l'entente (hausse du prix unitaire accordé dans les contrats subséquents selon l'évolution du marché), certaines repartent et se retirent pour une autre province sans terminer tout le développement prévu. Qu'est-ce qui nous garantit qu'une privatisation ne serait pas seulement pour les bonnes années, ou jusqu'à ce qu'on hérite d'un réseau devenu vétuste? Faudrait-il renégocier à la hausse des contrats avec des entreprises qui menaceraient de cesser leurs opérations pour difficultés financières? Donc, dans des cas semblables, qui comblerait à ce moment-là les éventuelles pertes? 

Vétusté et responsabilité des coûts d'entretien; l'allégorie d'un certain pont à Québec

Qui paierait pour le maintien (entretien à long terme et remplacement) des équipements et infrastructures actuels? Vous n'avez qu'à penser à la problématique d'entretien pour l'actuel Pont de Québec. Les deux parties (compagnie ferroviaire et Ville de Québec et... la rive-sud) en ont besoin, mais personne ne veut se taper la facture de l'entretien pour le rattrappage en travaux pour les années décrites comme déficitaires en matière d'entretien. La privatisation serait-elle sous forme de bail (baux) de 30, 50, 75 ou 100 ans? Et si on nous retournait des équipements vétustes et négligés après quelques décennies, les contribuables que nous sommes (ou nos enfants et leurs enfants) seraient-ils encore sollicités, après avoir supporté les hausses prévisibles des coûts d'énergie reliés à la privatisation? Le privé n'exigerait-il pas la remise à neuf de certaines infrastructures et équipements avant d'en assumer la gestion (un service top shape à la livraison)? En tel cas, la facture nous serait logiquement refilée alors qu'eux auraient les avantages pour les bonnes décennies à suivre.

Relations avec les régions ressources et les communautés

Quelles seraient les relations avec les régions-ressources et les communautés. Quel serait l'impact d'une privatisation d'Hydro-Québec sur les relations avec les communautés autochtones amérindiennes? On parle souvent des régions comme un fardeau pour Montréal, mais si celles-ci et leurs communautés recevaient les redevances équivalentes à ce qu'elles produisent, cela changerait peut-être la donne. Les bois de construction ne vient pas premièrement de la quincaillerie, ni l'électricité de la prise murale.

Pas si simple... 

Toutes ces questions doivent trouver une réponse très claire et être incluses dans toute réflexion ou dans un éventuel débat publique sur la question. L'énergie électrique dans le contexte québécois, ce n'est pas un marché de production de balles de golf autographiées ou de sandales de plage. L'électricité est vitale et incontournable. On a des hivers avec des froids qui tuent. Il est donc drôlement important de réfléchir longuement sur l'éventualité d'une privatisation d'un réseau qui fonctionne bien en matière d'énergie. Je ne sais pas mais, il me semble qu'il y a un risque élevé que s'insèrent un jour des intérêts obscurs dans le dossier de la privatisation d'Hydro-Québec. Il est difficile de croire que le but soit purement altruiste; comme par exemple rembourser la dette du Québec. La notion de dette d'une nation constitue d'ailleurs à elle seule le sujet d'un débat social. Pensée : À l'heure où l'on commence à comprendre la notion de café équitable, allons-nous courir le risque de nous doter d'une énergie nationale inéquitable?