dimanche 15 février 2009

Prix de l'essence au Québec; trop ou trop peu élevé?

La question essentielle à mon avis est : comment diminuer notre consommation d'essence et nos émissions de gaz à effet de serre, d'une manière AUTRE QUE des prix élevés à la pompe? Je m'explique.

Le prix du baril de pétrole à la baisse avec un prix inversement à la hausse à la pompe relance le débat. Pourquoi le prix de l'essence est-il à la hausse? Quelqu'un a-t-il brûlé un drapeau au Proche-Orient? Est-ce parce que le président sortant aux États-Unis est retourné au Texas? Mais ce n'est pas la question sur laquelle je réfléchissait hier dans ma voiture. À un peu plus de 0,92$ le litre dans la région de Québec en février 2009, c'est certainement plus facile à accepter que quelques mois plus tôt. On pourrait certainement discuter de la pertinence du prix de l'essence, lequel serait par exemple 1,40$ le litre (atteint en 2008), trop élevé selon les uns ou trop peu élevé pour les autres.

Prix trop élevés ou trop peu élevés?

La question est posée, non pas sous l'angle de l'analyse économique, mais sous l'angle des alternatives à un prix de l'essence élevé, notamment pour concilier la situation des uns (familles, gens à plus faibles revenus, personnes vivant hors des grands centres urbains) versus les contraintes environnementales.

 Les uns, trouvant les prix trop élevés, ce sont ceux qui ont de faibles revenus et qui ne sont pas bien desservis par un réseau de transport en commun pour diverses raisons (situation géographique, etc.). Chaque dollar dépensé et qu'ils n'ont pas, constitue un dollar dans le négatif, donc un endettement, à moins d'avoir accès au love money (p. ex. aide des parents et proches). Ceux trouvant les prix trop élevés sont aussi le groupe social dont les dépenses équivalent à peu près aux revenus et qui aspirent à conserver une part de budget pour les loisirs (sports, cours divers, sorties, vacances) et pour épargner en vue de leur retraite (prendre un REER, etc.). Pour ceux-là, il faut très peu d'augmentation de divers produits et services essentiels ou quasi-essentiels pour déstabiliser ce budget. Dans bien des cas, ce sont aussi des personnes ou familles pour qui le transport en commun et l'organisation actuelle du territoire et des activités quotidiennes ne peut répondre aux besoins et contraintes.

Pour les autres, trouvant les prix trop bas, il peut s'agir par exemple, de ceux qui de toute façon ne sauraient pas où garer une voiture à Montréal ou dans le secteur du "Vieux-Québec" à Québec , ni dans les stationnements "payants" des institutions d'enseignement comme les universités et les Cégeps. Ils peuvent aussi être ceux qui se déplacent dans des secteurs bien desservis par les réseaux de transport en commun.

Sans oublier la conscience environnementale

La raison pour laquelle je n'ai pas parlé encore de ceux qui ont une conscience environnementale plus aiguisée, c'est que cette conscience pourra varier selon le temps et le lieux pour une même personne. Un étudiant de Montréal ou de la grande région de Québec qui trouvait par exemple le prix de l'essence trop bas à 1,40$ le litre en 2008, pourrait changer d'idée s'il avait 3 ou 4 enfants, dont 2 à déposer à la garderie (en vélo, en métro ou en autobus) ou s'il vivait et travaillait en dehors des grands centres. Mon expérience de taxibus dans une ville de région (transport en commun subventionné) durant quelques mois sans automobile était décevante; trois personnes sur la banquette arrière d'une voiture de taxi, c'est trop.

Une fois j'occupais le siège du passager avant, mais le chauffeur m'a suggéré de céder ma place pour un nouveau passager de forte taille; ce dernier étant visiblement fort mal à l'aise. Je ne me suis plus assis à l'avant après cette expérience. Et en semaine après les heures de grande activité ainsi que les weekends, on cessait d'exister. Il ne restait que le taxi traditionnel.

Pour ceux dont la conscience environnementale est ferme et réfléchie (mature), il existe plusieurs facteurs autres que le prix de l'essence, pour atteindre les objectifs environnementaux:

  • réorganisation du transport en commun, incluant l'ergonomie et un confort de base (être capable de lire un livre ou un document ou consulter un portable, en position assise sans devoir se tenir à un poteau de danseuse, au même poteau que le type qui a attrapé l'influenza - la grippe d'homme - et ça pourrait être moi... );
  • réorganisation du transport longue-distance (ex. bonifier le transport par train des personnes ou marchandises pour les longues distances, par exemple avec des voies distinctes dans les grands axes des déplacements, nord-sud ou est-ouest);
  • des véhicules de transports urbains adaptés pour les personnes et livraison ou collecte des marchandises ou pour certains véhicules publics ou d'entreprises (hybrides, électriques, ...);
  • des zones ou rues réservées pour certains types de véhicules;
  • favoriser les garderies (centres de la petite enfance) près ou sur les lieux de travail;
  • nouvelles énergies (mais pourquoi les gouvernements au Canada n'ont-ils pas établi dans les décennies précédentes de normes et d'échéanciers pour les véhicules utilisant essence, diesel, etc. ?);
  • repenser la façon de taxer, laquelle bénéficie à nos gouvernements lorsque les prix sont plus élevés à la pompe;
  • véhicules communautaires (location ou formule de contribution financière autre);
  • une gestion du territoire (aménagement du territoire et urbanisme) et des services qui soit une gestion évolutive, car en tant que système, une ville n'est jamais statique; les quartiers avec beaucoup d'enfants et de travailleurs d'aujourd'hui seront les quartiers d'une majorité de retraités dans 30 ans.
  • et autres. 
Je vous suggère de compléter cette liste: Comment diminuer notre consommation d'essence et nos émissions de gaz à effet de serre, d'une manière AUTRE QUE des prix élevés à la pompe? Et comment le faire, non seulement dans les grands centres comme Montréal ou Québec, mais AUSSI en région ou dans les petites villes?

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