samedi 3 septembre 2016

Troisième lien routier villes de Québec et Lévis: qu'est-ce qu'une capitale?

On ne peut pas être la capitale, où sont concentrés les services gouvernementaux de l'État et autres (ex. grands hôpitaux, plusieurs médecins spécialistes du Québec, sièges sociaux et entreprises exerçant un attrait interrégional, etc.) et dire que la fluidité du transport aux accès de la ville est une affaire «locale», l'affaire d'un maire. 


Être «la capitale» implique de faciliter l'accès à son territoire et ses services nationaux et régionaux


Un maire qui réclame des pouvoirs extraordinaires, ne peut pas être un maire ordinaire. Québec est la capitale du Québec, parce que y siègent les pouvoirs de l'État, ainsi que la plupart des ministères et services du Gouvernement québécois, en plus d'un grand nombre de spécialistes de la santé non disponibles en régions. De ce fait, le maire de la Capitale se devrait de se préoccuper sincèrement du fait que les autres québécois qui paient pour ces services, n'ont pas un accès facile aux services de l'État qui y sont concentrés. Quand on est «la capitale», l'on doit s'ouvrir, lorsqu'il est question de donner accès à son territoire.

Ma réaction à d'autres aspects du dossier du 3e lien routier inter-rives pour la capitale du Québec


Dans la suite du débat sur le troisième lien routier (quoique que les deux premiers soient voisins) acceptons avec réserves le terme de troisième lien (presqu'un deuxième), j'ai posté ce résumé en réponse à une opinion de la chroniqueuse Karine Gagnon «Zones grises» (Journal de Québec, 31 août 2016). Elle y souligne entre autres l'appui du projet par certains élus avant même d'en connaître les coûts réalistes ou non. Il faut dire que jusqu'en août 2016, c'est à peu près du n'importe quoi pour les coûts anticipés. Le maire de Québec a probablement raison: impossible que le projet ne coûte que 500 millions ($). 

Quelque chose doit être fait, même si l'on n'a pas encore toutes les données nécessaires à la décision



DÉBUT DE MON COMMENTAIRE posté sur un média, plus tôt en semaine  (Journal de Québec)

«On peut être d'accord sur un principe sans être idiot, avant de connaître le résultat final, comme lorsqu'on constate qu'on n'a pas le choix de rénover la maison. Évidemment que ça coûtera probablement un chiffre en milliards mais il y a tellement de formules à considérer et un tel investissement servira durant des décennies (amortissement). L'argument du maximum de 500 millions est de mauvaise foi pour un projet qui dépasse la seule autorité du maire. N'en déplaise à notre maire, ce n'est pas seulement un dossier «municipal» c'est aussi un dossier de transport régional, et interrégional qui doit corriger une énorme perte de production par un étranglement routier. C'est un dossier à porter au niveau du réseau des autoroutes du Québec; donc du Ministère des Transports du Québec. C'est un lien de niveau provincial (version province) ou national (version Québec libre). En manque de gros dossiers pour les prochaines élections, il devrait se mettre plus à l'écoute de ses citoyens.  
«Le projet doit considérer plusieurs données d'entrée:

- Le trafic de transit non destiné à Québec est très important (des milliers de véhicules par jour) dans ce dossier avec un impact économique dans les déplacements des biens et personnes. 

- Peut-on jumeler ce projet au pont à remplacer à l'Île d'Orléans (ex. une traverse en 2 portées reliées par tronçon autoroutier, combiné tunnel-pont, ou 2 ponts relié par tronçon autoroutier)?

- Peut-on penser un tracé hors des limites de la Ville de Québec où à son extrême limite est? 

- Peut-on prévoir un péage pour récupérer les coûts d'entretien? 

- L'argument des coûts de construction doit prendre en compte les pertes de production (travailleurs et employeurs de la Capitale, entreprises d'autres villes et régions) chaque fois qu'il y a une panne, une voie fermée pour entretien, un accident, de la congestion aux heures de pointe...

- Congestion = pollution + autres problèmes (stress, problèmes organisationnels, tensions au volant, ...)

- Le lieu de résidence est souvent choisi lors d'un emploi précédent. 

- Il ne faut pas oublier que le territoire de la ville de Québec est en grande partie gelé par les prises d'eau et le bassin de la Riv. Saint-Charles (un couteau à 2 tranchants) ou très coûteux à développer (études environnementales approfondies, design exceptionnels résultants, ...).

- Aussi, envoyer tout le monde des arrondissements du nord (env. 45% de la population au recensement de 2011) dans la même bande allongée au sud pour le travail et les services ne fait qu'alimenter la congestion (urbanisme dépassé). 

- Si les ponts ne règlent pas tous les problèmes, la densification excessive non plus (les coûts immobiliers deviennent extravagants, les familles fuient, les centres se vident de payeurs de taxes foncières...

- Québec cherche les jeunes familles et fait tout pour les repousser avec ses idéaux de tours à la «Cher oncle Bill» (série des années 1960) [1] pour célibataires et couples sans enfants, actualisés par un toit vert...

- les véhicules seront moins polluants dans 20 ans et souvent plus petits.

- etc. 
«Il y a plusieurs aspects à considérer dans le transport inter-rives et interrégional et les délais sont tellement longs, qu'il faut commencer maintenant à porter le débat à un niveau mature»

FIN DE MON COMMENTAIRE POSTÉ À L'ARTICLE


Évidemment, une donnée d'entrée majeure omise dans ce commentaire plus tôt en semaine est à l'effet que Québec est la capitale qui héberge de nombreux ministères gouvernementaux et services de santé spécialisés, auxquels l'accès physique doit être facilité pour tous les Québécois, autant que par les télécommunications. À ce titre, un maire qui sera au pouvoir durant quelques années ne peut pas dire que ce n'est que le problème de Lévis et que les gens n'ont qu'à s'établir dans sa ville; mais où au fait? Réponse: dans les tours «Cher Oncle Bill» (bande allongée dans les anciennes villes de Sainte-Foy et Québec) qui pourraient bien être : «Trop chères, Oncle Bill» ! Une grande partie du territoire de la ville de Québec est rendue difficilement accessible au développement, en raison des prises d'eau du bassin de la rivière Saint-Charles. 


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1.     Cher oncle Bill ?


Ci-dessous, la tour à condos de la série populaire américaine Cher Oncle Bill (Family Affair). La série a été diffusée de 1966 à 1971 sur le réseau CBS (selon Wikipedia). Bill, un ingénieur réputé, honnête et prospère, célibataire trop occupé, a accepté la garde d'un neveu et deux nièces devenus orphelins, aventure dans laquelle il sera aidé de son majordome, Monsieur Félix, et par moment de la sœur aînée faisant partie des trois. Le clan insolite demeure dans une tour à condos de luxe. En passant, il était capable de mener à terme des projets de ponts reliant deux rives. 



Les acteurs de la série Cher Oncle Bill qui a commencé à être diffusée en 1966



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