dimanche 4 octobre 2015

Élections canadiennes 2015: syndicalisme partisan ET réactions à la distribution du livre d' Éric DUHAIME

Syndicalisme enragé contre radio engagée

(article révisé le 18 novembre 2015)

Éric DUHAIME, analyste, chroniqueur et ex-conseiller politique a distribué gratuitement 5,000 copies reliées de son livre (essai) «Libérez-nous des syndicats» dans la semaine de la période électorale, du 27 septembre 2015. Ceci en réaction à l'implication anti-conservatrice d'une grande centrale après la date de début de campagne. L'enjeu probable pour les syndicats: la loi fédérale sur la transparence syndicale adoptée par le gouvernement Harper (PCC) en juin 2015, que renverserait le NPD. Mais avec la tendance à la remonté du PLC, les syndicats pourraient favoriser ce parti, avec... l'argent des cotisations des travailleurs votant NPD, PCC, Bloc, etc. (Cogeco nouvelles, 2 oct. 2015).


Télécharger gratuitement ou lire en ligne l'essai d' Éric DUHAIME, Libérez-nous des syndicats

(testé le 3 octobre 2015):


Deux surprises lors de la semaine de distribution en divers points de la région de la capitale québécoise: 

  1. la rapidité des preneurs qui devaient se déplacer pour recevoir leur exemplaire de l'essai. Les 5,000 livres imprimés n'étaient pas postés.
  2. la réaction quasi-sectaire des grandes centrales déjà elles-mêmes pourtant TRÈS actives et engagées encore après le lancement officielle de la campagne électorale fédérale canadienne de 2015 (prêt de personnel -donc salaires- et engagement de ressources autres, telles que frais de déplacement, de repas, etc.). Selon la loi électorale canadienne, les dépenses en période électorale pour avantager ou désavantager un parti ciblé devraient pourtant être toutes compilées...
Selon un document stratégique et contrairement aux prétentions des dirigeants syndicaux dans les médias (prétention au recours à des bénévoles uniquement), le document est plus général et peut impliquer des syndicalistes rémunérés, ou sinon des bénévoles dont certaines dépenses seront couvertes.

À l'étape 1 de la stratégie de campagne anti-conservatrice ou anti-Harper, le document stipule clairement une référence à du personnel rémunéré si on l'entrecoupe à la stratégie dévoilée plus tôt en 2014.


  1. Comment expliquer autrement ce sous-point de l'étape un? (document utilisé après le début de la campagne électorale):


Le document guide obtenu par la radio privée démontre que du personnel rémunéré, sinon des dépenses de bénévoles, seraient obligatoirement engagées mais non comptabilisées selon la loi (crédits photo : FM 93,3 de Québec).


Nous pouvons y lire un objectif visé, dès la première étape: «Comment chacune des personnes présentes peut-elle diminuer le temps alloué au travail syndical courant (écoute, comités, griefs, etc.) de façon à faire de cette campagne la priorité no 1 ? »






Il semble aller de soi qu'une stratégie aussi solide et exigeant des milliers d'heures de travail au Québec, n'engageraient pas au moins des frais de subsistance  même de la part de bénévoles (kilométrage, repas, communications et édition, fournitures de bureau et autres, frais de formation et conseil par des syndicalistes rémunérés, etc.) ! 

Il faut comprendre la démarche politisée dans une stratégie plus grande mise en branle dès 2014 qui a fait l'objet d'un autre article sur ce blogue:

Il est impossible que dans celle-ci , la FTQ engage des dépenses jusqu'au déclenchement officiel des élections et par la suite cesserait ses dépenses implicites (minimales) décrites plus haut (fournitures, personnel permanent libéré, frais de subsistance durant les représentations des bénévoles, frais de salles et autres pour réunions, coordination et formation, frais de communications, etc.).

  1. Les stratèges syndicaux oublient que les Québécois sont plus scolarisés que dans les années 1960-1970. 
  2. Et qu'il y a parmi les cotisants syndiqués des allégeances envers tous les partis représentés aux élections. Il est par conséquent non éthique de détourner les activités syndicales en les politisant et en politisant les membres (dans le langage = rééducation politique proche des pratiques communistes) prévue dans une précédente présentation stratégique de la FTQ produit entre le printemps et l'automne 2014 :





Faut-il rappeler que les syndiqués ont diverses allégeances. Au Canada (pays libre) le vote pour choisir les députés et le parti au pouvoir est personnel, individuel et NON PAS corporatif. On a donc pris de l'argent de syndiqués pour aller contre leur volonté et, comme vous le verrez ici, pour «politiser les membres» (les éduquer politiquement) comme cela se fait dans les pays avec peu ou pas de tradition démocratique bien établie.

(...)


(...)
(...)


(...)

IMPORTANT pour le contexte de l'opposition syndicale rencontrée par Éric DUHAIME dans la distribution gratuite de «Libérez-nous des syndicats»


L'auteur nous rappelle que l'enjeu financier est énorme pour la transparence syndicale (plus de 1 milliard de dollars prélevés en 2009)

Sans la transparence sur les argents prélevés directement sur salaire selon la formule Rand remontant à 1946, cela devient vite un pouvoir arbitraire immense de dépenser. On l'a vu dans les auditions de la Commission sur la collusion en construction (1). Les centrales syndicales font rapport à leurs membres-cotisants. Mais les dépenses ne sont pas suffisamment détaillées (ventilées) selon plusieurs cotisants et selon le PCC, pour réduire les risques élevés d'éventuelles fraudes ou détournement d'intention. Le but de la nouvelle loi fédérale est justement, entre autres choses, d'obliger les syndicats à justifier les dépenses de 5,000$ et plus. Cela est tout à fait justifiable. Il n'abolit pas la formule Rand de prélèvement à la source mais resserre les règles de transparence sur l'utilisation de ces sommes qui surpassent celles des principaux partis politiques du Québec.

Les centrales et associations professionnelles se partageaient donc au minimum (5 fois le montant des crédits d'impôt demandés par les travailleurs): soit plus de 1 milliard de dollars annuellement


Le nerf de la guerre, c'est évidemment l'argent et on le voit aussi dans l'actualité: le POUVOIR! Les grandes centrales agissent, selon DUHAIME, comme des partis politiques non élus adjoints de techniques d'intimidation inspirées des milieux criminalisés. Il faut la transparence sur les revenus et dépenses. Bien des syndiqués seraient étonnés de connaître les salaires, avantages sociaux et comptes de dépenses, de ceux qui représentent les travailleurs.

On apprend des choses fort intéressantes dans la revue des événements lors de son entrevue avec Myriam SÉGAL, à l'émission Que Québec se lève (AUDIO .mp3) du samedi 3 octobre, notamment:

  • Malgré un précédent best-seller (meilleur vendeur) dans la catégorie essai, aucun éditeur bien établi ne voulait endosser «Libérez-nous des syndicats»; même pas l'éditeur de son précédent livre, par crainte de représailles.
  • Certaines entreprises ayant accueilli l'auteur, chroniqueur radiophonique et sa collègue (ex-ministre) Nathalie NORMANDEAU, ont reçu des menaces de représailles. Liberté d'expression vous dîtes? Imaginez maintenant le pays de rêve (plutôt un cauchemar) où les entreprises et les banques seraient nationalisées: «Adios, la liberté d'expression publique des idées!», pourra-t-on dire.
  • Monsieur DUHAIME lui-même a fait l'objet d'une plainte déposée à Élections Canada. On a tenté d'empêcher la distribution gratuite de son essai sur les grandes centrales syndicales.
  • Sa réaction à la plainte déposée à Élections Canada: il ne s'immisce pas de façon partisane en campagne, mais justement contre celle, extrêmement structurée, des centrales syndicales anti-Harper, révélée en septembre 2015 (voir les images et liens). Il réclame un vrai droit de débattre et de faire évoluer le syndicalisme, au minimum via leur bonne volonté de se soumettre à la nouvelle loi sur la transparence des dépenses syndicales (le C-377). Il réclame leur retour à leur mandat premier, non plus de s'immiscer de façon partisane en période électorale. Et comme les opinions politiques des travailleurs ne sont pas liées par leur allégeance syndicale, on devrait s'attendre à ce que les dépenses directes et indirectes (personnel prêté, frais remboursables, publicités, démarchage, etc.) contre l'élection d'un parti n'aillent pas à l'encontre des orientations politiques des travailleurs qui alimentent tous généreusement les caisses syndicales.
  • Pour DUHAIME, l'opposition contre une réélection de Harper est surtout due au désir de faire élire au Canada, une majorité de députés du NPD (très proches des centrales) qui abolirait la loi sur la transparence (C-377) votée en juin dernier par le Gouvernement Harper. Suite à divers événements douteux (ex. détournements de fonds avérés, commandites probables et obscures d'activités et mouvements anarchistes ou proches, comme au printemps 2012, partisanerie politique), tout cela à partir de collectes de fonds selon la formule Rand (directement à la source, sur salaire), donc sans égard aux préférences politiques des pourvoyeurs de la caisse. La loi adoptée est contestée par les syndicats. 

Exemple d'impacts de l'application du projet de loi sur la transparence syndicale adopté en juin 2015 (Canoe.ca - Argent, 8 juillet 2015) :

«Il force les syndicats à rendre publique une série d’informations financières dont :
- Nom de tous les salariés gagnant plus de 100 000$;
- Toute dépense de 5000$ et plus, et son bénéficiaire;
- Temps consacré par les employés à des activités politiques et de lobbying non liées aux relations de travail.»

Quel beau rêve! Même pour les travailleurs qui cotisent des centaines de dollars par année, de leur argent, dont une partie va à l'encontre des préférences politiques individuelles (entre autres choses).

EXIT le sectarisme intimidant des grandes centrales


Éric DUHAIME (tout comme comme le présent blogue privé) ne demande pas l'élimination des syndicats, mais plutôt le retour à leur mandat premier:

  • défendre, conseiller et représenter les travailleurs dans les négociations et problèmes rencontrés. On peut donc mentionner le rapprochement des travailleurs (besoins particuliers des personnes),
  • le respect des choix et convictions politiques de ceux-ci, 
  • le vote secret sur les grands enjeux,
  • sans oublier la TRANSPARENCE financière (ventilation des dépenses en respect de la loi), entre autres, en raison des énormes crédits d'impôts suscités (plus de 1 milliard par année au Canada). 
  • Il y va de de diverses recommandations dans son essai, mais le présent article ne constitue cependant pas un appui à toutes ces demandes, certainement à considérer toutefois. Deux ou trois fois par siècle ne constituerait certainement pas un abus.

Extrait de l'essai «Libérez-nous des syndicats» 


Voici selon DUHAIME, la principale cause de l'opposition actuelle des grandes centrales à la loi adoptée en 2015 (C-377), et du coup, au livre qui en fait la promotion:

Extrait de Libérez-nous des Syndicats, 2013, p. 37

«Le nerf de la guerre, tout le monde le sait, c’est le fric!
«Les sommes reçues par les syndicats sont loin d’être négligeables. On ne connaît malheureusement pas le montant exact que soutirent les syndicats aux travailleurs québécois. Les syndicats agissent comme s’ils étaient les mandataires exclusifs d’une grosse caisse secrète à laquelle eux seuls avaient accès. Devant son obligation de faire preuve d’un peu plus de transparence, le gouvernement nous révèle tous les ans, via le ministère des Finances, dans les Statistiques fiscales des particuliers, les montants déclarés en paiement de cotisations syndicales ou professionnelles aux fins du crédit d’impôt non remboursable de 20 %. 
«Dans la dernière édition disponible, on apprend que ce crédit d’impôt est égal à 210 millions $ en 2009. Si 20 % = 210 millions $, 100 % = 1,05 milliard $.» (Libérez-nous des Syndicats, 2013, p. 37)
Et encore:
Extrait de Libérez-nous des Syndicats, 2013, p. 39

«Juste pour donner un ordre de grandeur, pensez que les trois principaux partis politiques représentés à l’Assemblée nationale en 2011, le Parti libéral du Québec, le Parti québécois et la défunte Action démocratique du Québec, ont amassé ensemble 7 394 458 $, soit moins de 1 % de ce que les syndicats récoltaient pendant la même période. On fait grand état de l’argent sale qui a pu souiller les caisses électorales des partis. Ces caisses sont pourtant bien insignifiantes lorsqu’on les compare à celles des syndicats.» (Libérez-nous des Syndicats, 2013, p. 39)

Un étrange sentiment...


Toute cette histoire d'implication directe contre un parti ciblé (PCC) et un parti privilégié (NPD) dans la période électorale actuelle ainsi que la réaction menaçante envers des entreprises qui ont rendu disponibles leurs terrains en vue de la distribution nous laissent un bien étrange sentiment. Une idée que l'on tente de chasser comme un mauvais rêve. Les grandes centrales ont des pratiques semblables à ce qui se fait dans le crime organisé. Les centrales sont-elles sous influence d'amis obscures ou proches de politiques qui ne font pas l'unanimité (socialisme, communisme, anarcho-syndicalisme, ...)?

Bref RAPPEL:  Une grande centrale déjà impliquée par ses ressources en pleine campagne électorale fédérale 2015 (stratèges, conseillers, démarcheurs, autres dépenses)


Une radio privée de Québec (FM 93,3) a révélé à la fin de l'été 2015, après le déclenchement de la période électorale fédérale, que du personnel syndical rémunéré mène une campagne anti-conservatrice en période électorale. Tout en réduisant le service aux membres, selon le guide stratégique, une grande centrale incite, dans certaines circonscriptions à voter NPD, le candidat le plus susceptible de battre les Conservateurs (PCC). Selon la loi électorale canadienne, toutes les dépenses en période électorale doivent être compilées et limitées (plafonnées). Le personnel gratuit et les équipements et fournitures constituent évidemment des dépenses à considérer.



AVANT LE LANCEMENT OFFICIEL DE LA CAMPAGNE 2015, la machine à plein régime

Élections 2015: argent de syndiqués détourné en politique partisane

(21 juillet 2015)

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1.   Commission d’enquête sur l’octroi et la gestion des contrats publics dans l’industrie de la construction (communément appelée Commission Charbonneau).
https://www.ceic.gouv.qc.ca/

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