lundi 14 septembre 2009

Chrétiens et politique : les chrétiens ont-ils encore un rôle à jouer dans les enjeux éthiques et politiques ?

« Pour avoir une société civile vivante, il faut que les individus puissent faire des choix. C’est le grand défi de la civilisation occidentale. »
(Gary CALDWELL, sociologue. Entrevue : La Résilience, cette capacité de résister aux chocs et de rebondir, RND, Octobre 2000,p. 23).

Si j'ai été silencieux cet été, je n'en ai pas été pour autant inactif. Je ne chantais pas avec la cigale. Je n'ai pas eu de vacances. Voici cependant ce que j'ai à dire, du fait que les valeurs chrétiennes sont l'objet d'une tentative de putch de notre démocratie canadienne et particulièrement québécoise, parce que celles-ci diffèrent et font contrepoids... dans une démocratie.

Si nous vivons en véritable démocratie, nous devons bénéficier d’un vrai droit de parole, individuel et collectif, qui puisse se répercuter jusque dans les recommandations faites à nos gouvernements. J’ai le droit de participer à la vie démocratique, du simple fait que je suis citoyen d’un pays à prétention démocratique, peu importe que ma conviction soit ou non populaire. J’ai le droit d’être considéré aussi individuellement, même si je fais simultanément partie d’une démarche d’une assemblée, d’une association ou d’un organisme chrétien (être pris en compte en tant qu'individu dans les statistiques).

Il y a en effet une différence entre séparer la religion et l’État et éliminer la foi qui
se manifeste publiquement. Jésus a pratiqué la séparation de l'Église et de l'État. Or l'apôtre des non-juifs, Saul de Tarse, connu sous le nom de Paul, a été contraint de faire appel au droit romain.


«J’en appelle à César» (Actes 25:11) ; et si l’apôtre Paul avait raison ?


Dans l'Empire Romain, au milieu du premier siècle de notre ère, le christianisme en pleine expansion est souvent accusé par ses détracteurs (par motifs d'intérêts idéologiques non avoués), d’être contre les hommes; une secte, une peste ou au mieux une nuisance sociale et économique. Voyant l’Église sans cesse entravée dans son message et faussement accusée de sédition contre les autorités civiles et de haine contre l’humanité, et se voyant lui-même sur le point d’être abandonné au sort de ses persécuteurs qui veulent le tuer, l’apôtre Paul (l'apôtre des non-juifs) décide d’utiliser une clause du droit romain, étant citoyen romain par la naissance. Il en appelle à César, le plus haut tribunal de l’Empire (Actes 25:11).

L'Empire Romain est pourtant au mieux, une dictature; collégiale, mais une dictature avec des jeux de cirque pas très catho. La démocratie n'y a rien à voir avec nos démocraties contemporaines. Et pourtant...

En démocratie, pour autant que nous soyons plus démocratiques que l'ancienne Rome, la séparation de la religion et de l’État ne signifie pas davantage que les croyants n’aient plus accès à l’homme d’État. Ils font eux aussi partie du processus démocratique non seulement en tant que groupe, mais aussi chacun, en tant que personnes et citoyens.

Pourtant, on veut oublier les contributions historiques de la foi chrétiennes, récupérées par l'humanisme, comme étant sa création.

Les droits et libertés occidentales sont ils vraiment nés de l'humanisme séculier ? 

Curieusement,alors que les chrétiens par choix sont de moins en moins considérés comme des interlocuteurs valables par nos médias francophones du Québec, le crédit de nos valeurs et de nos réalisations sociales historiques est paradoxalement récupéré à leur compte par les autres croyances religieuses ou philosophiques, sinon par l’humanisme séculier.

Le philosophe Frédéric Lenoir écrit dans Le Christ philosophe:
« Le premier moment de l’humanisme, celui de la Renaissance, reste profondément ancré dans une vision chrétienne. C’est au nom des principes évangéliques, qu’ils harmonisent avec la pensée des Anciens [des sages, des philosophes], que les humanistes valorisent l’homme et critiquent les abus de l’institution ecclésiale. Dans un second temps, celui des Lumières du XVIIIe siècle, l’humanisme se radicalise, de même que la critique des institutions religieuses. Mais la plupart des philosophes des Lumières [...] s’appuient de manière implicite ou explicite sur l’éthique évangélique pour [...] édifier une morale laïque [...] Ce n’est que dans un troisième temps, au milieu du XIXe siècle, que certains penseurs entendent aller plus loin et débarrasser l’homme de toute croyance religieuse, considérée comme une aliénation» (LENOIR, Le Christ Philosophe, Plon 2007, p. 169-170).
Nous sommes actuellement au Canada et au Québec, j'en suis convaincu, à une croisée importante des chemins, à l'aube d'un sérieux dérapage antichrétien, digne du IIIe Reich; peut-être sans le sang, mais au moyen de la censure politique, de la contrainte économique et de la pression psychologique de masse (manipulation). Si depuis son "trip" antireligieux, l’Allemagne a toutefois révisé sa position et que le christianisme n’y est plus considéré comme ennemi de l’État et de l’intelligence, cette philosophie basée sur la phénoménologie de la religion (une philosophie qui a prouvé qu'elle a erré dès l'apogée de sa popularité en Allemagne), se retrouve pourtant bien vivante de notre côté de l'Atlantique. Moussée par une certaine élite qui transcende les partis élus, le germe antichrétien et antisémite (les deux vont de paire) est bien intégré comme valeur philosophique au curriculum de l'instruction publique au Québec et aux volets consultatifs (citoyens consultés) lors des enjeux sociaux, religieux et éthiques.

vendredi 7 août 2009

Avortement : l'e$prit Morgentaler... avec un $

7 AOÛT 2009.
Lorsque le Gouvernement du Québec demande aux cliniques médicales de se doter de véritables blocs opératoires pour une cinquantaine de types de chirurgies au privé, remboursées par la RAMQ, certaines commencent à cesser de pratiquer des avortements, ou menacent de le faire. Leur argument est le coût élevé des investissements.

Pourtant, les coûts élevés des équipements spécialisés ou de la mise à la norme pour les entreprises privées sont la normalité dans plusieurs autres secteurs d'activités (ex. équipements dans un atelier de mécanique automobile). Nous voyons enfin, que ce n'est pas premièrement par compassion et par amour des femmes que ces cliniques pratiquent des avortements; argument qui a pourtant été la clip classique du Docteur Henry Morgentaler, passée en boucle par les médias.

Dessin : La main de l'avorteur, encre de Chine,
que j'ai réalisé en 1990 et envoyé à quelques
ministres ou députés fédéraux. Il représente
une oeuvre faite dans les ténèbres, mais
soudain dévoilée à la Lumière. (Image ajoutée
le 19 août 2009).
En réalité, ces cliniques agissent dans le même "e$prit" (avec un $) que leur Parrain; une industrie à la remorque du secteur public. De toute façon, l'amour pour les femmes de cet homme, ne devait-il pas aussi être dirigé vers les 14,000 à 15,000 femmes en devenir, qu'on prive annuellement de leur droit de naître au Québec; soit 29,231 avortement au Québec en 2005, selon Statistiques Canada - dont environ la moitié de filles potentielles - chiffres pour les hôpitaux et cliniques. Ce sont près de 28% des grossesses qui se concluaient cette année là, par un avortement volontaire au Québec; la pilule "du lendemain" étant exclue de ces chiffres.





LIRE AUSSI :

L'autre destin : Imaginez Barack Obama avorté (non né)

Dans le contexte économique, social et familial où le petit Barack Obama est né en août 1961, l'enfant à naître constituerait selon les critères et valeurs d'aujourd'hui, le candidat idéal pour être avorté; particulièrement au Québec.
http://yapasdpresse.blogspot.ca/2011/11/lautre-destin-barack-obama-avorte.html


Avortements au Québec; pas tous comptabilisés

Au Québec, les avortements payés à l'heure et non à l'acte (ex. en CLSC) ne sont pas comptabilisés dans les statistiques.

mercredi 10 juin 2009

Il était une FOI : ou la fausse neutralité de l'ECR

F. Ouellet est l'un des pères du cours d'Éthique et culture religieuse (ECR). Il était coordonnateur et membre du Comité sur l’éducation au phénomène religieux pour une étude majeure déposée en vue Rapport Proulx (1999). Les recommandations dudit comité ont mené l'État québécois à arrêter son choix sur une version d'Enseignement culturel des religions déjà existante (disons plus ou moins un ECR version 1.x), laquelle une fois actualisée, serait imposée à tous les élèves. Ce comité a contribué en évaluant des programmes existants dans le monde, selon ses critères (profil recherché), en recommandant une version (celle du Québec). Mais l'un des membres du comité des 5 personnes chargées de sélectionner un programme existant idéal était... co-rédacteur du programme retenu (Monsieur Michel Trudeau). Ce comité donnait aussi la structure (cadre d'implantation) et le contenu général du cours à imposer (disons le ECR version 2). En 1999, le rapport Proulx prédisait un paradis scolaire et social avec le type d'enseignement retenu par le comité. En 2002, la poussière étant quelque peu retombée,  Monsieur Ouellet tenait un discours universitaire beaucoup plus inquiétant et destiné aux hautes sphères de l'éducation en France et au Québec (non destiné au grand public, tel que stipulé dans le document). Un cours-type dans les États où il fallait l'implanter, devait idéalement:

- faire ressortir les différences plutôt que pacifier;

- soulever les contradictions à l'école, pour une pédagogie du conflit;

- ébranler l'identité sociale plutôt que la reconnaître;

- et ce faisant, il appuie la théorie conceptuelle sociale de Debray (rapport Debray, en France, 2002) et selon laquelle la tolérance des croyances sans intervention directe des États, conduit à la "pathologie du terrain" (comprendre pathologie de la société).

Il était une FOI...

Voici comment Ouellet reprenait l'argumentaire de Galichet de 1998, donc avant le rapport Proulx déposé au Québec en 1999, dont Ouellet a lui-même coordonné un comité très influent :

« Dans le contexte actuel, il ne suffit pas d’éduquer à la reconnaissance et au respect de l’autre. Il faut aussi apprendre à ébranler la « suffisance identitaire » [...] (Ouellet, 2002, p. 48)


Dans le discours officiel produit par les consultants et hauts fonctionnaires du Gouvernement du Québec, on présente le cours d'ECR (Éthique et culture religieuse) comme un cours neutre et inoffensif (comme s'il avait été créé par Winnie l'Ourson et Tigrou) destiné à favoriser le "vivre-ensemble", par la compréhension de la religion ou encore de la vision du monde selon l'autre. Cela ressemble à la tolérance comme on l'entend habituellement. Jusque là, pas de problèmes (quoique pour ma part je voyais déjà un langage à double sens dans la littérature et le débat, autour de 1999).

En pratique, selon le processus éducatif en installation au Québec, cela va beaucoup plus loin que d'éduquer à la tolérance et que la communication entre les partisans de quelques grands courants religieux et non religieux.

Dans les faits, l'argumentaire à la base du cours imposé, est fondé sur des théories sociales (concepts) selon lesquelles les États des sociétés pluralistes modernes doivent gérer et s'ingérer dans la transmission de la pensée et des valeurs, d'où la nécessité de réintroduire la transmission de la religion (et de l'éthique) dans le domaine de l'éducation, non pas dans le but de transmettre ou communiquer la foi évidemment, mais dans un but de rééducation ou si l'on veut de censure des croyances et valeurs.

Une prise de position philosophique et politique anti-religieuse explique l'emphase inimaginable en démocratie et mise sur l'ECR; immense au point de menacer de faire appel à la Direction de la protection de la jeunesse (menace de sanctions très intimidantes et manipulatrice, la DPJ ayant au Québec, l'autorité de retirer la garde des enfants à leurs parents). Certaines commissions scolaires ont laissé peser cette menace en 2008-2009 (notamment, l'école secondaire Paul-Germain-Ostiguy à Saint-Césaire ET l'école secondaire J.-H.-Leclerc de Granby).

Ces auteurs s'inquiètent par exemple, du fait que la sphère des croyances et valeurs pourrait échapper aux États. Ce n'est plus la séparation de l'État et du religieux. Ceci est déjà un concept dépassé pour eux et n'a servi temporairement que pour distraire les médias et les paliers de nos gouvernements durant les années de consultations sur la place de la religion à l'école. Les États doivent plutôt, selon les théoriciens de cette position, s'ingérer dans la transmission de la culture religieuse et morale pour la passer au crible; la débarasser de ce qu'ils considèrent être des impuretés sociales ou une «pathologie du terrain», comme le dira le rapport Debray en France.

Ouellet explique :
«Par ailleurs, l’approche républicaine française, qui a conduit à exclure de l’école publique non seulement l’enseignement de la religion mais également l’enseignement sur le fait religieux, risque de conduire à des dérives inquiétantes:» (Ouellet, 2002, p. 54)


Il s'empresse de citer le rapport Debray (débat français) :

« La relégation du fait religieux hors des enceintes de la transmission rationnelle et publiquement contrôlée des connaissances favorise la pathologie du terrain au lieu de l’assainir» (Debray, 2002, p.26 cité par Ouellet, 2002, p. 54, soulignement ajouté).


Et vous l'aurez compris, le "terrain" c'est la société démocratique contaminée par la "pathologie" des croyances fortes. Nous nageons en plein mouvement anti-religieux, mais visant certaines croyances ciblées, à première vue. Comme s'ils avaient peur de s'en prendre aux vrais criminels qui font sauter les édifices, ils font feu de tout par une censure laïque.

Il faut souligner, et c'est très important, qu'il ne s'agit pas ici (véhiculées par eux) de vérités socio-politiques, mais de théories. Leurs porteurs de messages sont à la politique, ce que sont les designers de mode au vêtement. Et dans la pratique, il y a fort loin entre le vêtement porté par le mannequin qui défile devant la presse réunie et ce qui restera dans la vraie vie pour la femme qui doit déposer ses enfants à la garderie (chez la puéricultrice) et entrer au travail durant 8 heures par jour. Comme pour la mode, il y a un abîme entre la théorie sociale et la vraie vie en société impliquant l'instruction / éducation des enfants. Les Juifs connaissent les doctrines et croyances des Islamistes, et inversement et pourtant il n'y a pas de paix.

Comme dans la théorie socio-politique sous-jacente, le «vivre-ensemble» dans le respect des différences n'est donc pas le concept qui a porté le cours d'ECR. Oubliez cette interprétation naïve. Ouellet, par exemple, est d'accord avec le point de vue de Galichet :

«Le problème n’est pas d’inculquer telle valeur ou ensemble de valeurs plutôt que tel autre. Il est de permettre l’émergence d’un questionnement, d’une inquiétude qui arrache l’enfant ou l’adolescent au confort d’un plein et serein accord avec soi-même et de l’acceptation passive de l’altérité d’autrui : « Lui, c’est lui, moi c’est moi». Il est donc moins de « construire une identité» que, à l’inverse, d’ébranler une identité trop massive et d’y introduire la divergence et la dissonance; il n’est pas de préparer à la coexistence et à la tolérance, mais au contraire, de mettre en scène l’incommensurable abîme qui me sépare d’autrui et m’oblige (au sens moral du terme) à m’intéresser à lui. C’est donc une « pédagogie du conflit» à la fois entre les individus mais aussi en chacun. » (Galichet, 1998, p. 146, cité par Ouellet, 2002, p. 49)


Bienvenue dans ce nouveau "pays de l'est" en devenir que nous appellerons Québec (ou pourquoi pas République du Kébek ?)

Les anciens pays de l'est ont vu leurs murs tomber et nous, nous érigeons les nôtres. Car il ne s'agit pas, dans ces nouvelles philosophies sociales, de respecter celui qui est différent dans sa culture et sa croyance, selon Ouellet, Galichet et les penseurs de haut niveau, mais il faut que je devienne conscient par la force (ex.: par un cours obligatoire et des débats imposés durant 11 années de scolarité !), conscient de l'abîme qui me sépare de l'autre, pour m'obliger à m'intéresser à lui ; ce qu'ils appellent :

«mettre en scène l’incommensurable abîme qui me sépare d’autrui et m’oblige (au sens moral du terme) à m’intéresser à lui» (Ibid.).

Mais cette étrange conception de l' "intérêt" envers l'autre n'apparaît plus comme l'intérêt envers mon prochain, selon le sens que lui donnait le christianisme («J'étais étranger et vous m'avez accueillis» (Jésus, cité en Matthieu 25.35). L' «intérêt» envers l'autre chez ces théoriciens (le «m'intéresser à lui») devient ici un néologisme (v. note 1 ; mot qui prend un sens nouveau ou codé). Je m'intéresse à sa morale différente de la mienne dans le système d'éducation à implanter dans les États, mais pour mieux la censurer, la rééduquer, ou m'en innoculer (comme par un vaccin) ou au mieux, mais plus rarement pour y puiser du bon. Le but réel des cours de culture religieuse fortement recommandés aux États en vue de l'éducation «à la citoyenneté», n'est pas le «vivre-ensemble» au sens premier ou apparent (un simple slogan ou "hooker"), mais au sens où l'autre accepte de se laisser rééduquer dans ce camp appelé école.

Seules les visions non religieuses du monde sont bonnes à la fin, chez ces nouveaux "designers" de sociétés. L'ECR ne peut donc pas être neutre; pas plus en fait, qu'un cours ayant pour but de présenter et défendre une foi quelconque. Je suis chrétien, et quand je partage ma foi, je ne prétends pas, de façon trompeuse, présenter une position neutre.

Pourtant, pour vendre les cours de culture religieuse ou d'éducation à la citoyenneté, de telles théoriciens le décrivent par moment comme visant le "vivre-ensemble" dans une société pluraliste, ce qui n'est en fait qu'un slogan aussi vrai que celui de l'ancien arracheur de dents du village : «Ça ne fera pas mal !». Mais ce qu'ils veulent arracher à vos enfants et vos adolescents ce n'est pas une mauvaise dent, ce sont des valeurs que vous vous appliquez à leur inculquer, pour leur bien (si évidemment vous êtes un parent normal et responsable).

Un lecteur attentif peut y déceler la véritable philosophie politique consistant à se servir des institutions d'enseignement pour opérer des réingénieries sociales, mais sur la base de théories (des bancs d'essais et projets pilotes régionaux, comme ce que nous vivons au Québec).

Des simplifications abusives

Ces auteurs semblent ramener les conflits aux idées (lire : convictions religieuses et valeurs) et non aux préjugés raciaux ou aux conditions sociales dans la terre d'accueil ou terre de transition:

« Dans un contexte de « légitimités contradictoires et concurrentes », éduquer à la citoyenneté « ne peut être désormais qu’apprendre à gérer ces légitimités contradictoires qui déchirent les sociétés et les individus. […] Éduquer à la citoyenneté ne saurait aller désormais sans éduquer au conflit et apprendre à gérer ce conflit qui n’est pas simplement un conflit d’opinions ou d’intérêts, mais véritablement une conflit de légitimités, c’est-à-dire de normativité (p. 142-143)» (Ouellet, 2002, p. 48, citant Galichet, 1998, p. 142-143).

C'est une simplification extrême. Les désordres publics dans les grandes villes occidentales ont beaucoup plus souvent une cause économique et sociale (et non religieuse) comme ce fût le cas lors des émeutes de Los Angeles (1992) lorsque Rodney King, de race noir, fût tabassé par des policiers blancs qui étaient filmés mais qui furent acquités lors d'une enquête. Les récentes émeutes dans plusieurs banlieues de la France (ex.: 2005), tout comme celles de Montréal Nord (été 2008), avaient aussi comme cause première la condition sociale et la getthoïsation des récents immigrants, couplées à une perception de profilage racial par les policiers et NON PAS leurs croyances religieuses. Dans bien des cas, des casseurs profitent d'une tension existante transportée dans la rue, pour piller et vandaliser, de sorte qu'il pourrait ne pas y avoir eu d'émeutes sans ces profiteurs du désordre.

Pourquoi le cours d'ECR ne peut pas être neutre?

Le cours d'ECR ne peut pas être neutre pour la simple et bonne raison qu'il s'inscrit dans la continuité historique de la prise de position du rapport Proulx déposé en 1999 au Québec : toutes les religions sont le produit de l'esprit créateur humain. C'est une prémice et une condition du cours. Toutes les croyances sont totalement humaines et elles ne sont aussi bonnes une que l'autre, qu'en ce sens seulement. C'est un jeu de mot qui a échappé à plusieurs lecteurs. C'est une prémice du rapport Proulx qui a donné sa "bénédiction" au cours de culture religieuse alors en développement auquel fut ajouté plus tard le volet éthique:

«L’un des moyens de développer l’ouverture et la tolérance à l’école est d’initier l’élève aux différentes cultures et aux différentes religions et de les présenter comme des manifestations de l’esprit créateur humain, tout aussi légitimes que la sienne» (Proulx, J.-P. et al, 1999, p. 90).
De tels cours ne peuvent pas être neutres dans les États où l'on veut les implanter, car la haine et le mépris que révèlent des expressions telles que «le marché des crédulités» ou «pathologie du terrain» reprises comme inspirantes par Fernand Ouellet pour le projet de société visé, ne peuvent pas être nées dans une pensée de respect et un rêve de dialogue tellement vanté par l'ECR. Ce sont en effet les extraits du rapport Debray qui sont reprises non pas dans une simple survol de la littérature, mais comme un argumentaire intéressant qui se tient, par Ouellet (2002, p. 54).

Dans les faits, le "dialogue" si cher au cours d'ECR est un autre de ces mots employés dans un autre sens, mais que comprennent très bien les initiés (v. Note 1).

Je pourrais encore nommer les approches de la haute critique (littéraire et historique) qui visent essentiellement à déconstruire la Bible, sans le faire avec autant de haine pour tous les écrits dits par ailleurs "Sacrés" ou encore parler de la phénoménologie de la religion, cette philosophie né il y a environ un siècle et qui conclut essentiellement que les personnes de foi engagée ont atteint une position de déséquilibre.

Dernières modifications : 2009-06-12

Autres articles :

Cours d'Éthique et culture religieuse (ECR) : une vision du monde imposée par l'État




Éthique et culture religieuse - quelques curiosités




Cours Éthique et culture religieuse (ECR) et charte québécoise des droits et libertés de la personne




Certains dessous et motivations du cours d'ECR



DOCUMENTS CITÉS

OUELLET, F., L’enseignement du fait religieux dans l’école publique ?, Carrefours de l’éducation 2002/2, n° 14, p. 40-58.

DEBRAY, R. (2002). L’enseignement du fait religieux dans l’école laïque. Paris : Odile Jacob/Sceren-CNDP. (cité par Ouellet)

GALICHET, F. (1998). L’éducation à la citoyenneté. Paris : Anthropos, 1998. (cité par Ouellet)

PROULX, J.-P. et al, Laïcité et religions. Perspective nouvelle pour l'école québécoise. Gouvernement du Québec - Ministère de l'Éducation, 1999. (aujourd'hui Ministère de l'Éducation, du loisir et du sport - MELS). (à noter que les recommandations du rapport n'ont pas toutes été suivies et que certaines ont été adoptées avec modifications importantes)

ST-HILAIRE, Cynthia. Les éternels absents signalés à la DPJ ? Journal La Voix de l'est. 21 octobre 2008.

NOTES

1. Quelques exemples de néologismes (essai de définition des termes employés dans un sens nouveau):

Au temps des alchimistes, les élites étaient distraites par leur littérature qui parlaient de la quête pour transformer les métaux en or. Mais dans la réalité, les alchimistes composaient des sociétés secrètes qui visaient une expérience gnostique (recherche d'une illumination) en marge de la censure de l'État ou de la religion officielle; donc une expérience spirituelle relevant d'une croyance avec son langage codé précis. Le vocabulaire alchimiste était en réalité un langage codé; la "pierre" était "philosophale". C'était une quête gnostique; un ésotérisme ancien.

De même, ou plutôt à l'inverse, des nouveaux groupes de théoriciens socio-politiques qui se saisissent de nos gouvernements et de nos démocraties où ils sont bien installés, utilisent un langage trompeur pour atteindre leurs fins. Des expressions comme «intérêt» envers l'autre, éducation à la «citoyenneté», «dialogue» et d'autres encore, ne veulent plus dire ce que l'on croirait. Les mots deviennent des leurres (des appats) car ils imitent les valeurs chrétiennes (partage, solidarité, accueil) encore implantées chez plusieurs boomers, ou des valeurs démocratiques. Or le sens des mots est pourtant changé, mais seuls les initiés (ou presque) se comprennent entre eux.

intérêt envers l'autre :
expression qui signifie le comprendre pour mieux censurer, mieux rééduquer, ou à tout le moins, s'en innoculer, un peu à la manière d'un vaccin; beaucoup plus rarement, pour en retenir du bon.

éducation à la citoyenneté :
selon l'idéologie exposée, créer une société épurée de certaines croyances ou certaines expressions religieuses, bien ciblées, dont les adeptes n'auront idéalement plus accès aux postes clés dans ladite société "démocratique". À la différence d'un tireur embusqué criminel qui tire sur un médecin avorteur, ils ont trouvé un moyen d'éliminer l'indésirable, avec l'aval (accord et coopération) des États, mais sans verser son sang. À long terme, c'est une violence économique, car elle dirige vers les postes sous-rémunérés, si postes il y a... ou vers un exil difficile.

dialogue:
non pas un échange amical informel comme le serait une conversation volontaire, mais une négociation imposée à l'élève, dans laquelle une seule partie (l'élève) est contrainte à renoncer à, ou à céder quelque chose. Cela n'a rien à voir avec le fait d'écouter l'autre pour mieux l'accueillir. Dans les faits, les conclusions du programme d'ECR sont déjà définies et ce n'est pas ce cours qui renonce à quelque chose de ses conclusions; la phénoménologie (une des approches utilisées dans le cours) débouchera dans le futur, sur le constat que les religions sont toutes produits de l'esprit humain créateur, même si certaines de leurs valeurs peuvent être bonnes. Mais généralement, on dira que ces valeurs sont humanistes (plutôt que chrétiennes, par exemple).

pathologie du terrain :
pathologie de la société contaminée par le fait religieux; les gens de convictions fortes étant donc des "pathologiques".

légitimités contradictoires et concurrentes OU normativités contradictoires et concurrentes (GALICHET, 1998) : comprendre, toujours selon cette idéologie, les conflits de valeurs qui s'opposent ou valeurs concurrentes. Pour les théories sociales à peine effleurées ici, l'école devrait devenir un camp de rééducation des États, dans les démocraties modernes... Appelons les choses par leur nom.


Dans les faits, le rôle de l'école proposé ne respecte plus les principes fondateurs des démocraties occidentales nord-américaines, selon lesquelles chacun peut faire entendre ses valeurs et attentes (ex. valeurs familiales, ex. valeurs éthiques face à la vie et la mort, etc.). Le christianisme a plus de 300 ans aux États-Unis et il n'a pas conduit à la pire société du monde, il me semble..., contrairement à ce que l'on voudrait nous faire croire. Il a même cohabité pacifiquement avec de multiples religions et croyances et avec la laïcité (ce qui ne fût toutefois pas nécessairement le cas du catholicisme au Québec). Sur le terrain, le christianisme occidental ne veut pas éliminer la laïcité. C'est une mutation de la laïcité qui veut éliminer le religieux des sociétés occidentales et les croyants des débats publics et des positions d'influence et d'autorité. C'est comme, en démocratie, interdire aux chasseurs de prendre part au débat sur la modification des règles de chasse sportive, sous prétexte qu'ils ne peuvent pas être neutres dans le débat.

vendredi 5 juin 2009

Cours Éthique et culture religieuse (ECR) et charte québécoise des droits et libertés de la personne

Et n'oubliez jamais que l'État, c'est quoi?

Ce que nous vivons au Québec est tout le contraire de la séparation de la religion et de l'État. C'est l'ingérence autoritaire de l'État dans les sphères religieuses, spirituelles, philosophiques, morales (les valeurs) et autres de même nature; jusque dans les concepts, cosmologies et cosmogonies! 


En optant pour une reformulation de l'article 41 de la Charte québécoise des droits et liberté de la personne, plutôt que pour son abolition pure et simple, l'État québécois ne se contente pas de soulager les établissements d'enseignement public de leur ancienne obligation de pourvoir un enseignement satisfaisant aux multiples convictions des parents d'une société dite "pluraliste". (...) Il a profité de la réouverture de la Charte québécoise des droits et libertés de la personne pour s'insérer comme LA véritable autorité morale et spirituelle sur les enfants. Voilà.

Historique préparatoire à l'ECR


Selon l'énoncé datant de 1982, de l'article 41 de la Charte québécoise des droits et liberté de la personne, voici le droit qui était prévu :

«Les parents ou les personnes qui en tiennent lieu ont le droit d'exiger que, dans les établissements d'enseignement publics, leurs enfants reçoivent un enseignement religieux ou moral conforme à leurs convictions, dans le cadre des programmes prévus par la loi».

Donc, enseignement catholique, protestant ou moral. Ce qui dépasse l'entendement n'est pas l'abolition de ce dernier article, mais AU CONTRAIRE, le fait qu'il ait été plutôt dévié et conservé.

L'article 41 de la charte, modifié par la Loi 95 en juin 2005, l'article se lit maintenant comme suit:

« Les parents ou les personnes qui en tiennent lieu ont le droit d'assurer l'éducation religieuse et morale de leurs enfants conformément à leurs convictions, dans le respect des droits de leurs enfants et de l'intérêt de ceux-ci »
À première vu, en lecture rapide, il ne semble pas y avoir de problème. Cela ressemble à un simple droit des parents, garanti en dehors de l'école. Mais en matière de droit, la moindre virgule vient changer le sens d'un texte.

Remarques concernant cette nouvelle mouture du texte : «dans le respect des droits de leurs enfants et de l'intérêt de ceux-ci»


 Pourquoi mettre ceci dans l'article 41 : «...dans le respect des droits de leurs enfants et de l'intérêt de ceux-ci»?

1) «...dans le respect des droits de leurs enfants
Tout en société de droit démocratique comme le Canada et le Québec doit se faire dans le respect des droits des autres. L'implication serait que la charte se conformera à des articles de lois qui ne sont pas encore. C'est assez bizarre...

2) «...dans le respect (...) et de l'intérêt de ceux-ci»
D'autre part, le respect de l'intérêt des enfants, «l'intérêt de ceux-ci»,  ouvre la porte à une ingérence de l'État sur le contenu des valeurs enseignées aux enfants à la maison, au lieu de culte, et payé par l'argent privé des parents et de leur communauté. Donc, l'interprétation serait que l'État se réserve un droit de juger et de statuer sur le contenu de l'enseignement religieux et moral (l'éthique, les valeurs) enseignées en dehors de l'école publique. Ce n'est pas rien! Cela semble non-conforme à ce qui est garanti dans la constitution canadienne. Une avocate de la Clé a qualifié ceci en ces termes : «C'est du droit nouveau; on n'a jamais vu ça».

En remplacement, il est est maintenant question pour les parents et ceux qui en tiennent lieu, d'un droit d'assurer l'éducation religieuse et morale de leurs enfants; donc y pourvoir par leurs propres moyens et ceux de leur communauté ou leur réseau social, mais avec un droit de validation des enseignements par l'État.

Le retrait de l'ancienne obligation d'enseignement religieux reposant sur les établissements d'enseignement, mais curieusement tout en maintenant l'article 41 sous une forme et un but différent soulève l'intention probable d'un champ d'application du nouvel article 41 jusque dans l'école privée, les lieux de culte et même le foyer (la vie privée dans sa plus grande intimité) puisque ce sont les seuls espaces (lieu de culte, foyer, communauté hors de l'école) qui restent aux parents dans le droit d'assurer l'éducation religieuse et morale de leurs enfants.

Une ingérence de l'État québécois dans les valeurs morales et spirituelles transmises aux enfants semble donc prévue par la loi. (...)

Plus encore, le droit du parent ou tenant-lieu d'assurer cette transmission serait en fait un droit, mais presqu'en apparence seulement, comme une coquille vide. Parce que l'État apparaît ainsi comme l'entité supérieure qui détermine ce qui est de l'intérêt de l'enfant. Comme parent ou responsable des enfants, le parent vivant au Québec ne serait donc plus la première autorité morale et spirituelle naturelle de ses enfants d'âge mineur (moins de 18 ans).

«Mais où est le problème, peut-on penser, si le gouvernement veut ainsi se garder une porte pour protéger les enfants contre d'éventuels abus?»

La réponse est simple:

Quelle entité déterminera, en vertu de l'article 41 modifié, ce qui est «de l'intérêt de l'enfant» en matière de foi, de religion, de spiritualité, de convictions, de valeurs, de morale, d'éthique, de philosophie de vie; bref, d'opinion ? 


L'État, évidemment ou ses représentants (ex. la DPJ; le MELS, et autres). Est-ce que le parent québécois veut vraiment que l'État décide ou décrète ce qui est de l'intérêt de son/ses enfant(s) ou des enfants de ses enfants pour les prochaines décennies en matière de valeurs morales; de sexualité (ce qui peut être pratiqué) à la pré-adolescence et à l'adolescence, sur les questions comme la consommation des drogues, de la spiritualité permise ou proscrite, et le reste ?

Avant de répondre que oui, l'État peut décider des valeurs à adopter, je vous suggère cette lecture:


Guide sexuel et relations à 9 ans : non aux zozos du zizi gouverne-Mentaux


Les médias ont aussi parlé des questionnaires dans le cadre du programme, où pour le genre, il y a une case autre que garçon ou fille pour l'identité sexuelle de l'enfant (autre, je ne sais pas).


Ingérence de l'État dans la religion, la spiritualité... la philosophie


La formulation «de l'intérêt de l'enfant» constitue un genre de pouvoir discrétionnaire pour les officiers représentant l'État et ouvre la porte à l'arbitraire et aux préférences des représentants de l'État.

Si un représentant de la DPJ ou du Ministère de la justice juge suite à une mauvaise presse, qu'il n'aime pas un groupe religieux et que l'opinion populaire va dans le même sens, il pourra contourner le droit de l'enfant et des parents sans être inquiété en recourant à ce petit appendice légal.

Imaginons par exemple, dans quelques années (vers 2020) un gouvernement élu démocratiquement, de tendance majoritairement athée. Arrive un scandale avec un groupe religieux (il y en aura assurément, comme aussi avec les groupes non religieux) et une pression populaire pour resserrer les libertés de tels groupes. Le gouvernement élu démocratiquement et de tendance athée, pourrait ordonner le retrait de tous les enfants de la participation aux cultes ou assemblées de ladite religion, même si les cas d'abus ne visaient que quelques individus. Et il pourrait le faire légalement et sans être inquiété
1) en s'appuyant sur ce pouvoir discrétionnaire de l'article 41 de la Charte québécoise des droits et libertés de la personne,
2) sur l'appui de la majorité de la population et des médias (quoique non nécessaire si l'État le décide en vertu de la nouvelle charte et des modifications dans les lois) et
3) de ce fait, de l'appui plus que probables des juges qui depuis quelques années déjà, ont une interprétation plus libérale des lois pour tenir compte non seulement des textes de loi, mais aussi des changements d'opinions des citoyens, en émettant leurs jugements.

Sur la présumée protection contre les abus par les chartes des droits ...


Si des parents vivant dans le système du Québec pensent être protégés des abus par des chartes de droits "immuables" ou inchangeables, qu'ils y réfléchissent. Il n'a fallu que très peu de temps et d'efforts pour changer la Charte québécoise des droits et liberté de la personne.  Il sera donc tout aussi facile de le faire dans le futur pour une nouvelle politique sociale décidée par une élite au pouvoir; peut-être même plus facile encore, car il y a maintenant un précédent: le changement introduit en 2005 en vue de l'implantation de l'ECR.

L'intention avouée dans les requêtes de changement de la charte a pourtant toujours été l'impossibilité pour l'État de pouvoir maintenir un enseignement religieux personnalisé satisfaisant toutes les sensibilités, tout en conservant les droits historiques des catholiques et protestants. Mais dans les faits, par la nouvelle mouture de l'article 41 plutôt que son abolition pure et simple, l'État ne s'est pas contenté de se désengager de l'enseignement religieux catholique et protestant dans les institutions d'enseignement publiques. Il a profité de la réouverture de la charte pour s'insérer comme LA véritable autorité morale et spirituelle sur les enfants. Voilà.

Pourtant, l'établissement de l'État comme nouvelle autorité sur les enfants d'âge mineur, n'est pas ce qui a été promu et véhiculé par les communiqués publics et les médias depuis la fin des années 1990. Les parents ou responsables des enfants se retrouvent malgré tout, devant une version différente de celle qui pouvait paraître défendable.

Résultat : l'État se constituerait donc lui-même (auto-proclamé) comme une autorité religieuse et morale (fusion de l'autorité politique, spirituelle, religieuse et philosophique) sur des enfants d'âge mineur, alors que les parents ou les personnes qui en tiennent lieu seraient relégués à une position d'autorité secondaire et de pourvoyeurs.



L'Exercice en cours au Québec n'est donc PAS la séparation de l'État et de la religion


L'Exercice en cours au Québec n'est donc PAS la séparation de l'État et de la religion; ça c'est le discours simpliste retenu par les médias francophones du Québec. Nous entrons dans l'ère de l'intrusion de l'État dans la sphère religieuse et morale, soit jusque dans la vie familiale et la communauté. Ceci expliquerait pourquoi le cours d'Éthique et culture religieuse (ECR) met tellement d'emphase sur le fait que les jeunes doivent échanger sur leurs convictions (convictions des enfants dès les trois cycles du primaire !?!; soit dès l'âge de 6 ans!) et exposer devant tous, ce qui est transmis et enseigné dans l'environnement qu'ils connaissent (donc inévitablement la maison et les autres lieux de transmission).

Avec l'ECR, la classe devient au pire:

- une "webcam" (déformée par la compréhension souvent partielle ou inadéquate des enfants - compréhension enfantine)
- ou si l'on veut, un agent virtuel (présent mais non visible) de l'État dans votre maison, votre église, votre école du dimanche ou sunday school (pour les traditions protestantes), votre groupe de catéchèse (catholicisme transmis maintenant hors de l'école), votre temple, votre synagogue, ou tout autre lieu de transmission des valeurs spirituelles ou éthiques.
- et facilement, un outil (un cheval de Troie) de propagande ou d'intégration sociale des politiques de l'État;
- une porte pour la ré-ingénierie sociale d'une génération après l'autre, pour conditionner et uniformiser la pensée des électeurs de demain).

Et n'oubliez jamais que l'État, c'est quoi? Ce n'est en fait qu'une entité au pouvoir, composée d'une sélection extrêmement réduite des membres d'une société. Quand on dit que l'État peut décider ce qui est bon et ce qui est vrai, on veut dire quelques dizaines de personnes.


Ou encore, avec l'ECR,  la classe devient au mieux:

- un laboratoire d'essai-erreur des théories sociales de l'élite

Et entre nous, est-ce bien le rôle des institutions d'enseignement publiques et privées de pourvoir à l'implantation des politiques de l'État (agir en tant qu'agents des politiques du Parti)? 


Évidemment non. L'École doit demeurer indépendante des partis qui se succèdent parfois rapidement au pouvoir.

Conclusion

Ceux qui ont modifié ainsi les textes de l'article 41 de la Charte étaient conscients de cette portée du texte donnant primauté à l'État sur les parents. Mais il n'est pas aussi certain que les élus des deux Gouvernements (Québec et fédéral) en étaient aussi bien saisis, ou même qu'ils auraient approuvé cette perspective d'ingérence de l'État dans les spiritualités et les visions du monde. De même, pour les parents qui se voient relégués au rôle de pourvoyeurs matériels des enfants d'âge mineur (payer le gite, le vêtement et la nourriture pendant que l'État s'occupe de leur esprit et de leurs valeurs). Si le peuple ne fait rien dans ce débat, il y a de gros nuages à l'horizon pour les droits de nos enfants et de leurs enfants. Car cela ressemble étrangement aux premiers fruits (projets pilotes régionaux?) de la gestion, par les États, de la liberté de conscience dans un nouveau paradigme politique et social en progression.

Dernières modifications :  8 décembre 2011; 11 décembre 2010;  5 juin 2009

dimanche 26 avril 2009

Certains dessous et motivations du cours d'ECR

OU l'étrange obsession de l'État québécois et de son cours imposé par la force : 
Éthique et culture religieuse - ECR (ÉCR)


Pour les parents du Québec qui croient que le virage de la dernière décennie en matière d'enseignement d'éthique et de culture religieuse ne concerne ni leurs enfants, ni les enfants de leurs enfants, il faut savoir que l'État québécois a désormais tous les outils légaux en main pour décréter ce qui est bien et mal pour vos enfants, ce qui PEUT ou DOIT leur être transmis comme valeurs spirituelles et éthiques, et ce avec ou SANS votre consentement (drogues, sexualité, vie sociale). Ce n'est plus la séparation de la religion et de l'État, c'est l'État qui structure la religion ou la spiritualité et l'éthique. C'est de la réingénierie sociale très tendancieuse qui se sert maintenant de l'école en tant que véhicule pour implanter les politiques des gouvernements au pouvoir. Des avocats ont d'ailleurs qualifié ce qui se passe au Québec comme étant «du droit nouveau». 

Je présenterai ici, certains aspects méconnus du cours d'Éthique et culture religieuse (ECR). Ce dernier a été rendu obligatoire dans les curriculums du primaire et du secondaire, par le Gouvernement du Québec, à la rentrée scolaire québécoise de septembre 2008. Le parti Libéral du Québec, a suivi les traces de ses conseillers et du Gouvernement précédent (Parti Québécois), et j'ose croire, sans en saisir les véritables enjeux. 

Le biais (faux angle) instauré par le traitement médiatique

Certains médias francophones influents, et ce par exemple, depuis la course de Stockwell Day contre Jean Chrétien en 2000, ne se cachent pas de leur orientation antichrétienne, dans le fait que la place des chrétiens convaincus, n'est ni en politique ni dans les débats de société. Quand par exemple, la Radio de la Société Radio-Canada a posé, dans le contexte des dernières élections fédérales de 2008 sur ses tribunes, la question à savoir si la population est en droit de connaître la religion des candidats aux élections, cela était très, très proche de la discrimination et de l'empêchement politique. Nous ne sommes pas loin du brassard jaune que devaient porter les Juifs dans une démocratie très en avance scientifiquement et technologiquement, il y a un peu plus d'un demi siècle. Cela suggère fortement que la société d'État Radio-Canada voit la nécessité d'un profilage religieux. Cette attitude suggère qu'une personne chrétiennement engagée ne peut pas être un bon citoyen, mais surtout pas un leader politique. L'athée, l'agnostique, le gnostique, l'ésotérique et les autres sont "purs", mais pas le chrétien. 

Actuellement, le réseau TVA maintient une ligne plus objective, écoutant les arguments des deux parties dans le dossier de l'ECR. Il faut concéder que dimanche le 10 mai, la SRC a démontré une ouverture avec l'émission Second Regard, animée par Alain Crevier. Quelques mois plus tôt, l'ex-chef de l'ADQ, Mario Dumont, s'y était fait écorcher par l'intervieweuse, comme si on avait été à une émission journalistique agressive. Ce n'était aucunement le ton habituel. Mais au-delà de l'émission Second Regard traditionnellement plus "friendly" (conviviale), la SRC tend généralement à véhiculer le discours officiel des fonctionnaires et des concepteurs du programme et passer sous silence les arguments des opposants à l'ECR en tant que cours obligatoire pour tous. 

Une méconnaissance du fait religieux 

Le biais médiatique tendant à présenter les chrétiens comme des déconnectés du 21e siècle, suppose une méconnaissance du fait religieux. En effet, croire qu'une pierre ou un cristal possède un pouvoir de guérison est un acte tout aussi religieux (animisme, fétichisme), que celui de croire en une divinité. Même chose, pour le fait de croire que les astres et planètes déterminent ma personnalité et mon avenir (et celui des jumeaux identiques pourtant très différents dans leurs caractères), ou encore si je crois que mon énergie vitale a besoin d'être rebalancée par un massage,  ou que la Terre, Gaïa, est un être vivant qui nous envoie des messages conscients. Tout cela relève du domaine du religieux; cessons donc de jouer sur les mots. 


Pourtant, les uns passent facilement la porte d'accès dans nos institutions publiques alors que les convictions déistes avouées comme le christianisme, sont de plus en plus exclues et stigmatisées; ridiculisées. La seule principale différence d'approche, pourtant est que certaines s'identifient clairement (ex. christianisme), alors que les autres tout en étant religieuses, sont volontairement gardées floues pour une période d'implantation tranquille, sont très souvent modifiées pour l'Occident, et ainsi rendues intentionnellement plus difficilement discernables ou identifiables comme démarches d'initiation religieuse ou spirituelle étapistes (ex. initiation à l'hindouisme via le yoga ou la voie yogique ou les yogi). Jusqu'à présent, la majorité des médias, tout autant que les commissions scolaires, se montrent incompétentes à reconnaître les croyances religieuses ou superstitions non institutionnalisées, mais non moins réseautées et extrêmement influentes dans leurs orientations éthiques. Combien savent par exemple (en dehors des initiés qui enseignent ces disciplines) que le yoga est une technique ou pratique dans le cheminement initiatique au sein des grandes religions orientales, au même titre que le sont la prière ou le chant chrétiens, ou encore que le tai chi est une discipline de la voie du taoïsme? 

L'argument du "vivre-ensemble" 

Le prétexte d'explorer les religions des parents des autres élèves pour le "vivre-ensemble" est difficilement défendable, vu le grand nombre de religions représentées au Québec et surtout l'âge des enfants qui doivent obligatoirement être inscrits aux cours dès l'âge de 6 ans environ (première année du primaire). Dans les faits, une vie adulte entière ne suffirait pas pour saisir les principaux courants. Cela est davantage improbable au niveau primaire avec des enfants! 

Les parents se font retirer leur autorité morale sur leurs enfants d'âge mineur 

Les changements tout récents et en cours dans le droit canadien, vont dans le sens de retirer aux parents, leur prétention historique dans les faits comme dans le droit "ancien" (remplacé durant la dernière décennie), d'être l'autorité spirituelle et morale sur les enfants (jeunes d'âge mineur). Alors que les écoles au Québec ne sont pas la création de l'État, mais de la société civile, L'État québécois leur dit maintenant par des modifications dans le droit constitutionnel, dans la charte québécoise (article 41) et dans la Loi sur l'instruction publique, que ce ne sont plus les parents qui constituent l'autorité morale et spirituelle sur leurs enfants (âgés de moins de 18 ans). Mais nous n'en voyons pas encore toutes les conséquences. Pour l'instant, il pourrait sembler, par une analyse trop superficielle, que seuls les catholiques et protestants sont concernés par les changements dans le droit, parce que ce sont ces groupes qui étaient ciblés par ces modifications. Mais dans les faits, tous les parents le sont. Si plusieurs parents québécois ne l'ont pas compris, ou s'ils ne le savent pas, c'est que soit ils ont été constamment distraits par autre chose (économie, fin du monde apocalyptique annoncée par les écologistes et non plus par les chrétiens sur la base de l'Apocalypse, scandales financiers, etc.), soit ceux qui auraient dû les informer de la mutation du droit ne l'ont pas fait. Et ils ne l'ont pas fait, pour des intérêts potentiellement idéologiques; la ligne éditoriale du média. Plusieurs ont en effet adhéré à la thèse menant à l'imposition à tous, dès le primaire, d'un cours d'Éthique et culture religieuse (ECR), qu'ils prétendent incontournable pour enseigner le "vivre ensemble", dans une société pluraliste (lire: multi-ethnique, multi-culturelle, avec multiples convictions religieuses, éthiques ou philosophiques). 

Le cours d'ECR devait-il être imposé à tous? 

 Voici ce que disait le comité sur l'éducation au phénomène religieux quelques années avant la réécriture finale du cours d'ECR: 


« Bien que le comité ne puisse identifier aucun principe contraignant pour rendre obligatoire la fréquentation d'un enseignement culturel des religions, la responsabilité spécifique de l'État en matière d'offre de services publics milite, selon nous, en faveur de l'aménagement d'un enseignement culturel des religions qui soit obligatoire pour tous les élèves » (1) . 
Ce texte de la littérature gouvernementale officielle dit clairement que rien ne rendait obligatoire le cours, sauf le point de vue socio-culturel d'une certaine "élite"

Un contenu orienté

L'approche consistant à isoler le droit de regard parental sur l'enseignement donné aux enfants, entre autres par la modification de la charte québécoise des droits et libertés et l'imposition du cours d'ECR qui dicte progressivement du primaire vers le secondaire, ce qui doit être enseigné et cru et ce qui doit être rejeté, ressemble étrangement à l'instauration du mouvement des jeunesses hitlériennes. Ces groupes qui prenaient en charge les enfants sous le IIIe Reich, s'appliquaient à les dissocier du lien de confiance avec les parents, souvent de conviction chrétienne, et leur enseignaient les vraies valeurs; celles que les parents, disaient-ils, ne pouvaient pas comprendre, parce qu'ils avaient reçu une autre éducation et étaient de ce fait dépassés; inaptes à comprendre les enjeux supérieurs que la jeunesse allemande pouvait saisir. Nous savons aujourd'hui les horreurs qui ont suivi un tel discours. 

Instaurer le désordre

Si l'on voulait créer le scénario d'un film sur le désordre social en contexte canadien, on ne ferait pas mieux que ce que l'État québécois fait actuellement, même si l'intention politique peut être bonne au départ. Dans la nature, il y a de l'ordre ou un équilibre dans les écosystèmes. Mais si vous mettez dans la même boîte sans possibilité de fuite, le chien, le chat, la marmotte, le raton laveur, la mouffette et le porc-épic. Sinon, ce n'est plus un écosystème. C'est un laboratoire ! Pourtant, dans des conditions normales, chacun a droit d'être partie à part entière de l'écosystème. Cette expérimentation sur population réelle constitue pourtant une partie de ce que fait l'ECR en classe obligatoire. On prétend que pour un système social équilibré, il faut mettre ensemble dans la "boîte" que constitue la classe du cours d'ECR, les gens de diverses convictions et les forcer à échanger au moment où ils ne le désirent pas nécessairement. On dit pour justifier l'approche que la classe est un échantillon de la société, ce qui est faux
  • Premièrement, quand en tant qu'adultes, vous n'avez pas envie d'échanger sur vos convictions personnelles avec un membre d'un groupe religieux ou votre voisin prof de philosophie, vous ne le faites pas. Cela est la vraie société. L'élève n'a pas ce choix.
  • Deuxièmement, la classe puise dans un même groupe d'âge et dans une même langue d'enseignement. Et elle est dirigée par un enseignant qui agit comme autorité, comme animateur et en tant que modérateur; lequel doit s'assurer que les objectifs de l'ECR sont atteints et que les conclusions attendues soient exprimées avec évidence. La classe n'est pas une micro-société! Quel mensonge! Ce n'est pas le cas dans un échange libre et informel dans le monde libre, entre deux voisins issus de deux cultures, discutant le samedi soir.
Cette expérience me rappelle quand j'étais enfant du pré-scolaire et que je mettais ensemble différents insectes dans une petite boîte de camion-jouet en rompant l'équilibre de l'écosystème. Les petites bêtes vivaient en équilibre à quelques dizaines de centimètres les unes des autres, quelques minutes auparavant. Mais en les confinant dans un espace clos sans possibilité d'espace vital individuel, cela donnait lieu à des affrontements ou des mouvements de stress, d'auto-défense ou même de panique.

«Déconstruisons ensemble ta foi...»

On leur propose ensuite, sans toutefois utiliser un langage aussi cru, de déconstruire ensemble le fait religieux; faire ressortir ce que l'un (allez savoir qui et en suivant quelle référence morale) a jugé comme convenable et épurer de ce qui est digne de rejet, selon cette même autorité morale anonyme de l'élite. Mais justement, quelle est la référence du bien et du mal? Serait-ce les chartes des droits ou la constitution? Évidemment pas, car la dernière décennie a démontrée que même la constitution canadienne et la charte québécoise peuvent être modifiées en quelques mois pour instaurer un changement social. Il y a 200 ans, le droit permettait l'esclavage.

Voici une question intéressante : Comment réagira un parent qui apprendra qu'un enseignant (modétateur et animateur de la classe d'ECR) a laissé entendre que le prophète qui a fondé l'Islam, n'a peut-être pas véritablement reçu la révélation d'Allah? On peut en débattre, évidemment, mais pas dans ce genre de cours imposé. Voici un autre exemple: l'incarnation de Jésus-Christ en tant que Dieu fait chair (Dieu fait homme) est le lieu commun, le dénominateur commun du christianisme. En dehors de l'incarnation, de la crucifixion et de la rédemption, il y a de multiples divergences au sein de la chrétienté au sens très large. Or, impossible de croire à une erreur ou omission des rédacteurs du cours, le fait de la croyance dans l'incarnation est pourtant évacué du programme dans lequel Jésus ne serait qu'un grand réformateur, comme le moine Martin Luther au 16e siècle en Allemagne, ou au mieux, le fondateur de la religion chrétienne. 

L'obligation de débattre ou même seulement discuter lorsque vous n'en avez pas envie 

Comprenez-moi bien; ce n'est pas comme un échange d'idées et de concepts dans une discussion entre un chrétien et un musulman adultes, ou entre un athée et un chrétien, ou entre un catholique et un témoin de Jéhova; ces personnes pouvant être consentantes à en discuter ou même à en débattre. Mais pour le cours d'ECR, il s'agit ici d'une expérience de comparaison des croyances et des expériences (phénoménologie de la religion), imposée de l'extérieur, où chacun risque d'être blessé ou humilié sous le regard des autres. Vous dîtes ce qu'il y a de bon dans l'expérience de l'un et de l'autre, puis, tôt ou tard, l'inévitable arrive. Vous devez faire ressortir certains illogismes réels ou apparents d'une position, ou certaines positions qui apparaissent inacceptables en éthique occidentale laïque. Vous venez donc de ridiculiser l'élève qui avait accepté de s'ouvrir devant toute la classe, pour partager son expérience quelque temps auparavant. Comment, par exemple, peut se sentir un jeune de conviction chrétienne au secondaire (devenu chrétien par sa conviction et non celle de ses parents), lorsque l'enseignant donne la consigne, incluse dans un cahier d'exercice du secondaire, de redessiner le drapeau du Québec en y enlevant la croix symbolique, parce que la croix n'a plus rien à faire sur le drapeau d'une société laïque? Qu'est-ce, sinon une forme pernicieuse de manipulation psychologique? Cela peut s'apparenter pour le jeune croyant par décision, à une forme d'intimidation collective dont il est une cible potentielle. 

Éventuelles conséquences économiques pour museler les enseignants qui pourraient être mal à l'aise avec le cours d'ECR

Pour se garantir l'appui des enseignants dans cette exercice, l'État se sert encore d'une forme d'intimidation potentiellement économique particulière; la menace à peine subtile d'une coupe de salaire pour l'enseignant de l'ECR, sans substitution par un autre cours ou une tâche équivalente. Selon les avis juridiques obtenus par la Coalition pour la Liberté en éducation, en perdant sa liberté de conscience, 
l'enseignant devient un «instrument; essentiellement un dispositif dans l'appareil de l'État. On élimine ainsi les résistances qui pourraient provenir du système scolaire» (2). 
Voici comment l'État procède, bien que nous n'en voyons pas encore tous les impacts qui pourront se révéler à moyen et long terme. Il a modifié la loi, par l'abolition de l'article 20 de la Loi sur l'Instruction publique, retirant ainsi aux enseignants, la liberté de conscience jusque là reconnue dans la fonction d'enseignant. Ceci signifie qu'éventuellement, rien ne contraindrait une commission scolaire à accommoder et à réaffecter un enseignant à un autre cours, dans le cas d'un refus d'enseigner la totalité ou des périodes spécifiques d'ECR, par motif de liberté de conscience personnelle. L'enseignant récalcitrant peut maintenant être mis à pied (remercié de ses services). C'est la possibilité latente d'une menace économique digne des anciens pays de l'est (ex. bloc soviétique, Roumanie, etc.), dans leur répression antireligieuse pour soutenir des idéologies sociales qui ont échoué. On ne sait pas quand ni comment le tri commencera effectivement à s'appliquer. Mais le terreau est là et la semence aussi.  Si un enseignant n'est pas en accord avec une prémisse ou une conclusion du cours ou des cours (car l'approche en réalité plus englobante visera pratiquement tous les cours), cela implique éventuellement l'application à la fois légale et logique suivante : soit désobéir et dire sa position personnelle derrière les portes closes, soit le retrait à moyen et long terme sans compensation / substitution

Un exercice d'ingénierie sociale

Ce n'est plus la séparation de la religion et de l'État, c'est l'État qui structure la religion ou la spiritualité et l'éthique. C'est de la réingénierie sociale très tendancieuse et sujette à créer des précédents dans notre contexte nord-américain. Il ne manque que le brassard de couleur, porté par les déistes, pour exclure les chrétiens de toute position sociale d'influence (politique, enseignement, grands débats sociaux comme le suicide, l'euthanasie, la sélection des êtres humains à naître en fonction de critères génétiques, etc.). Et c'est, il me semble, ce que la plupart des journalistes souhaitent aussi (du moins c'est ce qu'on croirait, à les regarder aller). Pour Gary CALDWELL, sociologue et professeur émérite de l'université Bishop's, c'est effectivement de la réingénierie sociale et en occident, ce n'est pas le rôle de l'école de se faire le véhicule pour le contenu des politiques adoptées par les gouvernements. Les gouvernements et leurs politiques sociales passent, l'instruction, l'éducation et la vraie neutralité doivent demeurer. 

L'ECR au point d'arrivée (A vers B)

Si au départ avec les enfants de 6 ans l'ECR semble plus inoffensif (observation des rites et des fêtes, par exemple), le curriculum du cours d'ECR, échelonné sur plusieurs années, vise pourtant à amener progressivement l'enfant à douter de l'existence de vérités universelles et du bon jugement de ses parents, s'ils ont des convictions déistes. Dès la fin du primaire, vers 10 à 11 ans, l'enfant est amené à se distancer de l'opinion de ses parents, sans toutefois s'opposer à eux ouvertement. Cet aspect de son développement normal est ici étrangement et CONSCIEMMENT mis à contribution, comme par une forme de psychologie de manipulation des masses, assez tordue merci, pour imposer une politique. Et cela est documenté et prévu pour le troisième cycle du primaire, soit entre 10 et 12 ans. Voici ce qu'affirmaient les spécialistes conseillant le Gouvernement, en faveur du cours, avant sa réécriture pour y inscrire l'éthique et son actualisation :
« Cette même autonomie rend l'enfant en mesure d'assumer discrètement certains choix entre des valeurs, tout en demeurant conforme aux perceptions qu'il a des conduites attendues de sa part par les adultes et les autres enfants de son entourage » (3).
C'est sa révolution tranquille non seulement en matière de foi, mais aussi de ce qui est acceptable ou répréhensible comme valeurs et comportements. L'État suggérera à l'enfant de 10 ans, ce qui est bien en matière de spiritualité et d'éthique (ex. les spiritualités acceptables, les bonnes pratiques sexuelles, la bonne position à adopter face à la consommation des drogues, ...) mais les parents exclus du processus (ayant été destitués de l'autorité spirituelle et éthique chez des jeunes d'âge mineurs) paieront les factures lorsqu'il y en aura

Le relativisme institutionnalisé

Il faudrait plusieurs vies à un adulte normal pour comprendre seulement en partie les religions, les spiritualités, les philosophies et les systèmes éthiques de ce monde et je sais de quoi je parle, de par l'une de mes spécialités qu'est la théologie (bac obtenu du milieu protestant). Ce seul constat, soit l'impossibilité de bien saisir les nuances du vocabulaire et des concepts de plusieurs religions; surtout pas avant le 5e secondaire, prouve à lui seul que le but réel n'est pas de comprendre l'autre pour le "VIVRE-ENSEMBLE" dans une société pluraliste, mais de RELATIVISER et de s'assurer de la rupture avec les valeurs parentales non conformes à celle de l'État ou plutôt et plus probablement d'une certaine élite qui manipule le pouvoir politique par des arguments difficiles à comprendre et des affirmations à double sens. En réalité, le programme part en douceur, des options à comparer et peser et plus il avance à chaque cycle, plus il met en valeur les options jugées les meilleures

Cela se fait tout au long du programme. Autrement dit, on procède comme dans toute présentation d'une argumentation, au départ avec les options potentiellement les moins vraies, optant pour celles les plus "vraies" pour la fin (selon les positions prises par concepteurs du cours), en conclusion. C'est un processus souvent utilisé en communication ou en enseignement. Vous présentez les options, de la moins probable vers celle qui vous apparait être la plus acceptable. Le but est d'installer progressivement un doute raisonnable face à certaines religions chez le jeune. 

Une prémisse très tordue : l'État est bon, les parents croyants sont soit mauvais, ou contrôlants ou trop directifs (alors que l'État ne l'est pas selon les défendeurs de l'ECR). Voilà le pari du gouvernement ou sinon de ceux qui le manipulent; pari qui justifie la méthode intransigeante employée pour faire avaler la potion à coups de changements dans les droits (constitution, lois, menaces d'expulsion de l'école ou menace d'échec scolaire). Pensez-y; la menace de dénonciation à la DPJ (Direction de la protection de la jeunesse) pour un parent qui retire son enfant d'un cours d'éthique et culture religieuse, c'est carrément dément et... encouragé par le système. Cela s'est fait dès l'implantation du programme.

Discrimination à l'horizon : l'approche par la phénoménologie de la religion mène au relativisme et à la méfiance

Dans le cours d'ECR, vers la fin du secondaire, le jeune devra être en mesure de dire que l'équilibre en matière de foi, n'est ni l'engagement, ni le rejet total, mais une observation prudente. Car la phénoménologie de la religion est prévue d'être une voie privilégiée par l'ECR, de façon plus directe, au secondaire. Selon la phénoménologie de la religion déjà véhiculée durant la première partie du 20e siècle, l'équilibre n'est ni l'engagement dans une voie, ni nécessairement le rejet total, mais quelque chose entre les deux; une observation prudente sans engagement (sans foi, sans conviction). 

Dans la phénoménologie véhiculée avant la deuxième grande guerre mondiale, les religions du "déséquilibre" ou de "l'équilibre rompu" (celles de l'engagement) avaient déjà été ciblées par des personnes comme Gerardus Van Der Leeuw dans sa Phénoménologie de la Religion (Phänomenologie der Religion, 1933); il s'agissait de la foi chrétienne, de l'Islam et du Judaïsme. Cette conclusion relevait évidemmen de positions privilégiées par une certaine élite. Inutile de dire que le nazisme se nourissait de telles théories. 

Autre source de discrimination contre les branches les plus convaincues du christianisme : la haute critique libérale (littéraire et historique); florissante dans l'Allemagne de la première moitié du 20e siècle

Voici une seconde preuve de la tendance discriminatoire de l'ECR. Une autre approche complémentaire contre la foi chrétienne, consistera à utiliser les arguments de la haute critique libérale (critique de nature littéraire et historique de la Bible en vue de la déconstruire). Ce qui est pernicieux est que cela se fera SANS que ne soit présentée la réponse ou la défense de l'autre point de vue, d'autres spécialistes tout aussi érudits qui ont eux aussi une reconnaissance universitaire (ex. historiens, archéologues, sociologues, anthropologues, etc.), mais qui ne vont pas dans la direction du vent antichrétien actuel, très fort au Québec. Mais l'aspect le plus provocateur et pernicieux de l'approche de la haute critique de la Bible, est qu'il n'y a pas d'équivalent de déconstruction consciente ou systématique dans la critique des écrits dits sacrés à l'extérieur de la Bible. Ces approches déconstructives contre la foi chrétienne, parmi celles appliquées au secondaire (phénoménologie de la religion et haute critique littéraire et historique) sont dans les faits depuis longtemps prévues et seront probablement plus visibles dans une seconde génération de manuels scolaires, une fois l'ECR bien implanté. Mais très peu de gens ont la formation pour décoder la terminologie utilisée et saisir ces nuances. C'est pourquoi le programme a tellement de défenseurs; on le juge sur le concept et sur l'intention

L'ECR; préparé d'aussi loin et si peu prêt en apparence à l'automne 2008 ...

Curieusement, alors que tout se prépare depuis plusieurs années (une première version  expérimentale au secondaire existait dès la fin de la décennie 1970 et fut testée jusqu'en 1984, et pour la dernière version élargie, de 2005 à 2008), les manuels sont pourtant arrivés ou arrivent avec un retard qu'on dirait presque concerté; comme pour se soustraire à une trop grande attention médiatique ou des parents. Lors du lancement du programme en septembre 2008, tous étaient aux aguets (parents, médias, grands-parents, plusieurs enseignants n'ayant pas eu la formation pour le cours), mais il n'y avait rien à regarder. Les manuels n'étaient pas sortis des presses. Puis, l'intérêt a décliné, aidé par les médias francophones ayant déjà statué sur ce verdict: "affaire classée". Mauvais travail journalistique!

Le programme ne présente pas uniformément les points de vue internes des religions, soit avec une approche équivalente si on compare les unes aux autres

Au risque de se répéter, ils oublient qu'il faut des années pour bien comprendre une religion et ses subtilités et variantes. On n'a qu'à penser aux formes contradictoires du seul christianisme. Ce qui unit le CHRISTianisme, c'est le Christ; son incarnation, son oeuvre de rédemption à la croix, sa résurrection. Que les rédacteurs du cours y croient ou non, ce qui suit aurait dû ressortir dans la présentation du christianisme: ± «Les chrétiens disent (ou croient) que Jésus est Dieu fait homme (l'incarnation du Divin)». Mais l'incarnation, le lieu commun de la foi chrétienne, est étrangement évacuée du programme. C'est donc une prise de position clairement éditoriale, voire idéologique qui démontre que le programme ne présente pas les points de vue internes des religions avec une approche constante et équitable. À partir du moment où le programme ne dit pas ce que la religion enseigne, mais ce que les auteurs du cours pensent, vous venez de démontrer que le programme a un but non avoué OU une approche biaisée

Une complexité impensable au primaire et même au début du secondaire

La sphère de la foi ou des croyances constitue un univers de nuances et même de teintes personnelles en sous-composantes ou en marge des grands courants. Imaginez maintenant pour un enfant, la complexité de comprendre l'autre élève du primaire sous l'abord de la foi ou les convictions de... ses parents. C'est plutôt un non-sens, avec des centaines de religions ou voies professées dans un grand centre urbain. Quelqu'un qui par exemple aurait passé quelques heures à étudier une famille catholique au Québec, pourrait-il prétendre comprendre la culture et les valeurs par cette fenêtre? Évidemment non. Les familles catholiques varient l'une de l'autre. Même les enfants diffèrent l'un de l'autre, et à l'âge adulte, plusieurs cessent de suivre la consigne parentale. Car nous n'étions pas encore dans un État totalitaire... avant l'ECR. 

DANGER : Rétrécissement des voies

La sagesse même, enseignerait de ne pas toucher à cela, justement dans l'intérêt de la paix sociale et du respect. La réflexion religieuse, l'échange d'idées sur la religion et la spiritualité et même la discussion ou le débat, ne s'imposent pas, ils se préparent et se font lorsque les parties sont disposées à le faire. Quelle est cette prétention de l'État québécois à créer l'ordre et le respect en imposant par la force la discussion, le pseudo-dialogue et les conclusions prédéterminées (attendues par le contenu des manuels), entre... des enfants qui ne savent pas distinguer leur gauche de leur droite? Nul besoin d'enseigner à relativiser les valeurs ou convictions des parents ou même de les déconstruire par moment; l'adolescence s'en chargera fort bien dans une démocratie pluraliste comme la nôtre. La raison ou la cause motivatrice derrière toute l'énergie à défendre l'ECR doit donc se trouver ailleurs... Un jour peut-être, nous saurons ce qu'il y avait derrière cet acharnement ou obsession compulsive à imposer le cours d'Éthique et de culture religieuse, là ou l'État aurait pu simplement retirer l'enseignement religieux et enseigner les notions de respects sans imposer l'exploration et l'échange entre enfants sur les questions religieuses. Mais il apparait de plus en plus qu'il y a un agenda, autre, derrière l'acharnement actuel

À mon point de vue, pour avoir suivi durant près de deux décennies, le débat de l'enseignement religieux et moral et l'argumentation menant à l'ECR, 

  • il se prépare un interdit de partager la foi chrétienne et son volet moral
  • premièrement (phase 1) sur la place "publique" dans son sens le plus large possible, 
  • puis dans une seconde étape (phase 2) dans nos foyers.
  • Le partage de certaines religions est en processus de devenir criminel, comme l'inceste ou la pédophilie, alors que d'autres cultes auront leur libre entrée dans les écoles publiques comme cela se fait déjà (techniques ou disciplines puisant directement à l'hindouisme, au bouddhisme, au taoïsme, etc.). 
C'est écrit... dans le ciel. Seul un revirement majeur (ex. une prise de conscience des "modules" idéologiques qui se construisent en "ateliers" en vue de s'assembler en une nuit) pourrait renverser la tendance

Pour les parents du Québec, non associés à une religion ou une croyance spirituelle particulière, qui pensent que le virage de la dernière décennie en matière d'enseignement d'éthique et de culture religieuse ne concerne ni leurs enfants, ni les enfants de leurs enfants, il faut savoir que l'État québécois a désormais tous les outils légaux en main pour décréter ce qui est bien et mal pour vos enfants, ce qui peut ou doit leur être transmis comme valeurs spirituelles et éthiques, et ce avec ou SANS votre consentement, incluant sous votre toit. Il ne faut pas si méprendre, le cours peut devenir plus orienté ou plus caustique encore, s'il réussit à s'implanter sur une cohorte complète. 

Le contenu de la version de démarrage actuelle (souvent sans les cahiers d'exercice pour les élèves) n'est aucunement garant du ton et des valeurs dans 5 ou 10 ans, par exemple. 

  • Si l'État en venait à décider par exemple, que l'enfant peut prendre tel type de drogue "acceptable", il aura préséance sur votre autorité morale. 
  • Si l'État décide éventuellement que le suicide est une solution adéquate aux maux de ce monde, vous ne pourrez vous opposer à une telle prise de position sans être accusés de culpabiliser ceux qui choisissent cette voie, incluant votre adolescent.
  • Si l'État décide que telle pratique sexuelle est correcte à 9, 10, 12 ou 13 ans, et que votre enfant en devient infecté ou affecté, vous paierez les factures pour les soins et vous vous taierez. 
Pourquoi? Parce que le droit a changé pour TOUS et qu'on ne vous l'a pas dit. Pendant les changements de la constitution canadienne, des lois et chartes, les médias étaient trop occupés aux dégustations de vins et fromages. Ils ont cru que seuls les catholiques et protestants seraient visés par le droit nouveau et s'en foutaient donc. Mais le droit nouveau, ce n'est pas le vin nouveau; c'est pas mal plus étourdissant.

Quelques réserves et nuances personnelles

Ma conviction personnelle ne va pas dans le sens que nous devrions revenir à l'enseignement public religieux ou moral de type catholique ou protestant. Car les enfants en région étaient particulièrement stigmatisés par ce système. Il y a avait des cas d'enfants avec le pupitre dans le corridor (supervision à distance) ou encore, les commissions scolaires refusaient d'offrir l'enseignement religieux pour une minorité, sauf dans une seule école de la commission scolaire. Les parents devaient en ce cas assurer eux-mêmes le transport de leur(s) enfant(s) et les inscrire dans la seule école dispensant l'enseignement protestant, sans parler du mépris. À Rimouski, par exemple, une enseignante dispensaient un cours religieux catholique, en avertissant les enfants dès la première leçon, qu'elle ne croyait pas en Dieu mais qu'elle l'enseignait par contrainte (cas vécu par mon propre fils en 4e année du primaire). Imaginez la stimulation pour les élèves. Gare à eux s'ils avaient l'intention d'être passionnés pour Dieu. Ce sont des situations semblables venes à ma connaissance puis vécues par nous ou nos proches, qui m'ont conduit à me documenter sur le dossier de l'enseignement, dès le début de la décennie 1990, avant même les états généraux sur l'éducation, sous le parti Québécois.

Ceci dit, bien que certains aspects du cours auraient pu être intéressants, il n'en demeure pas moins que l'on peut noter une différence importante entre le concept ou l'intention véhiculés dans les médias, ET les caractéristiques réelles des documents prescriptifs ayant précédé sa rédaction ou le produit livré et expérimenté. N'oubliez pas que nous ne sommes pas jugés par nos pairs sur nos intentions, mais sur nos réalisations ou résultats.

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En terminant, Je vous suggère très fortement de voir ou revoir le film La liste de Schindler. Il montre quel esprit peut se cacher derrière le fait de vouloir priver, de toute position d'influence sociale sur la base de leurs convictions ou affiliations ou tendances religieuses, des groupes ciblés. En d'autres termes, les retirer de l'«espace public» selon le néologisme intentionnellement vague, à double sens, abondamment véhiculé au Québec en ces jours.

Pour mieux saisir la problématique, je vous recommande le site internet de la CLÉ - Coalition pour la liberté en éducation, bien que je n'en fasse pas partie, et que je ne sois pas pour le retour du statut quo, contrairement à certains parents que je respecte. Je suis pour l'abolition pure et simple de l'ECR. Et devant le fait accompli pour le christianisme, je suis pour le retrait de nos écoles publiques, de toutes les religions et spiritualités (ésotérisme, bouddhisme, hindouisme, taoïsme, animisme, gnosticisme, panthéisme et autres inclus) SAUF comme activité volontaire et optionnelle en dehors du curriculum régulier (projets para-scolaires, location de locaux en dehors des heures régulières de classes, animation spirituelle).

On ne connait pas clairement toutes les influences qui ont échoué en Europe et qui sont pourtant toujours à la base de la rédaction de l'ECR. Mais il y a quelque chose; ça c'est une certitude. Le problème est que nos universités regorgeaient dans les années 1970-1980 et regorgent encore de traductions tardives de théories sociales dont l'application a échoué au cours des 19 et 20e siècle en Europe. Or c'est exactement le genre de littérature et de formation qu'ont reçu nos intellectuels qui ont conçu l'ECR et mené la réforme de l'instruction publique. Un des cas historiques d'échec de théorie sociale, parmi les plus flagrants a été certainement l'Allemagne; une société post-christianisée avant que le Québec le devienne à son tour au sens large (plus précisément post-catholicisé) et une société isolée de l'Europe, un peu comme le Québec se sent isolé avec sa culture et sa façon de faire différente, dans la vaste mer anglophone de l'Amérique du Nord.

(dernières modifications : 19 mai 2009, 9 décembre 2011; 21 mars 2014)

Cours d'Éthique et culture religieuse (ECR) : une vision du monde imposée par l'État



Éthique et culture religieuse - quelques curiosités



Cours Éthique et culture religieuse (ECR) et charte québécoise des droits et libertés de la personne


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1. AUBERT, Marcel et autres (Comité sur l'éducation au phénomène religieux), L'Enseignement culturel des religions - Principes directeurs et conditions d'implantation, Gouvernement du Québec, Ministère de l'Éducation, 1999, p. 16.

2. Coalition pour la Liberté en éducation (CLÉ), documentaire vidéo en ligne: Les parents demandent que leurs droits soient respectés. Consulté sur http://coalition-cle.org/, le 12 mai 2009.

3. L'Enseignement culturel des religions - Principes directeurs et conditions d'implantation, cité précédemment, p. 21