lundi 12 août 2013

Les étapes de l’adoption du hijab par les étudiants de l’Université du Caire

Images et textes qu'on m'a fait parvenir en 2010. Ce n'est pas sans lien avec ce qui se passe en Égypte.

Voici quelques photographies de l’Université du Caire
Faculté des Arts – Département d’Anglais

Classe de 1959 
Université du Caire Faculté des Arts – Département d’Anglais, classe de 1959
Classe de 1978
Université du Caire Faculté des Arts – Département d’Anglais, classe de 1978
Classe de 1995
Université du Caire Faculté des Arts – Département d’Anglais, classe de 1995
Classe de 2004
Université du Caire Faculté des Arts – Département d’Anglais, classe de 2004

vendredi 9 août 2013

Égypte : la torture contre les non-musulmans une réalité en 2012-2013

Il existe bien des salles de torture contre les non-musulmans en Égypte, visant ceux qui manifestaient contre les Frères Musulmans, amis du Régime du président Morsi ou qui persistent à s'affirmer d'une confession chrétienne. La nouvelle de l'existence de ces lieux a été rapportée par des médias arabes durant une assez longue période au début de l'année 2013, avant d'être reprise par FoxNews au mois de mars seulement. Mais seulement après que les autorités égyptiennes aient confirmé que cela a cours, sous la main des extrémistes. Mais il y a plus inquiétant, car ces pratiques ont eu cours au su de la police et donc même sous un possible contrôle du président Morsi maintenant destitué. Pourquoi une telle réticence des médias occidentaux à diffuser une nouvelle déjà présente dans les médias arabes? Voici une des raisons, selon le site de Point de Bascule Canada.
«Les journalistes occidentaux n’arrivent pas à penser en dehors de leur propre cadre de référence. Ils trouvent difficile de croire et donc de rapporter [ce qu'ils croient être] les absurdités anachroniques qu’ils entendent. Fox News a décidé de rapporter la nouvelle des salles de torture des Frères Musulmans trois mois après que la nouvelle ait été omniprésente dans la presse arabe et ce, seulement après que des leaders musulmans l’aient confirmée» (Point de Bascule Canada, 2 août 2013).
LIRE LA SUITE sur Point de Bascule Canada
Les salles de torture des Frères Musulmans en Égypte (2 août 2013)
http://pointdebasculecanada.ca/articles/10003080-les-salles-de-torture-des-fr%C3%A8res-musulmans-en-%C3%A9gypte.html

LIRE la nouvelle, archives de FoxNews.com:
Egyptian mosque turned into house of torture for Christians after Muslim Brotherhood protest (26 mars 2013)
http://web.archive.org/web/20130327065742/http:/www.foxnews.com/world/2013/03/26/egyptian-mosque-turned-into-house-torture-for-christians-after-muslim/


Sites suggérés pour plus de nouvelles sur les radicaux islamistes

http://www.islamisation.fr/ (consulté le 9 août 2013)

http://pointdebasculecanada.ca/ (consulté le 9 août 2013)

lundi 5 août 2013

Retour du lobby du cannabis : nationaliser les drogues?

La véritable liberté ne se réduit pas à choisir son esclavage

Lire la version ABRÉGÉE
http://yapasdpresse.blogspot.ca/2013/08/cannabis-haschisch-methamphetamines-et.html

L'élimination des interdits constitue, selon certains groupes de pression, lobbys et mêmes politiciens, le moyen de réduire le taux de criminalité... Vous voulez abaisser le taux de criminalité? Rien de plus simple: éliminez les articles de lois ou du code criminel ou réduisez les peines et poursuites, touchant un délit précis (ici les drogues)! Pourtant, si la légalité d'une chose et son contrôle par l'État et l'éducation garantissaient sa protection contre le milieu criminel, alors pourquoi avons-nous la corruption et la criminalisation dans le marché public de la construction au Québec, particulièrement dans la grande région de Montréal? On le voit, le problème est beaucoup plus complexe. En France par exemple, déjà en 2004, le cannabis était présent dans 1 accident mortel de la route sur 5. L'âge de la première consommation y était en moyenne de 13 ans. Et présentement, au Québec, ce sont les comprimés vendus à moins de 5 dollars l'unité qui ont la cote auprès des jeunes (méthanphétamine et autres). L'État va-t-il vouloir aussi légaliser cette merde en comprimés vendue aux enfants et aux adolescents? La facilité d'accès à une drogue interdite est l'un des arguments fréquemment utilisés pour la promotion de la vente libre du "pot" (cannabis, marijuana). Alors logiquement... Notre jeunesse est en DANGER.
(Texte entièrement refondu :  2013-08-05)

Au cours d'une émission d'opinion radiodiffusée, un auditeur téléphonait pour affirmer qu'il consommait du cannabis, quelques joints quotidiennement depuis des années, et qu'il n'avait pourtant développé aucune dépendance. (Rires). Il démontrait pourtant ainsi qu'il ne pouvait pas passer 1 jour sans consommer.

1)  L'argument de l'impossible contrôle de la consommation

jeudi 1 août 2013

Quand un État s'approprie les enfants par l'éducation

Endoctrinement politique des enfants : un État précurseur, le IIIe Reich. Participation des studios Disney dans la propagande antinazie durant la Seconde Guerre mondiale

J'ai trouvé le lien vidéo d'un court métrage d'animation (court métrage) intitulé «Education for Death» produit par les studios Walt Disney sur une page web abordant la question des Jeunesses hitlériennes (1). Évidemment le film est très américain. Mais il faut savoir qu'en 1943, il y avait déjà eu la guerre de 1914-1918 dont l'Amérique du Nord et l'Europe se souvenaient encore. Et surtout, les intentions d'Hitler dans la guerre en cours étaient évidentes, non plus uniquement de se libérer du joug économique, mais aussi de dominer le monde. Ce film dénonce l'endoctrinement politique des jeunes par l'État allemand, dès l'enfance et avec la complicité du système d'éducation, ouvrant la place à tous les abus. 


Si le professeur ne portait pas nécessairement la croix gammée (une caricature), par contre les enseignants étaient très encadrés idéologiquement dans l'enseignement dispensé aux enfants. Ils devenaient vraiment des agents de l'État avec des livres scolaires précis, pour la transmission d'un contenu idéologique socio-politique.
«Les nazis voulaient s’occuper eux même de l’éducation des enfants et ils soustrayaient volontairement l’enfant à l’autorité parentale. Ils prennent d’ailleurs en charge les enfants dès l’âge de huit ans. Hitler et les nazis voient en la jeunesse de son (sic) pays l’avenir, l’avenir de la race arienne et le futur de la nation. Des millions de jeunes sont enrôler (sic) de forces (sic) dans les rangs de la HitlerJugend. A partir de 1936, l’adhésion de la jeunesse à la HitlerJugend fut rendu (sic) obligatoire. On voulait que les enfants soit  (sic) éduqués physiquement, spirituellement, psychologiquement et socialement» (2). 

Je vous invite à aller plus loin que l'aspect caricatural du court métrage. Pensez plutôt à ceci. Ces techniques ont vraiment existé dans une démocratie (parti élu qui a ensuite changé les règles) et une société scientifiquement en avance sur plusieurs points:
  • éducation politique orientée des enfants avec la prise en charge de leur éducation le plus tôt possible
  • manipulations et pressions exercées jouant sur le besoin humain d'acceptation par le groupe (comme lorsque les religions sont comparées en classe dans le cours d'Éthique et culture religieuse au Québec)
  • intégration des théories scientifiques à l'endoctrinement politique des enfants de 10 et même 8 ans
  • etc.
Bientôt, dès l'âge de 8 ans par le système d'éducation, 10 ans, via les Jeunesses hitlériennes, les enfants étaient amenés à penser comme le Parti et l'élite du National Socialisme. Le court métrage tient compte de ces faits.

«Education for Death»,  (Éducation à la mort), Youtube: http://youtu.be/tzQD5XpiKJ8
Produit par les studios de Walt Disney, court métrage, janvier 1943.
Réalisé par Clyde Geronimi. Inspiré du livre Education for Death : the Making of the Nazi, écrit par Gregor Ziemer





Toutes ces manœuvres «éducatives» ou d'endoctrinement sont encore possibles, dans une démocratie, si elle est en réalité dirigée par une élite en partie élue et en bonne partie non élue. Lorsque nous voyons un État qui s'efforce par tous les moyens de s'approprier la pensée politique et spirituelle des enfants dès leur plus jeune âge, même au préscolaire, ce qui revient en quelque sorte à
  • «Nationaliser» les enfants (tous les aspects de leur éducation), 
  • en les coupant le plus possible de l'influence des parents, pratiquant la technique de l'altération du lien parents-enfants,
  • et que l'idéologie politique commence à se propager via le système d'éducation en vue de la nation ou d'un nouveau paradigme sociopolitique en devenir,
alors il y a lieu de s'interroger sérieusement.



Dans le IIIe Reich,
  • l'État tentait d'apprendre aux jeunes enfants à ne plus penser comme leurs parents, mais comme le Parti. C'est la technique de l'altération du lien parents-enfants, pratiquée entre autres encore aujourd'hui par certaines sectes et certains politiques radicaux ou en voie de le devenir. Sur les affiches de propagande politique et dans les livres, des sourires et des jeunes épanouis ou extasiés, comme dans un nouvel Eden. 
  • On leur enseigne aussi que selon la loi de l'évolution appliquée à l'humain, les plus forts sont ceux qui réussiront à imposer leurs valeurs au monde (divers niveau de lecture incluant la force de la connaissance, la supériorité de la «race aryenne», etc.).
  • Selon cette même logique du parti du National Socialisme, démocratiquement élu, l'Allemagne en est venue à avoir un programme pour l'élimination des plus faibles ou malades (euthanasie des malades nécessitant des soins prolongés, même si des enfants). La maladie est associée à l'infériorité et nuit à la force nationale.
  • On exploitait le complexe du sentiment d'un peuple minoritaire dans l'Europe (contexte européen de l'entre deux guerres), plus facile à véhiculer, ce complexe du peuple dominé par l'étranger, après les dures contraintes et sanctions imposées à l'Allemagne, suite à la défaite de la Première Guerre mondiale.
  • L'État en vint à prendre à sa charge l'éducation idéologique des enfants dès que possible, l'éducation à 8 ans avec de nouveaux manuels scolaires spécialement préparés pour que l'enfant intègre parfaitement l'opinion qu'on voulait que l'enfant ait à l'âge adulte et les Jeunesses hitlériennes dès 10 ans. 
  • Lorsque la pensée ou le caractère d'un jeune n'allaient pas dans la bonne direction, les pressions de ses pairs agissaient en classe, via une subtile manipulation psychologique. L'enfant avait intérêt à adhérer aux «bonnes» valeurs, et non plus penser comme ses parents.
  • L'ingérence d'un contenu politique orienté (valeurs d'un parti mutées en contenu scolaire), dans le système d'éducation, a été rendue possible quand, avec la complicité des enseignants qui devenaient ainsi des agents du pouvoir politique élu démocratiquement, on a accepté que l'école devienne un lieu de transmission des valeurs du Parti politique ou d'une élite particulière. L'école déviait ainsi de son rôle premier.
  • Une religion politique laïque a remplacé le christianisme. L'État définit le bien et le mal. La Bible est méprisée parce qu'écrite par des hommes, mais remplacée par un livre et des discours d'hommes.
  • Le peuple, présumé ne plus savoir comment voter intelligemment, il fallait imposer une direction plus autoritaire à la nation, par l'élite qui elle, sait ce qui est bon pour le peuple.


LIRE AUSSI:
Garderie Les Petits prolétaires
http://yapasdpresse.blogspot.ca/2011/06/la-petite-chenille-bleue-emprisonnee.html

Histoire en questions - Les Jeunesses hitlériennes
http://www.histoire-en-questions.fr/deuxieme%20guerre%20mondiale/allemagnenazie-vie-jeunesse.html

_______________
1.  La participation des studios Disney dans la propagande anti-nazie durant la Seconde Guerre mondiale. Court métrage sur les Jeunesses hitlériennes. Ajouté le 10 avril 2013.
http://disneyandww2.wordpress.com/tag/jeunesses-hitleriennes/  Page consultée le 1er août 2013.

2. Même source. À noter que l'auteur de la page n'a probablement pas pour langue première le français ce qui expliquerait les anomalies grammaticales.

dimanche 28 juillet 2013

L'Égypte entre loups et hyènes politiques : y aura-t-il une solution en 2013 ?

28 JUILLET 2013. Les choses ne vont pas bien en Égypte. Nouveau président destitué par la cour constitutionnelle et l'armée. Crise économique. Risque d'éclatement et même de guerre civile. Imaginez. La base de l'économie était fondée sur le tourisme, mais qui penserait visiter l'Égypte dans le contexte actuel? L'islam politique a rendu la chose pire qu'avant. On a fui l'enclos des loups ou des lycaons (régime Moubarak), mais on s'est retrouvé dans l'enclos des hyènes (projet en marche de Morsi selon les événements et la constitution de 2012). Impossible de dormir tranquille. Mais que s'est-il passé? YapasdPRESSE.blogspot vous propose une métaphore. (Dernière mise à jour: 27 août 2013).

Une métaphore pour expliquer ce qui se passe en Égypte

Je vous propose une illustration. Imaginez qu'un grand syndicat de travailleurs de la construction s'élise un chef avec un mandat précis. Le mandat de ce dernier consiste à renouveler la charte de la corporation, et l'adapter à une nouvelle réalité du marché. Il doit dans son mandat, ne pas oublier d'unir tous les emplois spécialisés représentés et être équitable et juste pour tous; en faire le syndicat de tous les employés. Il doit aussi restructurer du point de vue financier. Mais le leader, élu sur cette base, agit rapidement pour favoriser ses amis qui proviennent du même secteur d'activité que lui, s'appuyant sur une majorité assurée. Il amende une première fois la charte existante pour consolider son poste en se soustrayant à la surveillance du comité qui l'a embauché. Puis, voilà qu'après quelques temps, il omet volontairement le grand objectif voulant que la nouvelle charte devait unifier tous les métiers spécialisés représentés. Il s'empresse de poser les jalons qui accordent la primauté à son clan, pour les prochaines décennies, malgré les contestations. Les administrateurs qui ne sont pas de son secteur professionnel, minoritaires, contestent en démissionnant publiquement. Rien n'y fait. Les travailleurs eux-mêmes, les cotisants (incluant des travailleurs de la même profession du nouveau leader), réclament le retour aux urnes. La raison triple:
- en établissant ses amis comme privilégiés de la charte, le mandataire élu n'a pas rempli les obligations relatives à la raison de sa nomination en poste, qui le légitimaient dans sa fonction; une charte équitable pour tous;
-  et en ne redonnant pas une santé financière au groupe,
-  mais plutôt en détériorant le fonctionnement et la confiance de plusieurs travailleurs,
Il a outrepassé trois volets prioritaires de son mandat.

En modifiant la charte pour consolider son poste, il a tenté de se soustraire à son mandat initial. Lui continue pourtant de prétendre que le syndicat demeure le syndicat de toutes les travailleurs spécialisés représentés et qu'il faut simplement se parler. Mais il devait tenir compte de tous, ce qu'il a volontairement omis quand toutes les parties étaient à la table et même quand elles ont dénoncé l'injustice.

Que dirions-nous, si nous devions juger son rendement? 

Nous dirions que ce leader est soit de mauvaise foi, soit carrément incompétent ou manipulé ou sinon sous la menace des gens de sa spécialité envers qui il une dette morale. Cet important syndicat ne pouvant plus opérer normalement, et pour le bien de tous, on en arriverait, par les mesures d'exception prévues, à démettre le leader de ses fonctions en vue de retourner en élection, pour qu'au moins, soit sa légitimité soit confirmée en assemblée, soit il soit remplacé par un qui livrera ce qui avait été demandé. C'est ce qui se passe en Égypte, depuis le renversement du gouvernement Moubarak. 

De la métaphore syndicale au régime politique de l'Égypte

Pour expliquer l'image :

  • le syndicat, c'est le régime. 
  • Le leader élu pour un mandat précis, c'est le président Morsi.
  • La charte, c'est la charte égyptienne qui devait être changée pour être plus juste et équitable que la précédente. 
  • Les travailleurs des multiples spécialités représentées au syndicat, ce sont les Égyptiens de toutes allégeances (partis politiques, groupes de croyances religieuses, groupes politico-religieux, laïcs, hommes, femmes, ...). 
  • La structure financière, c'est l'économie qui devait être remise sur les rails. 
  • Le nouveau chef syndical, c'est le nouveau leader qui a accepté la charge présidentielle, conditionnelle à une juste réforme, mais il a choisi de représenter les sunnites, son groupe religieux et majoritaire et les Frères musulmans avec leur projet d'états unis islamistes, sachant que les votes des élus iraient pour un état islamiste, et malgré que le mandat reçu était inverse. Il a sciemment établi son groupe religieux à la tête du pays, via la constitution de décembre 2012, donnant primauté à la charia, en précisant que c'est la charia sunnite avec sa jurisprudence des derniers siècles.  
  • Tout ceci, malgré les sorties publiques de l'opposition et le fait qu'il devait proposer une charte pour tous les Égyptiens. 
  • Il a changé les clauses de son mandat (ne plus être redevable à la surveillance) en profitant du vote majoritaire des élus sunnites. Les élus non sunnites ou sunnites modérés ont été bafoués dans la rédaction de la charte et après les événements de novembre 2012. 
  • En dernier recours: il a fallu que la cour constitutionnelle prenne les mesures extraordinaires prévues en ce genre de situation, pour déclarer la non-légitimité de la nouvelle dictature naissante (autoritarisme pseudo-démocratique), avant que le régime s'installe pour un siècle. C'est précisément cette délibération des juges, que les partisans de Morsi ont  voulu bloquer le 2 décembre 2012, en empêchant carrément les juges de la Cour suprême constitutionnelle de siéger en vue d'examiner et de statuer sur la constitutionnalité de l'assemblée qui aurait détourné le mandat démocratique reçu:

«Dec. 2 — Islamists protest outside the Supreme Constitutional Court, blocking judges from entering to rule on the legality of the constituent assembly» (AP, July 01, 2013), (1)
Faut-il rappeler que c'était avant l'adoption de la charte qui a donc été imposée, via un pseudo-référendum servant de paravent aux manoeuvres politiques qui avaient cours depuis plusieurs mois.

Deux principales lectures qui s'opposent

Et maintenant, chez les contre-manifestants en colère et récemment à mi-mots (juillet 2013), du côté du gouvernement d'Obama, on a parlé de "légitimité" démocratique en faveur du président Morsi. MAIS, il faut plutôt s'apitoyer sur le fait que le président Mohamed Morsi a détourné le mandat pour lequel il a été initialement élu, comme dans la métaphore qui précède. Le livrable attendu ici était une constitution renouvelée, plus juste et plus équitable que la précédente sous Moubarak, pour TOUS les Égyptiens. Sinon, si le mandat est purement électoral (interprétation du gouvernement Obama?), donc un mandat distinct de l'obligation d'une meilleure constitution, alors cette "légitimité" comme ils l'appellent, n'irait-elle pas logiquement avec le déchu du gouvernement précédent, Hosni Moubarak, qui tout comme Morsi, s'appropriait à de mauvaises fins, la constitution d'un pays.

Hyène tachetée. Crédits image : Les Champions de la nature.
Selon l'interprétation d'une "légitimité" sans obligation de livrer une saine et juste constitution, l'un ne vaut pas mieux que l'autre et l'enclos des loups étaient peut-être préférable à l'enclos des hyènes (2). Selon cette éventualité sans égard au livrable de la constitution, le régime Moubarak serait tout autant légitimé que le régime de Morsi, puisqu'il lui est antérieur. Dictateur pour dictateur...

Y a-t-il une solution pour l'Égypte en 2013?

Voilà pourquoi le leader Morsi a été destitué par la plus haute cour et l'armée en faveur du peuple (3), du moins temporairement. Temporairement, car il reste une solution. Le retour en élection le plus rapidement possible et avec une réelle transparence et dans un ordre exemplaire. Mais il faudrait à mon avis, parler alors d'une élection sur la base d'un projet de rafraîchissement constitutionnel; une charte rajeunie et épurée sur laquelle le peuple se prononcerait. Ce serait un projet de charte déposé et expliqué par chacun des partis, ainsi qu'un plan de redressement économique. Il ne faut plus de vote en blanc (face à un document vide qui peut contenir n'importe quoi) dans lequel le peuple donnerait encore une fois et sans preuves tangibles, un appui trop naïf à un leurre comme le dernier projet de société pour «tous les Égyptiens». Tous les Égyptiens se prononceraient sur des projets concrets devant eux.

LIRE Aussi

La nouvelle face de l'Égypte

30 JUIN 2013

Key events in Egypt's revolution and transition
30 juin 2013
  • Un rappel des événements qui ont mené à l'actuel désaveu majeur du président Mohammed Morsi.
  • Portez une attention spéciale au 30 juin 2012 (comparez au 22 novembre de la même année) et en général aux mois de novembre et décembre 2012.
  • L'article ne parle pas cependant, du contenu de la constitution qui demeure le problème majeur, en tant qu'assise de toutes les lois de la nouvelle politique
Une majorité de musulmans dans le monde favorable à l'application de la charia
30 avril 2013 (RTL avec AFP)


______________
1.  AP. Egyptians' massive anger unleashed. 2013-07-02 [au sujet de l'accès bloqué aux juges, le 2 décembre 2012]
(traduction libre : «2 décembre - Des islamistes protestent à l'extérieur de la Cour suprême constitutionnelle, empêchant les juges d'y accéder pour se prononcer sur la légalité de l'assemblée constituante»)

2. Contrairement à la croyance répandue d'animal charognard, les hyènes tuent elles-mêmes 90% de ce qu'elles mangent. En groupe, elles peuvent arrêter dans sa course une antilope de 200 kg et la tuer pour ensuite la dévorer, selon Les Champions de la nature. Les hyènes constituent une société matriarcale.

3.  L'armée s'est ajustée à la volonté populaire, même lors du renversement de Moubarak. Ce n'est donc pas une armée vendue à ce dernier.

jeudi 18 juillet 2013

Jobs, le Film sur l'âme d'Apple : sortie août 2013

Un film avec une histoire qui a tout pour captiver les inconditionnels d' Apple, entre autre une portion de la vie de Steve JOBS, mais aussi pour les autres, pour son côté biographique, l'entrepreneuriat et la vision, l'aspect humain, etc. Jobs est souvent décrit par un des entrepreneurs les plus créatifs des 20e et 21e siècle.

Jobs, Bande annonce en anglais sous-titrée en français (VOST).

vendredi 5 juillet 2013

La Firme : version ingénierie, Québec 2013

L'ÉDUCATION ET L'INSTRUCTION SUPÉRIEURES NE SUFFISENT PAS À ÉTABLIR L'INTÉGRITÉ DES PERSONNES. 

Je repense à La Firme, ce film de fiction primé de 1993, réalisé par Sydney Pollack, mettant en vedette Tom Cruise,  Jeanne Tripplehorn et Gene Hackman. Une firme d'avocats véreux de Boston pratiquait la surfacturation. Mais tous étaient de «bonnes personnes» avec des valeurs et un serment professionnel. C'était «comme cela que ça se passait» dans la grande famille des associés. Évidemment, les associés n'étaient pas tous au courant de la fraude. Mais ils avaient le choix d'ouvrir les yeux ou de les fermer et de profiter du système, ce que la plupart finissaient par faire.

Dans notre réalité de ce côté-ci de la frontière, les premiers indices d'une tendance préoccupante en ingénierie sont apparus quand les coûts des travaux, comparés avec d'autres projets au Canada ou aux frontières Québec | USA, ont commencé à être médiatisés. Même monnaie commune avec le reste du Canada, même culture élargie avec les USA, conditions climatiques équivalentes entre certaines régions (normes de construction routière, semblables, voire qualité supérieure dans l'état du Maine), mais avec des coûts plus élevés au Québec, selon une tendance forte. Et voilà que tout récemment, deux déclarations médiatisées m'ont fortement agacé. C'est dans le contexte des premières conséquences perceptibles pour les firmes impliquées dans la fraude, des enquêtes de l'Opération marteau, de la nouvelle législation et de la Commission Charbonneau.


Impacts importants

Il convient de rappeler que les pratiques avérées frauduleuses atteignent tous les Québécois, par la surfacturation résultante des projets de construction publique. Chaque dollar détourné est un dollar qui n'est pas investi ailleurs, dans des secteurs qui en auraient bien besoin, ou sinon, un dollar qui est emprunté et placé dans la colonne de la dette, avec intérêts. Dans certains cas même, cela atteint jusqu'à la sécurité du public (ex. des viaducs hors-normes qui se sont écroulés). Pire encore, lorsqu'il y a une telle corruption (établie en système depuis des années !) dans un secteur d'activité contractuel, il est presque certain qu'il y en a ailleurs. Mais tout récemment, deux déclarations médiatisées m'ont fortement agacé

Le serment professionnel, tiré du film La Firme,
avec Tom Cruise, 1993.
La première déclaration, provenait d'un représentant de l'Ordre des ingénieurs du Québec qui s'exprime régulièrement sur les ondes d'une radio privée de Québec depuis quelque temps. Ce dernier disait que la fraude mettant en relation des ingénieurs avec le marché public de la construction, n'est pas un problème spécifique aux ingénieurs, mais un problème plus large; touchant l'ensemble la société québécoise. Pourrait-il au moins avouer que ni l'instruction, ni l'éducation, ni les codes d'éthique professionnels, contrairement à la croyance répandue, ne suffisent à établir l'intégrité d'une personne. Tous ces professionnels, dont des hauts-dirigeants des villes, des firmes de génie-conseil et des entrepreneurs, savent ce qu'est l'éthique; le problème n'est pas là. On a déjà vu neiger.

La deuxième déclaration médiatisée, émanait de travailleurs «100% honnêtes» du milieu réclamant une intervention du gouvernement pour maintenir l'accès aux contrats publics, pour des firmes reconnues coupables de cette fraude; fraude établie en système, tout de même. L'argument : derrière ces firmes, ce sont des centaines d'emplois, disait-on. Il n'y aurait que quelques corrompus dans le lot. Étrange alors que les coûts soient de façon générale plus élevés au Québec si on compare avec des régions équivalentes. Un ou deux corrompus par firme ne peuvent pas ériger un système. Je ne suis pas ingénieur, mais il me semble...

Et les témoins de la Commission Charbonneau se comptent par dizaines, pour confesser que «c'est comme cela que ça fonctionnait»; incluant les prête-noms, donc la complicité de plusieurs employés «honnêtes» de «La firme», pour soutenir certains partis municipaux. Ces employés «honnêtes» étaient compensés, par exemple, par des remboursements de frais de déplacements et autres du genre, cela donnant aussi accès à des crédits d'impôts.

Le piège : interventionnisme de l'État québécois

Des firmes ont eu des avantages. Pourrait-on au moins s'attendre à une récupération des sommes indues facturées aux contribuables québécois via les impôts et taxes diverses, ou même les intérêts sur les emprunts pour les infrastructures? D'autre part, là où l'État intervient ou tolère les ententes, la situation crée souvent de nouveaux problèmes. En agissant trop rapidement, le Québec peut empêcher des firmes ou entrepreneurs fautifs de se réformer.

Autre consolation pour les coupables : une twist a été trouvée et annoncée. Les restrictions de la loi envers les firmes enquêtées si elles sont reconnues coupables de collusion ne s'appliqueront pas aux filiales de celles-ci. Autrement dit : pas de problème, car une dénomination ou un groupe conseil des «ligues majeures», constituent une association de filiales ou bureaux associés et spécialisés. En réalité, SNC-Lavalin, DESSAU ou ROCHE, ce sont des regroupements de firmes (ex. génie civil, génie environnemental, génie maritime, génie électrique, urbanisme, etc.). Ce sont des entreprises dans l'entreprise. Sinon, une filiale, ça peut se créer rapidement, si on prend de bons avocats d'affaires.

La tolérance des ententes de collusion dans les petits marchés (laisser les entreprises bloquer la libre compétition) entraîne une hausse des coûts

Cela a été constaté aux Pays-Bas (le Québec semble souvent un pays bas ;-) selon les études économiques de l'OCDE , avec une tolérance de la coopération du marché, notamment dans les petits marchés pour les «produits périssables standardisés» comme l'asphalte et le béton.

«Aux Pays-Bas, les règles interdisant la négociation des offres simplifiaient grandement la collusion et il semble que les responsables des marchés publics aient toléré et soutenu les dispositifs mis en place par les industriels et qu’ils aient aussi découragé l’entrée d’entreprises extérieures, y compris celles d’autres régions des Pays-Bas. La concurrence étrangère était exclue grâce à une coopération active, prenant parfois la forme d’une répartition réciproque du marché et de menaces de boycott. Les entreprises se regroupaient parfois, non pas parce qu’elles étaient trop petites pour pouvoir prendre en charge un projet, mais pour apurer entre elles les comptes se rapportant à leur entente. La tradition ancienne de coopération dans le secteur de la construction a persisté malgré la nouvelle loi sur la concurrence, même après que la NMa eut refusé des demandes d’exemption et rendu public un programme anti-ententes dans ce secteur.» (1)

Ceci a eu cours même après la nouvelle loi sur la concurrence. Dans ce secteur d'activités étudié et documenté pour les Pays-Bas, «on estime que les ententes dans la construction majorent les prix de 8 à 9 pourcent environ» (2). Autrement dit, les ententes locales visant à protéger des territoires, au lieu de garantir des prix moins élevés, ont eu l'effet inverse pou les matériaux périssables comme le béton et l'asphalte. Ceci est sans compter la surfacturation associée dans notre contexte québécois, aux dons à certains partis politiques des villes (mises au jour par la Commission Charbonneau). 


La menace de pertes d'emplois

J'ai les yeux secs. Je n'ai pas pleuré en entendant des employés sortir dans les médias. Je ne suis pas d'accord avec l'alerte alarmiste récente, concernant la supposée disparition des emplois en génie au Québec. On disait en gros que pour quelques rares fraudeurs (à les entendre on penserait un ou deux), des centaines d'employés risquaient leur emploi. La menace est partiellement plausible, mais par contre, elle ne tient pas la route quant à la durée. 

Cela arrivera temporairement, peut-être, mais c'est une épuration normale dans le contexte d'un changement majeur de «procédés». Une fois reconnue la corruption établie en système pour ne pas dire institutionnalisée et que l'instruction supérieure ne suffit pas à établir une base morale solide, il reste que le Québec municipal et le Ministère des Transports du Québec auront encore besoin d'ingénieurs de firmes privées, en raison des nombreux contrats publics. Donc les éventuels emplois perdus seront inévitablement récupérés et recréés. C'est un peu comme cette ancienne maxime: «Le roi est mort. Vive le roi!». Si une éventuelle firme virale se trouve mise en quarantaine, par l'État, le temps qu'elle fasse son petit ménage, une autre doit obligatoirement faire le travail avec du personnel qualifié.

On envisageait dans la sortie médiatisée, qu'il faudrait en tel cas, faire affaire avec des firmes étrangères. Mais j'y pense, cela se fait partout dans le monde. Cette aspect exportable de la compétence fait régulièrement la fierté du Québec. Donc, ce ne serait pas la fin du monde si un peu plus de firmes étrangères obtenaient des contrats au Québec.

D'autre part, des firmes par exemple américaines, qui exerceraient au Québec auraient un urgent besoin d'ingénieurs et de technologues du Québec, capables de parler et d'écrire en français et d'être immédiatement productifs avec les normes du Québec et du Canada, les matériaux et techniques en usage ici, etc.

Les entreprises ont des cycles de vie aussi

Autrement dit, des employés spécialisés et compétents avec expérience pourraient vivre une période d'instabilité temporaire. Mais dans les libres marchés, ce genre de cycles de vie des entreprises fait partie d'une épuration normale. Lorsque la demande est là (ici pour le retour à pratiques intègres au juste prix) mais qu'une entreprise s'est montrée inapte à répondre à un besoin malgré les alertes médiatisées répétées et les appels répétés pour une commission d'enquête en construction, elle peut encore se transformer en fonction d'une nouvelle réalité; ici la nécessitée incontournable de mettre fin à la corruption. Elle doit s'auto-épurer quelque temps. Mais si une entreprise qui se veut de pointe a persisté ces dernières années, jusqu'en 2013, à diriger à la manière des 40 dernières années, elle mérite de s'éteindre, ou de subir une «chirurgie majeure» ou d'être remplacée par une autre. Autrement dit, «La firme» doit prouver qu'elle a pris les actions nécessaires, limogé les responsables, et «ain-scie» de suite.

La tentation interventionniste encouragerait le retour au statut-quo

L'État québécois doit résister à la tentation de la larme au coin de l'œil et des sauvetages artificiels. Il ne faut pas oublier que les centaines d'employés non identifiés qui participaient volontairement au système de prête-nom compensé par des frais déductibles d'impôt (impact collatéral de ce genre de fraude) ne sont pas tous plus blancs que neige. La perte d'un emploi pour deux ou trois mois ne sera pas la fin du monde, si cela arrive. Pensez-y. Quand vous "prêtez" votre nom à une fraude, vous "confiez" votre réputation. Si l'on répond: «c'était comme cela, nous n'avions pas le choix», alors vous reconnaissez avoir été consciemment complices d'une corruption institutionnalisée. Ils peuvent se trouver chanceux de ne pas hériter d'un dossier criminel pour fraude, et de possiblement s'en tirer avec uniquement quelques mois d'incertitude, ou pour certains une mise à pied temporaire, le temps que la «nature» du milieu du génie québécois, se refasse un nouvel équilibre.

Dormez tranquilles

Car tant que le besoin est là, il y aura des projets, donc aussi un besoin pour des ingénieurs et des technologues. Et ceux-ci devront connaître le français et les normes et matériaux d'ici. Le risque le plus grand à mon sens, serait probablement pour les travailleurs plus près de la retraite, en raison de l'âge et du niveau atteint (senior avec salaire et conditions les plus avantageuses). C'est là qu'il faudrait probablement être plus attentif et peut-être mettre des conditions préventives, le temps d'un retour à l'équilibre. Car une firme qui embauche, sera logiquement tentée par le personnel qui coûte moins cher, mais avec expérience, donc logiquement des technologues et professionnels de niveau intermédiaires. Mais ça, on ne peut pas le savoir, tant qu'on ne vit pas les conséquences réelles sur le terrain, suivant les enquêtes et restrictions légales.

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1.  Tweede Kamer der Staten-Generaal (2002), cité dans Études économiques de L'OCDE : Pays-Bas 2004. Vol. 2004/9 juillet 2004, Encadré 5.2. Les ententes dans la construction, p. 154
Autre version numérique :
http://www.cairn.info/revue-etudes-economiques-de-l-ocde-2004-9-page-139.htm

2.  Même référence.