lundi 9 janvier 2012

Pas d'antidémarreur éthylique pour tous au Québec

9 JANVIER 2012. En 2012, la France impose l'éthylotest chimique (kit chimique de test d'alcoolémie dans chaque véhicule). La mesure législative implique un système de contrôle modéré et non relié au système de démarrage des véhicules. Au Québec, on n'aime pas faire les choses à moitié. Lorsqu'un drame et des statistiques de conduite automobile en lien avec la consommation d'alcool sont médiatisés, s'en suivent des pressions pour rien de moins que l'antidémarreur éthylique (ou éthylométrique) obligatoire pour tous les conducteurs, dans tous les véhicules. Il s'agit d'un système de test d'alcoolémie relié à une fonction d'antidémarrage. Il faut plutôt opter pour un éthylotest simple, non relié au système de démarrage du véhicule. Il ne faut pas punir toute la population par un système intégré, coûteux et inutile, pour les contrevenants qui violent le code criminel. (dernière mise à jour : 4 juillet 2013)

LIRE AUSSI une solution mieux adaptée à notre réalité:
Alcool au volant: De Koninck veut imiter les Français (1er janvier 2013)
http://yapasdpresse.blogspot.ca/2013/01/alcool-au-volant-de-koninck-veut-imiter.html

Évidemment, on peut comprendre les personnes qui souffrent de la mort d'un proche ou des blessures graves d'un proche ou d'eux-mêmes. Mais il ne faut pas pour autant contraindre tous les conducteurs et propriétaires de véhicules pour les délinquants au code criminel. C'est bien vite oublier que beaucoup de conducteurs québécois, particulièrement chez les plus jeunes, ont les facultés affaiblies par d'autres substances que l'alcool... 

VOIR AUSSI : Cannabis et conduite automobile au Québec : danger bien réel
http://yapasdpresse.blogspot.ca/2013/08/cannabis-et-conduite-automobile-au.html

Le système est inutile dans plusieurs situations:
  • Pour les conducteurs qui ne conduisent pas après avoir consommé
  • Résultats erronés et fausse sécurité en présence de consommation croisée (alcool plus drogues légales ou non, voire même médicaments).
  • Lorsque l'appareil devient mal calibré ou mal utilisé.
  • Le taux d'alcool dans le sang augmente plusieurs minutes après la dernière consommation. La personne peut donc prendre la route et devenir inapte par la suite. L'arrêt sur le bord d'une autoroute en raison d'un taux d'alcool qui a augmenté n'est pas sécuritaire pour les autres usagers de route.
  • Le contrevenant peut faire souffler un passager.
  • Les personnes visées sont les plus habiles à contourner la contrainte.

Automobile accidentée et conducteur ivre qui demande de l'aide : «Une petite poussée S.V.P. ! Hic!» Par un enfant de 8 ans. Humour et réalité.
En Occident, on ne pénalise pas toute la population pour quelques contrevenants au code criminel

Quand j'étais adolescent, je demeurais en bordure d'une route achalandée. Au moins une fois par année, survenait à proximité, un événement ou accident relié à la route. À une occasion, une camionnette (pickup) s'était enlisée dans le fossé enneigé suite à une sortie de route en conduite hivernale. Le véhicule était totalement enlisé dans la neige, l'avant plongeant dans le fossé et il fallait une bonne remorque pour le sortir de là. Je me suis approché pour voir s'il y avait des blessés. Je trouvai le conducteur seul qui empestait l'alcool. Le pauvre monsieur se secoua la tête, visiblement sonné, pour faire le focus approximatif et me regarda le plus sérieusement du monde avec ses yeux troubles pour me demander: «Peux-tu me donner juste une petite poussée pour sortir de là? (hic!)»...

Cet homme déconnecté de sa réalité, aurait eu de toute évidence, besoin d'un antidémarreur "éthyl-hic!" (éthylique ou éthylométrique), ou mieux encore, d'une greffe de cerveau. Mais il est tout à fait inéquitable de pénaliser tous les conducteurs pour de tels irresponsables, jeunes ou vieux. Éthylotest pour tous? Et à quand le test de bon jugement? Il y certainement d'autres mesures à prendre avant d'en arriver à la solution la plus contraignante.

Voici le genre d'arguments-types pour l'antidémarreur obligatoire : 

  • De la même façon qu'on a imposé l'installation et le port de la ceinture de sécurité au Québec, et que cela sauve des vies, on peut aussi imposer ce type d'équipement qui sauvera des vies.
  • Des pays l'ont déjà adopté ou en voie de le faire (ex. Suède, dit-on); le kit éthylotest français, plus réaliste, est un test simple non relié à un antidémarreur. Ce dernier ressemble à des tests de base que fournissent certaines entreprises au Québec, comme Alco Prévention Canada (AlcoPrevention.com), non seulement pour l'acool mais aussi certaines drogues.
Quelques objections à ce type d'argumentation:

vendredi 6 janvier 2012

Mon dernier "parler" du Bye Bye 2011: MILITANTISME ET "MODÈLE" QUÉBÉCOIS

Je ne voulais plus parler du Bye Bye 2011, mais c'est le Bye Bye qui voulait que je parle de lui.
(Modifié le 7 janvier 2011)

Ce matin du 5 janvier 2012, suite à une entrevue au FM93,3 de Québec avec Mathieu Bock-Côté, une animatrice du matin suggérait que puisque ça va si mal économiquement (mises à pied massives de travailleurs et fermetures d'entreprises, régimes de retraite, déficits, dette nationale, etc.) et en divers domaines socio-politiques (printemps arabe changé en "congélation"), que finalement, c'est peut-être secondaire de parler du Bye Bye (revue humoristique de l'année 2011 par la SRC). Le problème cependant, c'est qu'il n'est pas secondaire de parler du Bye Bye dans la mesure où les problèmes économiques proviennent en bonne partie des politiques de surendettement où nous a conduit notre social-démocratie des près de 50 dernières années. Non pas que la social-démocratie soit plus mauvaise qu'un autre système, mais plutôt qu'on s'est donné des systèmes et services, soit au-dessus de nos moyens, soit trop gros pour être gérés et optimisés facilement. Plus le navire est gros et va vite, plus c'est difficile de le faire dévier ou ralentir.
Soit
1) notre élite était bonne en lettres et en philo, mais nulle en chiffres (ce que je ne crois pas; c'était un prix calculé),
2) soit on verrait plus tard, une fois le Québec épuré de ses valeurs et influences jugées indésirables; ceci demandant 1 ou 2 générations. Le Premier ministre René Lévesque avait fait un premier correctif en 1980, en coupant les salaires des fonctionnaires de 20 %, question d'éloigner la date  de l'éveil. Ceci pouvait aussi permettre d'augmenter la taille de l'État tout en stabilisant la masse salariale pour les années suivantes.

Il faut donc parler des Bye Bye qui se succèdent, porteurs des mêmes lunettes et mêmes filtres idéologiques

Le modèle social-démocrate québécois, c'est comme si nous avions les moyens pour une Toyota Yaris ou une Kia Rio, mais que nous nous sommes payés une Audi R8. C'est comme un père divorcé qui pour attirer son ado et en obtenir la garde légale, lui donne une motoneige, un QuadRunner (véhicule quatre roues tout-terrain appelé au Québec VTT), un vélo trial de 5,000 dollars, une carte de membre du club de golf, une autre du centre de ski, lui paie des vacances à l'étranger, etc., mais sans en avoir les moyens. Il "load" deux cartes de crédit de 15,000 dollars chacune, remplit sa marge de crédit personnelle et s'endette à ces fins. Il retarde bientôt les paiements de l'hypothèque de sa maison et des taxes foncières et scolaires. Mais comme le dit une phrase avec humour : «C'est quand la mer se retire qu'on voit ceux qui se baignent nus

Par exemple, avait-on les moyens de subventionner le non-emploi en supportant des gens qui ne veulent ni travailler ni se former pour ce faire, mais qui en ont la capacité et qui à 18 ans deviennent assistés sociaux par choix (je parle de ceux qui NE veulent PAS travailler, ni se former)? Cela encourage le désordre et la désolidarisation. Pourtant, notre système le supporte fort bien. Avions-nous les moyens d'empêcher un partenariat élargi du système de santé avec le privé, en refusant à ceux qui en avaient les moyens, d'accéder à un système dont ils assumeraient une bonne partie des coûts, tout en continuant de supporter l'autre et donc, sans que le système public des soins de santé ne soit pour autant enlevé (les plus aisés y contribuant malgré tout)? 

L'endettement massif depuis les décennies 1960 et 1970 était en bonne partie prévu et avait un but

Vous voulez un secret: l'endettement massif a été probablement le moyen (le coût calculé) pour sortir le clergé, presque d'un seul coup, des programmes sociaux majeurs comme l'éducation et la santé. Le Rapport Parent (sections publiées entre 1963-1964) stipule qu'il faut une refonte complète de l'éducation et séparer religion et État, mais était-ce le moyen et le coût juste de le faire, c'est-à-dire en surendettant les générations suivantes. Il faut considérer que si les communautés religieuses avaient des édifices ressemblant à des domaines, elles y demeuraient et travaillaient par plusieurs dizaines de personnes (services mis en commun). Ce n'étaient pas 50 ou 100 condos avec chacun leur cuisine, salle de bain, etc., mais un édifice communautaire avec des chambres. A-t-on volontairement fermé les yeux sur le fait que les communautés religieuses (ici majoritairement catholiques) vivaient généralement de peu, sans salaire individuel, dans de grandes résidences communautaires, un chalet ou maison de repos pour plusieurs dizaines ou une centaine, un véhicule automobile partagé, etc., donc avec des coûts minimaux. Mais ceux qui les ont remplacés, fin décennie 1960, puis 1970 et suivantes, ont été syndiqués et ne vivaient pas en communauté. Ils ont acheté une maison entourée de gazon, ont eu des enfants, une auto, un chien nourri au Dr Ballard (marque déposée), parfois même une résidence secondaire familiale et plus encore. Les effets économiques de la main mise totale de l'État sur les services éducatifs et de santé (et certains services sociaux) était facile à prévoir, sans aucun calcul poussé ni doctorat en administration: impossible de se donner les services anticipés aux mêmes coûts que le permettait les communautés religieuses remplacées par des revenus pour familles de classe moyenne et supérieure. Les conséquences et les coûts pour sortir le clergé du système social étaient prévisibles au départ, bien que non connus avec précision. Mais il semble qu'on ait conclu, dans la social-démocratie version Québec de la "révolution tranquille", que c'était là un prix à payer. On renflouerait le crédit plus tard. Sauf que ces dernières années, on a atteint le bout de l'élastique et on ne peut abolir une loi naturelle. L'élastique a deux choix naturels: se rompre ou se détendre (revenir).

La question : faut-il freiner en catastrophe ou appliquer les freins fermement et progressivement? Car il semble que l'humain n'ait pas le système de freinage assisté électroniquement. Bien-sûr, comme toute analogie, celle-ci a ses limites, mais comme toute analogie, c'est aussi pour mieux comprendre. Un freinage en mode panique engendrerait l'instabilité et servirait la cause des partis ou groupes de tout acabit avec une solution miracle et facile; de types néo-anarchistes, ultra-socialistes, communistes ou marxistes et le reste.

Bref, ce serait le désordre social, non pas uniquement au sens de la casse de la rue (le party et l'ivresse du renversement et de la destruction ne durent qu'un temps), mais au sens d'un héritage caractérisé par le désordre structurel et viscéral. Ce serait leur servir le Québec sur un plateau d'argent à des idéologies socio-politiques qui ont déjà échoué au 20e siècle, là où elles ont été appliquées dans le monde.

À l'inverse, la situation ne justifie pas que l'on privatise toute activité de l'État qui fait ses frais et dégage en plus des surplus ou avantages retournés à l'État, par exemple en maintenant des services à un coût moindre (ex. Hydro-Québec et son électricité à prix abordable). On peut d'abord commencer par rationaliser les dépenses, mais en ayant le cran de revoir les services pour éliminer ce qui n'est pas si important ou est déjà desservi ou peut l'être par le privé. Et on peut rendre au privé, ce qui va au privé. Par exemple, est-ce à l'État, en 2012, d'avoir le quasi-monopole de la vente de l'alcool en dehors de la bière? Est-ce à l'État de promouvoir l'illusion de richesse par les loteries et jeux d'argent, pour maintenir ce "modèle québécois" qui craque de partout?

Ce n'est pas que nous n'ayons "plus les moyens" de notre modèle; nous ne les avons jamais eus

Il faut donc parler des Bye Bye qui se succèdent, porteurs des mêmes lunettes et mêmes filtres idéologiques, parce qu'ils continuent de faire une promotion politique activiste de la version actuelle de cette social-démocratie pour laquelle nous n'avons jamais vraiment eu les moyens, parce que nous avons pris une version haut-de-gamme, plutôt qu'un système de base ou intermédiaire.

mardi 3 janvier 2012

Bye Bye 2011; mon billet le moins essentiel

LE BYE BYE 2011 ET LA POLITIQUE

Pour reprendre une expression souvent entendue des participants à l'émission "Un souper presque parfait" de V, «C'est quelque chose qu'on pourrait servir un mardi soir» (ici du point de vue humour). Mais sous l'angle d'une revue de l'année, cette édition du Bye Bye était intéressante. J'avais pour ma part, émis le souhait qu'on y rit aussi de la gauche. Évidemment, on nous a servi un menu surtout pour gauchistes repus depuis des décennies, mais au moins, on a un peu remis en question l'idéalisme socialiste aussi, ce qui est exceptionnel pour la SRC (CBC francophone) des 25 dernières années. Intéressant, mais non essentiel, voilà ce qui résumerait ce qu'est devenue la tradition du Bye Bye.

Contexte : pourquoi une critique du Bye Bye?

Image extraite du sketch sur les nouveaux
députés du NPD (parti fédéral), élusen
grand nombre pour le territoire du Québec
en 2011.
Pour le bénéfice des lecteurs étrangers et des néo-Québécois, il est fréquent de parler de ce divertissement télévisuel annuel, même dans les pauses-café au travail. Il passe en première diffusion la veille du jour de l'an (31 décembre au soir à compter de 23 h, ou 11:00 P.M.) et correspond au passage à la nouvelle année. On se permet souvent un petit regard critique, vu qu'y sont investis des dollars de nos précieux impôts et taxes (TV d'État fédérale). Si les producteurs sont autonomes (à ce que j'ai cru comprendre en décembre), explication donnée lorsque les producteurs refusaient les entrevues à certains médias, le financement de cette revue de l'année n'est cependant privé qu'en partie seulement. Le Bye Bye de fin d'année est devenu d'intérêt, non seulement parce qu'il constitue un retour humoristique sur l'année qui s'achève, mais aussi parce qu'il présente une certaine lecture de la culture québécoise francophone via les évènements de l'année. Il est souvent attendu, parce que dans le contexte d'une minorité francophone d'Amérique du Nord, il constitue en quelque sorte, un miroir tantôt caricatural, tantôt réaliste de nous-mêmes, des valeurs qui animent nos artistes et le média porteur (SRC), donc en partie, de nous-mêmes, en tant que peuple francophone du Québec, de descendance française.

En vrac

Quand j'ai noté qu'on ne riait pas beaucoup finalement, pour un exercice de divertissement de cette envergure, marquant le passage de l'année, ma femme m'a rappelé que c'est quand même une revue de l'actualité, et que cela limite la liberté du choix des thèmes de l'exercice. Bon, je concède à ses remarques. Mais je rie souvent plus lorsqu'occasionnellement j'écoute dans l'auto, un épisode de "À la semaine prochaine" à la radio de la SRC le samedi. Je précise donc, vu que c'est en bonne partie l'argent des contribuables qui finance cette production annuelle: il ne s'agit pas de remettre en question le talent des créateurs artistiques (tout le monde sait que Véro et Louis Morissette ont  du talent dans le showbizz), mais quand on se disperse partout dans divers shows de TV à l'année, on comprend que le Bye Bye finit par ne pas être si drôle que ça. Il y a des limites à ce qu'une poignée d'auteurs peuvent faire, s'ils sont aussi éparpillés dans une multitude d'autres projets. Pour reprendre une expression souvent entendue des participants de l'émission "Un souper presque parfait" de V, «C'est quelque chose qu'on pourrait servir un mardi soir» (du point de vue humour). Mais sous l'angle d'une revue de l'année, c'était intéressant. Non essentiel, mais intéressant. 


Intéressant, mais non essentiel

Intéressant, mais non essentiel, voilà ce qui résumerait ce qu'est devenue la tradition du Bye Bye. Une revue annuelle qui a cependant fait sourire, ou même rire à quelques reprises. Il n'y avait pas beaucoup d'instants hilarants, mais c'était un revue de l'année intéressante, un reflet d'une partie de la culture québécoise. Une des fois où j'ai le plus ri, c'est malheureusement dans une publicité (une vraie pub) de Familiprix mettant en scène une équipe de hockey sur glace qui vient de gagner la coupe. Un jeune joueur de l'équipe victorieuse a attrapé un énorme herpès à la lèvre, car tous les joueurs ont embrassé la coupe.

Pouvoirs politiques

Les politiciens élus démocratiquement devraient prendre note de la perception qu'ils laissent, à tort ou  à raison, pour 2011 (maire Gérald Tremblay de Montréal, maire Régis Labaume de Québec, Premier ministre du Québec Jean Charest, Premier ministre du Canada, Stephen Harper, Amir Khadir député du parti Québec Solidaire). Les politiciens non élus (hauts fonctionnaires de l'État) devraient aussi prendre des notes, par exemple, sur le ras-le-bol croissant, de se renier en tant que culture, incluant le retrait du mot Noël du vocabulaire. On commence à se rendre compte qu'il y a un gouvernement parallèle, les technocrates et spécialistes (fonctionnaires ou consultants) qui survivent aux élections et n'écoutent pas. Ce sont les penseurs de ces réformes qui finissent dans un mur. La preuve que les "spécialistes" au pouvoir ne garantit pas le succès.  Les anciens philosophes se sont parfois trompés dans leurs théories sur l'État. C'est pas mal plus complexe qu'une parabole sur la direction de l'équipage d'un navire datant de l'Antiquité. Et pour le Québec, il est possible d'être inclusif et accueillant, sans se renier et avoir honte de sa culture. Prétendre le contraire est une insulte à l'intelligence.

Mes deux sketchs préférés : 

  • le Boot camp de Thomas Mulcair, appelé M. Musculair par une nouvelle député du NPD et 
  • En direct de l'Univers (une parodie de "En direct de l'univers de", animée par France Beaudoin), sur le thème des syndicats de la construction, dont les méthodes s'apparentent drôlement  tristement à celles de la mafia italienne

Le Boot camp de Thomas Mulcair

Un des meilleurs sketchs politiques à mon avis, le boot camp de Thomas Mulcair pour les nouveaux députés du Québec élus au NPD (élection fédérale du 2 mai 2011)
- dont plusieurs ont voté pour la première fois (chanson du personnage de Thomas Mulcair)
- et qui ne savent pas où est la gauche (valeurs gauchistes)
- une classe d'élèves indisciplinés (reflet de la société québécoise?)
- députés socialistes qui sont pour faire payer davantage les "plusse riches" (les coûts de notre social-démocratie qui cumule déficit sur déficit), mais qui en voyant leur chèque de paye, changent la définition fiscale de "plus riche" en disant que le salaire d'un "plusse riche", c'est supérieur à 157,731$ (par année).
Bye Bye 2011. Revue de l'année de la Société Radio-Canada (SRC). Ici une scène du sketch sur les nouveaux députés du NPD (un parti fédéral) pour le territoire du Québec en 2011. Le Boot Camp de Thomas Mulcair. J'ai particulièrement aimé. Après avoir clâmé «Faisons payer les plus riches! Faisons payer les plus riches!» et en voyant leur chèque de paye, les
nouveaux élus socialistes changent, en pleine entrevue médiatique, la définition de "plus riche".
Le message politique

On peut lire entre les lignes, que le Plateau espère (et prépare) le retour en force du Bloc Québécois à Ottawa. Ce parti a encore beaucoup d'appuis dans les médias du Québec, particulièrement à la SRC. C'était encore plus palpable, lors de la soirée des élections du 2 mai 2011, alors que le NPD remplaçait le Bloc comme opposition officielle à Ottawa. La soirée électorale était en deuil, à la SRC.

Avec cette édition 2011, l'équipe SRC (CBC francophone du Québec) a fait des efforts pour oser tirer sur des valeurs socialistes clichées comme on en entend à la semaine longue sur ses ondes et dans ses médias (radio, TV, internet) le reste de l'année. Mais c'est pour mieux positionner le Bloc Québécois (au fédéral) et le Parti Québécois (au Québec). On nous suggère que le parti NPD, un parti fédéraliste non centré uniquement sur les attentes du Québec, devrait normalement ne pas être reporté au pouvoir après quatre ans (chanson Why NPD, sur l'air de YMCA de l'ancien groupe Village People). Et via le personnage du superhéros, Capitaine Solidaire (Amir Khadir) qu'il faut résister à la tentation de voter Québec Solidaire, pour centrer les forces sur le Parti Québécois. Les dénominateurs commun aux deux:
-  parti souverainiste
-  avec pour chef potentiel et anticipé, Gilles Duceppe.

Cela explique le tir groupé contre une certaine gauche, à l'encontre d'une longue tradition de la SRC.

Construction publique et syndicalisme : collusion et corruption au menu

Sur la collusion présumée dans l'industrie de la corruption construction, il y avait aussi de bons gags (ou clins d'œils). Les menaces des syndicats (ex. FTQ Construction) dans une chanson doucereuse, via la personnification de la chanteuse Cœur de pirate invitée à "En direct de l'Univers", sous la thème "l'univers des dirigeants de la FTQ", était une excellente satyre contre le syndicalisme extrême. La jeune chanteuse aux yeux d'enfants et à la voix douce fait les menaces les plus dures aux travailleurs qui refuseraient d'écouter les syndicats. Pendant ce temps, les leaders syndicaux sont touchés aux larmes par ces rimes qui les renforcent dans leur convictions et méthodes mafieuses. Fiction ou réalité? La ligne est mince; disons les deux? 

Voilà que tu manges un petit coup de pelle
Je démolis ta gueule, c'est rien de personnel
Puis, tu me supplie de te lâcher
Que tu as bien compris, en bon syndiqué
J'espère que c'est clair pour très longtemps
J'ai pas jusse ça à faire, arracher des dents
C'est moi qui mène sur le chantier
Sinon dans le ciment, tes pieds seront coulés
Tu te plains encore
Et moi je te bûche un peu plus fort
Si tu cries encore
Tu vas nager au fond du Vieux-Port 
(extrait du sketch à chansons, 
"En direct de l'Univers", du Bye Bye 2011, Société Radio-Canada -SRC) 

Les syndicats devraient prendre note qu'ils ont perdu la faveur populaire de façon progressive aux cours des dernières années. La perte de confiance n'est jamais bonne quand le donneur d'ouvrage est l'État, donc les contribuables... Et ce n'est pas bon non plus, pour les nouveaux projets de syndicalisation qui répugnent aux travailleurs qui craignent de déléguer leur autorité à une entité décrochée. Le syndicalisme n'évolue pas en même temps que le contexte social. "Rambo", le fier à bras syndical de la Côte Nord, à la mèche courte est passé dans l'imaginaire québécois, mais comme le type de leadership syndical dont on veut se libérer. Un autre point de perdu pour le syndicâlisse syndicalisme. 

Les fausses publicités

Celle de la "crègne" (crème, mal prononcé) par une personnification d'un chef cuisinier (Louis-François Marcotte) d'une série télévisée de Canal Vie, était plutôt drôle.  De même que Farmalpris (parodie d'un commanditaire, une pharmacie, drogstore) avec sa série "on se met à votre place". Dans la pub destinée à l'enquêteur Duchesneau (ex-chef d'enquête sur la collusion dans la construction publique), ce dernier, dans son propre rôle, passe chercher ses comprimés contre le stress, lui qui aurait pu devenir une cible réelle, si la construction est vraiment (ce que l'on croit ) infiltrée par le crime organisée.

Les bizarres

Message politique sur la mort de Ben Laden (Al-Qaïda) et de Kadhafi (Lybye): on ne sait pas trop où ils vont avec cela. Probablement qu'ils veulent dire qu'on est naïf de croire que le monde va devenir meilleur (mini comédie musicale "Tué par une balle", avec une jeune mère qui peut ensuite passer en poussette avec son bébé et une démarche joviale typique du genre). On peut répondre que les auteurs devraient cesser de tondre leur gazon, puisqu'il repousse tout le temps et que c'est donc illusoire de penser qu'il cessera de pousser. Rappelons en passant qu'Ossama Ben Laden ne représentait aucun gouvernement; tout comme Al-Qaïda. Tandis que Mouammar Kadhafi n'a pas été tué par des occidentaux.

Gouvernement parallèle

L'album de chansons "Non, non, c'est pas Noël", version fonctionnaires (technocrates) du gouvernement, était proche de la réalité. À enlever tout ce qui est spécial dans la fête qui fait partie de la culture québécoise, il ne reste plus rien d'un album de Noël. Le Bye Bye a fait la même lecture que nous : il y a des limites à s'excuser d'être ce que nous sommes en tant que culture québécoise; représenté ici par un album de Noël dont les chansons ont été épuré du mot Noël et qualifié d'entièrement "Jesus free" (épuré de toute trace de christianisme). On se rappellera que les chansons des centres de garde de la petite enfance (garderies, centre de puériculture) sont épurées des références chrétiennes depuis 2011; ex. ne plus chanter Au clair de la lune, car contient l'expression "pour l'amour de Dieu".

Le quota de jurons? Objectif atteint!

Le quota de jurons (à croire qu'il y a un nombre minimal à placer) a été atteint, en partie à l'aide de Jean-François Mercier, du personnage de Michèle Richard avec la biographie autorisée de sa vie réelle et imaginaire, et du personnage d'Elvis Bob Gratton, qui dirige  une séance de photos du Premier ministre du Canada, Stephen Harper (PCC). Jean-François Mercier revient progressivement au sein de l'équipe du Bye Bye, via la parodie de Tintin (nommé Kinkin; en joual, lire: tiens, tiens!), dans le rôle du capitaine Hadock (nommé Y Bock; en joual, lire: il s'accroche à son idée, bonne ou mauvaise).

Pour un observateur étranger qui voudrait comprendre notre culture, nous pouvons apparaître comme un peuple incapable de parler normalement, sans décliner les saints et accessoires de la messe catholique (jurons).

Tintin au Québec: le Plan Nord (du PLQ)

Le personnage repris de Tintin (inspiré du nouveau film) sert à soulever des doutes contre le Plan Nord (la trouvaille du gouvernement PLQ en 2011). Comme toujours, tout projet de développement est devenu, par défaut, suspect, soit
- destructeur de l'environnement ou
- destiné à vendre à rabais (piller) les ressources du Québec.

Enfin

Il y avait plus de contenu (thématiques) dans le Bye Bye 2011. Mais un article ne peut évidemment pas tout inclure.

Changement de trio

Personnellement, je crois qu'on ne devrait pas confier plus de 3 années consécutives (3 "mandats"), la revue de l'année Bye Bye à une équipe de production, question de changer la "couleur" ou "lecture" des évènements. Mais ce ne semble pas être l'intention de la direction de la SRC.  Cela finit donc par ressembler à des contrats sans appel d'offres. Véronique Cloutier et Louis Morissette vont, une de ces années, entrer dans une série d'affirmations "mon dernier Bye Bye" comme la retraitée Dominique Michel. Pour moi, c'est décidé, plus question de me coucher aux petites heures du matin à l'avenir, simplement pour écouter cette revue de l'année. J'écouterai un enregistrement ou la reprise, si requis.

Une question contractuelle (droit corporatif)

Il reste une chose à clarifier suite à la saga des refus d'entrevues en décembre ciblant les médias en compétition avec Radio-Canada. Les producteurs de semblables émissions annuelles de divertissement à la SRC, sont-ils des producteurs indépendants qui vendent un produit clés en main, ou des employés de la Société d'État? Parce que s'ils sont producteurs indépendants, cela n'impliquerait-il pas des appels d'offres?

Autre texte : 

Mon dernier "parler" du Bye Bye 2011: MILITANTISME ET "MODÈLE" QUÉBÉCOIS

http://yapasdpresse.blogspot.com/2012/01/mon-dernier-parler-du-bye-bye.html
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Principale source citée
Bye Bye 2011. Société Radio-Canada, 2011, durée approximative 58 min. (publicités incluses).

samedi 31 décembre 2011

CARICATURE - Voeux du Premier ministre Jean Charest 2012

J'ai imaginé les vœux du premier ministre du Québec pour l'année 2012.

CARICATURE

«Je vous souhaite la Santé pour 2012 et à la  fin de vos jours» Jean Charest, Premier Minitre du Québec, Chef du Parti Libéraldu Québec (PLQ) - CARICATURE.

jeudi 29 décembre 2011

Kim Jong-IL a quitté en 2011 - CARICATURE

SES PAROLES POUR LES ENDEUILLÉS

CARICATURE

Si KIM JONG-IL avait pu écrire ses derniers vœux à son peuple, avant de quitter subitement ce monde...
J'ai aimé vous haïr, Mon peuple.
Vous me manquerez.
Je pars retrouver Lennon Lénine
«Where there is no Heaven»
(où il n'y a pas de Paradis)
Votre bien-aimé tyran
Kim Jong-IL
LIRE AUSSI:

Le consensus antichrétien dans les institutions publiques du Québec

mercredi 28 décembre 2011

QUÉBEC : L'ADQ renaîtrait de ses braises encore chaudes

28 DÉC. 2011. L'Action Démocratique du Québec se rebelle contre ses chefs qui n'ont pas consulté "officieusement" leurs membres AVANT de se prononcer officiellement à l'exécutif, pour la fusion avec la CAQ, un parti de gauche de plus. Le Journal de Québec / Journal de Montréal de ce matin publie la nouvelle qu'un nouveau parti de remplacement pourrait récupérer une bonne partie de la base de l'ADQ. Mais celui-ci n'est pas concrétisé, qu'il pourrait voir l'ADQ renaître de ses braises encore chaudes.
Le nouveau parti Équipe Autonomiste aurait son nom déposé par Éric Barnabé. Mais un autre nom ressort parmi les personnalités vedettes de l'ADQ.

M. Adrien Pouliot quant à lui, recrue vedette du printemps 2011, espère plutôt sauver l'ADQ. Le parti sauvé serait évidemment purgé des gros noms qui lui font défection (ex. Gérard Deltell, Jean Allaire) et des anciens candidats influents (Éric Caire, député devenu indépendant) qui font aussi "un" avec la CAQ (Couac?).

M. Adrien Pouliot, au lieu de lancer un parti, a opté pour la création du comité Restons ADQ, en invitant les membres du parti à voter contre la fusion avec la CAQ, lors de la consultation tardive (trop tard pour la CAQ?) en janvier prochain. Décision stratégique, car en plus de sauver les privilèges reliés à un parti déjà constitué (ex. financement, membership), l'ADQ se lancerait évidemment dans une course à la chefferie, ce qui placerait M. Pouliot en très bonne position et sans l'ombre de "belles-mères" politiques.
M. Adrien Pouliot serait-il le prochain chef d'une ADQ après un "reboot" suivant un "bug" du parti? L'année 2012 promet une effervescence politique particulière au Québec (le printemps québécois?)  
«Le «D» de «démocratique» dans le nom de l'ADQ, on se demande s'il est là», dit-il, indiquant que c'est aux militants de décider de l'avenir du parti politique. Pour lui, les gens qui veulent la fusion avec la CAQ ne défendent plus les valeurs de l'ADQ.
«Si la fusion est refusée, il va y avoir un nettoyage dans les rangs adéquistes tel que le départ de Gérard Deltell et Jean Allaire vers la CAQ», dit-il (1).

En quelque sorte tombé dans la marmite des communications quand il était petit (entreprise familiale CFCF) M. Pouliot est connu pour
  • avoir pratiqué le droit corporatif dans un cabinet réputé
  • avoir été président et chef de la station de TV CFCF-12 de Montréal (ce qui lui donnerait des appuis dans l'Ouest de Montréal) en plus d'être dès la première heure à la base du lancement de TQS (vendue en 1997 et devenue V) ce qui lui donnerait logiquement aussi des appuis francophones sur l'Île de Montréal.
  • En plus de passages marqués à la directions d'autres entreprises et comités qui ont prospéré sous ses mandats, ce qui lui donne une crédibilité dans le monde des affaires.
  • M. Pouliot a participé en 1999 au lancement de l'Institut économique de Montréal (IEDM), organisme non partisan oeuvrant dans le domaine de l'éducation et de la recherche économique, dont il a occupé la présidence durant 8 ans.

L'omission de consulter ses membres avant les "kodaks" avec la CAQ (Couac?) semble avoir été une erreur fatale des leaders actuels ou potentiels de l'ADQ. Plusieurs se sont mouillés au point d'être écartés de leadership d'une ADQ qui renaîtrait de ses braises encore chaudes, et malgré le travail qu'ils y ont investi (Deltell, Allaire, Barnabé, peut-être Caire devenu indépendant? ...). Si la renaissance de l'ADQ se concrétise sous son intervention et sa direction, on pourrait dire qu'un destin était tracé pour M. Pouliot. Et même si l'ADQ était avalée par la CAQ, M. Pouliot pourrait réunir la base insatisfaite de la fusion et être prêt à temps pour une élection prochaine. 

Une petite note au sujet de la photo de l'article du journal de Québec (version papier), par l'Agence QMI:
des données biographiques de M. Adrien Pouliot et aussi des photos plus récentes se trouvent à l'un de ces liens:
EnjeuxQuebec.com
http://www.enjeuxquebec.com/

LesAffaires.com
http://www.lesaffaires.com/secteurs-d-activite/gouvernement/adrien-pouliot-recrute-par-l-adq/528985
_______________
1.  Caroline D'ASTOUS, Les idées de l'ADQ survivront, Journal de Québec, Agence QMI, mercredi 28 décembre 2011, p. 6
Publié aussi sous le titre Des adéquistes déçus,
http://lejournaldemontreal.canoe.ca/journaldemontreal/actualites/national/politiqueprovinciale/archives/2011/12/20111228-080404.html

mardi 27 décembre 2011

De réveillon @mégaparty : les temps changent

LA PERTE DU MOT RÉVEILLON (au Québec) A UNE SIGNIFICATION CULTURELLE ET UN LIEN AVEC LA REVUE DE L'ANNÉE DE LA TV D'ÉTAT, BYE BYE 2008 (un "fail")

C'est arrivé au travail quelques jours avant Noël 2011. Deux femmes collègues de travail parlent du congé des Fêtes (de Noël et de Nouvel an). J'écoute distraitement, lorsque l'une s'esclaffe de rire. Elle reprend devant moi les propos de la plus jeune de nous trois: «ses voisins d'en face font un méga-party pour Noël!» Elle ajoute aux rires «c'est ça qu'on appelle un réveillon!». Je me joins aux rires, mais cela me fait réfléchir.

Ceux qui sont plus jeunes que nous de quelques années n'ont plus la même perspective de ce qu'étaient ces "méga-fêtes" familiales des veilles de Noël et du Jour de l'an, appelées un "réveillon". La maison qui, au jour de l'an, se remplissait de 25 ou 30 convives (invités) ou parfois plus ET liés par la parenté (oncles, tantes, cousins, cousines). Les bottes d'hiver pleines de neige dans la baignoire, les manteaux sur le plus grand lit, les odeurs de nourriture à volonté... et malheureusement, l'abondance de la fumée de cigarette.

La veille de Noël (24 décembre au soir) était souvent réservée à la famille immédiate; mes parents et mes sœurs aînées et leurs "chums". Enfant, je voyais la messe de 23 h, plutôt comme un supplice retardant l'ouverture des cadeaux empilés sous l'arbre de NOEL.

Les jours suivant la veille de Noël, la famille se lançait dans l'étourdissante tournée des tantes et oncles du village. On s'enivrait de la présence des êtres aimés faisant partie de la famille élargie. On mangeait un peu trop durant deux semaines, de sorte que la famille devenait "élargie" dans tous les sens du mot. Heureusement, il n'y avait pas de i-pod, i-phone et i-pad pour capter et diffuser les gaffes d'un "mon-oncle" un peu trop "rond" (enivré; rond comme si la semelle des chaussures était bombée). C'était agréable de se regrouper entre cousins et cousines du même âge. Ces soirs-là, étrangement, ce n'était pas nous qui faisions le bruit. Bizarre revirement des choses. Mais le contrôle était bon et l'esprit à la bonne-entente et à la réjouissance dans notre famille élargie. Cependant, j'ai entendu des histoires, comme des bagarres entre frères et autres choses disgracieuses (comme celle de ma première "cuite" à l'adolescence; pauvre maman et pauvre moi aussi).

La veille (réveillon = méga party) du Jour de l'an, ça dansait à en rompre les planchers au son du violon et de l'accordéon (ou des rigodons sur disques vinyle) pendant que nous les jeunes, observions ce qu'étaient devenus nos parents, oncles et tantes. C'était souvent le temps pour jouer des jeux de société pendant que les "vieux" chauffaient le plancher de leurs pieds rythmés et sans aucune Wii. C'était plutôt beau à regarder.

Cette tournée festive durait jusqu'à la Fête des rois en janvier (commémoration de la visite des mages ou rois-mages) avec une apogée au Jour de l'an. C'était le bon temps (sauf pour les quelques excès, et la fumée de cigarettes évidemment).

Aujourd'hui, dans ma tête, ce n'est plus qu'une musique de fond et des images (clips?) qui chaque année s'estompent un peu plus et deviennent plus transparentes, comme s'évanouissant. J'y repense assez souvent avec une certaine nostalgie. Tout est devenu plus petit, sauf les cadeaux, dont les coûts sont inversement proportionnels à la taille de la famille. En fait, ceux-ci se synchronisent aux impôts, aux taxes et à l'inflation. Il reste une consolation: la musique de Noël qui nous ramène un peu en enfance, pour ceux dont l'enfance fût un passage agréable.

Réveillon et méga-party familial

Mais cette remarque impromptue du "méga-party" du voisin de ma jeune collègue de travail me fait réfléchir. Avec 1,7 enfants (moins de deux) par famille au Québec, il n'y a pas que les expressions du langage qui changent; les festivités familiales aussi. Les parties de bureau tendent à remplacer ces rassemblements, mais c'est une autre histoire sans équivalent de sens familial.

La perte du mot "réveillon", quel lien avec le Bye Bye 2008? Il y en a un.

La perte du mot "réveillon" m'est alors apparue chargée de signification; d'un changement dans la culture québécoise. Puis, un lien s'est fait dans mon esprit et une image m'est revenue: celle des excès de langage du Bye Bye 2008, revue humoristique de fin d'année de la TV d'État (financée en grande partie par nos impôts et taxes). Même les "mon-oncles" n'étaient pas si vulgaires. J'ai alors un peu mieux compris ce qui s'est passé. De la même manière qu'avec "le numérique" la nouvelle génération perd le sens de ce que signifie acheter un album de musique (les bonnes et moins bonnes pièces ensemble), le contexte des réveillons (méga-parties de famille étant alors la chose courante) s'est perdu; celui des familles comptant plusieurs enfants et de la tournée des familles de la parenté entre le 25 décembre et le 6 janvier suivant. Lors du passage à la nouvelle année, ça réveillonnait jusqu'à 2 heures du matin. Avec mes trois sœurs aînées, nous étions une famille plutôt petite (genre téléroman Quelle famille!). Mais lors de nos festivités du réveillon de la veille du Jour de l'an (soirée du 31 décembre), les enfants (cousins et cousines) s'empilaient à 23 h (11:00 P.M.) devant la télévision pour se bidonner devant le phénomène alors tout récent du Bye Bye.

Le Bye Bye 2008 de Radio-Canada (SRC) a matérialisé la consommation (fin) de la déconnexion entre deux époques. On a ainsi complètement oublié que des enfants d'une nouvelle génération attendaient la revue humoristique à côté de leurs parents, comme une pâle tentative de souvenir de l'ancienne tradition. Puis, ce fût le dérapage, surtout avec le sketch d'un certain ministre fédéral avec son escorte (féminine) et la feinte d'une relation sexuelle sur la table de la cuisine, avec un juron injustifié utilisant le nom du Messie fêté à Noël. Pour défense, on a dit que les enfants n'avaient pas à être debout à cette heure tardive. Quelle excuse nulle! D'autant plus que l'émission est rediffusée le lendemain autour de 20h.

Cette année, sera probablement pour moi, le dernier test, déterminant si le Bye Bye mérite de faire encore partie d'une tradition familiale. Avec RBO, croyons-le ou non, il y avait de la subtilité. Je souhaite sincèrement donc à l'équipe du Bye Bye 2011 de la modération dans l'humour. Je souhaite qu'ils rient de la gauche autant que la droite. Et un Bye Bye familial, ce n'est pas une soirée Juste pour rire avec Mike Ward ou le Gros-cave (Jean-François Mercier) devant un public mature (ou immature ?). Une revue de l'année du type Bye Bye à la télévision publique avec nos impôts et taxes (de l'argent public), ne devrait pas être pensée pour un public de 18 ans ou plus à l'humour hard de prison fédérale, mais pour la famille, puisqu'une telle revue souligne le passage vers une nouvelle année, ce qui se passe pour plusieurs encore, avec la famille.

Bon réveillon! Et souvenez-vous: la modération (alcool et satyre) a bien meilleur goût.

Pensée : Un sage aurait dit en parlant des hommes que «L'alcool rend l'homme semblable à la bête». Un autre aurait renchéri : «Et il  rend la femme semblable à l'homme...».