samedi 25 juillet 2015

Snowden a malgré lui, aidé «l'État islamique»

En coulant des informations sur les techniques de l'agence américaine de sécurité nationale, NSA, Snowden a aidé le revendiqué «État islamique» ( EI ) à se protéger et donc à survivre


Selon ce qu'a appris Le New York Times (NYT, 20 juillet 2015):

Traduction libre : «L'État islamique a aussi étudié les révélations d'Edward J. Snowden, l'ex-contractuel de la National Security Agency, sur la manière dont les États-Unis rassemblaient de l'information sur des militants. Un résultat principal est que les principaux dirigeants du groupe utilisent maintenant des courriers ou des canaux encryptés que les analystes occidentaux ne peuvent pas décoder, ont déclaré les services secrets et militaires. (1)
En révélant plusieurs centaines de milliers de pages d'information de la NSA, l'analyste pensait poser un geste héroïque et patriotique. L'informaticien aura ainsi probablement davantage tué de gens, indirectement, que sauvé d'autres situations délicates, en préservant des secrets sur des maîtresses et habitudes privées; mais aidant en contrepartie les régimes comme l'État islamique à mieux se prémunir contre les services de renseignements des pays menacés. Bref, il aurait pu dénoncer et prouver ses affirmations sur les intrusions dans la vie privée à l'aide de quelques milliers de pages, sans pour autant balancer aux journalistes (Le Monde International, 14 juin 2015) 1,7 million de documents secrets (LaPresse.ca, 9 janvier 2014), dont il prétend avoir validé le contenu auparavant (rires en conserve ici). Il manifeste un comportement de rebelle adolescent qui semble sans discernement. Avez-vous imaginé combien peuvent valoir ($), les documents volés, si un État ou un groupe veut corrompre 1 seul des journalistes ayant eu accès à ces données que Snowden prétend ne plus avoir. Sans compter que les réseaux informatiques des médias qui ont eu accès aux documents peuvent avoir été visités à leur insu par des spécialistes étrangers.

L'ex-analyste contractuel de la NSA est-il un héros, ou a-t-il le syndrome du héros narcissique (qui s'observe lui-même être un présumé héros)?


Crédit image: TheRebelMedia, #video

Retour sur l'affaire Snowden vs NSA


Vous vous souvenez de lui? C'est l'informaticien que plusieurs en Occident considèrent un héros, sauf qu'il se pourrait bien que la prudence et la compréhension de la géopolitique ne soient pas un don inné chez lui. En fuyant les États-Unis, l'ex-agent de la NSA n'avait passé ni par la France ou par l'Allemagne ou par la Suisse, mais avait plutôt choisi de transiter par la Chine avant de trouver refuge en Russie, où il a trouvé protection en 2013. Déjà, les premières d'une série d'informations divulguées, ont mis en danger des américains à l'étranger et même des agents de pays amis comme la Grande-Bretagne (Sunday Times, 14 juin 2015). Danger démenti par Glenn Greenwald, le premier journaliste qui a eu accès aux documents secrets et dont le compagnon a aussi eu accès par la suite (2).

Depuis son exil pour déballer des informations et éviter les poursuites aux États-Unis, Snowden a permis de couler des centaines de milliers de pages de documents secrets (1,7 millions de documents), non pas à un, mais à DES JOURNALISTES, données dont, vu le volume, il est impossible qu'il ait pu connaître tout le contenu et l'impact sur la sécurité dans le monde ou pour celle des personnes. À sa défense, les documents ne peuvent pas être décodés par des pays qui y auraient accès, car ils font l'objet d'un cryptage avancé et que ces personnes n'auront pas le mot de passe (rires en conserve ici). Et les journalistes y ont pourtant accédé (rires en conserve ici).

Il y a à peine deux ou trois décennies, son geste aurait été médiatisé comme un acte d'espionnage contre son pays par la révélation de secrets sensibles. Pour ceux qui ne le sauraient pas, tous les pays le moindrement organisés (gentils ou méchants) ont des informateurs et observateurs dans les pays étrangers (espions tantôt officiels, tantôt officieux ou occasionnels) ou opérant depuis des réseaux informatiques (ex. infiltrant chez nous des données gouvernementales ou industrielles canadiennes, etc.). Même les pays qui ont récemment joué à la vierge offensée, comme la France et l'Allemagne pratiquent l'espionnage et la compilation d'informations sur les autres États et leurs dirigeants et entourages.

«Une vraie bombe !»

En matière de sécurité lors d'un attentat, c'est aussi l'accès à des millions de communications qui permet aux enquêtes de progresser rapidement (ex. Attentats à la bombe au Marathon de Boston en 2013). Avec les règles du monde imaginaire «Calinours» de Snowden, ne pourraient être balayés que les communications de suspects avec autorisation d'un juge ou d'un comité, pour chaque cas individuel. Or, pour qu'ils soient suspects, il faut premièrement les identifier à partir de communications (courriels, SMS, conversations téléphoniques, etc.). Même chose pour la préparation des attentats.

Donc forcément, les services secrets qui s'intéresseraient au SMS d'un sénateur qui trompe sa femme, pourraient apprendre en rigolant, l'identité de sa maîtresse qui est «une vraie bombe» («bombe» étant un mot logiquement marqué), mais la protection de la vie de milliers de personnes ne vaut-elle pas plus que cela? Curieusement, les mêmes Américains qui s'opposent à l'accès aux messages, sont ceux qui ne voient aucun inconvénient à ce qu'une candidate à la présidence américaine ait utilisé sa messagerie personnelle, voir un serveur privé (accessible pour un analyste compétent) pour faire transiter des dizaines de milliers de messages lorsqu'en fonctions officielles comme Secrétaire d'État (USA) rien de moins! Allez donc comprendre quelque chose là-dedans.

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1.  «The Islamic State has also studied revelations from Edward J. Snowden, the former National Security Agency contractor, about how the United States gathers information on militants. A main result is that the group’s top leaders now use couriers or encrypted channels that Western analysts cannot crack to communicate, intelligence and military officials said

Eric Schmitt et Ben Hubbard. Middle East. ISIS Leader Takes Steps to Ensure Group’s Survival. 20 juillet 2015. (lien consulté le 24 juillet 2015)

2.  Le compagnon et collaborateur occasionnel de Glenn Greenwald, David Miranda, a été arrêté le 18 août 2013, à Heathrow en possession de documents classés secret défense, alors qu'il voyageait (latribune.fr, 15 juin 2015, VOIR fin d'article sur la page). Miranda d'origine brésilienne, était «en transit entre l’Allemagne et le Brésil où il réside avec son compagnon», Glenn Greenwald (Libération.fr, 19 février 2014). Il  voyageait en possession de documents secrets. Greenwald a fait une étrange bourde en confiant les documents à son compagnon qui serait logiquement un des premiers surveillés... Mais bon...

C'est pas mal pire que le porte-document d'un certain politicien fédéral de la Beauce ça, chers journalistes du Québec... incluant ceux de ICI.

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