mercredi 10 septembre 2014

Souveraineté du Canada: Un des navires de l'expédition de Franklin enfin retrouvé

9 SEPTEMBRE 2014. La nouvelle vient de sortir. Des intervenants gouvernementaux et non gouvernementaux, viennent de confirmer une découverte importante, à l'aide des images captées par un véhicule sous marin autonome acquis récemment par Parcs Canada. Un navire gisant sur le fond marin arctique a été confirmé officiellement, comme étant l'un des deux navires de la célèbre expédition commandée par le capitaine John Franklin et ses 128 hommes en 1845-1846. Le tout s'est fait par une plongée effectuée le 7 septembre 2014, sur la base préalable, d'images obtenues par balayage et traitement numérique. Mais à peine confirmée, la découverte de la première épave ayant appartenu à la célèbre exploration, tend à être  banalisée ou relativisée par quelques uns.
(ci-dessous, Images propriété de Parcs Canada, diffusées par ICI Radio-Canada.ca 9 septembre 2014).
Une image numérique de la première épave découverte. 

Un archéologue de Parcs Canada, Ryan Harris dit que l'épave est bien conservée.

Images obtenues par le sous marin autonome, montrant du bois et des canons du navire.
Dans un discours pour l'occasion, le Premier ministre du Canada, Stephen Harper, a déclaré:
« Bien que nous ne sachions pas encore s’il s’agit du Navire de sa Majesté (NSM) Erebus ou du NSM Terror, nous possédons assez d’information pour confirmer l’authenticité du navire. Nous avons confirmé sa découverte le dimanche 7 septembre 2014 à l’aide d’un véhicule sous marin autonome acheté récemment par Parcs Canada» (45eNord.ca 9 septembre 2014)
Pour le Premier ministre Harper, il s'agit là, d'un événement important (nouvelles 24 7, du Premier ministre du Canada), entre autres dans l'affermissement de la souveraineté du Canada en Arctique.

Je crois important de répondre ici à une déclaration qui me semble avoir pour but premier de banaliser l'impact de la découverte

Il faut s'attendre que nous en entendrons plusieurs du genre pour divers motifs, tantôt scientifiques ou historiques, tantôt politiques, souvent idéologiques). Un article cite un enseignant universitaire de l'Alberta qui prétend que ce qui a existé AVANT la fédération canadienne de 1867, ne saurait être utilisé pour démontrer la souveraineté territoriale APRÈS la Constitution. Je reviens donc sur cette déclaration de Rob Huebert :
«La découverte de deux épaves des années 1840 qui étaient sous l’autorité de la Grande-Bretagne, alors que le Canada n’existait même pas ne permet pas vraiment d’imposer notre contrôle sur les eaux du nord» (enseignant cité dans L'actualité 9 septembre 2014)
Réponse:

Une découverte de ce genre, confirmant l'exploration vieille de 168 ans d'un territoire, n'est pas le seul critère, mais c'est un critère important. Je ne suis pas juriste, mais nous respectons aussi, ou avons respecté jusqu'à une renégociation, des traités datés d'AVANT la fédération canadienne signée en 1867… Des territoires sont encore accordés aux autochtones en échange d'autres qui sont aujourd'hui urbanisés et occupés par des non-autochtones. Par exemple, le gouvernement fédéral et la ville de Québec permettent des expansions du territoire de la nation Huronne-Wendat de Wendake (L'Actuel 21 juin 2010 | 3 juin 2014  | Le Soleil 21 août 2014), qui a par ses ancêtres, aidé au développement de la Nouvelle France, avant que la province de Québec et le Canada soit consolidés. De la même manière que nous recevons des héritages de propriétés qui ont existé avant notre naissance, il en va ainsi pour les pays. Le droit se bâtit sur le droit préexistant. Il ne se réinitialise pas (« reset ») pas à zéro à chaque nouvelle étape de l'évolution et la passation ou prise d'un territoire… C’est comme lorsque 3 entreprises mettent ensemble leurs états financiers et leurs biens immobiliers ou lorsque des propriétés se cèdent à une tierce entité.

Ce que la Grande-Bretagne a cédé comme patrimoine au Canada appartient effectivement au Canada. Avec l'argument de l'enseignant précité, une partie de la France, de l'Espagne de  l'Italie et l'Égypte et bien plus encore au Proche-Orient et en Inde, devraient retourner aux Grecs qui eux les retourneraient à ... Et ainsi de suite. l'Écosse n'aurait même pas à tenir un référendum sur sa destinée en septembre 2014, puisqu'elle existait avant la constitution de la Grande-Bretagne. Il faudrait remettre en question tous les territoires rétrocédés ou occupés par les descendants des anciens empires qui ont été un jour présumés «illégitimes», en remontant jusqu’à la préhistoire, particulièrement s'ils ne sont pas encore occupés (ex. une forêt vierge ou un désert à la frontière d'un pays ou des chaînes de montagnes inhabitées). Nous pourrions tout autant, à partir du Canada, revendiquer des terres inhabitées, au-delà du pôle nord, du côté de la Russie. En appliquant la même logique, même la Palestine qui a reçu son territoire des puissances qu’on dit colonialistes, n’aurait pas de territoire attribué... En Afrique, ce serait la plus grande instabilité (interventions historiques de la France, de la Grande-Bretagne ou Angleterre, de la Belgique, ...).

Mais c’est sûr que, pour certains groupes, le Premier ministre Harper ne peut, ni ne pourra jamais, rien dire ou faire de bon… Il  y a aussi de fortes chances que derrière ce genre d'argumentaire, se cache par moment, des politiques environnementalistes (ex. pour ne pas exploiter l'Arctique) ou autres (ex. idéologies politiques et alliances idéologiques non mises au jour).
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