mercredi 10 juin 2009

Il était une FOI : ou la fausse neutralité de l'ECR

F. Ouellet est l'un des pères du cours d'Éthique et culture religieuse (ECR). Il était coordonnateur et membre du Comité sur l’éducation au phénomène religieux pour une étude majeure déposée en vue Rapport Proulx (1999). Les recommandations dudit comité ont mené l'État québécois à arrêter son choix sur une version d'Enseignement culturel des religions déjà existante (disons plus ou moins un ECR version 1.x), laquelle une fois actualisée, serait imposée à tous les élèves. Ce comité a contribué en évaluant des programmes existants dans le monde, selon ses critères (profil recherché), en recommandant une version (celle du Québec). Mais l'un des membres du comité des 5 personnes chargées de sélectionner un programme existant idéal était... co-rédacteur du programme retenu (Monsieur Michel Trudeau). Ce comité donnait aussi la structure (cadre d'implantation) et le contenu général du cours à imposer (disons le ECR version 2). En 1999, le rapport Proulx prédisait un paradis scolaire et social avec le type d'enseignement retenu par le comité. En 2002, la poussière étant quelque peu retombée,  Monsieur Ouellet tenait un discours universitaire beaucoup plus inquiétant et destiné aux hautes sphères de l'éducation en France et au Québec (non destiné au grand public, tel que stipulé dans le document). Un cours-type dans les États où il fallait l'implanter, devait idéalement:

- faire ressortir les différences plutôt que pacifier;

- soulever les contradictions à l'école, pour une pédagogie du conflit;

- ébranler l'identité sociale plutôt que la reconnaître;

- et ce faisant, il appuie la théorie conceptuelle sociale de Debray (rapport Debray, en France, 2002) et selon laquelle la tolérance des croyances sans intervention directe des États, conduit à la "pathologie du terrain" (comprendre pathologie de la société).

Il était une FOI...

Voici comment Ouellet reprenait l'argumentaire de Galichet de 1998, donc avant le rapport Proulx déposé au Québec en 1999, dont Ouellet a lui-même coordonné un comité très influent :

« Dans le contexte actuel, il ne suffit pas d’éduquer à la reconnaissance et au respect de l’autre. Il faut aussi apprendre à ébranler la « suffisance identitaire » [...] (Ouellet, 2002, p. 48)


Dans le discours officiel produit par les consultants et hauts fonctionnaires du Gouvernement du Québec, on présente le cours d'ECR (Éthique et culture religieuse) comme un cours neutre et inoffensif (comme s'il avait été créé par Winnie l'Ourson et Tigrou) destiné à favoriser le "vivre-ensemble", par la compréhension de la religion ou encore de la vision du monde selon l'autre. Cela ressemble à la tolérance comme on l'entend habituellement. Jusque là, pas de problèmes (quoique pour ma part je voyais déjà un langage à double sens dans la littérature et le débat, autour de 1999).

En pratique, selon le processus éducatif en installation au Québec, cela va beaucoup plus loin que d'éduquer à la tolérance et que la communication entre les partisans de quelques grands courants religieux et non religieux.

Dans les faits, l'argumentaire à la base du cours imposé, est fondé sur des théories sociales (concepts) selon lesquelles les États des sociétés pluralistes modernes doivent gérer et s'ingérer dans la transmission de la pensée et des valeurs, d'où la nécessité de réintroduire la transmission de la religion (et de l'éthique) dans le domaine de l'éducation, non pas dans le but de transmettre ou communiquer la foi évidemment, mais dans un but de rééducation ou si l'on veut de censure des croyances et valeurs.

Une prise de position philosophique et politique anti-religieuse explique l'emphase inimaginable en démocratie et mise sur l'ECR; immense au point de menacer de faire appel à la Direction de la protection de la jeunesse (menace de sanctions très intimidantes et manipulatrice, la DPJ ayant au Québec, l'autorité de retirer la garde des enfants à leurs parents). Certaines commissions scolaires ont laissé peser cette menace en 2008-2009 (notamment, l'école secondaire Paul-Germain-Ostiguy à Saint-Césaire ET l'école secondaire J.-H.-Leclerc de Granby).

Ces auteurs s'inquiètent par exemple, du fait que la sphère des croyances et valeurs pourrait échapper aux États. Ce n'est plus la séparation de l'État et du religieux. Ceci est déjà un concept dépassé pour eux et n'a servi temporairement que pour distraire les médias et les paliers de nos gouvernements durant les années de consultations sur la place de la religion à l'école. Les États doivent plutôt, selon les théoriciens de cette position, s'ingérer dans la transmission de la culture religieuse et morale pour la passer au crible; la débarasser de ce qu'ils considèrent être des impuretés sociales ou une «pathologie du terrain», comme le dira le rapport Debray en France.

Ouellet explique :
«Par ailleurs, l’approche républicaine française, qui a conduit à exclure de l’école publique non seulement l’enseignement de la religion mais également l’enseignement sur le fait religieux, risque de conduire à des dérives inquiétantes:» (Ouellet, 2002, p. 54)


Il s'empresse de citer le rapport Debray (débat français) :

« La relégation du fait religieux hors des enceintes de la transmission rationnelle et publiquement contrôlée des connaissances favorise la pathologie du terrain au lieu de l’assainir» (Debray, 2002, p.26 cité par Ouellet, 2002, p. 54, soulignement ajouté).


Et vous l'aurez compris, le "terrain" c'est la société démocratique contaminée par la "pathologie" des croyances fortes. Nous nageons en plein mouvement anti-religieux, mais visant certaines croyances ciblées, à première vue. Comme s'ils avaient peur de s'en prendre aux vrais criminels qui font sauter les édifices, ils font feu de tout par une censure laïque.

Il faut souligner, et c'est très important, qu'il ne s'agit pas ici (véhiculées par eux) de vérités socio-politiques, mais de théories. Leurs porteurs de messages sont à la politique, ce que sont les designers de mode au vêtement. Et dans la pratique, il y a fort loin entre le vêtement porté par le mannequin qui défile devant la presse réunie et ce qui restera dans la vraie vie pour la femme qui doit déposer ses enfants à la garderie (chez la puéricultrice) et entrer au travail durant 8 heures par jour. Comme pour la mode, il y a un abîme entre la théorie sociale et la vraie vie en société impliquant l'instruction / éducation des enfants. Les Juifs connaissent les doctrines et croyances des Islamistes, et inversement et pourtant il n'y a pas de paix.

Comme dans la théorie socio-politique sous-jacente, le «vivre-ensemble» dans le respect des différences n'est donc pas le concept qui a porté le cours d'ECR. Oubliez cette interprétation naïve. Ouellet, par exemple, est d'accord avec le point de vue de Galichet :

«Le problème n’est pas d’inculquer telle valeur ou ensemble de valeurs plutôt que tel autre. Il est de permettre l’émergence d’un questionnement, d’une inquiétude qui arrache l’enfant ou l’adolescent au confort d’un plein et serein accord avec soi-même et de l’acceptation passive de l’altérité d’autrui : « Lui, c’est lui, moi c’est moi». Il est donc moins de « construire une identité» que, à l’inverse, d’ébranler une identité trop massive et d’y introduire la divergence et la dissonance; il n’est pas de préparer à la coexistence et à la tolérance, mais au contraire, de mettre en scène l’incommensurable abîme qui me sépare d’autrui et m’oblige (au sens moral du terme) à m’intéresser à lui. C’est donc une « pédagogie du conflit» à la fois entre les individus mais aussi en chacun. » (Galichet, 1998, p. 146, cité par Ouellet, 2002, p. 49)


Bienvenue dans ce nouveau "pays de l'est" en devenir que nous appellerons Québec (ou pourquoi pas République du Kébek ?)

Les anciens pays de l'est ont vu leurs murs tomber et nous, nous érigeons les nôtres. Car il ne s'agit pas, dans ces nouvelles philosophies sociales, de respecter celui qui est différent dans sa culture et sa croyance, selon Ouellet, Galichet et les penseurs de haut niveau, mais il faut que je devienne conscient par la force (ex.: par un cours obligatoire et des débats imposés durant 11 années de scolarité !), conscient de l'abîme qui me sépare de l'autre, pour m'obliger à m'intéresser à lui ; ce qu'ils appellent :

«mettre en scène l’incommensurable abîme qui me sépare d’autrui et m’oblige (au sens moral du terme) à m’intéresser à lui» (Ibid.).

Mais cette étrange conception de l' "intérêt" envers l'autre n'apparaît plus comme l'intérêt envers mon prochain, selon le sens que lui donnait le christianisme («J'étais étranger et vous m'avez accueillis» (Jésus, cité en Matthieu 25.35). L' «intérêt» envers l'autre chez ces théoriciens (le «m'intéresser à lui») devient ici un néologisme (v. note 1 ; mot qui prend un sens nouveau ou codé). Je m'intéresse à sa morale différente de la mienne dans le système d'éducation à implanter dans les États, mais pour mieux la censurer, la rééduquer, ou m'en innoculer (comme par un vaccin) ou au mieux, mais plus rarement pour y puiser du bon. Le but réel des cours de culture religieuse fortement recommandés aux États en vue de l'éducation «à la citoyenneté», n'est pas le «vivre-ensemble» au sens premier ou apparent (un simple slogan ou "hooker"), mais au sens où l'autre accepte de se laisser rééduquer dans ce camp appelé école.

Seules les visions non religieuses du monde sont bonnes à la fin, chez ces nouveaux "designers" de sociétés. L'ECR ne peut donc pas être neutre; pas plus en fait, qu'un cours ayant pour but de présenter et défendre une foi quelconque. Je suis chrétien, et quand je partage ma foi, je ne prétends pas, de façon trompeuse, présenter une position neutre.

Pourtant, pour vendre les cours de culture religieuse ou d'éducation à la citoyenneté, de telles théoriciens le décrivent par moment comme visant le "vivre-ensemble" dans une société pluraliste, ce qui n'est en fait qu'un slogan aussi vrai que celui de l'ancien arracheur de dents du village : «Ça ne fera pas mal !». Mais ce qu'ils veulent arracher à vos enfants et vos adolescents ce n'est pas une mauvaise dent, ce sont des valeurs que vous vous appliquez à leur inculquer, pour leur bien (si évidemment vous êtes un parent normal et responsable).

Un lecteur attentif peut y déceler la véritable philosophie politique consistant à se servir des institutions d'enseignement pour opérer des réingénieries sociales, mais sur la base de théories (des bancs d'essais et projets pilotes régionaux, comme ce que nous vivons au Québec).

Des simplifications abusives

Ces auteurs semblent ramener les conflits aux idées (lire : convictions religieuses et valeurs) et non aux préjugés raciaux ou aux conditions sociales dans la terre d'accueil ou terre de transition:

« Dans un contexte de « légitimités contradictoires et concurrentes », éduquer à la citoyenneté « ne peut être désormais qu’apprendre à gérer ces légitimités contradictoires qui déchirent les sociétés et les individus. […] Éduquer à la citoyenneté ne saurait aller désormais sans éduquer au conflit et apprendre à gérer ce conflit qui n’est pas simplement un conflit d’opinions ou d’intérêts, mais véritablement une conflit de légitimités, c’est-à-dire de normativité (p. 142-143)» (Ouellet, 2002, p. 48, citant Galichet, 1998, p. 142-143).

C'est une simplification extrême. Les désordres publics dans les grandes villes occidentales ont beaucoup plus souvent une cause économique et sociale (et non religieuse) comme ce fût le cas lors des émeutes de Los Angeles (1992) lorsque Rodney King, de race noir, fût tabassé par des policiers blancs qui étaient filmés mais qui furent acquités lors d'une enquête. Les récentes émeutes dans plusieurs banlieues de la France (ex.: 2005), tout comme celles de Montréal Nord (été 2008), avaient aussi comme cause première la condition sociale et la getthoïsation des récents immigrants, couplées à une perception de profilage racial par les policiers et NON PAS leurs croyances religieuses. Dans bien des cas, des casseurs profitent d'une tension existante transportée dans la rue, pour piller et vandaliser, de sorte qu'il pourrait ne pas y avoir eu d'émeutes sans ces profiteurs du désordre.

Pourquoi le cours d'ECR ne peut pas être neutre?

Le cours d'ECR ne peut pas être neutre pour la simple et bonne raison qu'il s'inscrit dans la continuité historique de la prise de position du rapport Proulx déposé en 1999 au Québec : toutes les religions sont le produit de l'esprit créateur humain. C'est une prémice et une condition du cours. Toutes les croyances sont totalement humaines et elles ne sont aussi bonnes une que l'autre, qu'en ce sens seulement. C'est un jeu de mot qui a échappé à plusieurs lecteurs. C'est une prémice du rapport Proulx qui a donné sa "bénédiction" au cours de culture religieuse alors en développement auquel fut ajouté plus tard le volet éthique:

«L’un des moyens de développer l’ouverture et la tolérance à l’école est d’initier l’élève aux différentes cultures et aux différentes religions et de les présenter comme des manifestations de l’esprit créateur humain, tout aussi légitimes que la sienne» (Proulx, J.-P. et al, 1999, p. 90).
De tels cours ne peuvent pas être neutres dans les États où l'on veut les implanter, car la haine et le mépris que révèlent des expressions telles que «le marché des crédulités» ou «pathologie du terrain» reprises comme inspirantes par Fernand Ouellet pour le projet de société visé, ne peuvent pas être nées dans une pensée de respect et un rêve de dialogue tellement vanté par l'ECR. Ce sont en effet les extraits du rapport Debray qui sont reprises non pas dans une simple survol de la littérature, mais comme un argumentaire intéressant qui se tient, par Ouellet (2002, p. 54).

Dans les faits, le "dialogue" si cher au cours d'ECR est un autre de ces mots employés dans un autre sens, mais que comprennent très bien les initiés (v. Note 1).

Je pourrais encore nommer les approches de la haute critique (littéraire et historique) qui visent essentiellement à déconstruire la Bible, sans le faire avec autant de haine pour tous les écrits dits par ailleurs "Sacrés" ou encore parler de la phénoménologie de la religion, cette philosophie né il y a environ un siècle et qui conclut essentiellement que les personnes de foi engagée ont atteint une position de déséquilibre.

Dernières modifications : 2009-06-12

Autres articles :

Cours d'Éthique et culture religieuse (ECR) : une vision du monde imposée par l'État




Éthique et culture religieuse - quelques curiosités




Cours Éthique et culture religieuse (ECR) et charte québécoise des droits et libertés de la personne




Certains dessous et motivations du cours d'ECR



DOCUMENTS CITÉS

OUELLET, F., L’enseignement du fait religieux dans l’école publique ?, Carrefours de l’éducation 2002/2, n° 14, p. 40-58.

DEBRAY, R. (2002). L’enseignement du fait religieux dans l’école laïque. Paris : Odile Jacob/Sceren-CNDP. (cité par Ouellet)

GALICHET, F. (1998). L’éducation à la citoyenneté. Paris : Anthropos, 1998. (cité par Ouellet)

PROULX, J.-P. et al, Laïcité et religions. Perspective nouvelle pour l'école québécoise. Gouvernement du Québec - Ministère de l'Éducation, 1999. (aujourd'hui Ministère de l'Éducation, du loisir et du sport - MELS). (à noter que les recommandations du rapport n'ont pas toutes été suivies et que certaines ont été adoptées avec modifications importantes)

ST-HILAIRE, Cynthia. Les éternels absents signalés à la DPJ ? Journal La Voix de l'est. 21 octobre 2008.

NOTES

1. Quelques exemples de néologismes (essai de définition des termes employés dans un sens nouveau):

Au temps des alchimistes, les élites étaient distraites par leur littérature qui parlaient de la quête pour transformer les métaux en or. Mais dans la réalité, les alchimistes composaient des sociétés secrètes qui visaient une expérience gnostique (recherche d'une illumination) en marge de la censure de l'État ou de la religion officielle; donc une expérience spirituelle relevant d'une croyance avec son langage codé précis. Le vocabulaire alchimiste était en réalité un langage codé; la "pierre" était "philosophale". C'était une quête gnostique; un ésotérisme ancien.

De même, ou plutôt à l'inverse, des nouveaux groupes de théoriciens socio-politiques qui se saisissent de nos gouvernements et de nos démocraties où ils sont bien installés, utilisent un langage trompeur pour atteindre leurs fins. Des expressions comme «intérêt» envers l'autre, éducation à la «citoyenneté», «dialogue» et d'autres encore, ne veulent plus dire ce que l'on croirait. Les mots deviennent des leurres (des appats) car ils imitent les valeurs chrétiennes (partage, solidarité, accueil) encore implantées chez plusieurs boomers, ou des valeurs démocratiques. Or le sens des mots est pourtant changé, mais seuls les initiés (ou presque) se comprennent entre eux.

intérêt envers l'autre :
expression qui signifie le comprendre pour mieux censurer, mieux rééduquer, ou à tout le moins, s'en innoculer, un peu à la manière d'un vaccin; beaucoup plus rarement, pour en retenir du bon.

éducation à la citoyenneté :
selon l'idéologie exposée, créer une société épurée de certaines croyances ou certaines expressions religieuses, bien ciblées, dont les adeptes n'auront idéalement plus accès aux postes clés dans ladite société "démocratique". À la différence d'un tireur embusqué criminel qui tire sur un médecin avorteur, ils ont trouvé un moyen d'éliminer l'indésirable, avec l'aval (accord et coopération) des États, mais sans verser son sang. À long terme, c'est une violence économique, car elle dirige vers les postes sous-rémunérés, si postes il y a... ou vers un exil difficile.

dialogue:
non pas un échange amical informel comme le serait une conversation volontaire, mais une négociation imposée à l'élève, dans laquelle une seule partie (l'élève) est contrainte à renoncer à, ou à céder quelque chose. Cela n'a rien à voir avec le fait d'écouter l'autre pour mieux l'accueillir. Dans les faits, les conclusions du programme d'ECR sont déjà définies et ce n'est pas ce cours qui renonce à quelque chose de ses conclusions; la phénoménologie (une des approches utilisées dans le cours) débouchera dans le futur, sur le constat que les religions sont toutes produits de l'esprit humain créateur, même si certaines de leurs valeurs peuvent être bonnes. Mais généralement, on dira que ces valeurs sont humanistes (plutôt que chrétiennes, par exemple).

pathologie du terrain :
pathologie de la société contaminée par le fait religieux; les gens de convictions fortes étant donc des "pathologiques".

légitimités contradictoires et concurrentes OU normativités contradictoires et concurrentes (GALICHET, 1998) : comprendre, toujours selon cette idéologie, les conflits de valeurs qui s'opposent ou valeurs concurrentes. Pour les théories sociales à peine effleurées ici, l'école devrait devenir un camp de rééducation des États, dans les démocraties modernes... Appelons les choses par leur nom.


Dans les faits, le rôle de l'école proposé ne respecte plus les principes fondateurs des démocraties occidentales nord-américaines, selon lesquelles chacun peut faire entendre ses valeurs et attentes (ex. valeurs familiales, ex. valeurs éthiques face à la vie et la mort, etc.). Le christianisme a plus de 300 ans aux États-Unis et il n'a pas conduit à la pire société du monde, il me semble..., contrairement à ce que l'on voudrait nous faire croire. Il a même cohabité pacifiquement avec de multiples religions et croyances et avec la laïcité (ce qui ne fût toutefois pas nécessairement le cas du catholicisme au Québec). Sur le terrain, le christianisme occidental ne veut pas éliminer la laïcité. C'est une mutation de la laïcité qui veut éliminer le religieux des sociétés occidentales et les croyants des débats publics et des positions d'influence et d'autorité. C'est comme, en démocratie, interdire aux chasseurs de prendre part au débat sur la modification des règles de chasse sportive, sous prétexte qu'ils ne peuvent pas être neutres dans le débat.

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