samedi 26 mai 2018

Hausse artificielle du prix de l'essence au Québec: l'enjeu véritable et les graves impacts

Le vrai but recherché à terme par la néo-gauche et que devraient comprendre les utilisateurs de voitures électriques qui bénéficient de coûts énergétiques abordables en électricité au Québec, ou ce que les rêveurs doivent saisir, c'est la cible réelle:
l'élimination progressive du véhicule individuel ou familial, électrique inclus et le ralentissement de l'économie de nos pays. Nous ne devrions pas, collectivement et socialement, prendre à la légère les hausses artificiellement provoquées des prix de vente de l'essence raffinée et du diesel que nous utilisons pour nos véhicules, à des fins de ticket modérateur artificiel pour l'environnement ou des idéologies politiques. Une inflation, même provoquée avec une apparente bonne intention, aura un impact sur toutes nos activités, incluant la construction et nos taxes foncières. L'énergie est essentielle partout, à commencer par la récolte des ressources et la production alimentaire dans le champ ou la serre d'un producteur agricole. Alors que nous avons besoin de plus d'enfants, une inflation artificielle aura exactement un effet contraire et dissuasif sur les familles, lesquelles sont déjà, pour plusieurs, endettées. 


Photo Gilles B. /YaPasDePRESSE
6 juin 2018
Ces dernières semaines de mai 2018, au Québec, les médias ont excité une rivalité entre utilisateurs de véhicules à essence (gazoline) et utilisateurs de voitures électriques avec un coût énergétique avantageux (versus le pétrole en comptant les subventions) pour le moment présent. Ce que la mise en scène ne dit pas, c'est que dans l'avenir, la disparition naturelle ou le contrôle provoqué du pétrole, du moins pour usage familial ou individuel, devra être compensée par d'autres sources d'énergie comme l'électricité (hausse des prix probable), le gaz naturel ou autres. Par exemple, les autres régions n'ont pas, pour la plupart, les capacités hydro-énergétiques du Québec. Voilà pourquoi, la généralisation de l'électricité en transport est un mirage. Ceci nous indique que le but visé est ailleurs. Par exemple, les États-Unis doivent produire de l'électricité via des technologies plus agressives ou risquées comme le nucléaire. 

Avec un interdit sur le pétrole ou une hausse majeure visant le même objectif, les taxes perdues par l'État devraient être prises ailleurs. Les routes devront encore être construites ou entretenues, et on aura encore des ponts. Pour le transport en commun hautement subventionné, l'argent devra encore provenir de quelque part, advenant un déficit des prélèvements par rapport aux prévisions (ex. la partie de taxes prélevées par les certaines villes sur le pétrole raffiné).

Hausse des coûts énergétiques (pétrole ou électricité) = inflation. L'énergie sert à tout, de la ferme à la construction de vos appartements et aux biens.


Ceci implique en plus, que la hausse de la demande auprès d'une société d'État, Hydro-Québec (H.-Q.), en situation de quasi-monopole, amènera une pression à la hausse sur les coûts de l'électricité produite au Québec. Le problème, c'est que l'électricité au Québec constitue une forme d'énergie incontournable, tant domestique qu'industrielle. Elle sert aux choses aussi fondamentales que se chauffer en hiver, se climatiser en été, s'éclairer et utiliser divers appareils pour faire la cuisson, etc. Si on peut remplacer certaines sources d'énergie (ex. utilisation du gaz naturel), il demeure que l'électricité au Québec est essentielle comme source d'énergie domestique. En plus, même l'extraction du gaz a mauvaise presse chez nos journalistes majoritairement de la gauche.

Ce que l'information montée en mousse par les journalistes ne dit pas aussi, c'est que les autres provinces ou pays, n'ont souvent pas les capacités en production d'électricité que possède le Québec qui produit presque toute son électricité via des barrages avec turbines, impliquant le harnachement de rivières et l'inondation de territoires. Or, le monde n'a pas en général cette possibilité. Le prétendu coup de génie de nos environnementalistes, par exemple avec la voiture électrique miracle, ne peut pas fonctionner mondialement.

En fait, ce que semblent vouloir ignorer les utilisateurs de véhicules familiaux ou individuels électriques, pour un temps plus coûteux à l'achat mais moins dispendieux en énergie, c'est que le vrai résultat cherché par les doctrines néo-socialistes, néo-marxistes, et environnementalistes n'est pas uniquement la fin de l'utilisation du pétrole, mais aussi la fin du véhicule personnel ou familial et la décroissance économique des démocraties occidentales. 

Cela marque en partie la fin d'une liberté occidentale. Car dans les transports en commun, c'est la fin de la vie privée et de la liberté de disposer de votre temps à votre guise. Le transport devient «structurant» non seulement de l'avenir de la toile urbaine, mais aussi de votre vie, de vos activités, de vos choix ou absences de choix de départ et d'arrivée (1). C'est une complexification de l'organisation de la vie familiale dans une économie active, à l'avantage des pays en compétition avec les démocraties occidentales.

L'inflation est une variable oubliée: l'essence raffinée ou le diesel sont partout dans nos activités essentielles 


Le pétrole est partout, dans les travaux de la ferme, le transport de ce qui est consommé, la construction des rues et des édifices, la fabrication d'une panoplie de produits (plastiques, matériaux, ...). Ces coûts cachés ressortiront tôt ou tard après quelques années de pénalités et surtaxes. Par exemple, le prix des pneus d'une voiture électrique pourraient coûter très chers avec la fin de l'utilisation à large échelle du pétrole. Imaginez par exemple, qu'au lieu de coûter 700 dollars en valeur de 2018 au Québec, les pneus de votre véhicule coûteraient 1400$ pour une durée approximative de 3 ans à multiplier par deux en raison de nos conditions climatiques hivernales (1400$ X 2 = 2800 et 420$ en taxes, soit 3220 par 3 ans, sans compter les taxes de recyclage pour chaque pneu) et dans cette seule colonne de dépense des pneus. Vous perdrez déjà plusieurs économies faussement anticipées avec l'électrique, avec une inflation artificielle du pétrole. Et cela ne tient pas compte des hausses prévisibles de coûts en électricité (croissance de la demande).

La voiture 100% électrique a bonne presse. Cependant, le but ultime visé par la gauche est ailleurs. Sur la photo:  la Formule e (électrique) sur circuit de course. Les statistiques de la capture, sont celles du réseau de télévision RDS.

On répondra que le pétrole est plus cher en Europe, mais il ne faut pas oublier
  • que le Canada est producteur de pétrole 
  • et que notre électricité à coût abordable, une alternative au pétrole dans nos activités, a contribué à exercer une modération sur les prix et sur l'inflation. 
Mais avec le facteur idéologique, le clientélisme politique et le les pressions de certains groupes de bannir le pétrole de nos vies, nous allons logiquement vers une hausse des coûts de l'énergie. Et avec le désir d' H.-Q. d'imposer à tous un coût domestique variable pour notre électricité en fonction de l'heure de la journée, ce sont encore les familles avec enfants qui écoperont le plus (pour vendre hors-Québec à coût réduit), car les maisonnées avec enfants, sont plus actives aux heures de pointe de la demande en électricité. 

Bref, une inflation arbitraire comme frein utilisé à des fins dites «environnementales» sert
  • aussi certaines idéologies économiques (socialisme, marxisme, communisme, suivi et contrôle des déplacements individuels), 
  • et certains pays étrangers compétiteurs ou entreprises étrangères jouant sur notre culpabilité collective pour plomber notre économie.
Une inflation énergétique provoquée par une mauvaise utilisation des taxes (comme frein au transport et déplacements) est ce dont le développement du Québec a le moins besoin. Plusieurs familles ou personnes sont déjà dans la pauvreté ou dans un équilibre très précaire, avec 
  • peu de réserves pour l'âge de la retraite
  • un fort endettement des ménages (près de la moitié des familles vit d'une paye à l'autre)
  • le recours à des organismes d'aide alimentaire pour un nombre croissant de familles avec parents déjà travailleurs, faillites et saisi des maisons par les créanciers, etc.

L'erreur FATALE : penser que l'essence (pétrole, gazoline, diesel) sert seulement à nos déplacements et au transport de biens et personnes


On pourrait croire que le ralentissement de l'économie est intentionnel et provient d'éléments externes ou bénéficiant d'avantages. Car l'énergie sert aussi à produire des aliments et des biens essentiels comme vos rues, vos ponts, vos résidences... En effet, l'essence ne sert pas uniquement à nos déplacements pour se rendre au travail et en revenir et pour faire nos activités de base et de loisirs (tourisme générant des milliards $ de revenus au Canada). Le pétrole sert aussi à produire des biens, depuis nos aliments, jusqu'aux routes et réseaux de déplacement que nous utilisons. Par exemple, prenez les produits de la ferme que vous trouvez au marché. Ces produits nécessitent non seulement d'être transportés de la ferme au marché ou au supermarché, mais le pétrole (ex. diesel) sert aussi à leur production.

La construction de votre habitation


Une habitation est un bien essentiel. Lorsque votre maison ou votre condo sont construits,
1) chaque item est transporté et
2) et a avant sa fabrication, impliqué le transport de la matière première en vue de la transformation,
3) puis lors des diverses étapes de distribution, la matière peut avoir transité plusieurs fois avant l'expédition vers les entrepôts
4) et de là aux points de vente.

Par exemple, lorsque vous achetez un matériau en bois ou en métal entrant dans la composition d'un édifice privé ou public, le pétrole a souvent été utilisé pour la récolte du bois ou l'extraction de la matière première (minerai de fer, aluminium, cuivre, acier, ), pour le transport vers les industries de transformation, pour la transformation elle-même (ex. concassage de la pierre pour le béton), pour la distribution et le transport des produits vers les entrepôts régionaux, puis vers les points de vente, puis du point de vente vers votre projet. Si le coût de l'énergie est artificiellement gonflé pour contrôler vos activités et vos choix, vous voyez les coûts de vos projets augmenter, aussi artificiellement.

Impact de la hausse du coût du pétrole sur l'habitation et les taxes foncières (municipales, de ville)


Je me souviens pour avoir travaillé quelque temps en estimation de projets d'aqueduc, égouts et chaussées, que le coût des produits à base de pétrole comme le bitume de nos chaussées et les conduites d'égouts et d'aqueduc en CPV (PVC) servant aux réseaux et aux branchements de services, augmentaient de façon significative. Mais avec le recul et la réflexion, c'est sans compter, les coûts à l'heure d'opération. Imaginez, par exemple, que vous construisez une nouvelle rue ou faites la réfection d'une rue existante dont les infrastructures ont vieilli et dont la structure de chaussée doit être refaite. Des centaines d'heures-machines de diverses tâches spécialisées et de diverses puissances seront nécessaires (excavatrices, bulldozers, compacteurs, élévateurs, camions, camions pour le béton et le bitume, génératrices, camionnettes, ...). Celles-ci serviront aux excavations et à la démolition, aux déblais, à la mise en place des matériaux des réseaux, des remblais et des matériaux granulaires ou concassés, à leur compactage, au pompage de l'eau souterraines hors des tranchées, à la disposition des déblais stockés temporairement et à la sortie hors-site des matériaux non récupérés et à leur disposition ou récupération, au transport des biens et des travailleurs, etc. Tous les coûts énergétiques en pétrole sont tôt ou tard refilés aux clients, soit par des taxes municipales (taxes foncières) ou encore par exemple, directement appliqués sur le coût des terrains desservis par de nouveaux services. Par exemple, lors de l'ouverture d'une nouvelle rue par un promoteur, les coûts sont répartis sur la vente des terrains. Les acheteurs qui empruntent financeront donc les coûts des surtaxes et taxes..

Il ne serait pas surprenant, en plus, que les compagnies fassent des pressions croissantes (lobbying) pour mettre la main sur des activités d' H.-Q. qui prendra de la valeur avec une hausse de la demande et un quasi-monopole en énergie électrique, en vertu des lois du Québec qui a nationalisé son électricité. Il est prévisible que nous entendrons de plus en plus parler des «avantages» d'une privatisation, ce qui signifierait en réalité, une hausse de plus des coûts de l'utilisation domestique de cette énergie qui a encore un prix abordable au Québec, région productrice par excellence, en raison de ses rivières dans des territoires peu habités (nord, région froide).

Conclusion, nos journalistes font preuve d'amateurisme, en entrant dans ce jeu qui consiste à exciter la corde sensible de l'envie, dans la culture québécoise, en tentant d'utiliser un mauvais sentiment, pour induire un comportement. Nous ne devons pas tomber dans le piège du «social reengineering» des sirènes du socialisme qui nous courtisent chaque jour. Il est temps, comme Ulysse le roi explorateur d'un récit d'Homère, de se faire attacher au mat du bateau. J'ai écrit tout cet article sans mentionner la marque et le lobby de Tesla ! Oups...

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1.     Au bout du compte, nous sommes bien dans une écotopie (utopie écologique) comme titrait un ancien roman, mais aussi dans une utopie économique. Très vite, l'argent économisé en gazoline et sur les taxes importantes sur chaque litre de celles-ci, devra être récupéré autrement, car il y aura encore du transport de biens et de personnes, et pour cela, il faudra payer des routes, des ponts, etc. Et ce même si moins de véhicules circulent dessus (hypothèse). Le retour des formulaires longs de Statistiques Canada lors des recensements quinquennaux va s'en occuper. Car ces données collectées pour 1 foyer sur 5 (les 4 autres ayant le formulaire court) est incroyablement poussé. Les données sont en partie revendues à des grandes corporations et servent entre autres, à déterminer votre capacité de paiements en services (ex. téléphone cellulaire, énergie), même s'il faut couper dans vos voyages et loisirs. Bref, l'argent économisé quelque part par un grand nombre de familles, est récupéré ailleurs par une entreprise protégée par un organisme public (ex. CRTC au Canada) ou par un palier de gouvernement dans notre socialisme émergent (une nouvelle taxe, ...).

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