mardi 24 août 2010

Tribunes : Médecins opposés à l'euthanasie à Saint-Bruno (Québec) 25 août 2010

- COMMUNIQUÉ -
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Tribunes de médecins s'opposant à l'euthanasie 
et prônant une fin de vie « naturelle »

ST-BRUNO-DE-MONTARVILLE, QC, le 24 août /CNW Telbec/ - À l'approche des consultations publiques que tiendra la Commission spéciale sur la question de mourir dans la dignité (Commission mise sur pied par l'Assemblée nationale du Québec)dix médecins viendront partager avec nous le fruit de leur expérience auprès des malades et donneront leur point de vue sur cette importante question de l'euthanasie.

Participeront à ces tribunes les Docteurs Joseph AyoubMarc BeauchampMichel CoptiPaola DiadoriMaurice FalardeauCatherine Ferrier, Bruno GagnonJosé MoraisNicholas Newman et Patrick Vinay. Deux étudiants en médecine, Laurence Normand Rivest et Andrew Helmers participeront. Deux tribunes se dérouleront simultanément en français et en anglais

Endroit : 

Centre Marcel-Dulude
Adresse :
                
530, boul. Clairevue Ouest (sortie Clairevue de l'autoroute 30)
St-Bruno-de-Montarville, QC  J3V 6B3
Date :     
Mercredi, le 25 août 2010      
Heure :   
19H30
Coût :     
Contribution volontaire

Renseignements : Nicole Charbonneau Barron
                          (450) 461-2554
                          nicolecbarron@hotmail.com

mercredi 18 août 2010

Guy Lafleur blanchi et content

Crédits photo : Imavision.com
(2009)
Le célèbre ancien joueur de hockey, Guy Lafleur, a été blanchi en Cour d'appel du Québec. Ce doit bien être la seule fois de sa vie où l'ex-joueur de hockey aura été heureux d'être... blanchi. L'intérêt du présent billet est de se demander s'il y a différentes justices ou avantages en fonction de la classe sociale. Si tous le savent, personne par contre n'a le droit de le dire.

(Dernières modifications : 20 août 2010; 5 décembre 2010)

LE JUGEMENT EN FAVEUR DE MONSIEUR GUY LAFLEUR AYANT ÉTÉ RENDU SEMBLE-T-IL À L'UNANIMITÉ, JE CHOISIS DE NE PAS REMETTRE EN QUESTION LA DÉCISION DE LA COUR D'APPEL DU QUÉBEC. JE CONSERVE CEPENDANT LA SUITE DU TEXTE UNIQUEMENT EN TANT QUE TRACE D'UNE CERTAINE PERCEPTION À UN INSTANT PRÉCIS DANS CETTE HISTOIRE.



Monsieur Lafleur surnommé jadis le "démon blond" a été acquitté d'une condamnation précédente, sur la base d'accusations d'avoir donné des versions contradictoires lors d'interrogatoires reliés aux déboires juridiques de son fils. La faute dont il a été acquitté, concernait des réponses non concordantes aux questions sur le respect d'un couvre-feu ordonné par un tribunal, dans une cause impliquant une remise en liberté conditionnelle pour son fils Mark. Ce dernier se serait retrouvé au moins deux weekends dans un motel, sans surveillance rapprochée, alors que le père croyait (sa perception) qu'être "en dedans" pour l'heure prévue, même en dehors de la résidence familiale, respectait l'ordonnance. 


Si les médias font une lecture juste des faits, c'est avec cet argumentaire, que la partie défenderesse aurait réussi à faire admettre en preuve, que ce dernier avait alors agi de bonne foi, dans ces précédents témoignages, parce qu'il ignorait que l'ordonnance exigeait que son fils Mark, soit assigné obligatoirement à son domicile pour l'heure prévue. Selon un autre rapport journalistique, la Couronne n'aurait jamais réussi à prouver que le fils aurait dû être assigné obligatoirement à domicile, pour les périodes de temps concernées par la mise en accusation.


Réaction sur le vif


-  Ce doit être un des seuls cas où un joueur de hockey peut se dire heureux d'être "blanchi" (jeu blanc).
-  D'autre part, si l'information provenant des médias est exacte (habituellement ils ne donnent pas dans la nuance mais dans la lecture en diagonal, aussi rapide que Guy Lafleur sur la glace durant ses meilleures années), on pourrait se demander ce qu'il est advenu du principe du droit selon lequel «nul n'est censé ignorer la loi» (ici, ignorer le sens à donner à un couvre-feu).

dimanche 15 août 2010

Comprendre le cas Omar Khadr (texte refondu et augmenté)

Le cas d'Omar Khadr est difficile à saisir pour un Canadien, dans notre contexte des guerres traditionnelles impliquant la souveraineté des pays. Ce jeune homme né à Toronto au Canada en 1986, a été arrêté en Afghanistan par les forces américaines en 2002, deux mois avant son 16e anniversaire. Il a été mis en accusation pour avoir tué un soldat américain lors de combats où il était du côté d'Al-Qaida. Il aurait, été entraîné dans la mésaventure par son père, un proche de Ben Laden. (Mise à jour : 23 août 2010)

Crédits photo : Wikipedia. Photo fournie par la famille; prise vers 2001. À noter que l'utilisation de cette photo par

nos médias, pour représenter Omar Khadr une décennie après le cliché, relève de la désinformation. Cela contribue
à entretenir l'illusion que celui qui est en détention serait un adolescent de 16 ans.


Des interrogations justifiées

Cela fait un bon moment que j'essaie de me faire une tête, sur le cas d'Omar Khadr. Pourquoi s'acharner sur un enfant de la guerre recruté et manipulé par le clan adulte, me disais-je? Depuis quand les soldats qui ont tué pendant une guerre sont-ils jugés à la pièce? Pourquoi n'y a-t-il pas une possible remise en liberté sans procès, comme pour tout prisonnier de guerre? Pourquoi un jeune de 15 ans (et 10 mois), au moment des faits dont il est accusé, passe-t-il par la même porte que les autres, des adultes? Cela ressemble assez bien, je crois, à la perception québécoise.

Des avenues de réponses à considérer

Il y a bien sûr le fait que le jeune Omar n'était pas enlevé sous la menace comme le sont les enfants-soldats (menace contre eux ou leur famille). Il a quitté le Canada en accord avec son père dans cette aventure. En quittant le Canada, il se plaçait sous la loi d'un autre pays. Il n'était plus un enfant (presque 16 ans) et agissait de son plein gré.

Al-Qaida n'est pas un pays et ne respecte pas les autorités des pays, sauf les personnes ciblées qui sont en accord avec ses buts

Et si nous n'étions pas ici en drame de guerre conventionnel, où il est question d'un même territoire sur lequel deux pays souverains prétendent détenir les droits de propriété. Imaginez vous, en Amérique du Nord, si une force terroriste prétendant représenter le Canada et les États-Unis, mais non élue démocratiquement, s'élevait, recrutait et formait des combattants pour prendre le contrôle politique et idéologique (les valeurs) de nos pays, de nos régions et de nos villes, à la manière d'une mafia tentaculaire. C'est cela, Al-Qaida.  «Tu n'es pas avec nous?» - Bang ! Une balle dans la tête. «Ta jeune soeur de 15 ans a sauté au marché avec 70 autres civils? Quel dommage... On avait pourtant averti votre village de collaborer à la cause». J'ose croire que nous ne pourrions pas accepter cela... En contexte de guerre urbaine, nous serions très heureux d'avoir le secours de pays alliés pour l'éradication d'une telle vermine.

La méthode terroriste

Avec des mouvements terroristes comme Al-Qaida, ou certains autres groupes de même nature, nous ne sommes pas dans un style de combat où des guerriers s'affrontent sur les champs de bataille. Et Al-Qaida, tout comme les grandes familles de terroristes, se fout des règles d'engagement occidentales. Pour eux, le World Trade Center ou la bombe qui explose dans un marché public, ou les meurtres d'athlètes olympiques, comme ceux suivant la prise d'otage en plein jeux de Munich par un autre groupe en 1972, ce ne sont ni les dommages collatéraux, ni une bourde, mais bien la crème du terrorisme.

Médias occidentaux au service du terrorisme

La Convention de Genève des prisonniers de guerre pour eux? C'est une exécution sans procès d'un otage et une tête ensanglantée tenue par la tignasse devant une caméra. Pourquoi? Se pourrait-il que ce soit parce que nous, occidentaux, et particulièrement Québécois, faisons naïvement leur propagande avec nos grands médias. Nous exposons leurs revendications et leur argumentaire et pire encore, nous contribuons ainsi à répandre le climat de terreur tant recherché et à passer les messages entre les émetteurs et leurs contacts en divers lieux.

Comment renier son histoire ? Pour les nuls (for Dummies)

Nous avons ensuite tellement peur, que tandis que nous mettons le christianisme hors de nos institutions avec une précision quasi chirurgicale, nous y faisons inversement entrer l'islam avec le sourire.

Dans la série "pour les nuls", nous pourrions écrire un livre sur la négation de notre culture et de notre héritage d'Histoire et de tradition ayant mené à un équilibre de tolérance encore bien fragile. À travers les caricaturistes, nos humoristes et talk shows, nous ridiculisons allègrement  tout ce qui s'approche de la foi chrétienne, mais censurons les propos critiques à l'égard de ces autres groupes, pour éviter que sautent les bureaux et studios de nos entreprises et sociétés d'État du mileu des communications et de l'information. J'ose suggérer que nous n'aurions pas été très résistants, si nous avions vécu la Deuxième Guerre mondiale sous nos fenêtres (comme en Europe). Nous aurions, je crains, donné les clés de notre territoire à l'arrivée du premier obus ennemi.

Une guerre terroriste transcendant les pays souverains

Nous nous trouvons, avec ces groupes, dans des conflits où des forces terroristes aux limites floues, des non-élus, ni par le sang (royauté) ni par le suffrage (élections) s'infiltrent dans les populations civiles pour mieux s'y cacher. Il s'agit de mouvements non légitimes, car transcendant les gouvernements qu'ils prétendent représenter et utilisant la terreur pour manipuler des villages, des quartiers et même des villes entières de civils, contre leur gré. En plus d'y faire des victimes innocentes, ils y font fermer des écoles ou en interdisent l'accès aux jeunes filles et ainsi de suite. Autrement dit, les groupes comme Al-Qaida s'apparentent à une mafia ou à une association de criminels. Une minorité impose, par les armes et la menaces, sa loi et sa vision politique à la majorité.

Une force d'occupation étrangère, vous dîtes?

La méthode terroriste, ce n'est pas une armée légitime d'un pays souverain, mais un pouvoir parallèle autoproclamé qui supplante en pratique, l'autorité des gouvernements de pays souverains, et qui utilise la force  pour terroriser des familles (populations civiles) ou l'influence ($) pour les manipuler. En cas de résistance, le père peut dire adieu à sa femme, ou à ses enfants, ou à sa maison, ou à son champ. Alors, ces populations en otage, donnent l'impression d'être en accord avec ces groupes et d'en redemander encore. Ainsi, avec aussi peu que 5 ou 10 pourcent de représentation dans une population donnée, ces pouvoirs autoproclamés qui sont en fait les vraies forces d'occupation de ces territoires, ce dont ils nous accusent, peuvent usurper le gouvernement légitime en place, par la corruption (soudoyer des leaders), la force et les armes, et changer la face d'un pays entier.

Crédits photo : U.S. National Park Service. Le propre du terrorisme, c'est l'assassinat-spectable de civils pour engendrer la crainte. Accuser la victime fait aussi partie de l'approche typique. On se souviendra que lors des attentats du 11 septembre 2001 contre diverses cibles stratégiques ou symboliques, les terroristes étaient déjà en sol américain. Il ne s'agissait pas d'une attaque lancée de l'extérieur.
Dans ce contexte, le cas du jeune Omar Khadr prend une autre couleur.

La critique des conditions de détention est justifiée mais agit ici comme une manœuvre de diversion

La remise en question des conditions de détention est certes justifiée, mais son traitement a actuellement l'effet pervers de faire manœuvre de diversion dans la guerre des communications que livre le terrorisme islamique contre l'Occident. La question des conditions de détention est un débat qui doit être gardé distinct et qui se règlera de façon distincte. Nous favorisons le terrorisme en confondant son action et les dérapages éventuels des conditions de détention; en omettant en plus, que le terroriste peut mentir à volonté. L'action terroriste d'appartenance à une association criminelle illégitime et d'autre part, les possibles dérapages de conditions de détention sont deux problématiques avec une solution distincte.

Quelques questions sous cet angle différent

La critique de la détention implique d'ailleurs des considérations essentielles.

  • Nous nous demandons bien-sûr, avec nos jeunes en tête, comment juger un jeune étranger séduit par l'endoctrinement terroriste? On sait qu'en Palestine, par exemple, les terroristes enseignent aux enfants que les soldats Israéliens mangent les petits enfants palestiniens.
  • Ou nous nous demandons quelle part de responsabilité de ses actes, attribuer au jeune Khadr, dans le contexte de l'Afghanistan? Mais nous ne nous demandons pas si à l'âge de près de 16 ans (15 ans et 10 mois) au Proche-Orient, Omar était un homme ou un enfant? On se souviendra qu'il y a à peine 100 ans au Québec, les hommes s'engageaient à la ferme ou dans la forêt ou sur les bateaux dès l'âge de 15 ou 16 ans. L'adolescence à l'occidentale, n'est pas une notion universelle. 
  • Curieusement, nous ne nous demandons pas si nous avons raison de prétendre, qu'un jeune de 15 ans et 10 mois n'a pas son libre arbitre? Car si c'est le cas, pourquoi donnons-nous les permis de conduire une automobile à 16 ans au Québec, ou le droit à l'avortement, à une fille de 14 ans, sans obligation légale d'aviser ses parents? Il faudrait être cohérent. Où un adolescent a l'âge de raison à 14 ans, ou il ne l'a pas.
  • Même comme citoyen canadien, le jeune Omar était sujet à des lois autres, dans le pays où il a été arrêté. Au même titre qu'un Canadien arrêté pour trafic de drogue en Turquie doit répondre devant la justice du pays où il est arrêté.
  • Quel poids doit-on donner à un repentir réel ou prétendu regret dans un cas semblable à celui d'Omar Kadhr, Mais sans oublier, comment on traiterait le fils d'un kaïd de la mafia, conduit à tuer à l'âge de 15 ans et 10 mois à Montréal, Vancouver, ou Toronto, pour défendre une cache de fabrique d'explosifs destinés à des attentats? Le laisserait-on en liberté après un simple interrogatoire? Dès le lendemain, à l'école secondaire avec les autres? Le qualifierait-on de pauvre "enfant-mafieux victime " pour le relâcher dans la nature? Pas sûr...

Bien sûr, le jeune Khadr n'avait pas la même responsabilité, 2 mois avant son 16e anniversaire, qu'un adulte gradé (un chef) d'Al-Qaïda. Mais il existe dans les tribunaux internationaux des règles pour faire la part des choses, en fonction du degré d'implication criminelle.

Réfléchir et repenser notre approche

Ce qui était la situation canadienne il y a 40 ans, ne l'est plus aujourd'hui. Le cas Omar Khadr constitue une situation plus complexe qu'il n'y parait. Elle mérite qu'on prenne le temps d'y réfléchir, sans se faire l'écho naïf de certaines lectures trop simplistes des faits. Le jeune Kadhr peut inspirer confiance. Mais un visage agréable (photo datant de vers 2001 encore utilisée pour représenter le jeune homme 9 ans après le cliché!) et des regrets, suffisent-il à éviter un procès? Il faut réfléchir et repenser notre approche, sans tomber dans le sentimentalisme. Les bombes visant les civils ne sont jamais sentimentales.

Apprendre de nos erreurs

Est-il justifiable de maintenir un prisonnier en détention sans procès durant 8 ans? Évidemment, non. Comme si cela ne suffisait pas, s'il s'avérait innocent, il faudrait en plus le dédommager. Qui paiera les millions ($) en ce cas? Les États-Unis (autorité pour la détention) ou le Canada dont il est citoyen?

Dans ce genre de situation, le Canada devra garder le contact avec ses citoyens ressortissants, arrêtés dans des opérations terroristes et garder l'autorité sur eux selon des ententes claires, préalable à tout engagement à l'étranger. La pratique actuelle a servi le terrorisme, à cause de certains dérapages réels ou présumés. Il faut se méfier de la "sous-traitance" en matière de traitement des prisonniers. Nous ne pouvons fermer les yeux puis dire: «Nous ne savions pas», en cas de torture présumée ou réelle.

Ceci dit, l'autre clan utilise la torture physique ou psychologique (avant l'exécution sans procès) sans être dénoncé par nos gauchistes. Où sont-ils à cet égard, eux qui ont grandi dans un luxe et une liberté sous une forme qui n'existe pas dans les vrais pays socialistes, pas plus que dans les dictatures produite par la "pureté" athée, établies par usurpation des anciens pouvoirs en place? Si l'on saisit bien leur position, la torture est toujours mal, si pratiquée par l'Occident, mais toujours justifiée, si pratiquée par le Proche-Orient ou le Moyen-Orient contre l'Occident.

Québec, tu dors !

Le Québec doit éviter de rester dans le sous-sol de sa naïveté adolescente et de son monde ludique, mais irréel. Qui fera sortir le Québec de son adolescence? Le monde n'est pas programmé en langage C, ni en Java.  Il n'est ni un écran de télé, ni un Iphone, ni un Blackberry, ni un monde virtuel à construire, ni une université occidentale.  La réalité, c'est que les pays occidentaux, leurs systèmes politiques et leurs ressources sont dans la mire d'intérêts terroristes, transcendant les gouvernements et les pays étrangers. Ils haïssent nos valeurs de tolérance envers celui qui est différent. Nous débattons sans tuer. Leurs "ambassadeurs" aux discours comme des agneaux, sont des loups instruits et entraînés aux arts du langage, qui veulent importer leurs conflits et leurs vision du monde chez nous, profitant de notre conception idyllique du multiculturalisme ou de l'inter-culturalisme.

Au Québec, notre vision du multiculturalisme  ressemble davantage à un clip de hip hop métissé et sensuel diffusé à Musique Plus. Au Canada, il ressemble davantage à un une aventure à la Winnie l'Ourson.

Un multiculturalisme à la Winnie l'Ourson

Le point faible de notre multiculturalisme dans sa version plus anglo-canadienne, est de son côté, de n'être qu'un concept très fragile et non établi. Il ne fonctionne qu'avec les pacifistes et les vrais victimes. Son autre erreur, c'est de mépriser les cultures d'accueil ou détriment des cultures qui n'ont pas de racines ici. À la lumière du nouveau contexte actuel, je ne crois plus au multiculturalisme à la Trudeau. Et certains des nouveaux arrivants n'y croient pas non plus.
Winnie l'Ourson et ses amis représenteraient bien l'image idyllique, mais irréelle du multiculturalisme canadien. Cela fonctionne en partie quand tout le monde est pacifique et tolérant et prêt à débattre sans tuer. Le nom de Winnie a été inspiré du nom de la ville de Winnipeg, au Canada.


Ils sont maintenant au milieu de nous

mardi 3 août 2010

Le débat sur l'avortement reste entièrement à faire


Et si la pauvreté était devenu un critère pour décider du droit de la vie humaine... Selon un nouveau sondage canadien Angus-Reid, 38 % des Québécois, soit près de 2 sur 5, seraient prêts à rouvrir le débat sur l'avortement. De plus, le financement inconditionnel aurait tout intérêt à être révisé : «Une proportion de 49% des Québécois estiment que le système public devrait payer pour tous les avortements. Dans l'ensemble du Canada, l'appui baisse à 44%» (1). Inversement, cela signifie qu'environ un québécois sur deux serait en faveur d'un resserrement des règles de financement de l'avortement.

Le sang de ces victimes sans voix crie pour 
la justice.
Il faut dire que la plupart des Québécois croyaient jusqu'aux printemps 2010, que les avortements légaux et subventionnés n'étaient pas pratiqués au-delà des trois premiers mois de la grossesse. De plus, les avortements, tous subventionnés au Québec (au public et au privé), sont pratiqués pour diverses raisons sans lien avec le débat des années 1980,
- y compris pour de simples critères économiques (revenu estimé insuffisant)
- et de planification de carrière (choix du meilleur moment, mauvais timing)
- ou le simple mais très fréquent non-usage de moyens de contraception.

Un petit topo pour les plus jeunes

Or, ceux qui étaient des débats des années 1980, se souviendront que les arguments mis de l'avant étaient les risques pour la vie ou la santé de la mère ou les cas extrêmes comme le viol avec grossesse. Il était question d'avortement "thérapeutique" et encadré. Or ce pacte social qui incluait une loi qui encadrait l'avortement n'a jamais été respecté. Il a pourtant servi à faire accepter les concessions et à libéraliser, voire même généraliser l'accès à l'avortement sans restriction. Les jeunes porteurs et porteuses de bannières pro-avortement des derniers mois ont donc tort de dire que le débat a déjà été fait. Et lisez ce qui suit pour voir l'issue anti-démocratique qui a suivi le jugement de la Cour Suprême de 1988.

Un peu d'histoire

L'avortement sur demande sous sa forme actuelle avec financement inconditionnel par le régime de santé publique ne correspond en rien au jugement de la Cour Suprême du Canada, ayant donné gain de cause au Dr Henry Morgentaler. Le jugement ne pouvait être interprété dans le sens d'un droit à l'avortement. Les juges l'ont mentionné. Ils ne faisaient qu'invalider l'article 251 du Code criminel du Canada, pour des motifs de procédure, pour la simple raison que ce dernier n'était pas appliqué uniformément sur l'ensemble du territoire canadien et dans l'ensemble des cliniques et hôpitaux.

L'année suivante, en 1989, le Gouvernement a proposé une loi pour encadrer l'avortement. Celle-ci a été adoptée par les élus fédéraux, en accord avec le compromis des citoyens pour un avortement encadré par une loi. Mais la loi a finalement été rejetée par une égalité des voix au Sénat cet été-là (1989); d'où l'actuel vide juridique qui fait que l'avortement n'est l'objet d'aucune restriction, sauf clinique ou économique (normes du bloc opératoire et des coûts remboursés). C'est donc un vide juridique (un non-interdit) et non une loi encadrant l'avortement que nous avons depuis le jugement de 1988. Comme si l'humain n'était qu'un objet, au même titre qu'un minéral.

En 1989, le Sénat est donc allé à la fois
- Contre l'opinion des citoyens; un compromis pour l'avortement à certaines conditions précises comme les risques pour la vie et la santé de la mère ou avortement dit "thérapeutique", bien que ce soit un néologisme très discutable. La grossesse n'étant pas une maladie, le terme de thérapie (thérapeutique) pour décrire un avortement était certainement abusif.
- Contre l'avis de la Cour Suprême du Canada, dans le jugement en faveur du Dr Henry Morgentaler, à l'effet que le gouvernement canadien avait pleinement le droit de légiférer pour encadrer l'avortement, et qu'un droit à l'avortement n'existait pas en vertu de la constitution canadienne. Les jeunes porteurs et porteuses de bannières pro-avortement des derniers mois ont donc aussi tort de prétendre à un droit à l'avortement.
- Et contre les élus du Gouvernement Fédéral (élus par le peuple). Le Gouvernement avait fait franchir toutes les étapes au projet de loi jusqu'à la dernière lecture au Sénat.
Ce rejet historique par le Sénat ne signifie rien de moins qu'une décision partisane (politique) de certains de ses membres, à l'encontre du processus démocratique et juridique (avis de la Cour Suprême en 1988 de pouvoir légiférer, volonté des citoyens et volonté de la majorité des députés et ministres canadiens).

En effet, les sénateurs ont renversé un processus démocratique et législatif et sans tenir compte du jugement de la Cour Suprême confirmant le droit du Gouvernement de légiférer pour encadrer l'avortement. Ils n'ont pas respecté le pacte social de l'encadrement juridique précis, la condition négociée avec l'opinion populaire, pour un appui élargi à l'avortement. Donc, ceux qui disent que le débat a été réglé en 1988, ont été mal informés durant.... plus de deux décennies.

La science et la médecine évoluent

D'autre part, la médecine et la connaissance du développement de l'enfant à naître ont progressé au cours des 20 à 25 dernières années, de sorte qu'il est permis, ne serait-ce que pour cette unique raison, de reconsidérer la décision à la lueur de nouvelles données et capacités médicales (ex. le code génétique confirme l'existence d'un être distinct de la mère, dès la conception; ex. l'accompagnement médical des bébés prématurés).

Qui défraie les coûts des avortements au Québec ?

Je ne vous apprend pas une nouvelle en vous disant que ce n'est pas l'État, ni le système public de santé qui financent les avortements sur demande, sans égard à la cause et sans égard au revenu de la demanderesse, et ce au public et au privé, mais vos taxes et vos impôts. Cela, nous avons tendance à l'oublier.

Près de 30,000 avortements par année au Québec

Au Québec, dans un contexte de dénatalité et de vieillissement de la population, ce sont près de 30,000 avortements qui sont pratiqués pour des raisons qui n'ont la plupart du temps aucun lien avec la santé de la mère, ni avec une grossesse provoquée par une agression sexuelle. Et si la pauvreté était devenu un critère pour décider du droit de la vie humaine, alors la guerre à la pauvreté signifierait... tuer des pauvres?! Le sang de ces victimes sans voix crie pour la justice.

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1.  JOURNET, Paul. AVORTEMENT : Près de deux Québécois sur cinq veulent rouvrir le débat. Le Soleil / La Presse, Mardi le 3 août 2010.

samedi 31 juillet 2010

La discrimination «positive»: toujours négative

La discrimination positive consiste en réalité à interchanger les victimes. Mais elle fait toujours des victimes. 


Vous verrez en plus comment cette forme de discrimination peut aussi appauvrir la femme par un effet de rebond, ou par la bande

  • La discrimination «positive» consiste à favoriser certaines personnes sous-représentées, soit en embauche ou à des fonctions ou positions particulières, y compris en politique (femmes, minorités visibles, etc.). 
  • Mais l'égalité des compétences qui soutient cette discrimination n'est en fait qu'un jeu de mots. La «compétence égale» dans la fonction publique, signifie simplement s'être classé sur une même liste de candidats. Ainsi, celui en bout de liste peut supplanter le premier
  • La règle de discrimination dite «positive» qui favorise un membre d'une ethnie aujourd'hui sous-représentée en embauche (ex. une personne de race noire), sera la même logique qui demain, défavorisera ladite population (ex. pour embaucher une personne d'origine asiatique pour enseigner les sciences).


Cette pratique d'attribution de crédits envers ces personnes ou instauration de quotas en leur faveur est enfin quelque peu contestée au Québec. Les Québécois ont mis du temps à se réveiller. Il faut dire que tant que cette discrimination favorisait généralement les femmes nées de parents québécois durant 2 décennies, toute contestation était vite étouffée. Pour un gars, il fallait adopter le profil bas, rentrer la tête quelque peu dans les épaules et se contenter de botter un petit caillou, pas trop gros. Il ne fallait surtout pas élever le ton au comptoir du bureau d'embauche, car c'était le recalage socialiste assuré. Mais maintenant que cette discrimination «positive» atteint ces même femmes qu'elle protégeait, le débat va prendre plus de place, ou peut-être même sa place. 


Cas vécu des effets négatifs de la «discrimination positive»


Pendant une période de ma vie en région, dans la mi-trentaine, je suis parvenu à me classer sur 4 listes d'aptitudes au Gouvernement du Québec alors que j'y occupais déjà un emploi temporaire. On m'a invité pour une entrevue pour un poste de 5 mois. Auparavant, j'ai demandé à une intervenante au téléphone, pourquoi on me contactait pour un poste si ridicule. Elle a baissé la voix, comme pour ne pas être entendue de ses collègues et m'a fait cet aveu:
«Je pourrais vous offrir un poste permanent en fonction de vos compétences, mais je dois placer 4 femmes avant vous. L'emploi de la liste de compétences en vertu de laquelle je vous téléphone, fait partie d'une catégorie où les femmes sont sous-représentées. Je ne peux donc pas vous offrir un emploi permanent à ce stade-ci, tant que les 4 femmes classées sur la liste ne sont pas placées. J'en suis désolée.».
J'ai cru un moment qu'elle allait me suggérer de contester. Au moins, elle venait de m'avouer que vu le contexte de ma région d'alors (rareté des emplois de qualité) et considérant la durée de validité de cette liste et des suivantes, je n'aurais jamais de poste permanent dans ma région, pour cette fonction tant que cette politique serait applicable. Une autre liste dans trois ans aurait aussi des femmes et ainsi de suite. Vers la même période, lors d'une autre offre semblable, on m'a informé d'un autre nouveau critère visant à placer des nouveaux diplômés. Âgé d'à peine plus de 35 ans, en tant que mâle blanc, et considérant que la majorité des emplois dans mon secteur étaient du domaine public, j'étais presque bon pour la casse ou sinon, pour des emplois précaires qui ne me permettaient jamais d'accéder à la propriété selon les politiques du mouvement «coopératif» financier bien connu au Québec (les caisses Desjardins). Par un effet d'entraînement, j'étais discriminé sous différents aspects, y inclus financier. Nous ne pouvions jamais acheter une maison. C'est seulement suite à une demande de prêt avec une banque (sur présentation de preuve de revenus des 3 années précédentes et de l'année courante) où l'on était prêt à m'accorder un prêt hypothécaire, que le mouvement Desjardins, dont j'étais membre depuis l'école primaire, a accepté de m'accorder un prêt.

La discrimination «positive» a donc des impacts très sérieux et vous le verrez, arbitraires, car on ne fait qu'interchanger les victimes en vertu des pseudo-compétences égales.

Entre la théorie et la pratique...

L'ex-lieutenant-Gouverneur du Québec, Lise Thibault, a beaucoup aidé notre cause à nous, les hommes de race blanche de plus de 35 ans, non handicapés, nés au Québec. En tant que femme et handicapée (double-critère de discrimination positive!), Madame Thibault, première femme nommée à la noble fonction, incarnait la théorie de l'actuelle ré-ingénierie sociale soutenant la discrimination positive.  Contre toutes prévisions des grands penseurs, elle a matérialisé le non-fondé (fausseté) des présupposés soutenant cette pratique. Elle est présumée responsable d'abus financiers, voire mise en accusation de fraude dans l'exercice de ses fonctions.


Reconnaissez que les pires hommes de la terre ont tous une, voir des femmes. Donc...

Je vous parlerai aussi de cette nuance incontournable : 

La notion biaisée de «compétences égales» berne la population depuis deux décennies


Point de vue

On ne doit jamais réparer une injustice par une autre injustice. La discrimination positive est toujours négative. Autrement, cela équivaut à faire payer les fautes des pères, par leurs enfants. Cela équivaut aussi à sacrifier un individu pour en favoriser un autre, sur des bases très arbitraire.

dimanche 25 juillet 2010

Tempête autour du Recensement de Statistique Canada

25 JUILLLET 2010.  OU recensement, mais recense m'en pas trop!

Je ne comprends pas l'hyper-réaction actuelle, en réponse à l'interrogation du Parti Conservateur du Canada (PCC) sur l'imposition du formulaire de recensement détaillé. Si vous présumez que les informations du recensement général et des autres cueillettes de données et enquêtes de Statistique Canada servent uniquement à vous procurer les meilleurs conditions de vie possibles, sachez que les données récoltées en mode continue avec une apogée tous les cinq ans au recensement général (population et agriculture), ne servent pas uniquement à l'État et aux services sociaux, municipaux et autres. 
Une tempête statistique...

Les précieuses informations servent aussi à l'Industrie, aux études de marché et aux grands financiers mondiaux. Avec le niveau d'informations collectées dans les divers exercices de l'agence Statistique Canada, il devient même facile pour les banques, les quasi monopoles (ex. pétrole, énergie), et les divers paliers de gouvernements de calculer la capacité limite de la population de payer. Derrière la contestation émotive actuelle s'opposant à la réflexion du PCC, n'oubliez jamais que peut aussi se cacher une certaine résistance de gens qui travaillent avec les chiffres au sein de la fonction publique et en milieu universitaire (formation des statisticiens, des économistes, etc.).


Personne n'est contre la vertu

Dans l'exercice de promotion et de justification des recensements, on fera évidemment toujours ressortir l'avantage que vous pourrez en tirer collectivement, par exemple en retour de vos taxes et impôts sous forme de services selon les besoins réels (santé, services sociaux, transports, énergie, habitation, éducation, politiques économiques nationales, etc.). Nul n'est donc contre cette vertu; à savoir le bon usage des recensements, visant à fournir des données essentielles comme la population, sa répartition selon l'âge, la migration positive (+) et négative (-) par territoire (par provinces ou territoires et régions), le nombre de personnes par foyer, la répartition de la population par arrondissement municipal ou par quartier, la santé, le revenu familial, etc. Tout ceci peut contribuer à diriger les ressources de nos divers paliers de gouvernements, là où elles sont ou seront vraiment requises et à orienter les politiques diverses de l'État. Et toute "entreprise" justifie évidemment ses bons services. 

Sur l'actuelle panique médiatique

Premièrement, il est possible qu'une part de l'actuelle panique médiatique, en certains milieux du moins, vise à discréditer le parti au pouvoir davantage qu'à protéger l'intérêt des citoyens.
Vous pouvez être certains que si tous les foyers canadiens recevaient le formulaire détaillé en 2011, avec obligation de réponse, plusieurs changeraient d'avis et se rangeraient du côté de la position du PCC. Consultez le formulaire complet de 40 pages de 2006 (2B) en version PDF : Recensement 2006 - 2B (Formulaire long) (Version PDF, 5 ko)http://www.statcan.gc.ca/imdb-bmdi/instrument/3901_Q2_V3-fra.pdf
Un politicien a utilisé une mauvaise illustration (l'entité "salle de bain") pour expliquer l'intention du gouvernement au pouvoir sur la base de scénarios émis. Puis un chef statisticien démissionne et il n'en faut pas plus pour que surgisse la théorie du complot Conservateur. Les conservateurs ne voudraient plus savoir combien il y a de pauvres au Canada, s'empressent d'écrire et diffuser les professionnels (?) du journalisme. Faut le faire! Lors de réorganisations et de changements importants dans une organisation, il n'est pas exceptionnel  que certains "chefs" (adjoints, cadres) se retirent, car ils considèrent que leurs valeurs, leurs compétences ou leur leadership sont remis en question ou bafoués.

Décompressons SVP !

Par exemple, repensons à l'argument d'un ministre Conservateur, utilisant le nombre de salles de bain pour illustrer l'intrusion de l'État dans la vie des gens. Il ignorait que celles-ci n'étaient pas compilées, alors que les autres pièces le sont effectivement, dans certaines années du formulaire détaillé. Les médias n'ont pas retenu le but de l'exemple, mais ont ressorti cette erreur insignifiante. Les salles de bain ne sont pas comptabilisées, non pas parce que l'agence Statistique Canada ne voudrait pas le faire (elle répertorie les autres pièces!), mais vraisemblablement pour une question d'uniformité nationale ou internationale, ou pour une autre raison.  

Le formulaire détaillé n'étant pas fixe et pouvant varier dans sa partie à valeur ajoutée,  l'important pour un journaliste professionnel, n'est donc pas de savoir si l'attribut "nombre de salles de bain" invoqué par un ministre, apparaît effectivement au formulaire détaillé de 2011, mais serait de déterminer si les données recueillies sont toujours dans le plus grand intérêt des citoyens et de la liberté de choix

Car sachez que l'usage qui sera fait des statistiques que vous fournissez allègrement, peut avoir un impact restrictif direct sur votre liberté future de choisir. Particulièrement dans le contexte de la mondialisation des marchés et de la perte d'autonomie des pays, à l'égard des grands financiers et de leurs politiques économiques et sociales, dictées aux États de moins en moins souverains.

Vous présumez par exemple, que votre province se soucie du nombre de malades non autonomes pour offrir des services de soutien aux aidants naturels (conjoint, famille, proches). Mais peut-être que le gouvernement provincial qui attend les données sur la santé, pense à d'autres solutions, telles que l'ouverture au suicide assisté pour les cancéreux, l'euthanasie et autres solutions du moindre effort. Les frais de santé seront réduits et les membres de famille ainsi libérés pourront retourner au travail et payer des impôts et taxes. De quoi réjouir les "Lucides".
Quand les médias ont mis une énorme emphase sur l'exemple un peu malhabile du nombre de salles de bain utilisé pour défendre la position envisagée par le gouvernement Conservateur (attribut  avéré inexistant au formulaire détaillé), ces médias ont détourné l'attention des vrais enjeux. Un enjeu majeur et incontournable concerne l'accès de l'État dans votre vie privée, au delà de ce qui est vraiment essentiel. Jusqu'où un gouvernement peut-il aller dans votre vie privée (ex. le profil de vos dépenses, de l'utilisation de votre temps à la maison, votre équipement électronique, etc.)? Voilà l'enjeu véritable que tout citoyen doit saisir. Voilà ce que certains médias qui se disent défenseurs des droits et libertés devraient approfondir. 

Deuxièmement, moins de statistiques recueillies, compilées et gérées par la fonction publique, cela impliquerait aussi moins de statistiques gérées par la fonction publique; donc éventuellement, moins de statisticiens, économistes et autres spécialistes syndiqués, embauchés par l'État, et plus de sondages et enquêtes au privé. Cet impact explique certainement en partie la réaction médiatique surexposée.

Troisièmement, il y a le contexte d'une partie d'une déclaration qui est souvent occulté par les médias. Le PCC prétend évaluer des scénarios soumis par des employés de l'agence à sa demande. Un tel exercice peut effectivement parfois se faire par les employés à la base et non pas uniquement avec les "chefs". Parlant de contexte, je me souviens qu'en 1996, c'était 1 formulaire sur 5 qui était détaillé avec réponse obligatoire. Pour 2011, le PCC proposait 1 sur 3, mais avec réponse facultative. À 1 foyer sur 3  recevant un formulaire long en 2011 (soit 33 1/3 pourcent des recensés) avec possibilité de refuser de répondre à la partie longue,  contre 1 sur 5 (soit 20 pourcent des rencensés) avec obligation de répondre auparavant, le résultat aurait peut-être été satisfaisant. Cela peut se débattre, certainement, sans constituer pour autant un "complot" de la droite économique.

Quatrièmement, ayant été recenseur en 1996, j'ai noté un effet pervers du niveau de détail des questionnaires longs: soit la sensibilité du citoyen qui se sent un peu trop enquêté. Dans bien des cas, un formulaire long, non retourné constitue une forme de contestation. La personne trouve que les questions du formulaire détaillé (version longue) vont trop loin, que le questionnaire est trop complexe ou trop long, etc. Plusieurs m'en ont fait part expressément lors du recensement de 1996. Ces personnes recensées tardent davantage à retourner les formulaires détaillés complétés, faute de temps ou pour voir si elles pourront échapper au processus. D'autres se méfient de ces recenseurs occasionnels, relativement en lien avec le respect de la confidentialité.

Mais dès que les médias faisaient circuler le communiqué avec les pénalités possibles associées au refus de répondre (jusqu'à la prison), il devenait plus facile d'obtenir les formulaires. Mais cela ne garantissait pas pour autant la véracité des déclarations.

Encore une fois, la lecture que font les journalistes en se basant uniquement sur les plaintes ou encore les cas qui résistent jusqu'aux poursuites légales est un indice de manque possible de bonne foi de leur part (partisannerie politique) ou de profondeur et d'instinct journalistique. La plupart des  gens ne savent pas à qui adresser ce genre de plainte, d'une part, et d'autre part, avez-vous déjà essayé de vous plaindre contre une loi? Les gens savent que ce serait un combat perdu à l'avance.


CinquièmementÀ ces journalistes de l'État qui se croient de gauche alors qu'ils ont des revenus  et des fonds de retraite au-dessus de la moyenne, je dirais ceci. Vous admirez les nouveaux (néo-) Marx, Lenine, Castro et Tché ? C'est bien. Mais ce serait moins le cas dans un véritable système semblable à ce qui a résulté du militantisme des grandes figures; quand on viendrait prélever, par décret, 30 ou 40 % de votre revenu de retraite pour en donner une bonne partie à la classe riche et un petit reste à une famille pauvre. Dans les faits, ces idéologies, pourtant en plein modernisme du 20e siècle, ont produit non pas des systèmes avec une large classe moyenne, mais des sociétés avec une très petite classe aisée, une classe moyenne de taille réduite, et une base pauvre très importante, en nombre. Il y a souvent une grande différence entre les idéaux des drapeaux rouges et noirs, et la réalité qui en résulte. Donc, avant de rejeter un système qui a encore une large classe moyenne et de donner votre allégeance à tous ces néo-, pensez-y à deux fois.

Commercialisation des données recensées sur vous et vos pratiques

En marge de ces grands recensements qui font beaucoup de bruit, il y a plusieurs autres cueillettes de données et enquêtes menées par Statistique Canada. Et beaucoup de temps est investi pour recueillir toutes les données par un recenseur lors d'un recensement général. La plus grande part d'énergie investie  par le recenseur n'est pas dans la formation reçue, ni dans la distribution des formulaires, mais dans le suivi en vue du plus haut taux de réponses possible.



lundi 19 juillet 2010

Haïti toujours sous les décombres : comment agir

Les récentes nouvelles qui parviennent au Québec d'Haïti nous indiquent que le nettoyage des décombres ne se fait toujours pas. Comment expliquer que la chose la plus simple ne soit pas déjà en marche malgré l'aide internationale donnée ou engagée?

Actuel drapeau d'Haïti, adopté de nouveau
en 1986, après la chute du régime Duvalier. 
Dessiné par Alexandre Pétion en 1806. 
Pour un historique des drapeaux : 
(Dernières révisions : 28 août 2010, 17 janvier 2011)

Un pays ébranlé par le chaos d'avant et
d'après le séisme du 12 janvier 2010
Avant de reconstruire la capitale du pays, Port-au-Prince, il faut en effet transporter blocs de bétons, armatures d'acier entrelacées et autres débris hors du site et des rues; en supposant qu'il faille reconstruire le même Port-au-Prince. Je n'en suis pas convaincu.

De quoi je me mêle, me direz-vous? J'ai passé 2 semaines en Haïti en 1984. J'en ai une meilleure idée que la plupart des Québécois. J'ai développé un attachement avec ce pays. Et quelle est ma compétence en la matière? Au Québec, J'ai occupé certaines positions d'autorité, comme chef d'équipe, comme membre ayant siégé à des comités et en fonction de direction d'un organisme sans but lucratif. Cela m'a permis d'expérimenter divers approches et styles de leadership, démocratiques et hiérarchiques ou mixtes. Chacun a ses forces, mais aussi ses faiblesses.

Je vous dirai simplement ce que je pense. La solution haïtienne n'est pas dans l'étude des 200 dernières années de fiasco politique. Pas besoin de faire étendre Haïti sur le sofa du psychanalyste et de remonter à sa naissance. Tel que je le soupçonnais dans un billet en début d'année, Haïti n'a pas un cadastre en règle ou complet. Imaginez la seule problématique pour démêler les droits de propriété. C'est impensable. Ils faut procéder différemment. Dans bien des cas, le propriétaire du site est mort ou déplacé et difficilement trouvable; peut-être même incapable de prouver son droit de propriété (!). Comment pensez-vous gérer les droits de succession en pareil cas? Comme si ce n'était pas assez, les registres civils des naissances et décès sont incomplets, de sorte que certaines naissances ne sont pas déclarées. Ainsi, dans le vrai vaudou (pas le folklorique), il est encore possible d'offrir des bébés en sacrifices humains. C'est ainsi que certains initiés conservent leur culture ancestrale.

Et la gestion par comités démocratiques traditionnels serait extrêmement fastidieuse. Si on utilise une telle structure (comités de fonctionnaires et d'élus) pour reconstruire la capitale, ce n'est pas 20 ans qu'il faudra, mais beaucoup plus. Quand ce sera terminé, les besoins auront déjà changé et les solutions seront en voie d'être dépassées (ex. circulation, transport, logement, urbanisme, etc.).

La situation d'Haïti en est une de crise, comme l'Europe après la Deuxième Guerre mondiale. Il faut donc un consensus général, oui, mais dans les grandes lignes et doublé d'un maître d'oeuvre efficace; une sorte de cellule de crise avec les pouvoirs associés. Je parle d'une structure pour le volet matériel et probablement une autre pour le social, le politique et l'économie (celle-là plus politique).

Les situations de crise se prêtent mal aux comités démocratiques conventionnels