samedi 20 septembre 2014

Le CRTC prend les Canadiens pour des inintelligents

Le CRTC aimerait bien que soient taxées les nouvelles entités qui diffusent du contenu sur internet, comme Netflix. Il y a cependant un petit virage que l'organisme a manqué en disant que les fournisseurs américains ne paient pas de taxes au Canada. Nous, les clients canadiens payons déjà chaque gigaoctet (Go) de données entrant ou sortant, et ainsi les taxes CANADIENNES, aux fournisseurs de services internet. Ceux-ci (ex. Bell, Videotron, ...) nous chargent allègrement les Gigaoctets à leur avantage. Puis, de leurs vêtements signés, ils pleurent dans leurs mouchoirs devant le Conseil de la radiodiffusion et des télécommunications canadiennes (CRTC); eux signés, nous saignés!

Mieux encore, lorsque nous stockons du matériel acheté (contenu vidéo ou audio) sur un réseau externe (un «cloud» quelconque), nous repayons la bande passante et les taxes canadiennes, autant de fois que nous écoutons en téléchargement continu (stream) ou complet. Donc, ni les fournisseurs internet, ni le CRTC, ni les arts et la culture, ne sont brimés par le système de facturation et taxation basée sur la bande passante (=au volume de données utilisé), parce que les taxes canadiennes sont déjà payées par VOUS.

Mais allons-y point par point (liste partielle)

jeudi 18 septembre 2014

Envoyés du Québec en Écosse: les oubliés à Montréal

18 SEPTEMBRE 2014. La question du référendum écossais en ce 18 septembre 2014 ne laisse pas indifférent. On a beau faire semblant dans certains cas, le débat suscite l'attention du Québec et même du monde. C'est quand même 8 siècles d'union qui prendrait fin si le oui l'emportait. Certains observateurs croient que la structure économique de l'Europe pourrait changer radicalement. Les indépendantistes québécois ont envoyé ou invité leurs observateurs, pour parfois presque s'ingérer dans un débat qui concerne une autre réalité, un autre pays, une autre culture et deux peuples fondateurs avec une langue commune et qui ont beaucoup en commun. Faut-il vraiment toujours rappeler les conflits ancestraux ou au contraire, avancer?

En apprenant que la richesse principale qui rend la province de l'Écosse prospère et la servirait après son indépendance, serait constituée de ses ressources potentielles en hydrocarbures (Le Monde - blogue 26 nov. 2013), je n'ai pu m'empêcher d'avoir cette pensée. Il manque un groupe, non représenté OU plus précisément qui se la joue tranquille (en mode veille), parmi les indépendantistes du Québec en Écosse. Mais la presque totalité sont restés à Montréal. Il manquait un échantillon d'artistes, de cinéastes et d'environnementalistes et autres «anti», systématiquement opposés à l'exploitation des richesses naturelles; richesses sans lesquelles l'indépendance écossaise ne serait même plus une option viable. Ils ont cru bon ne pas activer un argumentaire qui pourrai remettre sérieusement en question le beau projet.

Graphique extrait du Livre Blanc pour l'indépendance, présenté par le  premier ministre écossais Alex Salmond.  «Pour la période de 30 années débutant en 2011, 98,8% de la production pétrolière au large des côtes du Royaume Uni (UK) proviendra du partage géographique de l'actuel plateau continental» (auteur du graphique: Professeur Alex Kemp, University of Aberdeen).

dimanche 14 septembre 2014

Guy Turcotte: cas unique OU problème de civilisation?

Commentaire sur le texte de Lise RAVARY du 12 septembre 2014 «Turcotte: justice différée, justice niée». Je suis d'accord sur le fait que la justice différée, c'est comme l'absence de justice. Par exemple, comment pourriez-vous retirer un permis de conduire une automobile 4 ans après une négligence grave commise sur une autoroute, causant décès d'homme? Imaginez qu'une cause puisse cheminer durant 4, 7 ou 10 ans ou plus, avec les délais et les appels. Mais je suis d'avis que dans les cas de meurtre, comme celui de Guy TURCOTTE, c'est toute la question de la non-responsabilité criminelle pour problème psychiatrique qui est à remettre en cause. Dans les faits, la société devrait modifier le Code criminel et envoyer un message clair. Tu as eu une folie passagère, mais tu vas avoir un encadrement à vie, même en liberté.

C'est sur un point précis que je réagis ici au texte de Mme RAVARY. Elle écrit:
«Le cas de Guy Turcotte est unique. Tant par l’horreur de son crime – poignarder ses propres enfants pour punir leur mère dépasse l’entendement – que par l’échec que fut le premier procès» (blogues.journaldemontreal.com, 12 septembre 2014).
Le vrai problème n'est pas le fait que le cas TURCOTTE soit unique, mais l'absence de suivi permanent auprès des criminels dits «non responsables». Le message contraire au sens commun et à la protection des citoyens d'un pays est le suivant: Parce que tu es malade, tu peux retrouver une totale liberté... Pas très équilibré comme confusion conclusion. Parce que tu n'es pas responsable, nous n'avons pas besoin de t'encadrer (illogique!). Ça c'est vraiment malade comme conclusion juridique.

En créant des cas pseudo-uniques, la justice devient inapplicable et incompréhensible

C'est comme s'il y avait 10 degrés de légitime défense. Cela serait ingérable et mènerait à des illogismes. Bref, dans les causes avec problèmes psychiatriques présumés (possibles ou évidents) le droit récolte ce qu'il a semé. 

Je comprends que l'on puisse dire qu'une personne puisse être non criminellement responsable pour problème psychiatrique temporaire (instant de folie d'une personne exploitée sexuellement, dépression sévère) ou permanent (schizophrénie sévère, démence) et qu'on puisse se dire qu'une telle personne ne doit pas se retrouver en prison avec les criminels «normaux» (comme si ça existait...). Mais il y a des limites à la folie du système canadien (duquel relève le Québec).

La boussole déréglée

Mais la tendance que le public croit observer, à tort ou à raison, fruit des chartes des droits appliquées sans discernement, résulte en ce que 
  • tout ce qui est trop méchant et impulsif tend avec les années à devenir une maladie (non responsable); comme les meurtres hors du commun, la pédophilie, etc. 
  • et le meurtre standard continue de recevoir la peine (responsable). 
  • Donc, le plus violent de deux cas, le «non responsable» qui a torturé, peut se retrouver en liberté avant le criminel qui a planifié son crime et tué rapidement. Cela est inacceptable socialement. Le criminel malade ou pseudo-malade impulsif qui disjoncte ne doit pas être libre avant l'autre; c'est contre toute logique. 
Imaginez que vous ayez un MAGNOTA (le dépeceur de Montréal) en liberté en 2017, avec une médication à prendre dans son pilulier et une connexion internet très haute vitesse dans un appartement payé par l'assistance sociale... Pourquoi lui pourrait-il bénéficier de pareils privilèges et libertés et pas l'autre? C'est ce que crée le système actuel, aux yeux des citoyens.


Assassiner devrait impliquer un niveau de restriction (encadrement) à vie, même durant la période de retour à la «liberté»

C'est ici que la rectitude de la loi (code criminel) basée en plus sur des avis d'experts achetés à la carte s'arrête. 

  • Aucun Turcotte de ce monde, pauvre ou de l'élite, ne devrait retrouver une liberté 100% normale après avoir commis 2 meurtres. 
  • Aucun fils de tortionnaire d'enfants non plus (même si lui-même a déjà été une victime). 
Le genre de dérapage juridique qui semble relié à une mauvaise application des chartes des droits, est ce que nous voyons aussi dans un autre pays avec un droit semblable, avec le cas de Pistorius, le médaillé olympique. Parce qu'il a des troubles anxieux, l'homme peut décharger une arme à travers une porte de salle de bain parce qu'il entend du bruit, sans s'arrêter après deux balles pour voir qui est derrière la porte. Une semblable diminution de la responsabilité basée sur la non préméditation serait possible au Canada aussi, avec le Code criminel actuel. 

La non-responsabilité ne justifie pas la liberté sans contrainte

L'exemple du criminel victime

Prenons un exemple de jugement par compassion, celle du criminel victime. D'une part, le fils d'un éventuel tortionnaire qui devient violent à son tour a une part évidente attribuable à son environnement. Il a grandi étant lui-même exploité et privé d'amour. Tout le monde peut comprendre cela. Mais le fait que son développement ait influencé sa vie de façon négative et tordu son caractère humain, ne justifie pas qu'après l'exploitation et la maltraitance d'enfants à son tour, qu'il se promène en liberté avec une prescription médicale et une visite du psy par six mois. S'il a commis un crime grave, il doit être encadré à vie, et là, la charte des droits trouve sa limite à ne plus franchir.

Petit meurtre, gros meurtre

On ne peut pas commencer à distinguer des dizaines de niveaux de meurtres: meurtre d'enfant, meurtre de vieillard, meurtre de jeune adulte, meurtre de riche, meurtre de pauvre, meurtre de boomer, meurtre de femme par un homme, meurtre de femme par une femme, meurtre d'immigrant, meurtre dans une communauté ethnique qui applique d'autres règles, ... 

Le message doit être plus clair et il faudrait en venir là: il y a au Canada, des pas à ne pas franchir et le meurtre en est un, sauf tuer en situation de légitime défense, d'invasion de domicile. Mais, à problème spécial (psychiatrique occasionnel ou permanent) il faut un cheminement spécial, et non le vide dans lequel se retrouve l'ex-chirurgien cardiaque Guy Turcotte, qui aurait disjoncté suite à un épisode dépressif sévère, pour avoir été cocufié. À tout le moins, un assassin relâché devrait être encadré d'un suivi plus ou moins resserré durant toutes les années de vie qu'il lui reste. 

Avocats d'entrée de gamme, avocats de la haute société

De plus, une cause impliquant un meurtre ne doit pas reposer autant sur la qualité ou la rémunération que peut espérer toucher l'avocat de la défense (très lié au statut social du client) et sur le choix des experts appelés en témoignage.

Bref

Tu as assassiné une personne? Peu importe la raison et la condition mentale (sauf pour légitime défense), tu fais maintenant partie d'une classe de citoyens à part. Ta vie ne sera plus jamais la même, tant pour sa partie en prison ou en institution psychiatrique, que pour sa partie ou ses périodes en liberté. Voilà ce que doit faire une loi qui respecte ses citoyens autant que les droits individuels. Peu importe les statistiques de récidive. Là n'est pas le point. Tu as tué, tu entres dans une catégorie différente de la moyenne des gens. Oui tu pourras peut-être refaire ta vie. Pour la sentence et les conditions d'encadrement après libération s'appliqueraient les degrés de meurtres et niveaux de responsabilité (ex. premier et deuxième degré, préméditation, non-préméditation, responsabilité vs non-responsabilité), mais parce que tu as assassiné, tu devras toujours (prison ou liberté) être encadré et respecter des conditions minimales adaptées à ta situation (maladie ou pas). En assassinant une personne ou en tentant de l'assassiner, tu as restreint à vie, ton niveau de liberté. Voilà ce qu'il faut.

Autrement, c'est la perte, déjà constatée, de confiance dans la justice et là ça peut aller très loin; même justifier la violence de tous ceux qui ont une cause et se croient lésés. Le laisser-aller actuel pave la voie à toutes les justifications du crime et même le système démocratique peut basculer dans l'anarchie et la justice par soi-même (auto-justice, vengeance) qu'on observe dans des milliers de films américains.

vendredi 12 septembre 2014

Guy Turcotte LIBRE: réaction en peu de mots

Via yapasdePRESSE sur Twitter.

AUTRE TEXTE:

Nouveau procès pour le Dr Guy TURCOTTE (JECKILL & HYDE version du Québec) (jeudi 14 novembre 2013)

 http://yapasdpresse.blogspot.ca/2013/11/nouveau-proces-pour-le-dr-guy-turcotte.html

mercredi 10 septembre 2014

Souveraineté du Canada: Un des navires de l'expédition de Franklin enfin retrouvé

9 SEPTEMBRE 2014. La nouvelle vient de sortir. Des intervenants gouvernementaux et non gouvernementaux, viennent de confirmer une découverte importante, à l'aide des images captées par un véhicule sous marin autonome acquis récemment par Parcs Canada. Un navire gisant sur le fond marin arctique a été confirmé officiellement, comme étant l'un des deux navires de la célèbre expédition commandée par le capitaine John Franklin et ses 128 hommes en 1845-1846. Le tout s'est fait par une plongée effectuée le 7 septembre 2014, sur la base préalable, d'images obtenues par balayage et traitement numérique. Mais à peine confirmée, la découverte de la première épave ayant appartenu à la célèbre exploration, tend à être  banalisée ou relativisée par quelques uns.
(ci-dessous, Images propriété de Parcs Canada, diffusées par ICI Radio-Canada.ca 9 septembre 2014).
Une image numérique de la première épave découverte. 

Un archéologue de Parcs Canada, Ryan Harris dit que l'épave est bien conservée.

Images obtenues par le sous marin autonome, montrant du bois et des canons du navire.
Dans un discours pour l'occasion, le Premier ministre du Canada, Stephen Harper, a déclaré:
« Bien que nous ne sachions pas encore s’il s’agit du Navire de sa Majesté (NSM) Erebus ou du NSM Terror, nous possédons assez d’information pour confirmer l’authenticité du navire. Nous avons confirmé sa découverte le dimanche 7 septembre 2014 à l’aide d’un véhicule sous marin autonome acheté récemment par Parcs Canada» (45eNord.ca 9 septembre 2014)
Pour le Premier ministre Harper, il s'agit là, d'un événement important (nouvelles 24 7, du Premier ministre du Canada), entre autres dans l'affermissement de la souveraineté du Canada en Arctique.

Je crois important de répondre ici à une déclaration qui me semble avoir pour but premier de banaliser l'impact de la découverte

Il faut s'attendre que nous en entendrons plusieurs du genre pour divers motifs, tantôt scientifiques ou historiques, tantôt politiques, souvent idéologiques). Un article cite un enseignant universitaire de l'Alberta qui prétend que ce qui a existé AVANT la fédération canadienne de 1867, ne saurait être utilisé pour démontrer la souveraineté territoriale APRÈS la Constitution. Je reviens donc sur cette déclaration de Rob Huebert :
«La découverte de deux épaves des années 1840 qui étaient sous l’autorité de la Grande-Bretagne, alors que le Canada n’existait même pas ne permet pas vraiment d’imposer notre contrôle sur les eaux du nord» (enseignant cité dans L'actualité 9 septembre 2014)
Réponse:

Une découverte de ce genre, confirmant l'exploration vieille de 168 ans d'un territoire, n'est pas le seul critère, mais c'est un critère important. Je ne suis pas juriste, mais nous respectons aussi, ou avons respecté jusqu'à une renégociation, des traités datés d'AVANT la fédération canadienne signée en 1867… Des territoires sont encore accordés aux autochtones en échange d'autres qui sont aujourd'hui urbanisés et occupés par des non-autochtones. Par exemple, le gouvernement fédéral et la ville de Québec permettent des expansions du territoire de la nation Huronne-Wendat de Wendake (L'Actuel 21 juin 2010 | 3 juin 2014  | Le Soleil 21 août 2014), qui a par ses ancêtres, aidé au développement de la Nouvelle France, avant que la province de Québec et le Canada soit consolidés. De la même manière que nous recevons des héritages de propriétés qui ont existé avant notre naissance, il en va ainsi pour les pays. Le droit se bâtit sur le droit préexistant. Il ne se réinitialise pas (« reset ») pas à zéro à chaque nouvelle étape de l'évolution et la passation ou prise d'un territoire… C’est comme lorsque 3 entreprises mettent ensemble leurs états financiers et leurs biens immobiliers ou lorsque des propriétés se cèdent à une tierce entité.

Ce que la Grande-Bretagne a cédé comme patrimoine au Canada appartient effectivement au Canada. Avec l'argument de l'enseignant précité, une partie de la France, de l'Espagne de  l'Italie et l'Égypte et bien plus encore au Proche-Orient et en Inde, devraient retourner aux Grecs qui eux les retourneraient à ... Et ainsi de suite. l'Écosse n'aurait même pas à tenir un référendum sur sa destinée en septembre 2014, puisqu'elle existait avant la constitution de la Grande-Bretagne. Il faudrait remettre en question tous les territoires rétrocédés ou occupés par les descendants des anciens empires qui ont été un jour présumés «illégitimes», en remontant jusqu’à la préhistoire, particulièrement s'ils ne sont pas encore occupés (ex. une forêt vierge ou un désert à la frontière d'un pays ou des chaînes de montagnes inhabitées). Nous pourrions tout autant, à partir du Canada, revendiquer des terres inhabitées, au-delà du pôle nord, du côté de la Russie. En appliquant la même logique, même la Palestine qui a reçu son territoire des puissances qu’on dit colonialistes, n’aurait pas de territoire attribué... En Afrique, ce serait la plus grande instabilité (interventions historiques de la France, de la Grande-Bretagne ou Angleterre, de la Belgique, ...).

Mais c’est sûr que, pour certains groupes, le Premier ministre Harper ne peut, ni ne pourra jamais, rien dire ou faire de bon… Il  y a aussi de fortes chances que derrière ce genre d'argumentaire, se cache par moment, des politiques environnementalistes (ex. pour ne pas exploiter l'Arctique) ou autres (ex. idéologies politiques et alliances idéologiques non mises au jour).

mardi 9 septembre 2014

Magnotta: le cirque macabre annoncé (ABRÉGÉ)

Le Canadien Luka Rocco Magnotta (aussi connu comme Eric Clinton Newman et Vladimir Romanov selon INTERPOL, 31 mai 2012) est tristement sorti de l'anonymat, en devenant l'assassin de Lin Jun, un étudiant chinois. Il est présumé avoir découpé son corps dont il aurait posté des morceaux. Il se serait mis en scène lui-même dans une vidéo, dont il aurait diffusé une partie du matériel obscène. Il s'est fait médiatiquement connaître des Européens, comme le présumé «dépeceur de Montréal», après avoir quitté le Québec où il était un suspect très activement recherché. La possibilité qu'un jeune homme de 29 ans, de belle apparence puisse être un dangereux tueur séducteur et bisexuel (donc avec un large spectre de victimes potentielles), pouvant en plus décliner trois identités différentes avec des papiers (Luka, Eric et Vladimir), et se déplaçant librement en Europe, semble avoir cristallisé certaines populations, dans une crainte digne d'un polar. Il ne répondait pas au cliché de la gueule d'un tueur, ce qui le rendait plus dangereux.


Il est fort probable que le procès se joue, pour la défense, sur la non-responsabilité criminelle pour problèmes psychiatriques au moment des crimes. Là ne devrait pas être la principale surprise.

Inquiétude

Une tendance préoccupante émerge en vue du procès; une malsaine fascination matérialisée par la création d'une sorte de star du mal qui se démarque de la masse. L'antihéros a en fait, les apparences d'un « super-Eros » tordu; un prédateur sans compassion. Lui donner trop d'attention équivaudrait à fournir du matériel pouvant inspirer ou activer des êtres déséquilibrés qui observent le traitement médiatique et qui pourraient vouloir eux-aussi devenir un centre d'attention, à leur heure. 

Un pays équilibré ne met pas en vedette ses prédateurs, sauf  en communiquant  des informations pour la protection du public. En fait, tout se met présentement en place, comme si l'on voulait créer une célébrité de la violence qui pourrait éventuellement vendre son histoire. Dans certains médias, on annonce déjà que des places additionnelles sont prévues pour accueillir le surplus de public et de journalistes qui devraient affluer au procès. Bref, on n'a rien compris. On prépare un cirque médiatique sinistre pour fans de meurtriers. Est-il nécessaire d'ajouter, que si l'on voulait encourager d'autres prédateurs en manque d'attention à se mettre en valeur, on agirait exactement ainsi. Certains individus violents ou désaxés préfèrent une attention pour des motifs vils ou violents, à l'anonymat de la foule.

Appel au professionnalisme de la justice et des médias


En est-on collectivement rendus au tourisme du crime? Est-ce le prix à payer pour nourrir les chaînes d'informations en continu? Il faut en appeler à des médias responsables suffisamment professionnels pour ne pas verser dans le sensationnalisme poubelle. Mais cette continence doit commencer par un système de justice qui donne l'exemple et n'augmente pas l'offre habituelle d'accès aux procès. La justice n'est pas une foire. Tous, médias, justice, parents, éducateurs, doivent s'en tenir à ce qui est vraiment nécessaire: la protection des personnes, un procès équitable et la dissuasion.
Magnotta, selon une photo diffuées par INTERPOL
le 31 mai 2012.

dimanche 7 septembre 2014

Luka Rocco Magnotta: Cirque médiatique «trash» pour fans de meurtriers

7 sept. 2014 - Le Canadien Luka Rocco Magnotta (né Eric Clinton Newman et aussi connu sous le nom de Vladimir Romanov selon INTERPOL, 31 mai 2012) est tristement sorti de l'anonymat pour être allégué avoir assassiné Lin Jun, un étudiant chinois. Il est accusé d'avoir découpé son corps. Il s'est fait médiatiquement connaître en Europe comme le «dépeceur de Montréal» ou «du Canada» après avoir quitté le Québec où il était activement recherché. L'accusé se serait filmé en train de porter outrage au cadavre et aurait lui-même diffusé une partie du matériel obscène. Il aurait ensuite expédié des parties du corps de la victime. Comme il faut s'y attendre, devant l'apparente solidité de la preuve, dont fait partie cette vidéo où il s'est lui-même mis en scène, la défense jouera probablement la carte de la non-responsabilité pour problèmes psychiatriques au moment des faits. Mais le problème véritable qui se dessine, est la tendance qui consiste à vouloir créer une sorte de star du mal, à partir d'un être machiavélique; à en faire un antihéros qui se démarque de la masse. L'antihéros a en fait, les apparences d'un superEros tordu; un prédateur sans compassion. Médias, système de justice et chaque parent responsable, doivent éviter de porter une attention exceptionnelle à un être qui n'e vaut pas d'être le centre d'une telle attention, du moins au sein d'une nation qui se dit équilibrée. (mise à jour 8 septembre 2014, 21 h 25 A.M.)

Ce n'est pas parce qu'un public en demande, qu'il faut lui donner ce qu'il veut. Lui donner trop d'attention équivaut à donner du carburant et de la justification à la violence pour des êtres déséquilibrés qui observent le traitement médiatique qui est fait et pourraient vouloir eux-aussi devenir célèbres; le centre d'attention.

Cirque médiatique «trash» pour fans de «killers»

Magnotta selon la photo diffusée par Interpol
le 31 mai 2012
Un pays équilibré ne met pas en vedette un prédateur, sauf quand il s'agit de la chute d'un oppresseur. En fait, tout se met présentement en place pour faire exactement l'inverse; comme si l'on voulait créer une sorte d'anti-star, une célébrité de la violence qui pourrait vendre son histoire. On attire normalement plutôt l'attention dans le cas d'un oppresseur, tel un mafieux ou dictateur sanguinaire ou d'un criminel en fuite (comme il était en 2012). Mais le but est alors de protéger les gens et de faire un exemple de la chute d'une bête humaine, pour dissuader ceux qui voudraient l'imiter. Ce n'est plus le cas ici. Magnotta est déjà sous arrestation et il aimait semble-t-il, diffuser ses actes en ligne (ex. mauvais traitement aux animaux et maintenant meurtre et  obscénité sur un humain).

Dans certains médias, on annonce déjà que des places additionnelles sont prévues pour accueillir le surplus de public et de journalistes qui risquent d'affluer au procès. Bref, on n'a rien compris. On prépare rien de moins qu'un cirque médiatique «trash» pour fans de «killers». Est-il nécessaire d'ajouter que si l'on voulait encourager d'autres prédateurs en manque d'attention, qui peut-être croient n'avoir plus rien à perdre, à se mettre en valeur par des actes de grande violence et dépravation, on agirait exactement ainsi. Certains individus narcissiques violents ou désaxés en viennent à préférer une attention pour des motifs vils ou violents, plutôt que l'anonymat de la foule.


Triste spectacle pour les parents de  Lin Jun,  la victime, et pour le monde entier

La mise en place du cirque: «Approchez! Venez voir la bête!»

Le procès en sera au stade du processus de sélection des membres du jury, ce lundi 8 septembre 2014, (ICI Radio-Canada.ca, 2014-09-07). Le problème véritable prévisible dans cette cause, ne semble pas se jouer sur la preuve surtout, mais sur la question de la popularité entretenue d'un meurtrier.

Sur le site de Radio-Canada, nous pouvons lire le 7 septembre 2014:
Éric Sutton, avocat criminaliste, s'attend à ce qu'il y ait de nombreux spectateurs et journalistes à ce procès, qui doit commencer le 22 septembre. « J'ai suivi l'enquête préliminaire et je suis resté surpris de voir des journalistes de partout dans le monde. Italie, France, Angleterre, Allemagne... »  (ICI Radio-Canada.ca

En est-on vraiment collectivement rendus au tourisme du crime? 
Ou est-ce le prix pour nourrir les chaînes d'informations en continu?
  • Il faut en appeler à des médias responsables suffisamment matures pour ne pas verser dans le sensationnalisme et donner les détails inutiles.  Et pour s'entendre entre eux à cette fin. 
  • Mais ceci doit commencer par un système de justice canadien qui donne l'exemple en évitant d'embarquer dans un tel cirque de popularisation à l'extrême d'un meurtrier. La justice canadienne doit rester sobre et limiter le nombre d'auditeurs du procès (public et membres de la presse) à la capacité des espaces actuels; ne pas en faire un antihéros dont l'exemple créerait des disciples et admirateurs déséquilibrés qui pourraient eux aussi rechercher ensuite le même genre d'attention, de vedettariat dans la violence.
  • De même, tout parent responsable qui aime ses enfants, ne doit pas porter d'intérêt malsain ou malin, aux plus violents de la société, sinon que pour désapprouver ce qu'ils font sans entrer dans tous les détails.
Le prédateur, quel qu'il soit, a tué un homme gratuitement et avec une grande violence, il a outragé son cadavre et expédié certains de ses membres et diffusé les images de ces crimes. Il a été fugitif et attrapé suite à une alerte à la police internationale (INTERPOL 4 juin 2012). Point. C'est tout ce qu'il est utile de savoir, pour ne pas en faire une célébrité.

Ci-dessous, extraits de pages d'Interpol, lorsqu'il était sous un mandat de recherche international, du 31 mai mai au 4 juin 2012 avant d'être arrêté en Allemagne (INTERPOL 4 juin 2012).