mercredi 18 novembre 2015

Réfugiés et sécurité nationale: la position fragile du Premier ministre Justin TRUDEAU

18 NOV 2015 - Si j'étais un conseiller du Premier ministre du Canada, Justin TRUDEAU


Premier Ministre du Canada, Justin Trudeau Nov. 2015. Crédits photo: extrait de la page Twitter @JustinTrudeau

Une loi spéciale aux États-Unis (USA) - L' American Security Against Foreign Enemies (SAFE) Act of 2015


En tout respect, je m'inspirerais de la démarche américaine. S'il serait inapproprié de les imiter en tout et sur tous les sujets, économiques et stratégiques, il y a tout lieu de croire qu'ils savent que l'État islamique a un plan pour atteindre l'occident, et que le mouvement de déplacement des vrais réfugiés a offert un contexte de rêve pour joindre la marche. Pour des raisons de sécurité nationale, les États-Unis ne prévoient donc PAS accélérer le processus de vérification de sécurité des réfugiés syriens et irakiens. Le président Obama a été informé par voie officielle du Conseil national de sécurité, que le pays devrait même prendre une pause stratégique pour statuer sur la démarche pour une situation en mutation avec les déplacés syriens (et irakiens eux aussi en attente). Le contexte de 2015 n'est plus le même qu'en 2011 ou 2013. Le califat en création (restauration de l'islam politique conquérant) et par définition sans frontière n'est plus un projet improvisé.

Dans une lettre musclée adressée au président Barack Obama, le président du Conseil de sécurité nationale (sécurité intérieure), se plaint des fins de non recevoir de la part du chef des États-Unis suite à des informations qui lui ont été transmises plus tôt en 2015, avant les attentats de Paris en date du 13 nov. Il est clair qu'en rendant publique cette lettre, le comité de sécurité avertit que l'administration Obama serait redevable envers les citoyens américains en cas d'attaque au pays, si elle ne prend pas des mesures plus appropriées à l'évolution du dossier de l'État islamique.


Extrait de la lettre envoyée au président Obama par le président du comité de sécurité nationale, datée du 17 novembre 2015, suite aux attentats de Paris. L'on y perçoit des tensions en lien avec l'attitude de l'administration Obama, suite à des informations privilégiées qui lui ont pourtant été transmises et le peu de cas fait des lettres, avis et recommandations précédentes; notamment, plusieurs vulnérabilités identifiées en matière de sécurité (1).




«H.R. 4038, the American Security Against Foreign Enemies (SAFE) Act of 2015, would put in place the most robust national-security vetting process in history for any refugee population and it gives the American people the assurances needed that we will do everything possible to prevent terrorists from reaching our shores» (Homeland Security Committee, 17 nov. 2015).

Le projet de loi mentionne nommément les groupes cibles de la procédure de vérification (nommer les choses pour ce qu'elles sont).


Exemple de prise de position envisageable pour le traitement des demandes d'accueil des réfugiés syriens et irakiens à partir de 2015:

 «Le Canada poursuivra dans sa tradition d'être une terre d'accueil pour les réfugiés et pour les travailleurs étrangers demandant la citoyenneté. Toutefois, en raison du contexte, le processus ne sera ni accéléré, ni entravé. Chaque nouveau réfugié devra avoir fait l'objet d'une vérification avancée et concertée pour des raisons de sécurité nationale. Toutefois, nous interviendrons immédiatement pour pourvoir aux besoins essentiels de nos demandeurs cantonnés dans les camps de réfugiés, d'ici à ce que soit complété le processus d'analyse des demandes.  Nous débuterons les cours de langue sur place, sans attendre que soient terminées les vérifications diverses sur place et les préparatifs d'accueil dans les lieux d'accueils nationaux dans les villes canadiennes».

  • ...
  • Le politique protégerait l'intégrité de la frontière Canada - États-Unis, laquelle risque de ne pas être assurée pour nos voisins du sud, avec une enquête de sécurité réduite à 45 jours au Canada, contre 18 à 24 mois aux États-Unis (risque de frontière de type passoire; terroristes entrant en sol américain par le Canada).
  • Les citoyens canadiens, rassurés, auraient moins tendance à stigmatiser les nouveaux arrivants en provenance de pays où est actif l'État islamique (Syrie, Irak) comme suspects potentiels de crimes à l'étranger (conservation de la paix sociale).
  • La démarche tiendrait compte d'une réalité bien différente de celle des boats people d'il y a quelques décennies, notamment dans les années 1980, dont aucun ne voulait conquérir l'Occident (contexte de l'époque = expansion du communisme en Asie, massacres et mort par autres moyens -ex. famine- par les khmers Rouges, etc.).
  • Les canadiens feraient leur part et contribueraient aux besoins essentiels d'un nombre proportionnel de réfugiés (exemple: nombre correspondant à l'objectif pour un an), durant la période d'attente à l'étranger (nourriture, hygiène, ...).
  • Innover: Les réfugiés pourraient commencer déjà à apprendre la langue et la culture en fonction de leur destination au Canada (anglais, français, introduction à la culture d'accueil, ...). Leur accès à l'école ou au travail n'en serait que facilité.




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1.  Michael T. McCAUL, Chairman, Homeland Security Committee, 16 novembre 2015.
(extrait de la lettre).

Le document PDF complet, la lettre adressée au président Obama, est disponible ici (site gouvernemental, consulté le 16 nov. 2015).


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