lundi 6 janvier 2014

Bye Bye 2013: une revue humoristique «cocktail» parmi d'autres

Puisqu'on a cherché la critique du Bye Bye 2013 sur mon blogue, je me sens contraint d'en livrer une, encore... Le Bye Bye (revue télévisuelle de fin d'année) est passé du statut proche d'une tradition populaire de transition (pour faire le passage à la nouvelle année), pour devenir une revue télévisuelle humoristique parmi d'autres. Non pas qu'il n'y ait pas de talent dans le Bye Bye car il y en a beaucoup. Le problème n'est pas là. Mais le tout est disparate et inégal. Il a aussi perdu son rôle de bilan humoristique collectif québécois de l'année; une sorte d'exercice «thérapeutique» pour le peuple.

Des téléspectateurs m'ont dit avoir trouvé les coulisses du Bye Bye meilleures que le matériel principal; ce qui en dit long.
Bye Bye 2013. Crédits image: ICI Radio-Canada, 2013 (depuis TOU.TV)
J'ai pu cependant constater que
  • l'exercice était très critique face au compétiteur privé, TVA. On a raté une belle occasion de rire un peu de la saga de ICI...
  • Les gags étaient inégaux après les 24 premières minutes de show.
  • Certains thèmes promettaient beaucoup (ex. les maires Régis Labeaume du village gaulois de Québec (Régix) et Denis Coderre (Coderrix) de Montréal (en personnages d'Astérix et Obélix) mais ne livraient pas à la hauteur anticipée. 
  • Les références à la vraie actualité (non centrée sur le contenu télévisuel de 2013) étaient limitées. Je me suis demandé en pleine écoute, ce que venait faire une place aussi importante aux parodies de séries télévisées dans une critique humoristique de fin d'année. Je trouve ce genre de gags sur les émissions de télé, plutôt du calibre d'une émission d'humour hebdomadaire. 
Mathieu Bock-Côté avait en bonne partie raison d'écrire sur son blogue:
«Comme qui dirait, c’était le Bye Bye des «enfants de la télé». C’est un peu comme si la télévision devient autoréférentielle. Elle ne s’intéresse qu’à elle-même. Elle rit de ses gags ou de ses moments marquants. C’est l’autocélébration d’un petit milieu qui fonctionne à «l’inside joke».(1)
Bien sûr qu'il y a des «bouts drôles»; l'excuse pour perpétuer à ICI, c'est-à-dire là, la formule actuelle du Bye Bye. Mais des «bouts drôles», il y a en a dans toute émission d'humour comme il y en a chaque semaine sur les réseaux de TV. Mais tout sketch ne fait pas nécessairement un contenu pour ce qui était auparavant LA revue de fin d'année populaire du Québec. Ce genre d'exercice collectif sert normalement, entre autre d'exutoire aux frustrations accumulées en politique, économie, actualité, OU à faire un retour sur des cocasseries de l'actualité. Mais voilà que l'actualité est devenue la télévision elle-même.

On a perdu le sens de l'exercice populaire pour le réduire à une émission d'humour... à gros budget, qui goûte par moment le caviar et qui, somme toute, pourrait se situer à différents moments de l'année, s'il n'y avait l'indice de la figure imposée du décompte et des souhaits de bonne année.
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1.  Mathieu BOCK-CÔTÉ. Le Bye Bye ou la tyrannie médiatique. Journal de Québec, dimanche 5 janvier 2013, p.13
Version bogue : http://www.journaldequebec.com/2014/01/04/le-bye-bye-ou-la-tyrannie-mediatique (lien consulté le 6 janvier 2014)
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