lundi 12 août 2013

«2016: Obama's America» (Documentaire, essai sur l'idéologie de Barack Obama)

Le film d'anticipation 2016: Obama's America (produit en 2012) est principalement basé sur le bestseller The Roots of Obama’s Rage (du NewYork Times), par l'intellectuel d'origine indienne, Dinesh D'Souza, auteur à succès et conférencier politologue réputé. 

Ce dernier a débuté comme analyste politique sous le mandant du président Ronald Reagan. Ayant passé les premières années de sa vie en Inde, dans un pays post-colonisé, D'Souza est en mesure de comprendre les influences dans lesquelles a baigné le futur président Obama en Indonésie (ancienne colonie) et à l'archipel d'Hawaii (annexé par les USA). Mais aussi, ce qu'a légué Obama père, le Kényan, à son fils dans une correspondance entretenue durant plusieurs années avec lui. Et sur ce qu'a ensuite transmis le réseau politique kényan du père, durant un assez long séjour qu'Obama y a fait en 1987, cinq ans après la mort de son père en 1982. L'auteur et analyste politique pense avoir trouvé la clé, dans l'autobiographie d'Obama, Dreams From My Father. Il a suivi ce fil conducteur des influences (éducation, amis, mentors, professeurs, père, pays de séjours ou résidence) ayant précédé la présidence. 

Dans son parcours, Dinesh D'Souza, ce nouveau citoyen et démocrate qui a été analyste politique démocrate, tente de comprendre les ascendants d'Obama avant la présidence et particulièrement, la grille de valeurs pour certaines de ses décisions et actions, en cours de premier mandat. Il suit la piste des influences et des amis et mentors précédant la présidence.

Les questions de D'Souza 


Quelle est la boussole d'Obama? Quels sont les «Pères» des rêves dont il se fait porteur? Sont-ils ceux de la constitution et de l'histoire américaine; une démocratie forte qui influence le monde? Est-ce le rêve de Martin Luther King? Ou a-t-il plutôt d'autres rêves? Quel est donc le fil unificateur entre
  • sa vie, mais surtout celle de sa mère qui se poursuit en Indonésie, pendant son retour pour son éducation à Hawaii, demeurant chez ses grands-parents?
  • ce qu'il a reçu comme enseignement et mentorat à Hawaii
  • son séjour au Kenya, quelques années après le décès de son père, durant lequel il rencontre les contacts de son père qui était un homme très politisé; conseiller politique jusqu'à son décès dans un accident d'automobile quand le fils Obama avait 21 ans?
  • et avec les enseignants universitaires, amis et autres figures qui l'ont influencé? 
D'Souza tente ensuite à partir des réponses obtenues de se projeter vers l'héritage prévisible en 2016, pour anticiper l'Amérique politique et idéologique qui sera laissé par Obama.

Et que sera l'héritage sociopolitique des États-Unis après deux mandats du président Obama?


Après une mise en place, on entre dans le vif du sujet avec des faits (éducation, rencontres, séjours, amis, contacts, mentors choisi par son grand-père, puis par lui-même à l'université, ...). D'Souza comprend, d'après l'autobiographie d'Obama, qu'il doit comprendre la méthode Barack Obama par son histoire personnelle, plutôt que via  le filtre habituel de l'histoire démocrate et de la poursuite du rêve américain.

Équipe de production


Vous pouvez être étranger et prospérer aux États-Unis, ce qu'a fait Dinesh D'Souza. C'est pour participer et contribuer à ce rêve que l'homme d'origine indienne a émigré en Amérique lorsque jeune homme, pour prendre part à cette liberté de choisir sa profession et d'agir sur sa propre destinée (liberté impossible en Inde avec les castes basées sur le karma et le reste). Le producteur qui se joint à D'Souza pour transposer l'enquête biographique en version documentaire, Gerald R. Molen, n'est pas un nouveau venu dans le monde du cinéma. Il a produit plusieurs films qui ont fait leur marque, parmi lesquels, Le Parc jurassique et Rapport minoritaire. Molen a aussi participé à la production de La Liste de Schindler et coproduit Rainman, primé d'un Oscar. Mais 2016: Obama's America se présente plutôt comme un documentaire recréant l'enquête, les recherches, les interviews, menées par D'Souza dans sa quête pour comprendre le président Obama, et qui a mené au livre The Roots of Obama’s Rage.

Nous ne savions presque rien d'Obama


Par exemple, nous entendons souvent qu'Obama n'a rencontré son père biologique qu'une seule fois, à l'âge de 10 ans. Mais ce que peu savent, du moins au Québec, c'est qu'Obama a plus tard entretenu une correspondance avec ce dernier durant 11 années, jusqu'à sa mort (Obama fils avait 21 ans lors du décès du père).

Nous apprenons que dans son séjour en «Indonésie», où il est déménagé avec sa mère et son beau-père Lolo, et lors de la vie de sa mère qui y demeure encore, alors que le jeune Obama est retourné à Hawaii pour vivre chez ses grands-parents, le jeune futur président était exposé à des sentiments particuliers face au capitalisme et aux anciens colonialismes.  À Punahou (Hawaii), Barack Obama fréquente une école où le programme scolaire véhicule un enseignement contre les Américains qui ont annexé l'archipel un siècle plus tôt (avant qu'une puissance orientale le fasse!); et aussi via un mentor qu'il aura jusqu'à la fin du collège.  De même, lors de son séjour au Kenya en 1987, suivant la mort de son père en 1982, ou dans sa correspondance avec ce dernier jusqu'à sa mort (Obama avait 21 ans en 1982), il se retrouvait en pleine période post-coloniale, empreinte de ressentiments. Nous apprenons aussi, qu'en pleine récession économique, Obama a pris le temps en 2010, de renvoyer aux Britanniques, un buste en bronze, de Winston Churchill, offert aux États-Unis par un gouvernement précédent. C'est une image forte quand on sait l'importance de la collaboration des Américains avec les Britanniques pour vaincre les Nazis et leur projet fasciste de domination mondiale, qui aurait forcément atteint l'Afrique aussi. Quels sont donc ces idéaux qu'Obama père a transmis à son fils, et auquel ce dernier fait référence dans le titre de son autobiographie Dreams From My Father (=«les rêves que mon père m'a transmis» et non «...Of My Father»=«les rêves que mon père avait»)?

S'il faut toujours en prendre et en laisser dans ce genre de documentaire d'enquête biographique, les producteurs ne sont certainement pas toujours hors-piste. Car ce n'est que sous un certain éclairage, que l'on pourrait enfin expliquer et mettre ensemble plusieurs des décisions inattendues du président, en nette rupture avec la logique démocrate.
  • Pourquoi, tout en dépensant plus que les présidents qui l'ont précédé, Obama a-t-il simultanément pris des décisions qui semblent être allées dans le sens de réduire l'influence ou le rayonnement des États-Unis? 
  • En quoi se distingue-t-il des démocrates qui l'ont précédé?
  • Comment sera l'Amérique d'Obama et l'État politique du monde en 2016 après deux mandats, avec un armement nucléaire en pleine expansion dans plusieurs pays instables, mais inversement des réductions majeures des défenses américaines pour se montrer enfant modèle? 
Les questions sont beaucoup plus nombreuses, bien au-delà de la sécurité nationale:
  • Programme de la NASA réorienté de façon surprenante, 
  • Restrictions à l'exploitation pétrolière en mer au large des côtes américaines, mais aide à l'Amérique du Sud, favorisant l'exploitation ... en mer, cette fois contribuant à enrichir les pays sud-américains touchés (fortement réfractaires aux Américains). 
  • Et ainsi de suite.

bande annonce en v.o.a, 2016 Obama's America

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