mercredi 19 août 2015

8 Mauvaises raisons de légaliser le cannabis et les drogues d'entrée

Chaque projet de changement de lois a son lobby. La libéralisation des drogues aussi. Si la légalité d'une activité et son contrôle par l'État et l'éducation garantissent sa protection contre le milieu criminel, alors pourquoi avons-nous la corruption et la criminalisation dans le marché public de la construction au Québec?


Les drogues seront peut-être éventuellement décriminalisées, non pas dans l'intérêt général des communautés, mais parce que les consommateurs se trouvent (comme pour la pédophilie et la prostitution juvénile) dans toutes les sphères sociales, incluant ceux qui font et appliquent les lois. Voilà!

Faut-il cesser d'utiliser l'argent à cause des faux-monnayeurs qui demain, frauderont autrement (sinon déjà; ex par cartes de crédit clonées, etc.)? De même, le problème de la légalisation du cannabis est beaucoup plus complexe que sa décriminisation convoitée par opportunismes politiques. 

En jeu: la la santé et la sécurité du public en raison de la toxicité des drogues dites «douces» ou récréatives 


  • En France, déjà en 2004, le cannabis était présent dans 1 accident mortel de la route sur 5 (davantage y incluant les accidents avec blessés). 
  • L'âge moyen de la première consommation, France 2004 : 13 ans
  • Il faut de la même manière savoir que présentement, au Québec, les comprimés de méthamphétamines, amphétamines et autres, vendus pour quelques dollars l'unité, ont la cote auprès des jeunes. L'État devrait-il alors, suivant cette logique, légaliser cette merde en comprimés, vendue aux enfants et aux adolescents? Des arguments sociopolitiques dignes d'une radio étudiante d'école secondaire. Notre jeunesse est en DANGER PÉRIL.

1.   L'exploration des drogues par des jeunes versus un éventuel dossier criminel


Si l'on veut épargner aux jeunes les conséquences des fautes de jeunesse au Canada, disons qu'on pourrait effacer le dossier de possession simple après trois ans, suite à une première offense. Mais si l'on croit que rien ne devrait affecter la liberté de mobilité (passeport, abolition des traces d'infractions), alors il faudrait justifier toute les infractions par la «jeunesse», ce qui ne serait pas responsable. Récemment, il a été abondamment écrit sur les réseaux sociaux qu'une agression sexuelle commise contre une jeune fille de 13 ans pas un cinéaste célèbre était une erreur de jeunesse... Sauf que le suspect avait 43 ans au moment des faits présumés. La société et la justice doivent protéger toutes les personnes, non seulement celles qui désobéissent aux lois et règlements et pas seulement les personnes d'âge mineur. Sinon, on est dans l'accommodement et non plus dans la justice.

Nos écoles au Québec, interdisent ou restreignent la vente du chocolat au lait pour le financement d'activités scolaires, mais la société veut donner ses lettres de noblesse au cannabis qui a des effets immédiats beaucoup plus dangereux ou du moins plus nuisibles.
Pour une compilation de données québécoises : 

Cannabis et conduite automobile au Québec : danger bien réel (28 août 2013) http://yapasdpresse.blogspot.ca/2013/08/cannabis-et-conduite-automobile-au.html


2.   L'impossible contrôle de la consommation des drogues


L'argument : «Les gens qui veulent se procurer du cannabis le font déjà... La fin de la prohibition amènerait, dit-on, la fin du commerce illicite dangereux car l'État contrôlerait la qualité et le composé du produit». C'est évidemment simpliste. Pour les drogues.

Premièrement, la vente serait, espère-t-on, quand même interdite aux jeunes d'âge mineur comme c'est la cas pour la vente de cigarettes (interdite aux moins de 18 ans au Québec), laissant la place à un marché illégal.
Deuxièmement, le problème demeure entier avec un individu qui veut se procurer des méthamphétamines, des stéroïdes et drogues de performance,  de l'ecstasy, du crack ou de la cocaïne ou des nouvelles molécules pires encore; ou simplement pour un jeune de 12 ou 14 ans qui voudra du cannabis. Retour à la case départ.

Si l'on devait libéraliser tout ce qui est très difficile et coûteux à contrôler, alors force est d'admettre que la société devrait permettre la consommation de cannabis et psychotropes à 13 ans, ce qui serait totalement irresponsable.


Troisièmement, si la légalité d'une chose ou le contrôle par l'État et l'éducation nous garantissaient sa protection contre le milieu criminel,

  • alors pourquoi avons-nous la corruption et la criminalisation dans le marché public de la construction au Québec, régie par des lois, règlements et mécanismes d'appels d'offres, par les ordres professionnels, les associations, ainsi que par l'Office de la Construction du Québec (OCQ) sous la surveillance des syndicats; tout ce beau monde, souvent très instruit?
  • Comment expliquer que les valeurs d'échange ayant cours légal comme l'argent papier ou numérique font quand même l'objet d'un marché criminel (faux-monnayeurs et fraudeurs par cartes ou comptes bancaires) ?

3.   Les coûts reliés à la prohibition des drogues


«Les coûts financiers reliés à la prohibition (enquêtes, police, tribunaux, application des peines en prison) seraient, dit-on, récupérés et dirigés pour être mieux utilisés ailleurs, comme en santé, en éducation, etc.»

Dans les faits, La relative réussite de la fin de la prohibition de l'alcool constituerait bien plus l'exception que la règle; 



  • La fin de la prohibition n'a pas mis fin au crime organisé qui a versé dans d'autres activités illicites: pornographie et prostitution juvénile, drogues de synthèse, jeux, corruptions des activités légales comme la construction, ...
  • Il a fallu recriminaliser en partie la consommation d'alcool associée à la conduite automobile, tellement l'alcool fait des victimes, sans compter les autres problèmes (violence domestique, etc.)
  • La majorité des cas dans les tribunaux municipaux ont un vecteur lié à la consommation de drogues ou d'alcool, cela est connu des milieux journalistiques qui couvrent ce genre de cas.
  • Ces coûts et ceux pour soutenir les victimes (ex. maisons pour femmes victimes de violence, perte de production, dettes non remboursées, frais médicaux, victimes d'accidents liées aux drogues, etc.) ne sont pas pris en compte dans les statistiques de promotion de l'alcool et des drogues.


En France, déjà en 2004, on relevait la présence de cannabis «dans un accident mortel de la route sur cinq» (1), plus encore en tenant compte des autres psychotropes.

De plus, question santé, Le cannabis est 5 à 6 fois PLUS cancérigène que la cigarette (2) et est un dépresseur.

Consommation croisée


La santé physique et mentale de même que la sécurité du public (ex. accidents avec facultés affaiblies) sont d'autant plus affectés que le cannabis est souvent trouvé en consommation croisée avec d'autres substances (alcools et autres drogues, cigarettes, médicaments)

Il est maintenant confirmé par des recherches que la consommation de cannabis contribue à faire augmenter le nombre des psychoses et les problèmes de développement du cerveau chez les adolescents et jeunes adultes. 


Acceptation sociale (perception) et consommation des jeunes



Quatrièmement, le phénomène de banalisation de l'usage des drogues agira  auprès des jeunes comme une forme de renforcement positif. Selon les statistiques françaises présentées par Bernard PLASAIT (2004), l'âge moyen de la première consommation en France est déjà de 13 ans en 2004, mais la consommation pouvait commencer aussi tôt qu'à 9 ans. Au Canada, on a tenté de nous faire croire à une consommation beaucoup plus tardive pour rendre le projet plus acceptable, mais c'est que

  • les statistiques tiennent comptent aussi des personnes plus âgées pour l'âge de la première consommation (ex. des gens ayant aujourd'hui 40 ans) et non de celles, par exemple, âgées de 20 ou moins au moment de l'enquête
  • ou encore, on omet d'inclure toutes les drogues dans l'enquête, ce qui exclut les jeunes consommant des comprimés divers plutôt que du cannabis (où les filles ont une très forte représentation).


4.   Présumée disparition des activités criminelles par la prise de contrôle de la vente par l'État


Le Canada selon Justin ?

Si l'État décide de normaliser le cannabis et certains dérivés comme le haschich ou le THC en comprimés, pour la consommation à des fins récréatives (loisirs à haut risque), le milieu criminel soit offrira des alternatives, agissant par exemple sur 


  • le marché des drogues de synthèse (souvent en comprimés) fort populaires déjà et à prix accessible, 
  • le prix ou sur la concentration du cannabis (ex. concentration plus forte en THC et sans taxes),
  • sur la distribution aux jeunes d'âge mineur, 
  • les drogues de performance et médicaments sans diagnostic de maladie, etc. 
  • OU en diversifiant ses activités.

Le milieu interlope modifiera ses activités. 

La Commission d'enquête sur le crime organisé à Montréal (CEICO) en pleine expansion après la vente libre de l'alcool par l'État québécois, ça vous dit quelque chose? C'est la preuve que la légalisation d'un produit n'a pas aboli la criminalité globale.



Les coûts des activités criminelles seront toujours quelque part dans la société.


5.   La fin de la prohibition de l'alcool prouverait, dit-on, que l'on doit faire de même avec les drogues dites «récréatives»


Pourquoi la fin de la prohibition qui a (relativement) bien fonctionné dans le cas de l'alcool, ne fonctionnerait PAS pour les drogues? 


D'abord, la fin de la prohibition n'a pas uniquement "bien fonctionné". Qui a vécu les décennies 1970 à 1990 le sait. Il a d'ailleurs fallu re-criminaliser partiellement la consommation d'alcool pour la conduite routière, en raison des hécatombes fréquentes (morts ou blessés graves).

Pour que le fait de décriminaliser ou dépénaliser la consommation fonctionne, il faut que le «client» y trouve des avantages significatifs. Contrairement à l'alcool, nous continuerions de voir un marché déjà populaire auprès des jeunes, pour l'approvisionnement des substances nouvelles ou existantes, souvent moins coûteuses que la drogue autorisée.

6.   La justification par l'aspect "médical" des substances psychotropes


Les soins médicaux sous ordonnance n'ont rien à voir avec la vente de produits pour un usage "récréatif". Si la morphine ou les opiacées sont autorisées sous ordonnance médicale, cela ne justifie pas leur vente libre, pas plus que celles des autres molécules légales à certaines doses et sous ordonnance médicale. On détourne l'attention. C'est de la poudre aux yeux pour parvenir, en quelques étapes faciles, à la poudre au nez.

Dans l'actuel débat, il est question de consommation de drogues en vente libre à des fins ludiques (récréatives, de loisirs) pour des gens qui ensuite prendront la route, croiseront la consommation avec d'autres substances (ex. médicaments, alcool, nicotine, caféine) se rendront au travail le lendemain matin ou même quelques heures plus tard, ou pour des jeunes qui iront (ou n'iront pas) à leurs cours, ou y seront improductifs ou inattentifs.

Et même en cas d'effets thérapeutiques réels de certaines molécules, à efficacité comparable, un médicament ne devrait être prescrit que si ses effets secondaires sont moindres que ceux des produits déjà homologués du marché. Si j'étais entrepreneur, je ne voudrais pas d'un employé sur le cannabis pour soigner ses douleurs lombaires. Les effets secondaires sont plutôt importants (3). Et au rebond (après les effets recherchés ou même pendant), le THC est un dépresseur, tout comme l'alcool.

7.   Le cannabis que l'on veut comparable à l'alcool ou au café?


Lors de la visite de policiers dans les écoles en 2015 au Québec, le café est mentionné comme étant une drogue légale. Je regrette, mais si je n'ai jamais vu un collègue de travail être improductif en raison de son café, j'ai vu l'inverse avec le cannabis et ses dérivés. À mon entrée sur le marché du travail, il y a plus de 30 ans, des collègues  ont consommé du cannabis durant certaines heures de la journée. Dès les premiers jours, leur production, leur dextérité (précision) et leur jugement s'en sont trouvés immédiatement et directement affectés. Après deux ou trois jours de cette pratique, on me demandait bientôt de compenser la perte de production de l'équipe, pour leur consommation à eux

Et l'argument de l'alcool, se résout par une question simple


Si l'alcool a des limites de concentration et demeure de l'acool, par contre, vous pouvez toujours trouver un comprimé à prix abordable plus dangereux mais non identifiable comme tel. «Hell is the limit!». De plus, contrairement à l'alcool qui prend quelques heures à être métabolisé, le THC peut subsister dans l'organisme durant plusieurs jours.

8.   L'argument du bon citoyen responsable


La faiblesse de cet argument se prouve dès que surviennent les problèmes liés à une vie sans contrainte externe.

  • On doit selon ses défenseurs, payer collectivement pour les conséquences d'une vie à haut risque. Voilà la grande faiblesse de l'argument du peuple mature et "responsable". 
  • Pouvez-vous imaginer un pilote de F1 qui exigerait que la classe moyenne couvre ses frais d'assurances vie et accident ?


PAS UN JEU

Conséquence prévisible : la fin du "No fault" (No fault no more)

Une liberté détachée des conséquences des choix et actions est une pseudo-liberté sans maturité. C'est le meilleur moyen pour provoquer la disparition des filets sociaux comme la pratique du "no fault" au Québec.


Au Québec, un individu peut provoquer un accident de la route (ex. par distraction) causant des blessures ou même la mort à autrui, sans pour autant hypothéquer le reste de sa vie pour une erreur. Pour la compensation des personnes victimes de la route, c'est l'État qui collecte, gère et redistribue l'argent d'une forme d'assurance responsabilité en cas de blessures à autrui. Le montant de la couverture est prélevée auprès des usagers de la route (payé au renouvellement de immatriculation et du permis de conduire, ...), tandis que l'aspect matériel (dommages matériels) est couvert par une assurance privée contractée par le propriétaire du véhicule. Ainsi, nous ne vivons PAS dans une culture de poursuites devant les tribunaux. C'est un avantage du "no fault". Mais la pression actuelle pour la légalisation des drogues dites récréatives amènera tôt ou tard une plus grande consommation et donc:
1)  Soit à reconsidérer au moins partiellement cet acquis; le no fault continuera-t-il de s'appliquer lorsqu'on agira en illégalité, comme conduire avec les facultés affaiblies par une consommation de drogues et alcool?
2)  Soit à des hausses vertigineuses des coûts pour compenser les coûts de l'acceptation sociale.

L'argumentation du «légaliser-tout» 

Il n'est tout simplement plus vrai que la version légale d'une activité empêche sa version illégale (underground).  Pour une panoplie de produits légaux, un marché parallèle existe. 

La légalité d'un produit n'annule généralement pas la criminalité, ni la contrefaçon 

D'autres activités déjà permises font l'objet d'un commerce clandestin «incontrôlable» :

  • Les cigarettes légales pour lesquelles on a vu se développer un marché de contrebande sans taxes, important au Québec.
  • La pornographie, pourtant en vente libre, voit via la filière pédophile mise en images, d'autres abus, voir même ces agressions filmées revendues sur le web. Allons-nous décriminaliser la pédophilie? Je crains que oui avec les arguments de la «maladie» et de l'offre et la demande. À l'instar de l'alcoolisme, tout ce qui constitue une dépendance ou déviance tendra à être classé comme maladie.
  • Les produits pharmaceutiques (médicaments) déjà en vente libre sous prescription médicale n'ont pas empêché la copie illégale. 
  • En matière de marché de contrebande de copie de produits déjà en vente libreon peut encore citer n'importe quel oeuvre numérique (musique, films) ou article en vente libre, du petit appareil électronique ou accessoire électrique jusqu'à la chaussure sport et aux vêtements et accessoires mode griffés. 
  • Les activités économiques légales infiltrées ou tendant à être contrôlées par le crime organisé (ex. Industrie de la Construction au Québec).

Que fera le Québec face à ces marchés interlopes qui existent déjà et ne peuvent que difficilement être contrôlés???  La clé de la réussite des marchés illégaux:

  • la simple recherche du client pour payer le moins cher possible. 
  • Et cela existera toujours, sans pour autant justifier l'inaction et d'offrir nos enfants en sacrifice à certaines associations et individus qui voudront toujours s'enrichir avec le moins d'efforts possible.

Pensée : La véritable liberté ne se réduit pas à choisir son esclavage.

ARTICLE SUGGÉRÉ:


Cannabis et conduite automobile au Québec : danger bien réel

IMPACT DES SUBSTANCES PSYCHOACTIVES SUR LA CONDUITE AUTOMOBILE
Vous remarquerez qu'au Québec les statistiques sur les effets des drogues récréatives sont rares, parce qu'on ne veut pas vraiment savoir.
http://yapasdpresse.blogspot.ca/2013/08/cannabis-et-conduite-automobile-au.html

_______________
1.  Bernard PLASAIT. Cannabis, scandaleuses complaisances. Éditeur : 2004.
L'Auteur a travaillé  sur le dossier de la drogue, en tant que sénateur.
http://www.renaud-bray.com/livres_produit.aspx?id=593895&def=cannabis%2C+scandaleuses+complaisances%2Cplaisait%2C+bernard%2C2868399541



2.  Même source.

3.  À LIRE SUR 
PsychoMedia.qc.ca


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