jeudi 19 février 2015

La tête «genre, coupée» d'Hydro-Québec: la suite?

Le Québec a appris coup sur coup 
  • en début d'année 2015, que survenaient trois importants départs à la tête d' Hydro-Québec, la Société d'État en matière d'énergie électrique (quasi-monopole québécois) 
  • et en fin de 2014, que l'Unité permanente anticorruption (UPAC) a la société d'État à l’œil. 

Cela peut se comprendre. Quand une société d'État joue avec des milliards de dollars annuellement, il y a toujours des risques de corruption, comme par exemple des pots-de-vin pour favoriser des contrats, ou des chiffres qui pourraient changer de colonne via des dépenses fictives. L'argent public est particulièrement attirant pour ce genre de manœuvres. Cela demeure du domaine possible. Mais pour que l'UPAC s'y intéresse et enquête  (lien VIDÉO), il y a peut-être des indices de quelque chose de concret

Ajoutons à l'enquête de l'UPAC, le départ de trois hauts gestionnaires presque au même moment:
  1. annonce du départ du PDG, Thierry VANDAL,
  2. intention de quitter de la numéro deux, Marie-Josée NADEAU,
  3. et départ d'un troisième gestionnaire de haut niveau, Georges ABIAD, porteur du dossier des compteurs intelligents,
et c'est suffisant pour un frisson additionnel au milieu du froid hivernal québécois.

D'ailleurs, le journaliste Michel MORIN du Journal de Montréal citait un industriel anonyme, dans un article d'enquête plus qu'instructif du 2 février 2015:
Selon un industriel, les démissions de ces trois gestionnaires de haut niveau ont de quoi étonner.«C’est comme si la tête de l’Hydro avait été coupée», a-t-il illustré (1).

Qu'en est-il de tout ceci? On n'en entend plus parler (2). Moi je trouve que ça sent mauvais et qu'on nous prépare peut-être quelque chose de gros. Avec trois départs annoncés à la tête d'Hydro-Québec, je me demande même si le gouvernement n'est pas en train de s'ingérer dans la gestion, alors que légalement, l'organisme surveillé par une Régie de l'énergie, doit justement être indépendant des politiciens. Ou plus simplement, y a-t-il des départs stratégiques avec primes éventuelles et réembauche à contrat dans un cas ou plus, par exemple pour siéger comme conseillers?

C'est assurément une histoire à suivre. Gardez l’œil ouvert, mais avec des lunettes de ski, sinon il pourrait geler et vous rateriez tout.

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1.  Michel MORIN, ENQUÊTES. Deux importantes démissions surprises à Hydro-Québec. Journal de Montréal, 2 février 2015 (version en ligne)
En fait, ce sont deux AUTRES importantes démissions surprises, en plus de celle du PDG, à quelques jours d'intervalle.

2.  La société d'État prétend corriger le tir dans un communiqué du 3 février 2015 en parlant de «raccourci journalistique», mais il demeure que c'est comme si la tête d'Hydro-Québec avait été coupée, que ce soit ou non le produit d'un pur hasard. Vrai OU faux?
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