jeudi 3 mai 2012

Crise étudiante: trois personnalités québécoises ont observé

UN COURT EXTRAIT DE CE QU'ONT OBSERVÉ TROIS PERSONNALITÉS BIEN CONNUES DES MÉDIAS


Jacques
 Duchesneau (photo 2011)
J'ai regroupé et commenté trois observations, soit d'une personnalité des médias, l'autre par un sociologue souverainiste et la troisième par un homme qui fait carrière dans le milieu judiciaire. Ils se prononçaient cette semaine, sur la crise étudiante qui trouble l'ordre social au Québec actuellement. J'ai retenu un court extrait significatif de leurs points de vue qui tempèrent celui d'une certaine foule exaltée, enivrée par les effluves du printemps. Rappelons que la majorité des étudiants étaient contre le boycott des cours au-delà de quelques jours.


Richard Martineau
Le chroniqueur Richard Martineau exprime un point de vue des médias qui questionnent le bien fondé de la crise actuelle et les demandes des étudiants:

«Hier, un collègue m’a avoué s’être fait pisser dessus pendant qu’il couvrait une manif d’étudiants. Pas de farce: il parlait à la caméra quand un manifestant cagoulé a baissé sa fermeture éclair et lui a pissé sur la jambe. Un autre jour, des manifestants l’ont cloué sur le sol et l’ont roué de coups. Une collègue s’est fait cracher au visage, une autre a été entourée et harcelée, des cameramen ont été agressés, un reporter a reçu une tomate en plein front, des cars de reportage ont été vandalisés… Quant à moi, je ne vous dis pas la teneur des courriels que je reçois...» (1)

Mon commentaire : l'actuel mouvement de tendance anarchiste confirme la pratique suivie par des anciens  mouvements de renversement de l'ordre social qui ont découlé du communisme et du socialisme autoritaires. Ces derniers muselaient les médias présentant des opinions divergentes ou les fermaient carrément. Nous savons tous ce qui s'est passé en avril, avec les véhicules de reportage de TVA, ou avec l'édifice Québecor.

Viva la liberté de presse! Camarades!


Mathieu Bock-Côté (photo 2012)
Je n'aurais jamais pu si bien l'écrire que le sociologue et chroniqueur Mathieu Bock-Côté:

«Le pourrissement de la situation politique est sans précédent. Comment la question des frais de scolarité a-t-elle pu dégénérer à ce point ? Elle révèle un malaise politique profond. Ni la gauche ni la droite n’en ont le monopole. Le gouvernement Charest a toujours pour lui la légalité démocratique. Ceux qui le contestent se laissent intoxiquer par une rhétorique révolutionnaire. En démocratie, les élections ne sont pas une consultation parmi d’autres. À moins de préférer les cris de la foule aux délibérations parlementaires» (2).

Mon commentaire : effectivement, la démocratie ne peut pas être gérée au jour le jour dans la rue. Ceux qui méprisent les débats parfois houleux de l'Assemblée nationale du Québec devraient y penser. La démocratie de la rue et pièce par pièce, c'est encore moins beau. Surtout quand une partie déclare que sa cause est supérieure au droit de nos tribunaux qui sont un arbitre de notre démocratie. La démocratie et l'État ne peuvent pas non plus se gérer par un clic électronique sur chaque sujet, sur-représenté par ceux qui ne travaillent pas et sont bénéficiaires des subventions ou de l'aide de l'État.


M. Duchesneau, un ancien chef de police qui est bien connu pour la commission d'enquête sur la collusion dans l'industrie de la construction publique (coûts de travaux trafiqués par la collusion aux appels d'offres publiques, contrats surévalués, corruption possible au niveau politique) a exhorté les leaders étudiants notamment en rapport avec le lien volontairement ambiguë maintenu par certains leaders étudiants avec les casseurs:
«Quand tu es leader, tu es leader quand ça va bien et tu es leader quand ça va mal»

«Si je suis capable de rallier des gens, il faut que je me donne des moyens de contrôler les gens que j'ai invités à mon party» (3). 
Mon commentaire : un vrai leader ne peut pas prendre uniquement le crédit pour ce qui est bon, et rejeter ce qui est disgracieux comme étant étranger à sa cause. Un bon leader sait tempérer ceux qui le suivent et en cas de dérapage (violence, menaces, intimidation, ...), doit  désapprouver clairement. Il a comparé la casse et la violence à la métaphore d'un party qui dégénère, ce qui en pareil cas, est loin de démontrer la compétence de leadership et le respect des troupes. 

Il a du même coup invité les leaders étudiants à maintenir la ligne dure avec les casseurs. Sauf que la casse fait l'affaire de la CLASSE depuis quelques semaines déjà. La coalition étudiante a récemment confirmé sa position de refuser de condamner la violence ou de la dénoncer clairement, pour au contraire s'en "dissocier" seulement. Comprendre : ce n'est pas nous; autrement dit? On se protège ainsi d'éventuelles poursuites légales sans faire cesser la violence. 

M. Duchesneau appuie le sens de la contestation, suggérant que l'État québécois sous le parti Libéral du Québec (PLQ) a un sérieux ménage à faire et doit mieux contrôler les dépenses dont une partie actuellement sont détournées vers des crimes économiques qui briment tous les Québécois (L'État ne paie rien, nous payons et il gère). Mais il y a une chose avec laquelle nous ne pouvons être d'accord dans ce discours, et c'est le débordement et l'élargissement de la cause des frais de scolarité pour englober toutes les causes de la gauche, anti-capitalistes et syndicales. Des syndicats sont en effet des sponsers et mentors, dans cette affaire; la chose est maintenant connue. Cela aurait-il échappé à Monsieur Duchesneau

Ce n'est jamais bon de scier la branche sur laquelle nous sommes assis

Notre gouvernement est-il infiltré par la corruption? Peut-être; sûr pour certains éléments indésirables à identifier. Mais cela se réglera autrement qu'en renversant la démocratie pour la remplacer par une démocratie autoritaire ou par une démocratie de la rue, sans vue d'ensemble, où il sera impossible de concilier les opposés dans la paix

Faut-il rappeler aux étudiants belligérants  que le résultat des renversements de gouvernements pour les remplacer par des idéologies sociopolitiques communistes ou socialistes pures ont donné beaucoup de corruption. Ce sont les amis du système qui roulaient en voiture allemandes ou italiennes et qui bénéficiaient de la main d'oeuvre bon marché. Ce sont eux qui avaient un accès privilégié aux soins de santé de bonne qualité. La main d'oeuvre bon marché témoignait de la quasi-absence de classe moyenne (classe pauvre nettement dominante), contrairement aux concepts et aux promesses de départ, pour plus grande prospérité pour tous. Sans oublier que ces nouveaux régimes autoritaires, sinon carrément dictatoriaux, se maintenaient par l'armée et la police qui engouffraient une grande partie de l'argent (plus que l'éducation et la santé réunis). Et comme si ce n'était pas assez, ils gardaient (ou gardent) leurs populations prisonnières des frontières de leur pseudo-paradis socioéconomique. Les germes de ces pratiques sont dans la révolte anarchiste actuelle, comme l'a dit Gabriel Nadeau-Dubois, co-porte-parole de la CLASSE, dans son discours du 7 avril, nous assistons à une répétition pour ce qui s'en vient dans les prochaines années. C'est là leur plan. Le printemps 2012 est une répétition en vue de la présentation de la «pièce» dramatique.
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